Giorgio Martinuzzi

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Giorgio Martinuzzi
Image illustrative de l'article Giorgio Martinuzzi
Cardinal Georges Martinuzzi
Biographie
Naissance 1482
Kamičak Drapeau de la Croatie Croatie
Décès 16 décembre 1551
palais d'Alvinc
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
12 octobre 1551 par le
pape Jules III
Titre cardinalice Cardinal
Évêque de l’Église catholique
Fonctions épiscopales Évêque de Csanád
évêque de Nagyvárad
archevêque d'Esztergom
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org
Giorgio Martinuzzi, anonyme, musée national hongrois de Budapest
L'assassinat du cardinal Georges Martinuzzi par des assassins envoyés par le général impérial Giambattista Castaldo, le 17 décembre 1551.

Giorgio Martinuzzi dit le moine György, (croate: Juraj Utješinović; né à Kamičak en Croatie, 1482-1551) est un cardinal croate du XVIe siècle et régent de Transylvanie de 1540 à 1551.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

Giorgio Martinuzzi nait en Dalmatie en 1482. Son véritable nom est Juraj Utješinović. Son père Grgur Utješinović, d'origine croate, est tué dans un combat contre les Turcs. Sa mère, originaire de Venise, s'appelait Martinuzzi et avait un frère évêque : pour cette raison, le jeune Giorgio choisit ce patronyme pour faire carrière dans l'Église en devenant moine. Il convient de souligner que ses adversaires, les protestants hongrois, le dénommaient le plus souvent le «moine György» (Fráter György), les textes des historiens français l'appelant également « frère Georges ».

Il rencontre le roi János Ier Szapolyai (en français Jean Zapolya) en 1527. Il devient l'un de ses plus habiles conseillers et est nommé au conseil royal avec la charge de Trésorier, puis, en 1535, évêque de Nagyvárad (aujourd'hui en roumain Oradea, en allemand Großwardein). À la mort de Jean Zapolya, il assume avec la reine Isabelle Jagellon (1519-1559) la régence de son fils nouveau-né Zsigmond János (en français Jean-Sigismond).

Régent de Transylvanie[modifier | modifier le code]

G. Martinuzzi mène une politique complexe : en 1543, il doit se résoudre au premier paiement au Sultan par la Transylvanie - ou plus exactement, par les régions orientales de la Hongrie aux mains de la famille Zapolya, le centre étant occupé par les Turcs et l'Ouest par les Habsbourg - d'un tribut annuel de 10 000 florins. Malgré son hostilité aux protestants, la Réforme fait de rapide progrès sous son gouvernement et devient majoritaire en Transylvanie, où les biens de l'Église sont sécularisés. On tente par ailleurs de part et d'autre de réunifier le pays, ce qui entraîne des conflits avec la reine-mère Isabelle Jagellon : après la reconnaissance en 1549 de la suzeraineté du roi de Hongrie concurrent Ferdinand sur la Transylvanie et sur les territoires rattachés à elle, la Convention de Nyirbator, un second traité signé à Nagyvárad en 1551 prévoit la renonciation au trône de Hongrie de Jean II, moyennant une compensation financière et territoriale - par l'attribution d'un autre fief -, et la reconnaissance de Ferdinand Ier comme seul souverain élu de Hongrie. La reine Isabelle dénonce le traité et réaffirme peu après les droits de son fils mineur, mais elle doit abdiquer le 19 juin, et se retirer avec Jean-Sigismond en Silésie pendant que la diète de Kolozsvár du 26 juillet 1551 reconnait Ferdinand Ier comme seul souverain.

Voïvode de Transylvanie[modifier | modifier le code]

Martinuzzi, toujours soucieux de l'unité du pays, fait appel au futur empereur Ferdinand Ier du Saint-Empire soutenu par son frère Charles-Quint, dont les troupes de 6 à 7 000 hommes commandées par Giovanni Battista Castaldo occupent la Transylvanie afin de prévenir une réaction violente des Turcs. En échange, l'ex-régent Martinuzzi est nommé voïvode, continuant à gouverner l'Est de la Hongrie réunifiée. Rapidement, les forces de Castaldo "trop nombreuses pour une garde d'honneur, pas assez nombreuses pour une armée", se révèlent n'être d'aucun secours pour le pays : les principaux acteurs de la politique interne transylvaine, les "Trois Nations" (noblesse hongroise, Saxons et Sicules), s’inquiètent sourdement de la stratégie du voïvode, ce qui signifie une sérieuse menace pour la vie de celui-ci. Choisissant de louvoyer, Martinuzzi donne des gages à la Sublime Porte dans le même temps qu'il s'affirme le serviteur fidèle des Habsbourg, alors sur le point de lui faire remettre par le pape le chapeau de cardinal. Ses actions en sous-main auprès des Ottomans sont cependant découvertes et considérées comme une trahison.

Giorgio Martinuzzi est assassiné le 16 décembre 1551 dans son palais d'Alvinc, au cœur du voïvodat de Transylvanie, par les spadassins italiens de Sforza Pallavicini. Meurtre d'un prince de l'Église qui paraît impliquer le frère de l'Empereur du Saint-Empire, cette fin contribue grandement au renom du gouverneur, sur la mort de qui le pape lui-même exige une enquête en des temps où l'esprit de croisade nourrit encore curiosité et admiration envers les héros forcés de se battre contre la marée turque aux marges de la chrétienté.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mihnea Berindei & Gilles Veinstein L'empire Ottoman et les pays Roumains, 1544-1545 École des Hautes Études en Sciences Sociales Paris 1987 (ISBN 2713208580) p.27-40.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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