Gisèle Prassinos

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Gisèle Prassinos, née en 1920 à Istanbul, est une poétesse, romancière, novelliste et peintre française d'origine grecque par son père et italienne par sa mère, sœur du peintre Mario Prassinos. Ses premiers poèmes écrits à quatorze ans ont été aussitôt admirés par les surréalistes.

Biographie[modifier | modifier le code]

La famille Prassinos s'installe à Paris en 1922.

À quatorze ans, Gisèle Prassinos commence à écrire des textes automatiques que son frère, par le biais d'Henri Parisot montre aux surréalistes. Elle séduit André Breton et Paul Éluard par « le merveilleux de sa poésie et sa personnalité de femme-enfant[1]. » Ils voient dans ses écrits « la véritable illustration du langage automatique par excellence[1] ». Man Ray la photographie lisant ses poèmes au Café Cyrano[2] Ses premiers poèmes paraissent en 1934 dans les revues Minotaure et Documents 34. Son premier recueil La Sauterelle arthritique paraît en 1935 avec une préface de Paul Éluard et une photographie de Man Ray[3]. En 1939, elle quitte le groupe surréaliste. En 1940, André Breton inclut deux des textes de Gisèle Prassinos dans son Anthologie de l'Humour noir.

Au cours de la guerre et jusqu'à la fin des années 1950, elle cesse de publier. Elle travaille dans des crèches, et cotraduit plusieurs livres de Nikos Kazantzakis comme Alexis Zorba ou La Liberté ou la mort. Puis se remet à écrire, des poèmes et aussi des romans, en opposition avec l'orthodoxie surréaliste, mais tout aussi inclassables. Brelin le frou ou le portrait de famille (1975) décrit des personnages vivant selon des règles fantaisistes. Sur les dessins de l'auteur, ils ont la particularité de porter une coiffe à l'image de leur sexe. Les nouvelles de Mon cœur les écoute (1982) montrent un humour poétique proche de Henri Michaux ou Joyce Mansour. Elle est également connue pour ses dessins et ses « tentures », des œuvres plastiques réalisées à l'aide de morceaux de tissu de couleur découpés.

La Bibliothèque historique de la ville de Paris possède un fonds Prassinos composé des manuscrits de ses poèmes, de dessins surréalistes ou encore de tentures.

Œuvres[modifier | modifier le code]

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  • La Sauterelle arthritique, 1935, éd. G.L.M. (Guy Lévis Mano), Paris
  • Une demande en mariage, 1935, éd. G.L.M.
  • Quand le bruit travaille, 1936, éd. G.L.M.
  • Facilité crépusculaire, 1937, Debresse, Paris
  • La Lutte double, contes, 1938, éd. G.L.M.
  • Une Belle famille, contes, 1938, éd. G.L.M.
  • La Revanche'», contes, 1939, éd. G.L.M.
  • Sondue, contes, 1939, éd. G.L.M.
  • Le Feu maniaque, 1939, éd. G.L.M., préface de Paul Éluard
  • Le Rêve, histoire, 1947, éd. Fontaine, Paris
  • Le Temps n'est rien, roman, 1958, Plon, Paris
  • La Voyageuse, roman, 1959, Plon
  • Le Cavalier, nouvelles, 1961, Plon
  • La Confidente, roman, 1962, Grasset, Paris
  • L'Homme au chagrin, poèmes, 1962, éd. G.L.M.
  • Le Visage effleuré de peine, roman, 1964, Grasset. Réédition Zulma, 2004.
  • Le Grand repas, roman, 1966, Grasset
  • Les Mots endormis, poèmes et contes, 1967, Flammarion, Paris
  • La Vie la voix, poèmes, 1971, Flammarion
  • Petits quotidiens, poèmes, 1974, éd. Commune Mesure, Paris
  • Brelin le Frou ou le portrait de famille, récits et dessins, 1975, Belfond, Paris
  • Trouver sans chercher : 1934-1944, recueil des textes surréalistes, Flammarion, 1976
  • Comptines pour fillottes et garcelons'», poèmes, 1978, L'École des loisirs
  • Pour l'arrière-saison, poèmes, 1979, Belfond
  • Le Ciel et la Terre se marient, poèmes, 1979, éd. Ouvrières
  • Pour l'arrière-saison, poèmes, 1979, Belfond
  • Mon cœur les écoute, poèmes en prose, 1982, Liasse à l4imprimerie, Fontenay-sous-Bois
  • L'Instant qui va, 1985, Éditions Folle avoine, Romillé
  • Comment écrivez-vous ? ou ils sont malins les écrivains, 1985, éd. Folle avoine, Romillé
  • Poésie partagée, été 1987, 1987, Éditions Folle avoine, Romillé
  • Le Verrou et autres nouvelles, 1987, Flammarion
  • La Fièvre du labour, 1989, Querqueville, Urville
  • La Lucarne, nouvelles, 1990, Flammarion
  • La Table de famille, nouvelles, 1993, Flammarion
  • La Mort de Socrate, et autres nouvelles, 2006, HB éd., Aigues-Vives. Réédition chez Le Mot fou éditions en 2009
  • Mon coeur les écoute, 2009, Le Mot fou éditions
  • Correspondance d'Henri Parisot avec Mario et Gisèle Prassinos, 1933-1938, édition établie par Catherine Prassinos, Rye Thierry (éd.) et Joëlle Losfeld, 2003
Œuvre graphique
  • Poissons et oiseaux, 1936, dessin crayon sur papier, 21 × 27 cm, collection particulière[4]
  • Oiseaux et autres monstres, 1936, pastel sur papier, 14,7 × 21,8 cm[5]
  • Samson et Dalila, la perfide, 1978, tenture feutrine, 79 × 103 cm[6]
  • Frère, sœur et prix d'excellence, 1978, tenture feutrine, 103 × 79 cm[7]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marie-Claire Barnet, La femme cent sexes ou les genres communicants, Deharme, Mansour, Prassinos, P. Lang, Bern, 1998
  • Adam Biro et René Passeron, Dictionnaire général du surréalisme et de ses environs, 1982, Office du livre, Fribourg, Suisse et Presses universitaires de France, Paris, page 344
  • Georgiana Colvile, Scandaleusement d'elles. Trente quatre femmes surréalistes, Jean-Michel Place, Paris, 1999, pages 244 à 253.
  • Madeleine Cottenet-Hage, Gisèle Prassinos ou le désir du lieu intime, Jean-Michel Place, Paris, 1988
  • José Ensch et Rosemarie Kieffer, À l'écoute de Gisèle Prassinos, une voix grecque, Sherbrooke (Québec), Ed. Naaman, 1986
  • Annie Richard, Le Monde suspendu de Gisèle Prassinos, HB éd. Aigues-Vives, 1998
  • Annie Richard, La Bible surréaliste de Gisèle Prassinos, les tentures bibliques, préface de Madeleine Cottenet-Hage, Bierges, Belgique, Ed. Mols : 2004

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Biro & Passeron, op. cité
  2. Rendez-vous quotidien des surréalistes. Biro et Passeron, op. cité.
  3. Colvile, op. cité, p. 248
  4. Reproduction dans Colvile, p. 246
  5. Reproduction dans Colvile, p. 247
  6. Reproduction dans Colvile, p. 249
  7. Reproduction dans Colvile, p. 252

Liens externes[modifier | modifier le code]

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