Gordon Darcy Lilo

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Gordon Darcy Lilo
Image illustrative de l'article Gordon Darcy Lilo
Fonctions
15e Premier ministre des Îles Salomon
En fonction depuis le 16 novembre 2011
Monarque Élisabeth II
Gouverneur Frank Kabui
Prédécesseur Danny Philip
Ministre des Finances et du Développement
27 août 2010 – 11 novembre 2011
Premier ministre Danny Philip
Ministre de l'Environnement, Ministre de la Justice
22 décembre 2007, 8 novembre 2007 – 25 août 2010, 10 novembre 2010
Premier ministre Derek Sikua, Manasseh Sogavare
Ministre des Finances
mai 2006 – 8 novembre 2010
Premier ministre Manasseh Sogavare
Biographie
Nom de naissance Gordon Darcy Lilo
Date de naissance 28 août 1965 (49 ans)
Parti politique Parti du développement rural,
puis Indépendent
Diplômé de Université de Papouasie-Nouvelle-Guinée,
Université nationale australienne

Gordon Darcy Lilo
Premier ministre des Îles Salomon

Gordon Darcy Lilo, né le 28 août 1965[1], est un homme politique salomonais. Il est l'actuel Premier ministre des îles Salomon, depuis le 16 novembre 2011[2].

Études[modifier | modifier le code]

Il est titulaire d'une licence d'économie de l'université de Papouasie-Nouvelle-Guinée, et d'un master de développement et d'administration de l'université nationale australienne[1].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Après avoir été secrétaire permanent au ministère des Finances puis au ministère des Forêts et de l'Environnement, il se lança en politique, et fut élu député de la circonscription de Gizo-Kolombangara lors des élections législatives de décembre 2001. Il fut alors élu chef officiel du Groupe des Indépendants, position reconnue par la Constitution, le plaçant à la tête des députés qui ne se reconnaissaient ni dans la majorité du premier ministre Sir Allan Kemakeza, ni sur les bancs de l'opposition officielle. Il conserva ce poste jusqu'aux élections législatives d'avril 2006, où il fut réélu député sous l'étiquette du Parti du développement rural. En mai 2006, le nouveau premier ministre Manasseh Sogavare le nomma ministre des Finances -l'un des postes les plus importants- dans un gouvernement de coalition[1].

En novembre 2007, Lilo entra en désaccord avec Sogavare. Suite à l'immobilisation temporaire des avions de la compagnie Solomon Airlines par son directeur général, Ron Sumsum, Lilo refusa de limoger la direction de la compagnie. Le 8 novembre, Sogavare le démit de ses fonctions de ministre des Finances, et le nomma ministre de la Justice, poste moins influent. Lilo mena alors une fronde contre le premier ministre, démissionnant deux jours plus tard avec le vice-premier ministre Toswell Kaua et sept autres ministres. Sogavare accusa Lilo de mauvaise gestion des fonds publics, et de n'avoir pas progressé dans la réhabilitation de zones frappées par un séisme et un tsunami dans la Province de Choiseul et la Province occidentale. Il ajouta avoir reçu une plainte d'une compagnie d'exploitation forestière accusant Lilo de tentaive d'extorsion. Lilo rétorqua en demandant la démission de Sogavare, accusant le premier ministre d'avoir nui à l'image du pays, en refusant d'extrader vers l'Australie son procureur général, Julian Moti, accusé de viol sur mineure, ou encore en n'étant pas présent à un récent Forum des îles du Pacifique. Il accusa aussi Sogavare de s'être acheté un domaine de propriété à Honiara avec un prêt garanti par l'ambassade de Taïwan[3],[4],[5].

Sogavare fut finalement destitué par une motion de censure, et Derek Sikua lui succéda le 20 décembre. Le 22 décembre, Lilo fut nommé ministre de l'Environnement. Il conserva ce poste jusqu'aux élections législatives d'août 2010, où il obtint un troisième mandat de député, élu cette fois sans étiquette. Il fut nommé ministre des Finances et du Développement par le nouveau premier ministre Danny Philip, le 27 août. Les 9 et 10 novembre 2011, quatre ministres quittèrent leur poste et rejoignirent les rangs de l'opposition. Le 11 novembre, Philip limogea Lilo, l'accusant de conspiration avec l'opposition[6]. Quelques heures plus tard, Philip lui-même démissionna, n'ayant manifestement plus de majorité parlementaire[7]. Lilo se porta candidat à sa succession, contre le candidat attitré de l'opposition, Milner Tozaka[8]. Il fut élu premier ministre par le Parlement le 16 novembre, avec 29 voix contre 20[2],[9].

Le gouvernement Lilo (appuyé par les gouvernements de Nauru, des Tuvalu, du Vanuatu et du Timor oriental) introduisit la motion qui amena l'Assemblée générale des Nations unies à réinscrire la Polynésie française sur la Liste des territoires non autonomes définie par les Nations unies, en mai 2013. Lilo expliqua qu'il souhaitait ainsi voir la Polynésie française accéder à l'auto-détermination concernant son avenir[10]. Le jour avant que l'Assemblée générale ne se prononce, l'Assemblée de la Polynésie française, à majorité anti-indépendantiste, avait adopté une motion demandant aux Nations unies de ne pas réinscrire le pays sur cette liste[11]. La France dénonça la motion salomonaise comme étant une « ingérence flagrante, une absence complète de respect pour les choix démocratiques des Polynésiens » ; ces derniers venaient d'élire un gouvernement hostile à l'idée d'indépendance[12].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) Biographie sur le site du Parlement des Salomon
  2. a et b (en) "Lilo is the new Prime Minister", Solomon Star, 16 novembre 2011
  3. (en) "Rebels give Sogavare seven days to go", Sydney Morning Herald, 13 novembre 2007
  4. (en) "Lilo, Abana Sacked for Working Against PM", Solomon Times, 12 novembre 2007
  5. (en) "Sogavare hit by cabinet walkout", The Australian, 12 novembre 2007
  6. (en) "Lilo fired", Solomon Star, 11 novembre 2011
  7. (en) "PM resigns", Solomon Star, 11 novembre 2011
  8. (en) "PM showdown", Solomon Star, 16 novembre 2011
  9. (en) "New Prime Minister for Solomon Islands", Solomon Times, 16 novembre 2011
  10. (en) "Solomon Islands made history in UN", Solomon Star, 21 mai 2013
  11. (en) "Tahiti assembly votes against UN decolonisation bid", Radio New Zealand International, 17 mai 2013
  12. « Polynésie : la France dénonce une "ingérence flagrante" de l'ONU », Le Monde, 17 mai 2013