Cnaeus Julius Agricola

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Statue (1894) d'Agricola aux Thermes de Bath

Gnaeus Julius Agricola (13 juin/13 juillet 40 à Fréjus - 23 août 93 à Rome) est un général de l'empire romain et le beau-père de Tacite. Il est l'artisan de la conquête de la majeure partie de la Bretagne. Son action est relatée en détail dans la biographie que son gendre, l'historien Tacite lui a consacrée en 98. Elle s'intitule en latin De vita et moribus Iulii Agricolae.

Biographie[modifier | modifier le code]

Agricola est né dans la colonie de Forum Julii (Fréjus). Il commence assez jeune une carrière politique et surtout militaire. Il est questeur en Asie en 63-64 (sous le proconsul Salvius Titianus), tribun de la plèbe en 66, préteur en 68 et commande de 70 à 73, la XXe légion en Bretagne (Angleterre actuelle). Nommé par Vespasien légat en Gaule Aquitaine de 74 à 76, il retourne en Bretagne en 77 comme gouverneur, poste qu'il occupe jusqu'en 84.

Il achève la conquête de la Bretagne en étendant l'influence romaine jusqu'à l'embouchure de la Clyde et au Forth. Il écrase les Calédoniens dirigés par Galgacus à la bataille du mont Graupius et reconnaît le caractère insulaire de l'île en effectuant le premier le tour complet de la Bretagne avec sa flotte.

Différentes hypothèses sont avancées pour expliquer son retrait de Bretagne. L'empereur Domitien voyait en Agricola un potentiel rival. La gens Flavia, famille de Domitien, a accédé au pouvoir grâce au soutien de l'armée, en particulier des armées de Syrie. Un général qui obtient trop de succès, notamment au sein de campagne militaire de grande envergure, n'est pas vu d'un très bon œil par le pouvoir en place. Surtout de la part de Domitien, qualifié d'un naturel suspicieux. L'empereur a probablement voulu stopper dans son élan un rival potentiel à la pourpre.

D'autre part, le contexte politique nécessitait le retour d'Agricola : la Bretagne était en grande majorité pacifiée, et ne menaçait pas de se soulever. Les provinces danubiennes et rhénanes de l'empire avaient besoin d'être soutenues par de bons généraux, comme l'était Agricola. Domitien avait besoin de militaires, suite aux attaques des différents peuples du Danube, menés par Décébale, contre la province de Mésie.

Enfin, vient la thèse de la jalousie, qui a été développée par Tacite dans sa Vie d'Agricola. Une jalousie qu'il faut probablement nuancer, car elle est défendue par deux farouches adversaires de Domitien : Suétone, qui se veut un fervent défenseur du rôle du Sénat, et Tacite, qui reproche à Domitien l'éviction de son beau-père de Bretagne.

Quoi qu'il en soit, lors de son retour, Agricola reçut le triomphe, pour ses victoires en Bretagne[1] . Agricola refusa alors divers proconsulats en Asie et Afrique et il se retira jusqu'à sa mort en 93. On a prétendu que Domitien l'a fait empoisonner, mais rien de très sérieux ne vient étayer cette thèse.

Notes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Études[modifier | modifier le code]

  • M.-Th. Raepsaet-Charlier, « Cn. Iulius Agricola : mise au point prosopographique », ANRW, II, 33, 3, New-York, 1991, p. 1807-1857.