René Goscinny

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René Goscinny
Naissance 14 août 1926
Paris (Ve)
Décès 5 novembre 1977 (à 51 ans)
Paris (XVIIe)
Nationalité France France
Profession(s) écrivain, humoriste et scénariste de bande dessinée

René Goscinny, né le 14 août 1926 à Paris et mort le 5 novembre 1977 d'un arrêt cardiaque, est un écrivain, humoriste et scénariste de bande dessinée français.

Issu d'une famille d'origine polonaise de confession juive, il est mondialement connu pour les albums d'Astérix et Lucky Luke (personnage créé par Morris, auquel Goscinny donna, en tant que scénariste, un second souffle).

Il est notamment connu pour avoir permis la reconnaissance du métier de scénariste de bande dessinée qui n'existait pas avant lui. [1]

Il est enfin l'un des auteurs français les plus lus au monde : l'ensemble des bandes dessinées et livres qu'il a écrits représente environ 500 millions d'ouvrages vendus [2].

Sommaire

[modifier] Biographie

[modifier] Origines et étymologie

Gościnny, en polonais, est un nom commun qui signifie « hospitalier »[3].

[modifier] Jeunesse

Son père, Stanisław « Simkha » Gościnny, est un ingénieur chimiste originaire de Varsovie, et sa mère Anna née Bereśniak, fille de rabbin, dut quitter avec sa famille le village de Khordorkow (maintenant en Ukraine), à la suite des pogroms récurrents. Stanislaw et Anna se sont rencontrés à Paris, se sont mariés en 1919 et ont d'abord eu un premier fils, Claude Goscinny, né le 10 décembre 1920.[4]

Les Goscinny partent pour Buenos Aires, en Argentine, deux ans après la naissance de René, suite au nouveau poste d'ingénieur chimiste que Stanislas trouve là-bas. René étudie dans les écoles françaises de la ville. Il passe ses grandes vacances en Uruguay, où il monte à cheval sur la Pampa. Il a l'habitude de faire rire ses camarades de classe, probablement pour compenser une timidité naturelle[5].

Il commence à dessiner très tôt, inspiré par les histoires illustrées qu'il adore lire. En décembre 1943, après l'obtention de son diplôme à dix-sept ans, le jeune René perd son père des suites d'une hémorragie cérébrale, et se voit obligé de rechercher un travail. L'année suivante, il obtient son premier emploi comme comptable adjoint dans une entreprise de pneumatiques. Il démissionne peu après pour devenir dessinateur dans une agence de publicité. Parallèlement, il publie ses premiers textes et dessins dans Quartier latin, bulletin interne du lycée français de Buenos Aires.

René, accompagné de sa mère, quitte l'Argentine pour New York en 1945, afin de rejoindre son oncle Boris, le frère de sa mère. René devient traducteur dans une firme d'import-export en attendant de trouver une situation plus stable. Pour échapper au service militaire américain, René part pour la France rejoindre l'armée française en 1946. Il sert à Aubagne, dans le 141e bataillon d'infanterie alpine. Promu caporal, René devient l'illustrateur officiel du régiment, illustrant menus et affiches.

[modifier] Premiers travaux

Il illustre ensuite le livre La fille aux yeux d'or et retourne à New York. René traverse alors la période la plus difficile de sa vie. Il reste un moment sans emploi, seul et totalement déprimé (il en tirera l'un de ses plus percutants textes : Seul, sans amis, sans un sou...).

En 1948, il trouve un travail dans un petit studio, collaborant avec Harvey Kurtzman, Willy Elder, John Severin et Jack Davis dans l'équipe de Mad magazine. Contrairement à l'archétype du rêve américain, il sera le seul de cette équipe à bâtir une fortune... en allant s'installer en France !

René devient ensuite directeur artistique à Kunen Publishers où il écrit quatre livres pour enfants. En 1949, il rencontre, grâce à Jijé, Maurice de Bévère alias Morris, le dessinateur et premier auteur de la série d'albums « Lucky Luke ».

[modifier] Retour à Paris

Puis il rencontre Georges Troisfontaines, directeur de World Press agency, qui le convainc de retourner à Paris travailler comme directeur de l'antenne locale en 1951. Il y rencontre Albert Uderzo, avec qui il débute une longue coopération. Ils travaillent ensemble sur Bonnes Soirées, un magazine féminin pour lequel Goscinny écrit Sylvie.

En 1955, Goscinny, Jean-Michel Charlier et Uderzo tentent de monter un syndicat au sein de la World Press afin que les dessinateurs soient considérés comme les propriétaires de leurs œuvres, et non les éditeurs. Goscinny, suspecté d'avoir fomenté ce mouvement, est licencié de l'agence de presse [6]. Charlier, Uderzo et Jean Hébrard l'accompagnent par solidarité et fondent le syndicat d'édition Edipress/Edifrance. Goscinny et Uderzo coopèrent également sur Bill Blanchart dans Jeannot, Pistolet dans Pistolin et Benjamin et Benjamine dans le magazine du même nom. Sous le pseudonyme d'Agostini, Goscinny écrit Le Petit Nicolas pour Jean-Jacques Sempé dans Le Moustique et plus tard Sud Ouest puis Pilote.

[modifier] Le Journal de Tintin

Le 6 septembre 1956, Goscinny est contacté par André Fernez, le rédacteur en chef du journal. Ce dernier a en effet entendu parler de la réputation de scénariste et d'humoriste [7] de Goscinny et souhaite travailler avec lui pour redonner au journal la pointe d'humour qui lui manque pour rivaliser avec le Journal de Spirou [8]. L'auteur démarre alors une fructueuse collaboration avec Le Journal de Tintin. Il collabore avec de nombreux auteurs :

En complément, Goscinny participe au magazine Paris-Flirt et collabore avec Morris sur Lucky Luke (1955-1977).

Goscinny gardera de cette collaboration à Tintin le souvenir d'un travail gigantesque [10].

[modifier] Pilote et Astérix

En 1959, les éditions Édifrance/Édipresse lancent le magazine Pilote. Goscinny devient un des écrivains les plus productifs pour le magazine. Dans la première édition, il lance sa plus fameuse création, Astérix le Gaulois, avec Uderzo.

Il fait de Pilote un magazine pour adolescents, publiant des bandes dessinées plus inventives et libérées que celles de la presse pour enfants.

Goscinny reprend également l'écriture du Petit Nicolas et de Jehan Pistolet, maintenant appelé Jehan Soupolet.

Pilote est acheté par Georges Dargaud en 1960. Goscinny en sera le rédacteur en chef de 1963 à 1974. Il commence de nouvelles séries :

Il se marie à Gilberte Pollaro-Millo en 1967. En 1968 naît sa fille Anne, devenue écrivain.

Goscinny meurt d'un arrêt cardiaque le 5 novembre 1977 à l'âge de 51 ans au cours d'une épreuve d'effort de routine à la clinique de la rue de Chazelles à Paris. Il est enterré au carré juif du cimetière du Château, à Nice. Uderzo continuera Astérix en signant par respect pour sa mémoire les albums de leurs deux noms.

Avec 107 langues et dialectes traduits dans le monde entier, Astérix est la bande dessinée la plus traduite au monde.[11]

[modifier] Récompenses

[modifier] Anecdotes

  • Goscinny a été également scénariste et dessinateur du Capitaine Bibobu, série parue en 1955 dans l'éphémère hebdomadaire en couleurs au format journal « Risque-tout » (dont le rédacteur en chef, Claude Moine, connaitra un plus grand succès sous le nom d'Eddy Mitchell).
  • Goscinny était un personnage récurrent des gags d'Achille Talon, où il incarnait l'irascible rédacteur en chef du journal Polite. À noter que son avatar était un nain, alors que Goscinny était loin d'être une personne de petite taille.
  • Une réponse dans un questionnaire « à la Proust » de Pilote caractérise l'humour et la modestie de René Goscinny :
« Qu'achèteriez-vous si vous deveniez très riche ?
— J'ai acheté un appartement. »
  • Voyant dans un aéroport un enfant rire en lisant une bande dessinée, il aurait dit à un ami qui l'accompagnait : « Tu vois, c'est ça, notre légion d'honneur à nous.»
  • Peu après sa mort, Guy Béart interprètera sur scène une chanson inédite intitulée "Qui a assassiné René Goscinny ?"[réf. nécessaire]

[modifier] Hommages

  • Le village de Saint-André-sur-Orne, dans le Calvados, abrite l'école primaire René-Goscinny.
  • Le village de Ceaucé, dans l'Orne, abrite le collège René Goscinny .
  • La commune de Sainte-Luce-sur-Loire, dans la Loire-Atlantique, abrite la médiathèque René-Goscinny.
  • Cannes abrite deux écoles René Goscinny (école René Goscinny I et II) et une maternelle René Goscinny
  • Le lycée français de Varsovie, seul établissement scolaire français de Pologne, a été baptisé Lycée René-Goscinny, au vu des origines polonaises du scénariste.
  • La ville de Valdoie, dans le Territoire de Belfort, abrite le collège René Goscinny.
  • En octobre 2007, l'école du Centre-ville de Divion a été renommée "Ecole René-Goscinny". Ce nom a été choisi par les enfants eux-mêmes et le baptême s'est déroulé en présence de Anne Goscinny, fille du scénariste.
  • Le 4 octobre 2008, ce fut au tour de l'école de Auzeville-Tolosane, dans la Haute-Garonne, d'être baptisée René-Goscinny. Sa fille y prononça un discours poignant, retraçant sa relation avec son père ; pour elle, il était un "chercheur d'idées". Là encore, le choix fut celui des enfants, à partir d'une liste d'une trentaine d'auteurs. [12]

[modifier] Œuvres

[modifier] Bandes dessinées

[modifier] Autres

[modifier] Filmographie

Nota : les films suivants s'inspirent de l'œuvre de René Goscinny mais n'ont pas été écrits par lui-même.

[modifier] Bibliographie

[modifier] Notes et références

  1. Jacques Lob : "Avant Goscinny, le métier de scénariste n'existait pas. On payait un dessinateur, et si ce dessinateur voulait quelqu'un pour écrire une histoire, il était tout à fait libre de se l'offrir lui-même !" (Les archives Goscinny, tome I, page 3, Vents d'Ouest, 1998).
  2. Info sur le site officiel de l'auteur
  3. ibid, p 17.
  4. Décédé en 2002 (Goscinny et moi, Flammarion, 2007).
  5. du Panthéon à Buenos Aires, Chroniques illustrées, IMAV éditions, octobre 2007.
  6. Goscinny, biographie, page 87, Actes Sud, 1997.
  7. Copie de la lettre dans Les archives Goscinny, tome I, page de garde, Vents d'Ouest, 1998.
  8. Les archives Goscinny, tome I, page 4, Vents d'Ouest, 1998.
  9. La Bonne Mine de Dog Bull, 1957.
  10. Les archives Goscinny, tome I, page 12, Vents d'Ouest, 1998.
  11. Le Dictionnaire Goscinny, éditions JC Lattès.
  12. Texte du discours sur le site de la mairie d'Auzeville-Tolosane

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

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