Glastonbury Tor

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Glastonbury Tor
Vue de la colline
Vue de la colline
Géographie
Altitude 158 m
Coordonnées 51° 08′ 36″ N 2° 41′ 57″ O / 51.143333, -2.69916751° 08′ 36″ Nord 2° 41′ 57″ Ouest / 51.143333, -2.699167  
Administration
Pays Drapeau de l'Angleterre Angleterre
Comté Somerset
Ville Glastonbury
Géologie
Type Colline

Géolocalisation sur la carte : Angleterre

(Voir situation sur carte : Angleterre)
Glastonbury Tor

Glastonbury Tor est une colline située à Glastonbury, dans le comté du Somerset, en Angleterre. Sur cette colline se trouve la fameuse tour sans toit appelée la Tour St Michel. Le site est géré par la Caisse Nationale des Monuments Historiques et des Sites (National Trust). Il a été désigné Monument Historique classé.

Présentation[modifier | modifier le code]

« Tor » est un mot local d'origine celtique signifiant « affleurement de la roche » ou « colline ». Cette colline (Tor) se distingue par son emplacement : elle se situe au milieu d'une plaine appelée Summerland Meadows, qui fait partie des Somerset Levels. Cette plaine est en fait une plaine marécageuse asséchée au beau milieu de laquelle le Tor se dressait autrefois telle une île. Mais aujourd'hui, avec les habitations environnantes, il est devenu une péninsule arrosée par la rivière Brue (en) sur trois côtés. Les vestiges du village voisin appelé Glastonbury Lake Village (en) ont été identifiés en 1892 et ont montré que durant l'âge du fer, soit environ 300-200 ans avant JC, il existait un village dans lequel se trouvait une île dans les marécages que l'on pouvait facilement défendre. Des ouvrages de terre ainsi que des restes romains prouvent que le lieu a été occupé plus tard. Les Bretons semblent avoir appelé cet endroit Ynys yr Afalon (signifiant « l'île d'Avalon ») et certains pensent qu'il s'agit là de l'Avalon de la légende Arthurienne.

Préhistoire - Histoire[modifier | modifier le code]

Certains outils en silex retrouvés au sommet du « Tor » et datant du Néolithique montrent que le site a été visité et peut-être occupé au cours de la préhistoire humaine.

Entre 1964 et 1966, des fouilles menées par Philip Rahtz (en) et son équipe ont été entreprises sur cette colline. Elles ont révélé que, durant l'Âge sombre, les environs du lieu où plus tard allait se dresser l'église médiévale St Michel avaient été occupés. Ces fouilles ont permis de découvrir des trous creusés par des poteaux, deux foyers de cheminées comprenant une forge de ferronnier, deux enterrements orientés nord-sud (donc probablement pas chrétiens), des fragments d'amphores méditerranéennes datant du VIe siècle (vases utilisés pour le vin ou l'huile de cuisine) et une tête de bronze creuse et usée ayant peut-être appartenu à l'un des membres d'une tribu Anglo-Saxonne.

Le nom celtique du « Tor » était « Ynys Wydryn », ou parfois « Ynis Gutrin », signifiant « Ile de Verre » . À cette époque, la plaine était inondée et l'île devenait progressivement une péninsule à marée basse. Des restes d'un fort du Ve siècle ont été trouvés sur le « Tor » et ont été remplacés par l'église médiévale St Michel qui a existé jusqu'en 1275. Selon une enquête britannique sur la géologie menée par le British Geological Survey, l'église a été détruite par un tremblement de terre enregistré le 11 septembre 1275, un tremblement ressenti à Londres, à Cantorbéry et dans le Pays de Galles et qui aurait également détruit de nombreuses maisons et églises en Angleterre. Son intensité serait évaluée à plus de 7 sur l'échelle Medvedev-Sponheuer-Karnik et son épicentre serait aux environs de Portsmouth ou Chichester, dans le sud de l'Angleterre. Il est possible que la forme du « Tor » ait conduit à une amplification des vagues sismiques à l'endroit même où l'église était située.

Une seconde église, construite dans les années 1360, a survécu jusqu'à la Dissolution des monastères en 1539, date à laquelle le « Tor » est devenu le lieu d'exécution de Richard Whiting (en), le dernier abbé de l'abbaye de Glastonbury, ainsi que celui de deux de ses moines. Tous trois ont été pendus, eviscérés et écartelés. Les vestiges de la Tour St Michel ont été restaurés dans les temps modernes. Il s'agit d'un monument historique de 1re classe, géré par la Caisse Nationale des Monuments Historiques et des Sites (National trust).

Le site de la foire qui se tient au pied de la colline du « Tor » est connu sous le nom traditionnel de « Fair field », nom donné à une clôture agricole. Les clôtures dans le paysage local remontent au XVIIIe siècle.

Mythologie[modifier | modifier le code]

Le « Tor » est associé au nom d'Avallon et est identifié au Roi Arthur depuis le récit de Giraud de Barri sur la prétendue découverte en 1191 de deux cercueils sur lesquels on pouvait clairement lire les noms du Roi Arthur et celui de la Reine Guinevere. L'archéologie moderne a révélé plusieurs structures datant de l'Antiquité tardive.

Au XIXe siècle, avec la résurgence de l'intérêt pour la mythologie celtique, le « Tor » devint associé à Gwynn ap Nudd, appelé Lord des Enfers (Lord of the Underworld), et plus tard Roi des Fées (King of the Fairies). Le « Tor » fut alors décrit comme étant une entrée menant vers l'Autre Monde des Celtes (Annwvyn) ou vers Avalon, le pays des fées.

Un mythe persistant, d'origine plus moderne, est celui du Zodiaque de Glastonbury (Glastonbury Zodiac ou Temple of the Stars). On dit qu'un zodiaque astrologique aux proportions gargantuesques a été creusé dans la terre longeant les haies et les chemins. Cette théorie a été mise en avant pour la première fois par Katherine Maltwood (en), une artiste intéressée par les sciences occultes qui pensait que le zodiaque avait été construit il y a environ 5 000 ans. Cependant, la plus grande partie du terrain qui aurait été couvert par le zodiaque était à plusieurs pieds sous l'eau à l'époque où ce dernier est censé avoir été construit.

Dans son livre intitulé « The templar Code For Dummies », Christopher Hodapp (en) affirme que Glastonburry Tor est peut-être l'un des endroits où se trouve le Graal (Holy Grail) en raison de sa proximité avec l'endroit où se situe le monastère qui abrite la coupe de Nanteos (en).

Une autre hypothèse est que la forme du « Tor » a été changée pour devenir un labyrinthe en forme de spirale pour répondre à des rituels religieux. Le mythe selon lequel le « Tor » est le lieu où se trouve le château en dédale du roi des enfers fait également partie de ces spéculations.

Les terrasses[modifier | modifier le code]

Les sept terrasses profondes et quasi symétriques font partie des mystères du Tor sur lesquels on continue à s'interroger. Plusieurs explications possibles ont été avancées à leur sujet.

  1. L'agriculture : Beaucoup de cultures mais pas le moindre fermier britannique du Moyen Âge ne possédait de culture en terrasses pour faciliter le labourage. Cependant, Mann observe que si l'agriculture avait été la raison de la création de ces terrasses, on se serait attendus à ce que les efforts soient concentrés sur le côté sud où les conditions ensoleillées auraient permis un bon rendement. Toutefois, on peut voir que les terrasses sont également profondes au nord où les récoltes seraient moindres. De plus, aucune des autres pentes de l'île n'a été arrangé en terrasses même si les endroits les plus abrités permettraient d'obtenir un rendement plus important quant à la quantité de travail fourni.
  2. Le pâturage : Sur le long terme, le pâturage peut mener au développement des terrasses mais ces dernières sont généralement beaucoup plus petites que celles observées à Glastonbury et tendent également à être parallèles aux contours de la colline. À certains endroits, les terrasses de Glastonbury sont assez escarpées et il est difficile de comparer avec d'autres collines qui ont, elles-aussi, les mêmes motifs dus à l'érosion causée par le bétail.
  3. Des remparts défensifs : Dans cette zone, d'autres forts situés sur les collines et datant de l'Age de Fer, apportent la preuve d'une vaste fortification des flancs, comme en témoigne le fort de South Cadbury (en). Cependant, la forme normale de ces remparts est celle de talus et de douves et sur le Tor, il n'y a aucune preuve d'un tel aménagement. De plus, étant l'un des endroits les plus largement fortifiés dans la Grande Bretagne ancienne, South Cadbury avait trois cercles concentriques de talus et de douves supportant une enceinte de 18 hectares. En opposition, le Tor a sept cercles et très peu d'espace pour assurer la sécurité d'une communauté, rendant en effet étrange le fait de s'être donné tant de mal pour gagner si peu en retour.
  4. Le labyrinthe : Un archéologue britannique, le Professeur Rahtz (dans Mann, en 1993) pensait que la théorie selon laquelle les terrasses du Tor dessinaient les vestiges d'un labyrinthe à trois dimensions « valait la peine d'être étudiée ». Cette théorie, avancée pour la première fois par Geoffrey Russell en 1968, mentionne que le « labyrinthe classique » (« Caerdroia » en gallois), un motif que l'on pouvait trouver au cours de la période néolithique, peut être facilement transposé sur le Tor. Ainsi, en allant et venant sur ces terrasses, on finit par atteindre le sommet de la même façon. Il n'est pas facile d'évaluer cette hypothèse. Un labyrinthe placerait probablement les terrasses dans l'ère néolithique (Rahtz, dans Mann, en 1993), mais, le lieu ayant été occupé à plusieurs reprises depuis ce temps là, il y a peut-être eu des modifications substantielles effectuées par des fermiers et /ou des moines. Les fouilles permettant d'en apporter la preuve n'ont pas été menées.

Géologie[modifier | modifier le code]

Le Tor est constitué de couches d'argile et de strates de grès datant de la période du Jurassique (blue lias). La couche supérieure est recouverte d'un grès dur dont la résistance à l'érosion, comparé aux couches inférieures, explique la hauteur du Tor.

Les eaux du puits Chalice (en), riches en fer, constituent une source qui coule depuis des millions d'années tel un puits artésien, imprégnant le grès qui l'entoure d'oxyde de fer qui s'en trouve renforcé. Riche en fer mais pauvre en oxygène, l'eau transporte dans l'aquifère du fer « ferreux » dissout (Oxyde de fer(II)), mais avec l'augmentation des surfaces de l'eau et de l'oxygène qu'elle contient, le fer « ferrique » oxydé (Oxyde de fer(III)) laisse des gouttes d'oxyde « rouillé » insoluble qui se lient à la pierre environnante, la rendant ainsi plus dure. Les alentours de la colline de Glastonbury étant progressivement rongés par le grès malléable, le Tor est devenu de plus en plus visible.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :