Glückel von Hameln

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Bertha Pappenheim en costume de Glückel von Hameln

Glikl bas Judah Leib (Glikl fille de Judas Leib) de Hamelin, plus connue sous le nom de Glückel von Hameln (parfois Gluckel, "Glikl fun Hemln", ou Glikl de Hamelin) (1646, Hambourg19 septembre 1724, Metz) était une commerçante juive, connue pour son Journal intime qui contient un tableau fort détaillé de la vie juive en Allemagne de la fin du XVIIe siècle et du début du XVIIIe siècle.


Biographie[modifier | modifier le code]

Glückel vit à Hambourg, où son premier mari Haïm est un homme d'affaires influent. À sa mort en 1689, Glückel, déjà impliquée dans le milieu, est contrainte de reprendre l'affaire, faisant des transactions avec des marchés à Leipzig, Berlin, Vienne, poussant souvent jusqu'à Amsterdam, Metz et Paris. C'est à cette époque que débute le journal.

En 1700, elle épouse en secondes noces un banquier de Metz et y migre. Cependant, la faillite de son mari Cerf Levy emporte leur fortune. Il meurt 12 ans plus tard. En 1715, elle reprend le journal, qu'elle avait interrompu peu avant après son mariage, en 1699[1].

Mémoires - journal[modifier | modifier le code]

Écrits en yiddish, ses mémoires sont originellement destinés à ses descendants. La première partie est un testament de vie les incitant à vivre en conformité avec l'éthique. Les historiens redécouvrant ce journal, s'en servent pour comprendre la vie en ce temps. Ce journal est l'un des plus anciens documents en yiddish, précédant la littérature yiddish moderne de plus d'un siècle. Il est de plus tenu par une femme, fait extrêmement rare à cette période.

Dans son journal, Glückel décrit des événements-clés, affectant les Juifs et le monde, comme la ferveur messianique suscitée par Sabbataï Zvi, à laquelle elle ne prend pas part, ou l'impact des guerres de Suède menées par le roi Charles XII. D'autre part, elle brosse la vie quotidienne des Juifs habitant la vallée du Rhin. Elle y consigne aussi avec grande satisfaction les mariages contractés par les douze enfants nés de son premier mariage avec les membres des meilleurs familles juives d'Europe[2].

Le manuscrit du journal de Glückel est conservé par ses enfants et petits-enfants. Il est recopié par son fils, Moshe Hamel, dont hérite le fils de celui-ci, Hayim Hamel (mort en 1788), puis par leurs descendants, Yossef Hamel et Hayim Hamel Segal de Königsberg (actuelle Kaliningrad). Le manuscrit est ensuite déposé dans la Bayerische Staatsbibliothek dans la seconde moitie du XIXe siècle[3].

Publications[modifier | modifier le code]

Le manuscrit est publié en yiddish, en 1892, par David Kaufmann à Pressburg (actuelle Bratislava) sous le titre de Zikhroïnes Glikl Hamel (Mémoires de Glikl Hamel).

Bertha Pappenheim revendique sa filiation avec cette femme qu'elle admire, son propre destin l'ayant menée à devenir une précurseur du féminisme. C'est à elle que l'on doit la première traduction, en allemand et sa publication à Vienne en 1910.

Une traduction allemande abrégée et commentée par Alfred Feilchenfeld parait en 1922[4]. La première traduction hébraïque est publiée en 1929 par Rabinovitz, qui ajoute des références détaillées pour les nombreuses citations dont Glückel faisait usage.

Réception[modifier | modifier le code]

Sol Liptzin décrit Glückel comme « très versée dans les légendes du Talmud », « familière des traités de Moussar » et « profondément influencée par les Tkhines, prières de dévotion destinées aux femmes. » « Son style, écrit-il, avait le charme de la simplicité et l'intimité et les qualités de sincérité, de la représentation vivante et imagée[5] ».

Exposition[modifier | modifier le code]

Le Musée juif de Berlin a consacré une exposition entièrement dévouée à Glückel de Hamelin, en vue d'illustrer la vie des Juifs d'Allemagne avant leur émancipation.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Publication originelle:

  • Zikhroynes Glikl Hamel Die Memoiren der Glückel von Hameln, 1645-1719. Herausg. von David Kaufmann. Frankfurt am Main, J. Kauffmann, 1896. 8vo. en yiddish (avec caractères hébraïques), et introduction en allemand.

Traductions en allemand:

  • "Die Memoiren der Glückel von Hameln" Aus dem Jüdisch-Deutschen von Bertha Pappenheim (Autorisierte Übertragung nach der Ausgabe von Prof. Dr. David Kaufmann, Wien, 1910. Mit einem Vorwort von Viola Roggenkamp. Weinheim und Basel: Beltz Verlag, 2005.
  • Denkwürdigkeiten der Glückel von Hameln Aus dem Jüdisch-Deutschen übersetzt, mit Erläuterungen versehen und hrsg. von Alfred Feilchenfeld. Mit 25 Bildbeigaben, Berlin, Jüdischer Verlag, 1922.


Références[modifier | modifier le code]

  1. Liptzin, 1972, 14-15
  2. Liptzin, 1972, 14
  3. Rabinovitz 1929
  4. Rabinovitz 1929, Note 1989
  5. Liptzin, 1972, 15
  • Liptzin, Sol, A History of Yiddish Literature, Jonathan David Publishers, Middle Village, NY, 1972, ISBN 0-8246-0124-6.
  • Rabinovitz, A.Z., Introduction to the Hebrew Translation of "Memories of Glikl," זכרונות גליקל, Dvir, Tel Aviv, 1929.
  • Note, Joris: Vanwege mijn hartepijn, De Brakke Hond, No. 81, 1989
  • Zemon Davis, Natalie, Women on the Margins: Three Seventeenth-Century Lives, Cambridge, Mass.: Harvard UP, 1995

Liens internes[modifier | modifier le code]

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