Giovanni Artusi

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Artusi.

Giovanni Maria Artusi

Description de l'image  Giovanni Artusi.jpg.
Naissance vers 1540
Bologne
Décès 18 août 1613
Activité principale Théoricien de la musique
Activités annexes Compositeur

Giovanni Artusi est un théoricien de la musique et compositeur, considéré comme un des plus importants réactionnaires de l'histoire de la musique, ayant condamné de façon féroce le nouveau style qui se mettait en place au début du XVIIe siècle, style qui donnait naissance à ce qui devait être appelé au XXe siècle la musique baroque.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il fut étudiant et séminariste dans la congrégation San Salvatore de Bologne et resta entièrement dévoué à son maître Gioseffo Zarlino (principal théoricien de la musique au XVIe siècle). Lorsque Vincenzo Galilei attaqua Zarlino dans le Dialoguo publié en 1581, il prit fait et cause pour son professeur et le style que ce dernier suivait.

L'épisode le plus important de la carrière d'Artusi, et un des épisodes les plus marquants de la critique musicale survint en 1600 et 1603, lorsqu'il attaqua les grossièretés et les licences dans les œuvres d'un musicien qu'il refusa tout d'abord de nommer (et qui n'était autre que Claudio Monteverdi). Monteverdi répliqua dans l'introduction de son cinquième livre de madrigaux de 1605, avec son discours sur la division de la pratique musicale en deux courants, qu'il nomma prima pratica et seconda pratica. La prima pratica correspondait à l'idéal polyphonique du XVIe siècle, à base de contrepoint, et qui mettait à égalité l'ensemble des voix, tandis que la seconda pratica était un style nouveau de monodie et de récitatifs avec comme premier objectif la clarté du texte et la restitution des affects de celui-ci.

La principale contribution d'Artusi à la littérature de la théorie musicale fut son livre sur les dissonances dans le contrepoint (dissonanze nel contrappunto). Il y admettait qu'on trouvait plus de dissonances que de consonances dans une pièce écrite selon la technique du contrepoint et tentait de justifier l'emploi de telles dissonances pour souligner des concepts comme la douleur, le mécontentement, le désir et la terreur. Paradoxalement, la pratique de Monteverdi dans la seconda pratica était formellement semblable à celle théorisée par le livre d'Artusi ; la différence entre la musique de Monteverdi et les théories d'Artusi tenait à l'importance des différentes voix et la différence des intervalles utilisés pour créer une ligne mélodique.

Il existe peu de compositions d'Artusi, toutes dans le style ancien : un livre de canzonette à quatre voix, publié à Venise en 1598 et un Cantate Domino à huit voix de 1559.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L'ombre de Monteverdi – la querelle de la nouvelle musique (1600 – 1638). L'Artusi ou les imperfections de la musique moderne, traduction des deux dissertations de L'Artusi, ovvero Delle imperfezioni della moderna musica, préface et commentaires par Xavier Bisaro, Giuliano Chiello et Pierre-Henry Frangne aux Presses Universitaires de Rennes ISBN 978-2-7535-0673-2
  • (en) Giovanni Artusi, L'Artusi, ovvero Delle imperfezioni della moderna musica, traduction Oliver Strunk, dans Source Readings in Music History. New York, W.W. Norton & Co., 1950.
  • (en) Claude Palisca, "Giovanni Artusi," dans The New Grove Dictionary of Music and Musicians, ed. Stanley Sadie. 20 vol. London, Macmillan Publishers Ltd., 1980. ISBN 1-56159-174-2
  • (en) Gustave Reese, Music in the Renaissance. New York, W.W. Norton & Co., 1954. ISBN 0-393-09530-4
  • (en) Manfred Bukofzer, Music in the Baroque Era. New York, W.W. Norton & Co., 1947. ISBN 0-393-09745-5

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]