Giuseppe Di Giacomo

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Giuseppe Di Giacomo

Philosophe occidental

Époque contemporaine

Description de cette image, également commentée ci-après

Giuseppe Di Giacomo en 2011

Naissance 1945
Avola, Sicilia, Italie
Nationalité Italienne
Principaux intérêts Image,Représentation, Mémoire, Témoignage.
Œuvres principales Dalla logica all'estetica, (1989)

Icona e arte astratta, (1999) Estetica e letteratura, (1999) Introduzione a Paul Klee (2003)

Narrazione e testimonianza, (2012)
Influencé par Emilio Garroni, Walter Benjamin, Ludwig Wittgenstein, Theodor W. Adorno

Giuseppe Di Giacomo (né le 1er janvier 1945 à Avola, en Sicile) est un philosophe italien, chercheur en art, spécialiste en esthétique, théoricien de l’art et de la littérature.

Auteur d’une centaine de publications scientifiques sur la relation entre esthétique et littérature[1], ainsi que sur celle entre esthétique et arts figuratifs, en référence surtout à la culture moderne et contemporaine, et portant sur des thèmes comme l’image, la représentation, le lien entre art et vie, la mémoire et la notion de témoignage.

Biographie[modifier | modifier le code]

Avant d’entreprendre sa carrière universitaire, juste après la maîtrise en Philosophie (avec le professeur Emilio Garroni), Di Giacomo a enseigné dans des lycées et, même avant cela, pendant ses années universitaires, il a été professeur remplaçant dans des collèges pour plusieurs mois à la fois. En 1976 il a obtenu un contrat pour enseigner Epistémologie à la Faculté des Sciences naturelles, mathématiques et physiques de l’Université de Parme et, deux années plus tard, un poste permanent. Le 28 février 1987 il est devenu chercheur à l’Université La Sapienza de Rome. Dans la même université, à partir du 19 octobre 1993, il a été Professeur Adjoint et finalement, depuis le 1 novembre 2001, il est Professeur Titulaire d’Esthétique.

Depuis novembre 2012, il dirige le MLAC (Museo Laboratorio di Arte Contemporanea/Musée Laboratoire d’Art Contemporain) de la Sapienza. Il fait partie du Collège des professeur du Doctorat de recherche en Philosophie de la même université, où il a été aussi le Président du Programme de maîtrise de la ex Faculté de Philosophie.

Il a été coordinateur de projets de recherche nationaux (Progetti PRIN) et a participé à des projets de recherche internationaux. Depuis une décennie d’années, il coordonne des recherches universitaires, auxquelles participe une trentaine de spécialistes de différentes disciplines, sur des thèmes esthético-philosophiques et artistico-littéraires.

Il a soigné, avec Claudio Zambianchi, l’édition de l'anthologie Alle origini dell'opera d'arte contemporanea (Roma-Bari, Laterza, 2008; 4ème éd. 2012).

Il est membre fondateur de la SIE (Società Italiana di Estetica/Société Italienne d’Esthétique).

Il est le directeur de la collection Figure dell'estetica de la maison d’édition Alboversorio (Milan).

Il fait partie du comité scientifique des revues suivantes :

  • Paradigmi
  • Studi di estetica
  • Rivista di estetica
  • Estetica. Studi e ricerche
  • Comprendre. Revista catalana de filosofia

Di Giacomo est aussi membre du comité scientifique de Aesthetica Preprint, une collection éditoriale du Centro Internazionale Studi di Estetica/Centre International d’Etudes Esthétiques.


Principaux axes de sa pensée[modifier | modifier le code]

Selon Di Giacomo, pour affronter la question de l’image aujourd’hui, il faut refuser l’interprétation qui voit l’image comme miroir des choses aussi bien que celle qui la considère exclusivement come un système autoréférentiel de signes. De sa lecture de Wittgenstein, il conclut que la représentation logique implique quelque chose qui se montre e qui, en même temps, demeure ‘autre’ que la visibilité de la représentation elle-même[2]. De cette façon, en se présentant, l’image manifeste l’autre du visible, du représentable : cet autre qui se révèle dans l’invisible, tout en s’y cachant. Et c’est précisément ainsi que l’image devient icône de l’invisible.

Cependant, sous l’influence d’Adorno, l’image tend de plus en plus à perdre sa figurativité et, en même temps, elle continue à subsister[3]; l’image est à la fois une chose et une non-chose : une paradoxale « irréalité réelle ». Cela dérive de la tentative de scinder la nature double de l’image en ses éléments constitutifs : d’une part, un readymade dans lequel la dimension représentative s’évanouit dans une dimension purement présentative et, d’autre part, une pure image mentale, douée d’un faible support matériel[4].

Aujourd’hui, les images des nouveaux médias sont des images d’images et, comme telles, elles ne sont même pas proprement des images, mais des simulations, des « simulacres ». Ce n’est pas par hasard que les images digitales, en tant que reproductions, ont une valeur faible comme images, car elles tendent à assumer l’aspect de quelque chose, perdant ainsi cette connexion entre transparence et opacité qui, par contre, caractérise les images authentiques. D’où la question : les nouveaux médias sont-ils capables de réaliser de véritables images ?

En particulier, c’est dans le type d’art qu’Adorno définit « moderne » que l’on trouve un dépassement de la dimension épiphanique qui caractérise l’icône, où le visible est le lieu de manifestation de l’invisible en tant qu’Absolu[5]. Comme nous sommes devenus conscients de l’impossibilité d’épuiser le réel et, en même temps, de manifester l’Absolu, ce qui émerge est alors une conception de l’image comme quelque chose qu’on peut interroger en tant que témoignage de ce qui ne se laisse pas traduire en image : témoigner, en effet, c’est raconter ce qu’il est impossible de raconter entièrement. En ce sens, le témoignage coïncide non pas avec la mémoire, qui est conforme aux évènements, mais avec l’immémorial, qui se réfère à quelque chose qu’on ne peut ni se rappeler ni oublier complètement, c’est-à-dire quelque chose qui n’est pas totalement dicible ni totalement indicible[6].

Enfin, le témoin ne parle qu’à partir d’une impossibilité de parler. Le fait que l’image équivaut à un témoignage signifie que la tentative de dire l’indicible est une tâche infinie, et c’est pour ça que la question de l’image fait partie intégrante de la question éthique. Cela implique que dans l’image, puisqu’il n’y a jamais de complétude, il n’y a aucune rédemption ou réconciliation à l’égard du réel. De ce point de vue, considérer l’image comme un témoignage équivaut à la voir comme le lieu d’une tension toujours irrésolue entre mémoire et oubli, donc comme l’expression du devoir-être du sens dans un horizon, comme celui actuel, où tant le monde que l’art semblent être de plus en plus abandonnés au non-sens.

Publications principales[modifier | modifier le code]

  • Dalla logica all'estetica. Un saggio intorno a Wittgenstein, Parma, Pratiche, 1989
  • Icona e arte astratta. La questione dell'immagine tra presentazione e rappresentazione, Palermo, Centro internazionale studi di estetica, 1999
  • Estetica e letteratura. Il grande romanzo tra Ottocento e Novecento, Roma-Bari, Laterza, 1999 (4ème ed. 2010)
  • Introduzione a Paul Klee, Roma-Bari, Laterza, 2003
  • Narrazione e testimonianza. Quattro scrittori italiani del Novecento, Milano-Udine, Mimesis, 2012
  • Entre la paraula i el silenci: la filosofia com a recerca de la veritat, prefaci a Antoni Bosch-Veciana, "Imatge-Mirada-Paraula", Barcelona,Facultat de Filosofia, URL, 2013

Médias et divulgation[modifier | modifier le code]

Publication en ligne[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. Son essai le plus important sur le rapport entre esthétique et littérature est Estetica e letteratura. Il grande romanzo tra Ottocento e Novecento, Laterza, 1999; réimp. 2010; traduction espagnole, Valencia, 2013
  2. Cf. Dalla logica all'estetica, pp. 97-147
  3. Cf. Alle origini dell'opera d'arte contemporanea, pp. 203-222
  4. Cf. Astrazione e astrazioni, pp. 11-19
  5. Cf. "La questione dell'aurea tra Benjamin e Adorno", Rivista di Estetica, 52 (1/20013), p. 245
  6. Cf. Volti della memoria, pp. 445-481

Liens externes[modifier | modifier le code]