Godzilla (film, 1954)

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le film de 1954. Pour pour le monstre, voir Godzilla.

Godzilla

Description de cette image, également commentée ci-après

Affiche originale du film japonais

Titre original Gojira
Réalisation Ishirō Honda
Scénario Histoire :
Shigeru Kayama
adaptation :
Ishirō Honda
Takeo Murata
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau du Japon Japon
Sortie 1954
Durée 98 min.

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Godzilla (Gojira, ゴジラ) est un film fantastique japonais réalisé par Ishirō Honda et produit par Tōhō, sorti en 1954.

Premier d'une saga comprenant près d'une trentaine de volets, Godzilla a révolutionné le genre du kaijū eiga (怪獣映画?, lit. « film de monstres ») dans un Japon d'après-guerre traumatisé par les bombardements atomiques.

Il existe une seconde version du film nommée Godzilla, King of the Monsters!. Cette version de 1956 bénéficie d'un montage différent en se focalisant sur un reporter américain, joué par l'acteur Raymond Burr[1].

Synopsis[modifier | modifier le code]

Une série de naufrages inexpliqués défraie la chronique japonaise. Au même moment, à la suite de plusieurs pêches infructueuses, les insulaires de l'île Odo organisent une cérémonie pour apaiser la colère de "Gojira", un dragon marin vénéré depuis des temps immémoriaux. Mais la nuit venue, quelque chose débarque sur l'île dans une tempête et piétine le village. Le lendemain, le professeur Kyohei Yamane examine le sol et découvre des traces de radioactivité ainsi qu'un trilobite. Un gigantesque monstre reptilien apparaît bientôt aux yeux de tous, avant de s'enfoncer dans la mer.

Le professeur Yamane se rend à Tokyo pour une conférence à la communauté scientifique et en conclut que la créature est un dinosaure réveillé par des essais nucléaires. Alors que certains pensent que la vérité doit être révélée, d'autres craignent des répercussions internationales. Yamane tient à ce que le monstre soit étudié plutôt qu'exterminé. Mais Godzilla émerge et sème la destruction dans la ville, alors que les bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki sont encore dans toutes les mémoires.

Le jeune docteur Daisuke Serizawa met au point l'Oxygen Destroyer, une invention destinée à annihiler toute forme de vie sous-marine dans un grand rayon d'action. Son amie Emiko, la fille du professeur Yamane, tente de le convaincre d'utiliser l'invention contre Godzilla. Mais Serizawa refuse que sa création soit utilisée à des fins militaires...

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

Dans les années 1950, divers projets de films fantastiques sont mis en chantier par les studios de cinéma. En 1952, la re-sortie mondiale sur grand écran de King Kong connaît un franc succès au box-office. Le français Eugène Lourié réalise ainsi Le Monstre des temps perdus (The Beast from 20,000 Fathoms), où un dinosaure, tiré de son sommeil par des essais nucléaires, gagne New York avant d'être abattu par les militaires.

Au même moment, le producteur Tomoyuki Tanaka pense à réaliser un kaijū eiga (怪獣映画?, lit. « film de monstres au Japon »). Dans la phase préparatoire, la bête est décrite comme « un croisement entre un gorille et une baleine »[2] en référence à sa taille, sa force et ses origines aquatiques. Le nom Gojira (ゴジラ?), combinaison des mots gorira (ゴリラ, "gorille"?) et kujira (鯨 (くじら), "baleine"?) est né. Une autre origine évoquée serait que Gojira était le surnom d'un stagiaire machiniste au studio Toho à l'époque[3]. Un des noms potentiels pour Godzilla a été Anguirus. Il sera utilisé dans le deuxième film pour un autre monstre. Le titre de base était Katei niman mairu karakita no dai-kaiju (« le grand monstre venu de 20 000 lieues sous les mers »). Mais ce titre est abandonné. Le script fut alors tout simplement désigné par « G » signifiant « Giant ».

Pour incarner le monstre, on utilise une technique propre au genre : un cascadeur dans un costume. Le sculpteur Sadami Toshimitsu construit trois prototypes, un seul sera retenu sous la supervision de Eiji Tsuburaya, spécialiste des effets spéciaux. L'homme dans le costume de latex, Haruo Nakajima, est filmé au ralenti pour accentuer l'impression de lourdeur et de gigantisme du monstre. On utilise également une marionnette animée ainsi qu’une figurine mécanique radiocommandée.

L'apparence approximative de Godzilla, indépendamment de la conception de la combinaison utilisée par l'acteur, est celle d'un gigantesque dinosaure mutant avec des écailles rugueuses et bosselées de couleur gris anthracite, une queue puissante, longue et dentelées, et de longues épines dorsales. Godzilla est une « chimère » inspirée de divers reptiles préhistoriques, dont les descriptions ont été glanées dans des livres de dinosaures pour enfants et des illustrations à partir d'un numéro du magazine Life : Godzilla a la tête et le bas du corps d'un tyrannosaurus, une triple rangée de plaques dorsales qui rappellent un stégosaure, le cou et les avant-bras des iguanodons et la queue et la texture de la peau d'un crocodile[4].

Le tournage a lieu à Toba et Tōkyō, sous la direction d'Ishirō Honda en 1954 et Akira Ifukube à la musique. Ce film est un très gros succès au Japon avec plus de 9 millions de spectateurs.

  • Le costume de Godzilla pesait 91 kilos.
  • Les mouvements des yeux et de la bouche du monstre étaient opérés par trois câbles sortant par son dos (deux pour les yeux , un pour la bouche).
  • Le cri de Godzilla fut inventé par Akira Ifukube en frottant un gant en cuir couvert de résine sur une corde de contrebasse et en jouant sur la réverbération .
  • Ishirō Honda fait une apparition dans le film, il s'agit de l'homme qui actionne le levier quand l'armée envoie 300000 volts sur Godzilla.
  • Dans la scène où les troupes de la SDF rejoignent la côte pour affronter Godzilla , il s'agit réellement de la force de Défense japonaise qui avait été filmée par Honda lors d'une manœuvre.
  • Lors de sa première apparition Godzilla devait avoir une vache entre les dents mais la scène fut coupée par Honda qui ne la trouvait pas assez réaliste.

Remakes[modifier | modifier le code]

Godzilla, King of the Monsters! (1956)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Godzilla, King of the Monsters!.

Cette version américaine de 1956 bénéficie d'un montage différent du film original japonais, en se focalisant sur un reporter américain joué par Raymond Burr[5].

En 1955, Tôhô revend les droits de Gojira à la compagnie américaine Transworld Pictures. Le film est rebaptisé Godzilla, King of the Monsters ! et devient le premier long-métrage japonais à être doublé. Les producteurs décident de remonter le film en réalisant de nouvelles scènes, pour présenter le récit du point de vue "occidental", avec l'acteur Raymond Burr. Avec les scènes additionnelles et d'autres supprimées, Godzilla dure seulement 81min contre 98 pour la version originale japonaise[6]. Ce second montage minimise l’implication des essais nucléaires américains dans la création du monstre[7].

La version présenté en France au cinéma avec un doublage français correspond à un troisième montage ou la plupart des scènes avec Raymond Burr ont été retirées et des passages inédits dans la version américaine réintégrés. Le doublage français modifie aussi la profession et le rôle de certains personnages, celui de Raymond Burr devient journaliste du New York Herald au lieu du United World News; le personnage de Akira Takarada devient le disciple du professeur au lieu d'être capitaine d'un navire; et contrairement à la version américaine qui garde les personnages japonais dans leurs langues originales sous-titré, le film est intégralement doublé. En France, il a fallu attendre 1997 pour que les éditions HK Video, label créé par Christophe Gans, commercialisent une VHS avec le montage original en Vo sous-titrée en français.

Godzilla (1998)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Godzilla (film, 1998).

Dans les années 1980, le réalisateur américain Steve Miner reçoit une « permission spéciale » de la Tōhō pour produire un film américain mettant en scène Godzilla. Avec l'illustrateur William Stout et le scénariste Fred Dekker, il tente de mettre sur pied le projet. Malheureusement, aucun studio américain ne veut investir[8],[9]. En 1992, TriStar acquiert les droits de Godzilla auprès de la Tōhō en vue de produire une trilogie[10]. Les scénaristes Ted Elliott et Terry Rossio sont alors engagés. Ils livrent leur script final en 1994[11]. Quelques mois plus tard, Jan de Bont est choisi comme réalisateur et débute la préproduction du film, prévu pour sortir à l'été 1996[12]. Le réalisateur quitte finalement le projet après le refus de TriStar de lui allouer un budget de 100 à 120 millions de dollars[13].

Peu de temps avant la sortie en salles de Independence Day, le réalisateur Roland Emmerich et le producteur Dean Devlin signent pour reprendre le projet, à condition qu'ils puissent y apporter leurs propres idées[14]. Ils réécrivent presque en intégralité le script initial de Ted Elliott et Terry Rossio. Écologiste et antinucléaire convaincu, Roland Emmerich décide d'y inclure des éléments liés aux essais nucléaires français (relancés par Jacques Chirac à Moruroa, en Polynésie française, après son élection en 1995)[15].

Le tournage débute en mai 1997 à New York[16]. La première de Godzilla a lieu un an plus tard en mai 1998. Le film remporte un franc succès mais sera désavoué par les fans du Godzilla japonais. La créature se voit renommée GINO ("Godzilla In Name Only" : "Godzilla seulement de nom"). La Toho, gêné par l'impopularité du film auprès de ses fans, décide plus tard de renommer la créature Zilla dans son répertoire de Kaiju[17].

Godzilla (2014)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Godzilla (film, 2014).

Plus d'une décennie après le Godzilla de Roland Emmerich, les studios Legendary Pictures et Warner Bros achètent les droits de Godzilla à la Toho. Le producteur Brian Rogers annonce un nouveau Godzilla réalisé en image de synthese qui affrontera « un ou plusieurs monstres »[18]. Gareth Edwards, réalisateur du film Monsters, est attaché au projet. Le scénariste et réalisateur Frank Darabont retravaille un script de David Goyer, Max Borenstein et David Callaham.

Ce reboot est annoncé comme étant très proche de l'esprit du film original de 1954. « Le nucléaire est très présent au cœur du film, et notre thème principal est l'homme contre la Nature. Et dans ce combat, la Nature gagne toujours », explique le réalisateur Gareth Edwards. "Pour moi, il (Godzilla, ndr) est comme une force de la nature, comme la colère de Dieu ou sa vengeance pour la façon dont nous nous sommes comportés »[19]

Legendary Pictures fixe la date de sortie à mai 2014[20], ce qui coïncide avec le 60ème anniversaire de la sortie du film de Ishirō Honda.

Références[modifier | modifier le code]

  1. IMDb
  2. (en) Steve Ryfle, Japan's Favourite Mon-Star. ECW Press, 1998. p.22
  3. (en) Gojira Media, site web consulté le 2 septembre 3009
  4. (en) William M. Tsutsui, Godzilla on My Mind: Fifty Years of the King of Monsters, New York, Palgrave Macmillan,‎ 2003, p. 23
  5. IMDb
  6. Wikizilla
  7. theguardian.com When dino-clods ruled the earth
  8. (en) The Three American Godzilla Films - FilmConnoisseur.blogspot.fr
  9. Chronique de Le Retour de Godzilla sur DevilDead.com
  10. (en) TriStar lands monster of deal with Godzilla - Variety
  11. (en) Script Godzilla de Ted Elliott et Terry Rossio - Scifiscripts.com
  12. (en) GODZILLA 2 RUMORS UNFOUNDED - SciFiJapan.com
  13. (en) (http://www.theglobalcafe.org/article.php?articleID=120 GODZILLA-The Films That Never Were] - The Global Cafe.org
  14. (en) The RriStar Godzilla film - AngelFire.com
  15. [www.allocine.fr/film/fichefilm-25836/secrets-tournage/ Secrets de tournage] - AlloCiné
  16. (en) Allstetter, Rob (août 1997). "Look Out, it's Godzilla!". Wizard (72). pp. 119–120
  17. [1]
  18. The Mighty 'Godzilla' Will Roar Once More!
  19. Interview de Gareth Edwards
  20. Legendary News

Lien externe[modifier | modifier le code]