Giorgio Morandi

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Morandi.

Giorgio Morandi

Naissance 20 juillet 1890
Bologne, Flag of Italy (1861-1946).svg Royaume d'Italie
Décès 18 juin 1964
Bologne, Drapeau de l'Italie Italie
Activités Peintre, graveur
Récompenses Grand Prix de la Biennale de Venise (1948)
Grand Prix de la Biennale de São Paulo (1954 & 1957)

Giorgio Morandi (Bologne, 20 juillet 1890 - Bologne, 18 juin 1964) est un peintre italien contemporain.

Biographie[modifier | modifier le code]

Giorgio Morandi est né à Bologne (Italie) le 20 juillet 1890. Il est le premier des cinq enfants qu'auront ses parents, Andrea Morandi et Maria Maccaferri. Dès l'enfance il manifeste une grande passion pour la peinture, et malgré les réticences de son père, il s'inscrit à l'académie des beaux-arts de Bologne en 1907. Il en sort en 1913. Il dira plus tard n'y avoir pas appris grand-chose de ce qui lui servait dans son art[1].

L'exemple d'autres peintres joue un grand rôle dans sa formation : à la IXe biennale de Venise où il se rend en 1911 il découvre Renoir. Il visite également Florence la même année, où il admire particulièrement les œuvres de Giotto, Masaccio et Ucello dans les églises et à la Galerie des Offices. Il voit aussi des toiles de Monet et Cézanne à l'exposition internationale de Rome de 1911[2]. Il connaissait déjà Cézanne, qui aura sur lui une grande influence, par les reproductions en noir et blanc du livre de Vittorio Pica, « Gl'Impressionisti Francesi », publié en 1908 à Bergame[3].

En 1913 et 1914 Morandi s'intéresse au futurisme : il rencontre Balilla Pratella puis Marinetti, Boccioni et Russolo, et assiste à des soirées futuristes à Modène au printemps 1913 et à Bologne en janvier 1914. Il expose pour la première fois en 1914 à l'hôtel Baglioni de Bologne en compagnie de Osvaldo Licini, Mario Bacchelli, Giacomo Vespignani et Severo Pozzati. Il expose également à la première « exposition libre futuriste » à Rome en avril 1914. Il est invité à la seconde « Sécession Romaine », où il présente le « Paysage de neige » de 1913, alors que le groupe futuriste en est exclu. Il a l'occasion d'y voir un mur entier de toiles de Matisse et un autre d'aquarelles de Cézanne[3].

Son service militaire, commencé en 1915, se termine au bout d'un mois en raison d'une grave maladie, à la suite de laquelle il est réformé.

Les années de maturité de Morandi sont peu fertiles en évènements : le peintre mène à Bologne une vie calme et ordonnée, en compagnie de ses trois sœurs, célibataires comme lui, dans l'appartement de la via Fondazza hérité de leurs parents[4]. À partir de 1915 et jusqu'en 1929 Morandi enseigne le dessin dans les écoles élémentaires de Bologne. En 1930 il devient titulaire de la chaire de gravure à l'Académie des beaux-arts de Bologne.

En 1919 Morandi fait la connaissance de Carlo Carra et de Giorgio de Chirico, grâce au critique Giuseppe Raimondi. Il signe avec Mario Broglio, fondateur de Valori Plastici un contrat pour la vente de ses œuvres. Morandi, qui se lie d'amitié avec Carra, rejoint alors brièvement l'« école métaphysique » : il participe notamment à des expositions collectives en Allemagne en 1921 et au « Printemps de Florence » en 1922[2].

Par la suite il participe à des expositions du Novecento à Milan[2]. Il exposera aussi dans différentes villes italiennes, en Grèce, en Autriche, aux États-Unis, en France, en Allemagne, en Suisse.

Le 23 mai 1943, il est arrêté par la police politique en raison de ses relations avec des résistants membres du Parti d'action, dont Carlo Ludovico Ragghianti. Il passe une semaine en prison, se réfugie à Grizzana et rentre à Bologne en septembre 1944. Le jour même de la libération de Bologne, le 21 avril 1945, Roberto Longhi inaugure une exposition personnelle de 21 tableaux de Morandi[2].

En 1948, il reçoit le premier prix de peinture de la Biennale de Venise ; en 1953 le Grand Prix de gravure de la IIe Biennale de São Paulo, et en 1956 le Grand Prix de peinture de la IVe Biennale[2].

Giorgio Morandi meurt le 18 juin 1964 après une maladie de près d'un an[2].

L'œuvre[modifier | modifier le code]

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources. Pour l'améliorer, ajouter en note des références vérifiables ou les modèles {{Référence nécessaire}} ou {{Référence souhaitée}} sur les passages nécessitant une source.
Photographie montrant le Palais d'Accursio à Bologne, qui abrite le musée Morandi
le Palais d'Accursio à Bologne abrite le musée Morandi

Giorgio Morandi ne peut être clairement identifié à une école de peinture spécifique. L’œuvre de Cézanne représente son influence majeure : il lui emprunte la monumentalité des formes et les zones denses de couleur. L’artiste développe une approche intime de l’art. Guidé par une sensibilité formelle d’un grand raffinement, il donne à ses paysages et à ses natures mortes une subtile délicatesse de ton et de dessin, suscitant chez le spectateur un mode contemplatif.

Les natures mortes sont la partie la plus importante de l'œuvre de Giorgio Morandi. Elles représentent des objets ordonnés avec soin sur une table dans l'atelier, pour être observés et peints. Ces objets sont facilement identifiables de toile en toile ; ce sont les moulages en plâtre de bouteilles, d'un cube, d'un entonnoir auxquels vient se mêler à l'occasion un coquillage ou un fruit.

Le positionnement des objets dans le cadre est fait avec un soin particulier porté sur la géométrisation de l'espace ou se lit : carrés, diagonales remarquables. Un lent travail de maturation est alors mis en œuvre par le dessin et la peinture par reprises successives, superpositions de couleurs faites d'une pâte ample avec des dégradés de gris d'une extrême sensibilité, qu'amplifie une sorte de délectation morose.

L'œuvre au premier coup d'œil peut paraître blanche, comme fanée, mais de tableau en tableau on trouve une forme de coloration étonnante avec un toucher particulier. Morandi a la réputation d'avoir broyé lui-même ses couleurs.

Quelques tableaux[modifier | modifier le code]

  • Natura morta (1958), collection Jesi, Milan[5]
  • Autoritratto giovanile (1939), collection Jesi, Milan.
  • Cortile (1931), collection privée.
  • Natura morta con la brocca rosa (1921), collection privée, Milan.
  • Natura morta (1916), MoMA, New York.
  • Paysage (1911), Pinacothèque de Brera, Milan.

Expositions[modifier | modifier le code]

Hommage[modifier | modifier le code]

En 2012, dans le but de promouvoir le merchandising culturel de plusieurs musées italiens avec des projets en papier recyclé, il est confié à la designer Ilaria Marelli le soin de réaliser des vases, bouteilles, bols, verres (en nid d'abeilles) inspirés de ses célèbres Nature morte. Ces objets sont destinés au public du museo del Novecento.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Wilkin 2007, p. 133
  2. a, b, c, d, e et f Wilkin 2007, p. 159
  3. a et b (it) « Biografia », sur le site du Centro Studi Giorgio Morandi (consulté en 3 décembre 2011)
  4. Wilkin 2007, p. 11
  5. Mazzariol ainsi que les autres titres suivants

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]