Giuseppina Grassini

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Giuseppina Grassini dans le rôle de Zaïre (1804)

Giuseppina Grassini est une chanteuse d'opéra italienne, née à Varèse le 18 avril 1773 et décédée à Milan le 3 janvier 1850.

C'était une femme d'une grande beauté au tempérament de tragédienne à la voix de contralto au timbre velouté et profond.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issue d'une famille lombarde modeste (sa mère est violoniste amateur), Giuseppina Grassini débute à 16 ans. À 17 ans, elle chante à la Scala, et ses jeunes années se partagent entre la Scala et la Fenice. Elle crée le nouvel opéra de Cimarosa Artemisia di Caria. L'œuvre est médiocre, mais la Grassini fait un triomphe.

En 1800, elle se produit à la Scala devant Bonaparte, vainqueur récent de la bataille de Marengo, et chante La Marseillaise avec une conviction passionnée. Elle devient la maîtresse du Premier Consul qui l'amène à Paris. Elle part ensuite en tournée avec le violoniste Pierre Rode, revient en Italie, puis va se mesurer à Londres avec la soprano anglaise Billington. Leur apparition commune est souvent l'occasion d'un affrontement vocal acharné.

Laissez-passer (1807) signé par le ministre Mastrilli, au profit de la cantatrice (le document est signé également de sa main), maîtresse de Augustus Frederick, duc de Sussex, afin qu'elle puisse se déplacer librement dans le royaume de Naples.

En 1806, Napoléon la rappelle à Paris où elle est nommée Première cantatrice de sa Majesté l'Empereur. Après l'abdication, la Grassini retourne un temps à Rome, puis revient à Paris lors des Cent-Jours et sous la Restauration. Toujours coquette, elle devient la maîtresse de Wellington, le vainqueur de Waterloo, qui a été nommé ambassadeur à Paris. Cependant ses relations anciennes avec Napoléon ne sont pas du goût de Louis XVIII. Comprenant qu'elle n'a plus rien à attendre à Paris, elle retourne en Italie. Elle fait ses adieux à la scène en 1823 à Florence.

Elle partage alors son temps entre Milan et Paris où elle tient un salon, recevant de nombreuses personnalités musicales. Elle guide les débuts de ses deux nièces (filles de sa sœur Giovanna) Giuditta et Giulia Grisi.

Sans quitter le cadre de l'opéra seria et face à des concurrentes se grisant de virtuosités vocales, la Grassini a incarné un chant plus expressif, plus émouvant, laissant présager le romantisme. Les cantatrices de la nouvelle génération (Isabella Colbran et Giuditta Pasta) se réclameront d'elle.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Gavoty, La Grassini, Paris, 1947

Liens externes[modifier | modifier le code]