Gorille

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Gorilla

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Les Gorilles (Gorilla) forment un genre de grands singes de la famille des Hominidés. Les mâles, en particulier, peuvent développer une force physique colossale. Ce sont les êtres vivants les plus proches de l'Homme, après le Bonobo et le Chimpanzé, puisque l'ADN des gorilles est de 98 % à 99 % identique à celui des humains.
Gorilla est le plus grand genre de primates anthropoïdes qui, avec huit autres genres de Simiiformes, fait partie de la super-famille des Hominoïdes. Certaines classifications phylogénétiques font des Gorilles l'unique genre de la tribu des Gorillini pour les séparer des Hominini (Humains et Chimpanzés).

Les gorilles vivent en groupes dans les forêts tropicales ou subtropicales, où ils se nourrissent de végétaux et parfois d'insectes. Leur présence couvre un faible pourcentage de l'Afrique et ce sont des espèces menacées de disparition. On les trouve cependant à des altitudes très variées. Le gorille des montagnes vit dans les forêts de nuages des montagnes des Virunga, d'une altitude allant de 2 200 à 4 300 mètres. Les gorilles de plaine vivent eux dans les forêts denses et les marécages des plaines.

Liste d'espèces et sous-espèces[modifier | modifier le code]

Espèces et sous-espèces vivantes[modifier | modifier le code]

On distingue deux espèces, l'une vivant à l'Est et l'autre à l'Ouest de l'Afrique, et quatre sous-espèces suivant le lieu de vie[1] :

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Espèces fossiles[modifier | modifier le code]

Chororapithecus abyssinicus a vécu durant le Miocène, il y a environ 10 à 10,5 millions d'années ; il est considéré comme la plus ancienne espèce connue de gorille[2].

Description[modifier | modifier le code]

Le squelette d'un gorille.
Dimorphisme sexuel du crâne - Muséum de Toulouse

Le gorille est après le bonobo et le chimpanzé, du point de vue génétique, l’animal le plus proche de l’humain. Cette parenté a été confirmée par les similitudes entre les chromosomes et les groupes sanguins. Le génome humain ne diffère que de 2 % de celui du gorille.

Redressés, les gorilles atteignent une taille de 1,70 mètre, mais ils sont en fait un peu plus grands car ils ont les genoux fléchis. L’envergure des bras dépasse la longueur du corps et peut atteindre 2,75 mètres.

Il existe une grande différence de masse entre les sexes : les femelles pèsent de 90 à 150 kilogrammes et les mâles jusqu'à 275. En captivité, particulièrement bien nourris, ils atteignent 350 kilogrammes.

Le pelage dépend du sexe et de l’âge. Chez les mâles les plus âgés se développe sur le dos une fourrure gris argenté, d'où leur nom de « dos argentés ». Le pelage des gorilles de montagne est particulièrement long et soyeux.

Comme tous les anthropoïdes, les gorilles sont dépourvus de queue. Leur anatomie est puissante, le visage et les oreilles sont glabres et ils présentent des torus supra-orbitaires marqués.

  • Longévité : 30 ans en milieu naturel, jusqu'à 50 ans en captivité ;
  • Durée de gestation : 250 à 270 jours ;
  • Longueur moyenne du pénis en érection : 5 cm[3] ;
  • les gorilles, comme d'autres singes proches de l'homme possèdent des dermatoglyphes (équivalent des empreintes digitales), y compris sur les phalanges des mains qui sont des zones de contacts avec le sol quand le gorille marche sur les poings fermés ou à demi ouverts[4].

Répartition et habitat[modifier | modifier le code]

Carte de l'Afrique indiquant les aires de répartition des deux espèces.
Répartition géographique des deux espèces du genre Gorilla.

Leur aire de répartition se partage sur deux massifs forestiers géographiquement distants de quelque mille kilomètres, l'un est situé à l'est de l'Afrique centrale, l'autre à l'ouest de celle-ci.

Le bloc forestier ouest-africain abrite la sous-espèce la plus abondante (Gorilla gorilla gorilla ou waren). Sa population est estimée entre 40 000 et 80 000 individus, répartis sur le Cameroun, la Guinée équatoriale, le Gabon, le Congo-Brazzaville et la République centrafricaine. Une population relique (Gorilla gorilla diehli) de quelque 250 individus subsiste dans la partie sud du Nigeria à la frontière avec le Cameroun.

Le bloc est-africain abrite les deux autres sous-espèces. Les quelque 12 000 gorilles des plaines orientales (Gorilla beringei graueri) se répartissent en plusieurs populations isolées à l'est de l'actuelle République démocratique du Congo, dans des habitats variables allant des plaines aux forêts de haute altitude (jusqu'à 3 300 mètres). Les gorilles de montagne (Gorilla beringei beringei), dont il subsiste environ 600 individus, vivent dans la forêt de Bwindi en Ouganda.

Biologie et comportement[modifier | modifier le code]

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Groupe de gorilles des montagnes, dans la forêt rwandaise

Les gorilles habitent les forêts et sont actifs le jour. Tandis que les gorilles des pays plats préfèrent les forêts tropicales humides, les gorilles des montagnes vivent plutôt dans les forêts secondaires. Les gorilles des montagnes se tiennent la plupart du temps au sol. Les gorilles des pays plats grimpent souvent dans les arbres à la recherche de nourriture, même les mâles lourds montent fréquemment dans des arbres dont la hauteur peut atteindre vingt mètres. À terre, les gorilles marchent à quatre pattes en s'appuyant sur les phalanges de leurs mains et non sur les paumes comme d'autres singes plus franchement quadrupèdes. Chaque nuit, pour se reposer, ils construisent un nid de feuilles en à peine cinq minutes. Les gorilles de montagne ont leurs nids à terre la plupart du temps, les gorilles des pays plats dans les arbres.

Gorille de l'Ouest africain, mâle adulte ou « dos argenté »

Les gorilles vivent en groupe avec à leur tête un mâle adulte appelé « dos argenté ». La composition des groupes varie de deux à trente individus, la moyenne se situant entre 10 et 15. En général chaque groupe se compose d'un mâle adulte (mâle à dos d'argent), d'un ou de plusieurs mâles plus jeunes (mâles à dos noirs), de plusieurs femelles adultes (cinq à six) et de quelques petits. Lorsqu'il y a plusieurs mâles dans un groupe, seul le mâle dominant peut s'accoupler.

Le comportement des groupes est variable, les séparations temporaires pour la recherche de nourriture sont fréquentes. Contrairement à beaucoup d'autres genres de primates ce sont le plus souvent les femelles qui quittent le groupe pour en trouver un autre. Les groupes durent généralement longtemps, parfois surviennent des luttes entre mâles pour savoir qui dirigera le groupe. Si un nouveau mâle gagne, il tue la descendance du vaincu. On peut voir dans cet infanticide un profit biologique du fait que les femelles qui allaitent ne peuvent pas concevoir et, après la mort de leur petit, sont rapidement prêtes à copuler de nouveau.

L'instinct territorial est peu développé, plusieurs groupes cherchent leur nourriture aux mêmes endroits et s'évitent les uns les autres. Comme leur nourriture se compose surtout de feuilles, ils n'ont pas à aller bien loin pour la trouver, d'abord parce que les feuilles abondent, ensuite parce qu'elles sont peu nutritives, ce qui les oblige à de longues périodes de repos. Les gorilles connaissent toute une série de sons, des cris et de grognements qu'ils utilisent pour reconnaître les membres de leur groupe et les étrangers et aussi comme moyen d'intimidation. On connaît bien leur façon de se frapper la poitrine. On croyait autrefois ce comportement réservé aux mâles plus âgés, on le retrouve en fait chez tous. Il sert probablement à signaler sa position, ou il s'agit d'un rituel de bienvenue. Début 2009, l'une des plus vastes études jamais faites sur les grands singes, menée par des scientifiques de l'Université de Saint-Andrews en Écosse, indique l'existence d'un langage commun chez tous les gorilles basé sur 102 signes.[réf. nécessaire]

Les gorilles comme les chimpanzés utilisent des feuilles épineuses, riches en tanin pour se débarrasser des parasites intestinaux qui les gênent. Ils en avalent une quantité assez grande sans les mâcher, si bien qu'elles grattent les parois intestinales et en délogent les vers.

Son regard

Régime alimentaire[modifier | modifier le code]

Les gorilles se nourrissent principalement de végétaux : fruits en grande partie, pousses, tiges, feuilles, mais parfois aussi d'insectes (termites et autres).

Systématique[modifier | modifier le code]

La classification phylogénétique permet de positionner, de façon précise, le genre Gorilla parmi les autres genres de singes[5]:

Super-famille des Hominoïdés

                      └─o Catarrhini (singes de l'Ancien Monde)
                        ├─o Cercopithecidae
                        └─o Hominoidea
                          ├─o Hylobatidae (Gibbons)
                          └─o Hominidae
                            ├─o Ponginae (Orang-outans)
                            │ ├─o Ouranopithecus (éteint)
                            │ └─o Pongini
                            └─o
                              ├─o Dryopithecinae (éteint)
                              └─o Homininae
                                ├─o Gorillini (Gorilles)
                                └─o Hominini
                                  ├─o Panina (Chimpanzés)
                                  └─o Hominina
                                    ├─o Australopithecus (éteint)
                                    └─o Homo (Humains)

La tribu des Gorillini ne contenant que le seul genre Gorilla, lequel regroupe les deux espèces de gorille, Gorilla gorilla et Gorilla beringei, cet article couvre les quatre taxons.

Les gorilles et l'homme[modifier | modifier le code]

Statut de conservation[modifier | modifier le code]

État des populations[modifier | modifier le code]

Toutes les espèces de gorilles sont inscrites sur l'annexe I de la CITES et sont déclarées comme en danger d'extinction voire en danger critique pour le Gorilla gorilla par l'UICN[6]. Le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) donne les estimations suivantes en 2003 :

Gorille commun :

Gorille de montagne :

  • La population ougandaise, d'après les recensements, s'élevait à 300 individus en 1997, 320 en 2002 et 340 en 2007 dans le parc de Bwindi
  • Estimation 2007. Il y aurait 720 gorilles de montagne dans le monde.

Menaces[modifier | modifier le code]

Le gorille des plaines de l'ouest (Gorilla gorilla gorilla), plus petit que le gorille des montagnes, est reconnu sur le plan international comme espèce en danger (statut UICN). Plusieurs raisons expliquent sa situation :

  • Destruction de son habitat ;
  • Chasse illégale pour sa viande ;
  • Croyances fétichistes (pouvoir attribué à son crâne, ses os, ses mains) ;
  • Contrebande de bébés gorilles.

À cela, s'ajoute l'apparition de la fièvre hémorragique due au virus Ebola et d'autres pathologies. Depuis novembre 2000 au Congo-Brazzaville et au Gabon, l'apparition du virus Ebola a fait plusieurs centaines de victimes parmi les grands singes.

Les dernières estimations font état de la disparition de près de 5 000 gorilles à la suite de cette épidémie[7].

Réunis en mars 2010 au Qatar, les experts de la conservation révélaient que les gorilles pourraient disparaître des vastes régions du bassin du Congo d'ici à 2020. « Sauf le gorille des montagnes », précisait Ian Redmond, spécialiste des grands singes aux Nations unies. De fait, au Rwanda, cette population a augmenté de 28 % depuis dix ans[Quoi ?].

Les gorilles dans la culture[modifier | modifier le code]

Gorilles célèbres[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références taxonomiques[modifier | modifier le code]

Tribu Gorillini[modifier | modifier le code]

Genre Gorilla[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Revue du Palais de la Découverte, mai 2006 ;
  • Fabrice Martinez, 'Au secours des gorilles.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Meyer C., ed. sc., 2009, Dictionnaire des Sciences Animales. consulter en ligne. Montpellier, France, Cirad.
  2. Gen Suwa, Reiko T. Kono, Shigehiro Katoh, Berhane Asfaw & Yonas Beyene, (2007) « A new species of great ape from the late Miocene epoch in Ethiopia », Nature, vol. 448 (7156): p. 921-924. (résumé)
  3. Zoologie. Quelques précisions, page du site du Quid (archivée sur Archive.org le 4 mai 2007). Page consultée le 26 décembre 2012.
  4. William Montagna ; The skin of non-human primates, American Zoologist 12:109-124 (1972) ; Oxford University Press (Résumé)
  5. Shoshani J, Groves CP, Simons EL & Gunnell GF., 1996. Primate phylogeny: morphological vs. molecular results. Mol Phyl. Evol., 5(1):102-54.
  6. (UICN, 2007)
  7. (en) Ebola Outbreak Killed 5000 Gorillas Magdalena Bermejo, José Domingo Rodríguez-Teijeiro, Germán Illera, Alex Barroso, Carles Vilà, and Peter D. Walsh (8 December 2006) - Science 314 (5805), 1564.