Gollion

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Gollion
Blason de Gollion
Héraldique
Vue du village de Gollion
Vue du village de Gollion
Administration
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Canton Vaud
District Morges
communes limitrophes
(voir carte)
Cossonay, Penthalaz, Penthaz, Vufflens-la-Ville, Aclens, Vullierens, Senarclens
Syndic Pierre-André Pernoud
Code postal 1124
N° OFS 5484
Démographie
Gentilé Les Gollionis
Population 720 hab. (31 décembre 2012)
Densité 132 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 35′ 00″ N 6° 31′ 00″ E / 46.5833333333, 6.51666666667 ()46° 35′ 00″ Nord 6° 31′ 00″ Est / 46.5833333333, 6.51666666667 ()  
Altitude 505 m
Superficie 544 ha = 5,44 km2
Divers
Langue Français
Localisation

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Liens
Site web www.gollion.ch
Sources
Référence population suisse[1].
Référence superficie suisse[2]

Gollion est une commune suisse du canton de Vaud, située dans le district de Morges.

Héraldique[modifier | modifier le code]

De sinople ornées de trois besants facés de sinople et d'argent.

Les armoiries communales adoptées en 1923 représentent les prairies de Gollion et les trois rivières limitrophes de la commune : la Venoge à l'est, qui marque la frontière avec Vufflens-la-Ville et Penthalaz. La Senoge au sud, forme la frontière avec Aclens et l'Ouffemaz au nord délimite celle avec Cossonay[réf. nécessaire].

Histoire[modifier | modifier le code]

Certains vestiges marquent le passage des Helvètes, des Romains et des Burgondes. Les Forêts de Brichy et du Châtelard laissent encore apparaître les traces de l'Histoire. Trois sites-refuges (ou oppidum) dont l'un est peut-être d'origine helvète, ont été occupés aux époques romaines et burgondes. La motte de Brichy fut sans doute l'emplacement d'une tour de signal au Moyen Âge et c'est en retournant la terre près du ruisseau de l'Ouffemaz, que l'on peut y découvrir des tuiles romaines et les fondations d'une villa gallo-romaine qui se trouvait au lieu-dit Le Muret.

La première mention de Gollion apparaît en 1228 dans la liste des églises et établissement religieux du diocèse de Lausanne établie sur l'ordre de Conon d'Estavayer, prévôt du chapitre[3]. Le village porte alors le nom de Gollun qui deviendra en 1235 Gollon puis finalement Goillon en 1453. Ce nom provient du mot latin gotha signifiant gouille (flaque en vaudois) ou mare, du fait que Gollion est construit sur un sol particulièrement marécageux.

Il faut attendre la fin de la Réforme, pour que Gollion se décide enfin à remettre son église au milieu du village. Le temple actuel, construit en 1749, remplace l'ancienne église catholique dédiée à saint Christophe qui se trouvait à l'emplacement du cimetière actuel. En 1870, l'église de Gollion accueillit une centaine de soldats du Général Bourbaki afin de recevoir les soins dont ils avaient grandement besoin.


En Crausaz, commanderie de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem[modifier | modifier le code]

Au N.-E. de Gollion, à deux kilomètres, sur la rive droite de la Venoge et sur la route qui conduit à la gare de Cossonay se trouve le hameau d'En Crausaz. Ce lieu appartenait, en 1228, à l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem. On ignore le nom du donateur, mais il est probable qu'un sire de Cossonay a donné directement ce domaine à l'ordre de Saint-Jean. Après que les chevaliers de Saint-Jean eurent acquis La Chaux (qui appartenait à l'ordre du Temple jusqu'à sa dissolution par le pape Clément V, le 13 mars 1312), ils en firent la commanderie générale pour leurs possessions en Pays de Vaud ; Crausaz en devint une dépendance. Toutefois il conserva, au moins temporairement, un commandeur particulier. En 1458, cette charge était exercée par Philibert de Cunscoi, chevalier. Plus tard, les commandeurs de La Chaux ajoutèrent à ce titre celui de prior et rector de domo de Crosa ; ainsi le chevalier Louis Franc (1483 à 1494). Il y avait à Crausaz, avant la Réformation, une église dédiée à saint Jean-Baptiste, patron de l'ordre de Saint-Jean. Elle attirait beaucoup de pèlerins. Sous le gouvernement bernois elle était tombée en ruines[4]. Cette église est située dans les champs qui avoisinent le bois qui surplombe le hameau (lieu-dit La Chapelle) et qui portent aujourd'hui le nom de bois de Saint-Jean.

La sorcellerie[modifier | modifier le code]

Durant les dernières décennies du XVIe siècle et plus particulièrement au début du XVIIe siècle la communauté a été un terreau fertile en sorciers et en sorcières. Il faut dire qu'à cette époque, le Pays de Vaud était le champion européen des procès de sorcellerie, juste derrière l'Allemagne. Dans cette hécatombe Gollion a payé un lourd tribut. De 1615 à 1631, le village est la proie d'assauts diaboliques répétés, perpétrés non pas par des étrangers ou des marginaux, mais par ses propres habitants. Ces individus hommes et femmes, sont dénoncés par leurs proches et leurs voisins, puis incarcérés dans les prisons du château de L'Isle pour y être torturés jusqu'à ce qu'ils avouent leur rencontre avec le diable, leur fréquentation des sectes diaboliques, le nom de leurs complices et les maléfices commis contre gens et bêtes. Finalement, c'est au terme d'une procédure judiciaire redoutable qu'ils sont livrés aux flammes du bûcher de Cossonay. Les frustrations et la jalousie sont évidemment à l'origine de cette vague de procès. Accuser son voisin de sorcellerie était l'assurance de ne plus jamais le revoir. Pas moins de 27 procès auront mis en danger 38 personnes dont seulement 4 à l'extérieur du village. Cette frénésie diabolique aura conduit au bûcher 25 des 200 habitant du village en l'espace de seize ans. Il faudra attendre 1670, pour que le souverain bernois en place, décide de ne plus punir les ensorceleurs de mort[5]


La légende du Moulin d'Amour[6][modifier | modifier le code]

Le Moulin d'amour, lieu-dit au bord de la Venoge, est attesté en 1432[7]. Il tirerait son nom d'une légende médiévale :

Le fils du chevalier de Crausaz rencontra la fille du meunier qu'il trouva fort à son goût. Il en tomba éperdument amoureux et l'épousa en secret. C'est en rentrant des Croisades que le père du jeune-homme appris le mariage de son fils et lui somma de choisir entre son amour et son titre. Le jeune-homme n'eut aucune peine à choisir et parti vivre avec sa mie dans le moulin du meunier, qui prit le nom de Moulin d'amour.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Population résidente permanente par commune et origine, Vaud, 1950-2012 », sur Statistiques Vaud (consulté le 23 avril 2013)
  2. « Statistique de la superficie 2004/09 : Données communales », sur Office fédéral de la Statistique (consulté le 23 septembre 2010)
  3. Cartulaire du chapitre de Notre-Dame de Lausanne, Mémoires et documents de la société d'histoire de la Suisse romande, Lausanne, 1948.
  4. Eugène Mottaz, Dictionnaire historique du canton de Vaud, Lausanne, 1914, 2 vol.
  5. Fabienne Taric Zumsteg, Les sorciers à l'assaut du village, Gollion (1615-1631), Lausanne, Éditions du Zèbre,‎ 2000
  6. Maxime Reymond, Le moulin des amours de Gollion, Archives suisses des traditions populaires, 1906, p.277
  7. Archives cantonales vaudoise, Titre Lausanne, n°2636.

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