Glacier Illecillewaet

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Glacier Illecillewaet
Glacier House et le glacier Illecillewaet en 1909
Glacier House et le glacier Illecillewaet en 1909

Pays Drapeau du Canada Canada
Province Colombie-Britannique
District régional Columbia-Shuswap
Massif Chaînon Sir Donald (chaîne Columbia)
Cours d'eau Illecillewaet
Type Glacier de vallée
Superficie 8,83 km2 (2002)
Altitude du front glaciaire 2 000 m
Coordonnées 51° 14′ 12″ N 117° 26′ 30″ O / 51.23667, -117.4417 ()51° 14′ 12″ N 117° 26′ 30″ O / 51.23667, -117.4417 ()  

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Glacier Illecillewaet

Le glacier Illecillewaet (anglais : Illecillewaet Glacier, prononcé « ill ah sil-ah-wet »[1], soit en API : /ɪləˈsɪləwət), autrefois appelé Great Glacier ou « Grand Glacier », est une étendue de glace et de neige compacte de dix kilomètres carrés sur un dénivelé de plus de 1 100 mètres d'altitude, située au sein du parc national des Glaciers dans la province de Colombie-Britannique au Canada.

L'Illecillewaet est l'un des plus remarquables parmi les glaciers du parc national des Glaciers. Il constitue l'un des principaux points d'intérêt pour les visiteurs de la région depuis les années 1880. À l'époque le front du glacier était proche du chemin de fer ; depuis un siècle la glace a reculé de 1,5 kilomètre[2].

L'Illecillewaet est l'un des glaciers du Canada pour lesquels on dispose du plus grand nombre d'éléments historiques sur l'évolution de sa taille[3]. La peintre et naturaliste américaine Mary Vaux (18601940) remarqua dès sa seconde visite en 1894 que le front du glacier avait fortement reculé. Elle décida de revenir chaque été avec ses deux frères pour en prendre des photographies[4], ce qui permet aujourd'hui d'avoir une trace de son évolution historique.

Toponyme[modifier | modifier le code]

Le nom du glacier provient de celui de la rivière Illecillewaet qui y prend sa source. Le mot « Illecillewaet » est sans doute une anglicisation du mot de la langue amérindienne sinixt, selxe7itkw, qui signifie « grande eau »[5].

Caractéristique physique[modifier | modifier le code]

Le glacier Illecillewaet est situé au sud du mont Sir Donald, à l'ouest du col Rogers en Colombie-Britannique, dans le parc national des Glaciers. Son eau de fonte sert de source à la rivière Illecillewaet. Le glacier est l'une des langues glaciaires du névé Illecillewaet qui sert aussi de sources aux glaciers Asulkan, Geikie et Deville[6]. En 2002, sa zone d'accumulation avait une superficie de 4,92 km2 et sa zone d'ablation une superficie de 3,91 km2 pour un total de 8,83 km2[7]. Son épaisseur maximale est estimée à 100 m et son point le plus haut à 2 800 m[8]. Le roc exposé dans la zone de recul présente des signe d'excavation glaciaire.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Canadien Pacifique et la Glacier House[modifier | modifier le code]

Bien que les Amérindiens fussent présents dans les vallées à l'ouest et à l'est du parc national des Glaciers, aucune trace de fréquentation n'a été trouvée dans le parc lui-même[9]. La première personne d'origine européenne à avoir visité le glacier est l'arpenteur ferroviaire Albert Bowman Rogers, qui a exploré la région en 1882-1883 à la recherche d'un col de montagne acceptable pour la construction du chemin de fer du Canadien Pacifique (CP)[10]. Avec le parachèvement du premier chemin de fer transcontinental canadien dans le col Rogers en 1885, le glacier et ses alentours sont devenus l'une des premières destinations touristiques de l'Ouest canadien. Le parc national des Glaciers a été établi en 1886 et un hôtel, la « Glacier House », a été construit la même année[9]. La Glacier House a connu deux agrandissements en 1892 et en 1904[11]. En 1907, le glacier était le plus visité d'Amérique du Nord[10].

À cette époque le glacier était appelé par les promoteurs du CP Great Glacier (« grand glacier »). Le toponyme Illecillewaet, qui signifie « grande eau » en okanagan, faisait référence à la rivière en aval du glacier[12]. Illecillewaet a graduellement remplacé « Great » pour finalement être adopté officiellement par Parcs Canada durant les années 1960.

Le nouvel afflux de visiteurs a attiré aussi les alpinistes et les glaciologues. La première ascension enregistrée du glacier a été faite en 1901 par Arthur Oliver Wheeler (en) avec Edward Feuz et Charles Clarke, bien qu'il soit probable qu'il ait été grimpé avant[13]. Wheeler et le Club alpin du Canada ont construit un refuge de montagne près de la Glacier House pour les besoins de l'alpinisme. Feuz est quant à lui l'un des nombreux guides suisses qui a été engagé par le CP pour accompagner les touristes sur le glacier et les monts environnants[9].

En 1886, la compagnie de chemin de fer Canadien Pacifique fit construire un chalet auberge au pied du glacier, à 1 340 mètres d'altitude, pour permettre à ses passagers de se restaurer, en effet même si les wagons restaurants étaient très appréciés à l'époque, la présence d'un tel wagon aurait entraîné un poids supplémentaire alors que les trains devaient gravir un fort dénivelé. Cette auberge, appelée « Glacier House », connut très vite un grand succès ; à tel point qu'un wagon-lit dut être stationné à proximité en attendant de pouvoir y ajouter des chambres supplémentaires. La Glacier House contribua fortement au développement du tourisme de montagne dans la région et il inspira la construction du fameux hôtel Château Lake Louise au bord du lac Louise[14].

En 1899, le Canadien Pacifique embaucha des guides suisses de haute montagne pour accompagner les touristes sur le glacier et les montagnes environnantes ; les cordes et les pics étaient fournis gratuitement[15].

La mise en service du tunnel Connaught en 1916 permet le passage d'une route qui court-circuite la Glacier House qui n'est pas accessible en automobile. La réputation de l'hôtel lui permet de se maintenir quelques années mais il ferme finalement le 15 septembre 1924. Un incendie le détruit complètement au printemps suivant[16].

Famille Vaux[modifier | modifier le code]

portrait d'une femme
Mary Vaux en 1914

Les Vaux étaient une famille quaker bien connue de la Pennsylvanie. La famille a visité la Glacier House et le glacier Illecillewaet en 1887. Lors de la visite suivante du parc national en 1894, la famille a remarqué le retrait du glacier. Leurs enfants, William, George fils et Mary (en), étaient des photographes amateurs et ont commencé à prendre des photos du glaciers à partir de points fixes. William et George ont présenté leurs observations devant l'Académie nationale des sciences en 1897, qui sont alors considérées comme une percée dans la science naissante qu'est la glaciologie. Mary Vaux a continué à visiter la région chaque été jusqu'en 1940, l'année de sa mort[17].

La famille Vaux a pris ses photos avec soin, en débutant avec des plaques photographiques qui étaient développées à Philadelphie. Ils ont continué à prendre leurs photos et leurs observations. Au cours de leurs visites, ils ont pris au total 2 000 photographies des montagnes, glaciers et lacs des parcs de Banff, Yoho et des Glaciers. Le petit-fils de George Vaux Jr., Henry Vaux Jr., a noté la nature statique du territoire, les deux seuls changements étant la présence de la route Transcanadienne et le retrait du glacier[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Illecillewaet Glacier », BC Geographical Names, sur GeoBC
  2. Article sur le sentier du Grand Glacier sur le site web de Parcs Canada
  3. A. Champoux, C. S. L. Ommanney, Evolution of the Illecillewaet Glacier, Glacier National Park, B.C., using historical data, aerial photography and satellite image analysis, Annals of glaciology, Symposium on glacier mapping and surveying (1985), International Glaciological Society, Cambridge, Royaume-Uni, 1986, vol. 8, pp. 31-33, ISSN 0260-3055, consultable en ligne sur le site de l'International Glaciological Society
  4. Michael Morris, Glaciers, lichens, and the history of the Earth, 04/09/2002, consultable en ligne sur le site du Columbia Mountains Institute
  5. Eileen Delehanty Pearkes, The Language of Wild Love, Kootenay Mountain Culture Magazine, hiver 2009-2010, p. 39, consultable en ligne
  6. (en) I.H. Ogilvie, « The Effect of Superglacial Débris on the Advance and Retreat of Some Canadian Glaciers », The Journal of Geology, vol. 2, no 8,‎ Novembre-décembre 1904, p. 738.
  7. (en) C. Simon L. Ommanney, Roger D. Wheate, Robert W. Sidjak et Garnet Whyte, Glaciers of North America – Glaciers of Canada: Mapping Canada’s Glaciers in Satellite Image Atlas of Glaciers of the World. United States Geological Survey Professional Paper 1386-J-1, Whashington, United States Geological Survey,‎ 2002.
  8. (en) C.S.L. Ommanney, « Evolution of the Illecillewaet Glacier, Glacier National Park, B.C., Using Historical Data, Aerial Photography and Satellite Image Analysis », Annals of Glaciology, vol. 8,‎ 1986, p. 31-31.
  9. a, b et c « Histoire », sur Parcs Canada (consulté le 26 juin 2014).
  10. a et b (en) Daniel P. McCarthy, « Background », sur A researcher’s guide to the Illecillewaet Glacier, British Columbia, Canada (consulté le 26 juin 2014).
  11. « Parc national des Glaciers et Glacier House », sur Parcs Canada (consulté le 27 juin 2014).
  12. (en) G.P.V. Akrigg et Helen Akrigg, British Columbia Place Names, Vancouver, BC, UBC Press,‎ 1997 (ISBN 0774806370), p. 121
  13. (en) John Fox, The Columbia Mountains of Canada, New York, NY, American Alpine Club,‎ 1992 (ISBN 0-930410-26-2, lire en ligne), p. 306
  14. Article sur le parc national des Glaciers et Glacier House, sur le site web de Parcs Canada
  15. Fred Thirkell, Bob Scullion, British Columbia 100 years ago: portraits of a province, Heritage House Publishing, surrey, 2002, (ISBN 1-894384-50-4), p. 114-117, extraits consultables en ligne sur Google Books
  16. (en) Roger W. Patillo, The Canadian Rockies: Pioneers, Legends and True Tales, Trafford Publishing,‎ 2005 (ISBN 1-4120-5627-6), p. 157.
  17. a et b (en) Alex Cooper, « Following glaciers’ progress a Vaux family tradition », Revelstoke Times-Review,‎ 2011 (lire en ligne)