Glos-la-Ferrière

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Glos-la-Ferrière
Façade de l'église Saint-Agnan
Façade de l'église Saint-Agnan
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Basse-Normandie
Département Orne
Arrondissement Argentan
Canton La Ferté-Frênel
Intercommunalité Communauté de communes du Canton de la Ferté-Frênel
Maire
Mandat
Michel Boulanger
2014-2020
Code postal 61550
Code commune 61191
Démographie
Gentilé Glosiens
Population
municipale
565 hab. (2011)
Densité 45 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 51′ 28″ N 0° 36′ 07″ E / 48.8577777778, 0.601944444444 ()48° 51′ 28″ Nord 0° 36′ 07″ Est / 48.8577777778, 0.601944444444 ()  
Altitude Min. 208 m – Max. 261 m
Superficie 12,63 km2
Localisation

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Glos-la-Ferrière est une commune française, située dans le département de l'Orne en région Basse-Normandie, peuplée de 565 habitants[1] (les Glosiens).

Géographie[modifier | modifier le code]

Situé au nord-est du département de l'Orne et limitrophe de l'Eure, Glos-la-Ferrière est à 10 km au nord de L'Aigle et à 75 km de la ville côtière la plus proche, Trouville-sur-Mer. Le bourg se situe à une altitude de 228,5 mètres[2] (NGF) voire 234 mètres environ au niveau de l'église.

Glos-la-Ferrière est traversé par le Val-Vernet, le Val Coulé et la Barne.

Le village est situé sur le plateau du pays d'Ouche constitué par une couverture d'argile à silex avec lambeaux de limons.

Communes limitrophes de Glos-la-Ferrière[3]
Couvains Chambord (Eure) Chambord (Eure)
Couvains Glos-la-Ferrière[3] Juignettes (Eure)
Gauville Saint-Nicolas-de-Sommaire Juignettes (Eure)

Toponymie[modifier | modifier le code]

Glos est attesté sous les formes : Gloth 1050 - 1066[4],[5],[6] , Glos vers 1136, Glos sous l'Aigle vers 1790, Glos-la-Ferrière depuis 1800[7].

Formation homonyme de deux autres villages en Normandie : Glos (Calvados, Gloz 1198, Glotium 1283), Glos-sur-Risle (Eure, Gloz 1175)[8],[9],[10].

Pour Albert Dauzat et Charles Rostaing[11], il s'agit peut-être d'une variante du gaulois clottu « grotte, excavation » représenté dans la toponymie du midi et des Alpes. cf. les Balmes de Glos près de Grenoble. Xavier Delamarre mentionne[12] les mots des dialectes français et provençaux clot, clota, etc. signifiant « trou, cavité, fosse » issus du gallo-roman *CLOTTO « cavité, trou », issu du gaulois *clutso, variante de *cl(o)usto « oreille », d'où « trou de l'oreille » (cf. gallois clust « oreille »)

Pour Ernest Nègre[13], il s'agit d'un nom de personne germanique employé absolument, comme c'est souvent le cas. Il cite Chlodio.

François de Beaurepaire[14] ne se prononce pas.

Aucun de ces auteurs ne se risque à une analyse à partir d'un étymon vieux norrois ou anglo-saxon [lequel d'ailleurs ?]. Elle se heurte aussi au fait que les Glos sont situés hors de la zone de diffusion des toponymes anglo-scandinaves.

La Ferrière est un toponyme du Bas Moyen Âge, comme le suggère la présence de l'article défini[9]. L'ancien français ferrière (cf. latin médiéval ferreria) est attesté en 1398 au sens d'« installation pour extraire, fondre et forger le fer[15] ». Le pays d'Ouche était en effet réputé pour cette activité jusqu'au XVIIe siècle.

Armoiries[modifier | modifier le code]

Ses armes peuvent se blasonner ainsi : losangé d'or et de gueules[réf. nécessaire].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'occupation humaine de Glos remonterait au néolithique. Il existe en effet, sur la route Glos-L'Aigle dans le petit bois situé face au lieu-dit le Boulay-Filleul, une pierre d'assez grande dimension (classée monument historique[16]). En 1878, un instituteur effectuant une fouille à sa base y aurait découvert des haches de silex et un percuteur[17].

De plus, on a trouvé près de l'église des monnaies et des bagues de fabrication romaine. Enfin, une voie romaine passait par le hameau de la Haute-Voie, au sud du bourg. Cette voie devait être indispensable lorsque Glos fut la capitale de l'industrie métallurgique de Normandie, avant l'ère chrétienne et jusqu'à la fin du XVIe siècle[18].

Au haut Moyen Âge, le riche bourg de Glos, qui n'est pas encore "la Ferrière", est un lieu de passage puisque situé au croisement de plusieurs routes. Ceci est donc source de dangers. Les défenses consistent en un fossé circulaire et au centre une butte de terre énorme, puis un château tout en bois de plusieurs étages comportant tous les systèmes les plus élaborés de l'époque. Un seul passage descendant de la butte au fond du fossé puis rejoignait ce qu'on appelle la « Basse-cour », emplacement fortifié par une épaisse palissade de bois qui protégeait ainsi notamment les troupeaux, les réserves et les habitants d'alentours. Si le siège mis par l'adversaire tournait au désastre, on se réfugiait dans le château qui dominait la butte. Pendant la Guerre de Cent Ans, Du Guesclin (1320-1380) détruisit les murailles et le château alors sous la dépendance des Anglo-Navarrais.

Aujourd'hui encore, on se rend compte de l'importance de Glos au Xe siècle en allant voir l'impressionnante butte (d'environ 7 mètres de hauteur et 45 mètres de diamètre) et d'imaginer le château fait de poutres énormes sur vingt mètres de haut. Cette organisation basée sur le bois, est différente de celle de Verneuil qui a un château de briques dont il reste le donjon du Xe siècle. Glos est peut-être à la charnière de deux mondes : le monde romain et le monde des peuples du Nord[19]. Des monnaies d'un Jean duc de Bretagne seigneur de l'Aigle furent trouvées dans les environs du château fort[20].

Le 5 novembre 1791, une pétition des habitants réclama l'ouverture d'une grande route L'Aigle-Glos-Orbec. Cette pétition obtint satisfaction avec obligation pour les Glosiens de faire des heures de travail sur la portion traversant la commune.

En 1793, le 21 brumaire, un arrêté de l'Assemblée obligea les communes à fouiller jusque dans les cimetières pour en extraire le plomb pour les munitions nécessaires dans la guerre contre les Chouans.

Quelques faits d'Histoire[modifier | modifier le code]

En 1113, le roi d'Angleterre et duc de Normandie Henri 1er Beauclerc se rendit avec sa cour à l'abbaye de Saint-Évroult pour célébrer la fête de la Vierge. En 1119, il vint à la Ferté-Fresnel battre le seigneur de l'Aigle. Puis il tourna ses armes contre ses ennemis de Lyre et de Glos. Roger qui commandait le château de Glos fut battu et se soumit. De 1358 à 1450, pendant la guerre de Cent Ans, les Anglais dévastèrent l'abbaye de Saint-Evroult et pillèrent la « ville de Glos »[21].

À la création des cantons, Glos est chef-lieu de canton. Ce canton est supprimé lors du redécoupage cantonal de l'an IX (1801)[22].

En 1803, un météore éclata dans la région, des débris tombèrent au Bois de la Ville.

Le 26 septembre 1815, 400 soldats prussiens occupèrent Glos pendant huit jours, vivant de réquisitions.

En 1830, effrayé par la Révolution, Mgr Saussol, évêque de Sées, se réfugia à Glos pendant trois mois.

En 1848, on planta deux arbres de la Liberté, l'un auprès de l'église, l'autre au bourg.

En 1871, 35 000 Prussiens en un jour, puis 45 000 en trois jours, s'abattirent sur la région.

La Grande Guerre fit vingt-quatre victimes (dont Félix Chalin, Emile Bertin, Ludovic Bunel, André Fourchégu, Clovis François, René Gohier, Auguste Leffray, Henri Mariette, Georges Nicolas, Philémon Mercier, Fernand Goupil, Georges Goupil, Alphonse Duval, Alexandre Hervé, René Lemonnier, Georges Play, Henri Rouillon, Albert Troussard, Louis Blanchoud et Victorin Plumauzille).

Monument aux Morts de Glos-la-Ferrière
Monument aux Morts de Glos-la-Ferrière

Lors de la Seconde Guerre mondiale, Glos fut libéré sans difficulté le 23 août 1944 par les Anglais. Un enfant de 13 ans, Roger Liger, avait été tué dix jours auparavant.

Économie[modifier | modifier le code]

Dès l'époque gallo-romaine, Glos est une ville de forgerons, "les Ferrons". Pendant près d'un millénaire, le commerce du fer et des armes enrichit la ville qui a une population considérable pour l'époque. On peut estimer que derrière ses remparts, plus de 10 000 habitants vivent de cette industrie et de ce commerce[23].

C'est Guillaume le Conquérant qui demandera des soldats équipés de "piques" de Glos pour la bataille d'Hastings qui lui ouvre les portes de l'Angleterre. Ces piques redoutables sont figurées avec trois gaulois sur l'autel de Nantes trouvés sous la cathédrale Notre-Dame de Paris, l'inscription rappelle qu'ils sont de la région d'Évreux.

Les coutumes des ferrons sont codifiées par la royauté en 1224. Ils sont "Bourgeois" donnant cette noblesse à toute la commune. Ils auront une charte qui est reconnue pour les défendre par l'abbaye de Saint-Évroult tandis que l'abbaye Notre-Dame de Lyre les soutient.

Toutes les communautés des Ferrons du Pays d'Ouche dépendent de celle de Glos. Cette unification dépend de la protection accordée par le Roi. Chaque année, les ferrons s'assemblaient le dimanche d'après la nativité de Saint Jean Baptiste, dans la chapelle de la Maladrerie de Glos-la-Ferrière afin d'élire un juge ou maître des ferrons, obligatoirement natif de Glos, sachant forger et manier le fer. Son rôle était de recevoir le serment des ferrons de Normandie, de délivrer les lettres de maîtrise, de trancher les différends entre patron et ouvriers, tireurs de minerai, clients[21]… En retour de ces privilèges, il devait 150 "pics" au roi, aux recettes de Breteuil et d'Orbec (cette redevance fut en 1655 transformée en une rente de 15 livres tournois).

Cette institution dura jusqu'à la Révolution, souvent confirmée par nos rois. A l'audience du maître des ferrons à Glos, les huissiers étaient aussi des ouvriers du fer et tenaient toujours un marteau de 30 livres et, au moindre bruit, cassaient les dents du "gêneur"… Le maître se tenait sur une haute enclume, jambe deçà, jambe delà[21].

Des fouilles effectuées en 1892 à Rugles et Glos démontrèrent que les forges de la région avaient une origine gauloise, ce que confirment les énormes tas de scories qui forment le sous-sol de ce deux cités. D'autre part, la production métallique des forges de Normandie et Bretagne atteignait en 1644 3500 à 4000 tonnes[21].

Tant que les bas fourneaux et les forges à bras dominent, la ville de Glos est un centre important. La modernisation, les forges hydrauliques entament le déclin par manque de rivières à proximité. Vient alors la Révolution, les tréfileries ont pris la suite des forges, produit raffiné avec secret de fabrication des aiguilles. Seule reste aujourd'hui la maison Bohin. Cette industrie s'éteint vers 1880 et peu après un Allemand achète le laitier par millions de tonnes car il est encore riche en fer et, il l'emploie dans des hauts fourneaux de son pays[23].

Le dernier signe visible aujourd'hui est la présence de centaines de clous plantés dans la façade de l'église.

En 1808, le citoyen Gervais (l'aïeul du l'Amiral Gervais (1837-1921)) se fournissait dans le Nord de lin qu'il faisait tisser à Glos.

Glos fut encore un centre pour la couture des gants, à partir de 1817. Costard, du Sap, fabriquait les machines. La couture d'une paire de gants demandait trois heures à une bonne ouvrière et coûtait trente centimes[21].

Découpage[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, Glos appartenait au Seigneur de Breteuil. De 1310 à 1331, elle faisait partie du Comté de Beaumont-le-Roger. En 1354, Glos et Breteuil furent cédés au Comte d'Évreux, roi de Navarre, allié des Anglais. Un échange concernant le Comté d'Évreux fit passer Glos aux mains de Frédéric-Maurice de la Tour d'Auvergne, Duc de Bouillon, dont les descendants furent seigneurs de Glos jusqu'à la Révolution.

En 1411, le village fut pillé par les troupes du Duc d'Alençon.

À la suite de la Révolution, Glos-la-Ferrière est nommé chef-lieu de canton dans le district de L'Aigle. Ce canton comprenait 17 communes jusqu'en l'an VII (1798) puis 22 communes jusqu'au 5 brumaire an X (27 octobre 1801).

Mais la commune de La Ferté Fresnel revendique cette position et envoie donc au Sénat, avec copie à Messieurs les commissaires du Roi et à l'Assemblée administrative du département de l'Orne une réclamation. Le premier argument est la position centrale de bourg de La Ferté-Fresnel alors que plusieurs paroisses du canton sont éloignées de plus de 3 lieues de Glos. De plus, La Ferté-Fresnel invoque qu'elle possède un « marché assez considérable » et « une très forte halle à blé » que n'a pas Glos-la-Ferrière. Le mémoire continue de citer d'autres avantages que possède La Ferté-Fresnel comme par exemple l'existence d'un bureau de contrôle des actes, d'un bureau des aides, d'un bureau des recettes de régie qui n'existent pas à Glos-la-Ferrière. Enfin, la commune offre un dernier argument : les « eaux très belles et très limpides » de la Ferté-Fresnel opposé à « la sécheresse » de sa rivale. Finalement, la flatterie et l'obséquiosité viennent couronner la démonstration : « La commune du bourg de la Ferté Fresnel ose se flatter que Messieurs les Administrateurs du Département de l'Orne, dont les connaissances sublimes vont journellement opérer le bonheur des citoyens de leur Département, et dont le zèle à remplir scrupuleusement les grandes fonctions qui leur ont été, à juste titre, confiées par leurs concitoyens et compatriotes, voudront bien (...) lui accorder la translation ». Glos-la-Ferrière n'a pu qu'objecter en vain d'autres arguments, soutenant notamment que sa population était doublement plus élevée[24]. La Ferté-Fresnel deviendra ainsi le chef-lieu de canton en lieu et place de Glos-la-Ferrière.

La justice[modifier | modifier le code]

Dès 1279, Glos-la-Ferrière fut le siège d'une sergenterie comptant alors vingt-cinq paroisses et elle le demeure jusqu'à la Révolution. Elle se rattachait à la vicomté de Breteuil dont un lieutenant tenait audience à Glos de dix en dix semaines pour la haute et basse justice. Les moines et leurs sujets avaient le droit, encore en 1472, d'y plaider en première instance, mais leurs appels étaient portés au siège de Breteuil puis à l'échiquier de Rouen. À partir de 1747, la vicomté de Breteuil eut son siège à Glos-la-Ferrière. Nous ne savons ce qu'il en advint par la suite[25].

Le 13 septembre 1789, les "principaux habitant" de Glos décidèrent de former un "Comité" pour "régler la police" dans le bourg: deux gardes relevés de six en six heures furent postés auprès de l'église et auprès des halles (place de la poste). De plus, une "patrouille roulante" fut établie nuit et jour composée de six hommes[21]. Le président de ce comité était M. de Malherbe de Saint-Laurent, seigneur du Boële, ancien chevau-léger du Roi. Les conseilles étaient MM. Bessin, Gatine, Aury de Grandcour, Menant, Primois, Abbé Le Vézier, Prêtre et chapelain du Boële, Savary (notaire). En 1790, M. Savary était le maire de l'Assemblée municipale. En 1791, les Gardes nationaux de Glos durent prononcer ce prononcer ce serment après les vêpres: "Je jure par tout ce que l'honneur a de plus sacré, de rester inviolablement attaché à la constitution décrétée par l'Assemblée nationale, de soutenir cette constitution de tout mon pouvoir, de la défendre contre tous ses ennemis et de verser jusqu'à la dernière goutte de mon sang pour la liberté de ma patrie"[21]. Le curé de l'époque refusa de prêter serment à la constitution.

Devises et dictons[modifier | modifier le code]

« Bourg de L'Aigle, ville de Glos » (ancien).

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1924 1947 Joseph Goment    
1947 1965 René Chevallier    
1965 1983 André Boucher    
1983 1986 Jacques Nicolas    
avril 1986 juin 1995 Roger Moreau    
juin 1995 mars 2001 Monique Jouvencel    
mars 2001 mars 2008 René Laurendeau   Retraité (police et sécurité)
mars 2008 mars 2014 Paul Delmotte SE Retraité (transport de voyageurs)
mars 2014[26] en cours Michel Boulanger SE Carrossier peintre retraité
Pour les données antérieures, dérouler la boîte ci-dessous.


Le conseil municipal est composé de quinze membres dont le maire et trois adjoints[26].

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 565 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2]. Glos-la-Ferrière a compté jusqu'à 1 260 habitants en 1836.

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1836 1841 1846 1851 1856
1 167 1 211 1 257 1 248 1 260 1 240 1 185 1 096 952
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
947 909 882 856 782 730 727 684 660
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
682 652 574 536 554 554 611 529 554
1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009 2011
525 540 556 567 521 558 563 555 565
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[27] puis Insee à partir de 2004.)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Le château du Boële et son colombier

Ils sont inscrits à l'Inventaire supplémentaire des Monuments historiques[28]. Le château a été achevé en 1606. On ne connaît pas l'origine du fief qui était déjà constitué en 1414[21]. Son propriétaire en 1570, Jacques Jouey fut conseiller à la Cour des comptes de Normandie. Son petit-fils, Jacques III aura sa chapelle particulière en l'église en 1610. Au milieu du XIXe, M. Mouchel, propriétaire de forges à Aube, l'acheta à la famille Toutain dont il fit la généalogie.

  • Le Bois de la Ville

Le manoir est du temps de Louis XIII, mais la façade a été refaite au XVIIIe siècle. Dans l'herbage, à l'est, se situe l'ancien colombier. Un Sieur du Bois de la Ville de Glos, commandant du second bataillon du régiment de Bourbon Infanterie, mourut en 1734 à la bataille de Guastalla. Le propriétaire a longtemps été la famille Le Forestier dont le dernier descendant, Robert, a été maire de Glos pendant 25 ans.

  • La Pitière

Ce pittoresque manoir doit dater du XVIe siècle. Ses embellissements sont dus à Gilles d'Espinay, bourgeois de Couvains. Guillaume d'Espinay, fils de Gilles, fut anobli en 1644. Le dernier d'Espinay est mort sans héritier en 1715.

  • L'église Saint-Agnan

L'église du village mesure 45 mètres de long : un édifice vaste par rapport à l'étendue du village. Cela s'explique par le fait que lorsqu'elle fut érigée, Glos-la-Ferrière était une ville importante. À tel point qu'il existait à l'origine deux églises selon Orderic Vital (livre III). La seconde devait se situer en bordure nord du bourg à l'entrée du chemin de Chambord. Jusqu'en 1653, il y avait d'ailleurs deux curés.

L'église est inscrite sur la liste des Édifices religieux dignes d'intérêt établis sous le nom d'Inventaire départemental[29].

    • Extérieur

Il y a un dénivelé de 3,5 mètres entre le niveau du terrain autour de l'église et celui sur lequel repose celle-ci. Traditionnellement, le cimetière se trouvait autour de l'église. Au cours des siècles, de la terre a été rapportée pour recouvrir les anciennes tombes et permettre de nouvelles sépultures, ce qui explique cette dénivellation.

Les fondations de l'église sont certainement bien antérieures à l'édifice actuel, tel qu'il fut bâti aux XIe et XIIe siècles. Il est probable, en effet, qu'un lieu de culte chrétien existait là vers le VIe siècle et si des fouilles étaient faites, on trouverait certainement les bases de cet ensemble. Avant cette époque, le site était peut-être un lieu de culte des Romains puisqu'on sait qu'ils sont venus dans cette région, des tombes datant de cette époque ayant été trouvées.

Les fenêtres percées dans la façade de l'église sont de la fin du XVIe siècle, mais on peut apercevoir dans la muraille de la façade sud des fenêtres obturées dont on distingue bien les contours et qui sont des XIe, XIIe, et XIIIe siècles. Il existe également des contreforts sur la façade mais qui ne servent en fait qu'au décor. En effet, il n'y a pas de poussée latérale puisque la structure de la toiture en carène de bateau (typiquement normande) est posée sur le mur. On en déduit que l'église est beaucoup plus ancienne que les autres églises romanes que l'on peut voir dans la région.

D'ailleurs, à l'extrémité est, côté chœur, le chevet est carré, alors qu'un peu plus tard l'abside des églises romanes sera arrondie. On aperçoit également dans la façade du chevet deux arrondis en brique qui sont tout simplement des oculi, qui se voient au début de l'époque romane.

La façade de l'église est parsemée de centaines de clous dans les interstices des briques. Le travail du fer a été pendant près de 2 000 ans la richesse de la ville, et devant l'église une vingtaine de commerçants "les Ferrons", avaient un étal de clous et dans la façade du monument chacun exposait les modèles de sa production et espérait une protection divine. Dans la façade sud, on voit une porte qui n'est plus utilisée de nos jours. Autrefois, on entrait dans l'église non pas par l'extrémité ouest comme aujourd'hui mais par cette porte du sud qui était la porte de la lumière, et on sortait au nord par la petite porte des morts. Cet ensemble assez exceptionnel a été respecté et gardé intact au fil des siècles[30]. L'illumination nocturne dont bénéficie l'église permet de mettre en valeur ce patrimoine.

Au nord, est greffée une chapelle que date l'inscription "LEN DE GRACE 1610".

    • Intérieur

À l'intérieur se trouve la table de communion qui date de la fin de l'époque Louis XIII. Le lutrin est fait d'un aigle couronné.

L'autel latéral gauche est surmonté d'un tableau rappelant l'importance accordée au rosaire et à l'ordre de saint Dominique. La statue en bois creux de ce dernier, ainsi que celle de sainte Catherine de Sienne entourent l'autel. Ces deux statues sont antérieures à la fin du XVIe siècle. Elles proviennent de la chapelle du château du Boële d'où elles ont été retirées avant démolition[31].

Vierge à l'enfant au-dessus de l'autel latéral gauche
Autel latéral gauche

L'autel latéral de droite est surmonté d'un autre tableau dont l'enfant Jésus qui y figure représente en fait Louis XIV bébé, rappelant ici les œuvres du peintre Largillière. À gauche de ce tableau se trouve la statue de saint Jacques. Glos est en effet une ville étape d'une des routes de Saint-Jacques-de-Compostelle qui se trouve à 1 800 km de là. À droite se trouve saint Jean Baptiste accompagné d'un agneau symbolisant la douceur et la gentillesse. Devant le maître-autel se trouve un retable de la fin du XVIIe siècle. Au-dessus se trouve une statue de saint Agnan (le patron du village) qui fut évêque d'Orléans, et à ce titre, il a fait reculer Attila. Deux belles autres peintures, le Crucifiement et le sacrifice d'Abraham, ont été achetées en juillet 1910, lors de la vente du château du Boële.

Il faut aussi signaler la présence d'une statue en bois en très mauvais état représentant saint Thibault, le patron des lépreux. Elle séjourna fort longtemps dans la léproserie (la maladrerie) de Glos-la-Ferrière, où étaient isolés et soignés par des religieux, les gens qui avaient été en croisade et qui avaient rapporté la lèpre avec eux. La léproserie fut supprimée en 1696. Quant au baptistère, il s'agit d'une pièce rare à 8 pans, le 8 étant le chiffre de la perfection céleste. Le sacristie, qui se trouve derrière le chœur, date du XVIIIe siècle, fermée par deux portes Louis XV. Le lutrin est doté d'un aigle orné d'une couronne. Cet ornement rare signifie que les habitants de Glos n'avaient pas de "suzerain" et qu'ils étaient "Bourgeois" depuis environ l'an 1200[32].

Au niveau du sol de la voûte, il y a une énorme pierre rectangulaire qui bouche probablement l'entrée de la crypte. Il y avait là-dessous des sarcophages de plomb, qui ont disparu pour faire des balles pour les fusils de la bataille de Valmy notamment[33]. Il y a peut-être d'autres choses à y découvrir.

Enfin, l'église possède un orgue réputé datant de la fin du XVIIIe siècle. Des concerts y sont encore donnés aujourd'hui.

    • Clocher

La construction du clocher débuta vers 1610. Il est constitué d'énormes poutres en chêne permettant au clocher de culminer à 45 mètres. Celles-ci sont ainsi à même de supporter le poids très important des cloches (3,5 à 4 tonnes). On peut se rendre compte de la taille des cloches en observant sur le sol carrelé de l'allée centrale, deux cercles tracés par l'oxyde de cuivre laissés là par elles quand elles y furent déposées à l'occasion de travaux importants.

Les pieds de la voûte soutenant le clocher ne sont pas tous à la même hauteur. Ceci s'explique par le déplacement du clocher au XIIIe siècle, qui était auparavant devant l'église à l'emplacement de la rue d'aujourd'hui selon toute vraisemblance[33].

  • Menhir du Boulay-Filleul

Il fait l'objet d'un classement au titre des Monuments historiques depuis le 11 mars 1944[16].

Activité et manifestations[modifier | modifier le code]

Fêtes et foires[modifier | modifier le code]

La Saint-Éloi, fête des forgerons, était célébrée à la fin du mois de juin. Les forgerons se rendaient à l'église et assistaient à l'office. En chemin, ils chantaient[21] :

C'est aujourd'hui la Saint-Eloi
Suivons tous la même loi.
La forge, il faut la balayer (bis)
Les outils, il faut ramasser;
Allons au bourg promptement.
Monsieur le curé nous attend.
La messe, il faut écouter (bis)
Et celui qui va la chanter

Au Moyen Âge, existait un marché aux chevaux une semaine sur dix. En outre, un marché se tenait au Pratel, sur le fief du Boële, dès 1631, le dernier samedi de septembre. C'était la foire Saint-Michel qui a été supprimée à la Révolution puis rétablie en 1862 accompagnée d'une fête mémorable : messe en musique, concours agricole, cours de chevaux le lendemain au Boële.

Une seconde foire avait lieu le troisième samedi d'avril. Ces deux foires ont été abandonnées après la Première Guerre mondiale. Seul un marché, le samedi, avait été maintenu[21].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Joseph Amos Menant, né à Glos en 1810, cuisinier, inculpé pour l'insurrection de juin 1848 et chercheur d'or parti en 1852 à San Francisco avec Louis Miniac.
  • Paul Cornu (Glos-la-Ferrière 1881-Lisieux 1944), inventeur. Auteur du premier vol d'un hélicoptère avec pilote en novembre 1907. Un lycée de Lisieux porte son nom.
  • Marcel Piche (L'Aigle 1885- Glos-la-Ferrière 1973) photographe, violoniste de talent, marchand de cycles à Glos-la-Ferrière puis facteur. Il fut brancardier durant la totalité de la Première Guerre mondiale. Il réalisa de nombreuses cartes postales de la commune.
  • Lucien Lambert (né en 1932), scénariste. Il a participé notamment à l'écriture de la série Belphégor et de Mima. Les réalisateurs Claude Zidi et James Cameron ont été condamnés pour contrefaçon en juin 2004 par la cour d'appel de Paris, celle-ci ayant jugé que le film La Totale ! (de Zidi, 1991) et son remake américain True Lies (de Cameron, 1994), étaient inspirés d'un travail de Lucien Lambert, auteur d'un scénario similaire intitulé Émilie achevé en 1981.
  • Samuel Turpin (né en 1973), reporter photographe. Auteur de reportage notamment sur la crise humanitaire et le drame des enfants soldats au Congo ainsi que l'esclavage et exclusion au Laos.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

Altitudes, coordonnées, superficie : IGN[34].
  1. Population municipale 2011.
  2. « Fiche géodésique du repère de nivellement C.F. N3-67 »
  3. « Géoportail (IGN), couche « Limites Administratives » activée »
  4. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Librairie Guénégaud 1979. p. 322.
  5. François de Beaurepaire, Les noms des communes et anciennes paroisses de l'Eure, éditions Picard 1981. p. 117.
  6. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, volume II, Librairie Droz 1991. p. 843.
  7. Info-Glos n°9
  8. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Op. cité.
  9. a et b François de Beaurepaire, Op. cité.
  10. Ernest Nègre, Op. cité.
  11. Op. cité. p. 322.
  12. Dictionnaire de la langue gauloise, éditions errance 2003. p. 119.
  13. Op. cité.. p. 843.
  14. Op. cité. p. 117
  15. étymologie de ferrière
  16. a et b « Menhir », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  17. Histoire locale in Vivre à Glos, novembre/décembre 2003
  18. "Glos-la-Ferrière, toute une histoire...", 1989
  19. Père Paul Wargny Un peu d'Histoire in Info-Glos n°1
  20. Histoire locale in Vivre à Glos-la-Ferrière, novembre/décembre 2003
  21. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Glos-la-Ferrière, toute une histoire...
  22. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui, « Notice communale - Glos-la-Ferrière », École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) (consulté le 15 avril 2011)
  23. a et b Père Paul Wargny "Un peu d'Histoire"in Info-Glos n°2
  24. Bernard Gaume"Un peu d'Histoire" in Info-Glos, 2e semestre 2002 n°15
  25. "Histoire locale" in Vivre à Glos-la-Ferrière, janvier/février 2004
  26. a et b « Glos-la-Ferrière (61550) - Municipales 2014 », sur elections.ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 4 juin 2014)
  27. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  28. « Château du Boële », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  29. Bulletin officiel départemental de l'Orne - 1983
  30. Père Wargny,Un peu d'Histoirein "Info-glos" n°13 2e semestre 2001
  31. Père Paul Wargny, Visite commentée de l'église de Glos-la-Ferrière in Info-Glos n°10
  32. Père Paul Wargny "Un peu d'Histoire" in Infos-Glos n°3
  33. a et b Un peu d'Histoire in Info-Glos 1er semestre 2001 n°12
  34. « Glos-la-Ferrière sur le site de l'Institut géographique national » (archive Wikiwix)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Origine du fer en Normandie (M.A. Desloges)
  • Le canton de la Ferté Fresnel (Dr Bouteiller)
  • Le pays d'Argentan (X. Rousseau)
  • Histoire de l'Aigle (M. Vaugeois)
  • La Croix de l'Orne - 1908 (Abbé Chancerel)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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