Glypheoidea

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Glypheoidea

Description de cette image, également commentée ci-après

Cette famille regroupe de nombreuses espèces fossiles et deux espèces récemment découvertes

Classification
Règne Animalia
Embranchement Arthropoda
Sous-embr. Crustacea
Classe Malacostraca
Sous-classe Eumalacostraca
Super-ordre Eucarida
Ordre Decapoda
Sous-ordre Pleocyemata
Infra-ordre Astacidea

Super-famille

Glypheoidea
Winkler, 1883

Glypheoidea est le nom d'une super-famille de crustacés, les glyphéides, appartenant à l'ordre des Décapodes.

Cette famille, que l'on pensait entièrement éteinte depuis le Crétacé supérieur, a été créée pour décrire des espèces fossiles. Mais elle accueille aujourd'hui deux espèces récemment découvertes dans le pacifique ouest[1], et peut-être d'autres espèces encore inconnues.

Description[modifier | modifier le code]

Les espèces de cette super-famille sont morphologiquement caractérisées par :

  • un long céphalothorax ;
  • de gros yeux très proéminents ;
  • un abdomen réduit ;
  • des pattes « P1 » préhensiles et énormes par rapport aux autres pattes.

Systématique[modifier | modifier le code]

La super-famille des Glypheoidea a été décrite par le naturaliste Tiberius Cornelis Winkler en 1883.

Taxonomie[modifier | modifier le code]

La super-famille des Glypheidea (qui tire son nom d'un genre disparu nommé Glyphea) regroupe les trois familles suivantes :

1) Famille des Glypheidae

Mecochirus longimanatus de Solnhofen

2) Famille des Mecochiridae

3) Famille des Pemphicidae

Note : la famille des Glypheidae a d'abord été considérée comme éteinte durant l'Éocène, mais rouverte pour accueillir deux nouvelles espèces panchroniques : Neoglyphea inopinata et Laurentaeglyphea neocaledonica. Ces deux espèces auraient pu avoir trouvé refuge dans les fonds du Pacifique où plusieurs autres formes panchroniques ont été trouvées.

Deux espèces nouvelles récemment découvertes[modifier | modifier le code]

Ces espèces ont été récemment découvertes en mer de Corail dans l'Ouest de l'océan Pacifique[2].

Neoglyphea inopinata Forest & de Saint Laurent, 1975[modifier | modifier le code]

Son genre et sa famille étant antérieurement supposés comme éteints, cette espèce est considérée panchronique d'un genre qui existait au Mésozoïque, redécouvert par hasard, d'abord par un seul spécimen pêché à -186 m en 1908 lors d'un chalutage du navire de recherche américain (l'Albatross), puis conservé sans avoir été identifié au Museum national d'histoire naturelle de Washington, et ayant été finalement décrit et identifié en 1975 par J. Forest et M. de Saint Laurent.
En 1976, une série de chalutages scientifiques opérés par des Français, là où l’Albatross avait trouvé le premier spécimen, remontaient — après 36 passages de chalut échelonnés sur cinq jours — une femelle et huit mâles (Forest 1981). Puis deux femelles adultes ont pu être trouvées sur le même site respectivement en 1980 et en 1985 par le navire Coriolis avec deux autres mâles. Forest et Saint Laurent ont alors pu achever de décrire l'espèce. Son aire connue de répartition a pu être précisée suite à la capture en mer d'Arafura [3], par un chalut australien, de deux autres individus en 1987 et 1988, dont une femelle ovigère (la première jamais étudiée). Curieusement, durant près de 20 ans et malgré des campagnes annuelles, cette espèce n'a pas été revue dans le Sud-Ouest Pacifique.

Laurentaeglyphea neocaledonica B. Richer de Forges, 2006[modifier | modifier le code]

Cette espèce a été identifiée par une unique femelle pêchée en eaux profondes, en octobre 2006 Nouvelle-Calédonie (Banc Capel, au sud du plateau de Chesterfield, en mer du Corail), lors d'une pêche scientifique de la campagne EBISCO (Exploration de la Biodiversité et ISolement en mer de Corail). Cette espèce a d'abord été insérée dans le genre Neoglyphea puis rattachée à un nouveau genre, Laurentaeglyphea, par Jacques Forest dans une note publiée en 2006, du fait de ses disparités morphologiques avec N. inopinata.
La femelle de cette espèce est plus courte et trapue que celle de N. inopinata notamment pour le céphalothorax et les premiers péréiopodes.
Ses yeux sont plus gros et le troisième article du pédoncule de l'antenne est plus court que chez N. inopinata ; il est en outre orné de 5 épines contre environ 10 chez N. inopinata.
Sa carapace diffère dans sa couleur et dans son ornementation ; sa face dorsale est entièrement lisse, les faces latérales étant marquées de « petites dépressions en arrière du sillon cervical et d’épines en avant » alors que chez N. inopinata, la carapace est couverte de petits tubercules au sommet terminé par une spinule.
Devant le sillon cervical, la face dorsale du céphalothorax est carénée de manière médiodorsale bifurquée avec, de part et d’autre, deux carènes longitudinales entièrement lisses, alors que N. inopinata ne présente aucune carène marquée mais des tubercules spinuleux plus ou moins marqués et alignés ; le rostre est triangulaire et arrondi, aux bords lisses, alors qu'il est long, pointu et avec des bords serrulés chez L. neocaledonica. Il est 1,1 fois plus long que large à sa base alors qu'il est 2,2 fois plus long que large chez N. inopinata.
Enfin, la couleur générale de l'animal est rose-beige (avec des ponctuations rouge vif sur l’abdomen, la partie supérieure du céphalothorax et les premiers péréiopodes) alors qu'elle est orangée et uniforme sur le céphalothorax de N. inopinata et finement ponctuée de taches orange sur les articles abdominaux[4].
Son habitat ne saurait être décrit par une seule capture, mais on sait que l'animal a été capturé entre -357 m et -536 m sur les flancs d'un mont sous-marin (le banc Capel) de type guyot, ancien atoll immergé dont le sommet plat culmine à -300 m environ, dans un environnement balayé par de forts courants, à substrat dur (ni sable ni vase, mais éboulis coraliens).

Compléments[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Breton G. (2010) — Crustacés in Colleté C. (coord.), Stratotype Albien. Muséum national d’Histoire naturelle, Paris ; Biotope, Mèze ; BRGM, Orléans, 332 p. + CD-Rom (Patrimoine géologique ; 2) : [ouvrage imprimé : 221-223, g. 149-155 ; CD-Rom : 3-31, g. 1-7].
  • Forest J. (?) — Compte rendu et remarques générales (en français et en anglais), Résultats des campagnes MUSORSTOM. I (Philippines ; 18-28 mars 1976), volume 1. Mémoires ORSTOM 91: 9-50.
  • Forest J. (1989) — Compte rendu de la campagne MUSORSTOM 3 aux Philippines (31 mai-7 juin 1985), in FOREST J. (ed.), Résultats des campagnes MUSORSTOM, volume 4. Mémoires du Muséum national d’Histoire naturelle (A) 143: 9-23.
  • Forest J. (2006) — Laurentaeglyphea, un nouveau genre pour la seconde espèce actuelle de Glyphéide récemment découverte (Crustacea Décapoda Glypheidae). Comptes Rendus Biologies, volume 329, numéro 10, octobre 2006, Pages 841-846.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Forest J. & Saint Laurent M., 1975, Présence dans la faune actuelle d’un représentant du groupe mésozoïque des glyphéides : Neoglyphea inopinata gen. nov., sp. nov. (Crustacea Decapoda Glypheidae). Comptes rendus hebdomadaires de l’Académie des sciences, Paris (D) 281: 155-158
  2. Communication du Muséum, par Bertrand Richer de Forges : Richer de Forges B. 2006. — Découverte en mer de Corail d’une deuxième espèce de glyphéide (Crustacea, Decapoda, Glypheoidea). Zoosystema 28 (1) : 17-29
  3. BRUCE A. J. 1988. — Capture of a female living-fossil lobster Neoglyphea inopinata in the Arafura sea. Search 19 (4): 217-218.
  4. Forest cité par B. Richer de Forges (voir lien externe)