Gioacchino Ventura

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Le Père Gioacchino Ventura di Raulica (né le 8 décembre 1792 à Palerme et mort le 2 août 1861 à Versailles) fut un prédicateur et philosophe sicilien et un patriote italien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Palerme, il entra dans la Société de Jésus en 1808, qu'il quitta pour entrer en 1817 dans l'ordre des Théatins. Ordonné prêtre, il s'illustra comme journaliste catholique et apologiste (il prononça son Éloge mortuaire de Pie VII en 1823), proche des idées de Lamennais, Maistre et Bonald.

Nommé par Léon XIII professeur de droit canon à « la Sapienza » de Rome, il fut élu en 1830 général des Théatins. Il publia De methodo philosophandi en 1828 et Bellezze della Fede en 1839. Après son généralat (1830-33), il se livra à la prédication, et acquit dans toute l'Italie une grande popularité par sa parole éloquente, ce qui le fit comparer à Lacordaire.

Le Père Ventura tenta d'user de son influence auprès de Pie IX pour le pousser vers un gouvernement consultatif et représentatif : choisi par le pape pour prononcer l'oraison funèbre de Daniel O'Connell en 1847, il électrisa son auditoire en identifiant religion et liberté.

Supporter enthousiaste de la révolution sicilienne du 12 janvier 1848, il fut nommé par le nouveau gouvernement ministre plénipotentiaire et extraordinaire à Rome. Partisan d'une confédération italienne sous la présidence du pape, il soutint la guerre contre l'Autriche et prit parti contre la nomination de Pellegrino Rossi comme chef du gouvernement à Rome. Après l'assassinat de Rossi, il s'opposa à la fuite du pape à Gaète. Resté à Rome, sa position devint délicate : il refusa un siège à l'assemblée constituante romaine, mais reconnut néanmoins la république romaine en tant que représentant de la république sicilienne.

Il alla à Civitavecchia pour dissuader Oudinot d'attaquer Rome mais échoua. Après la chute de la république, il s'exila à Montpellier, où il s'exerça pendant deux ans à prêcher et à écrire en français, puis vint à Paris en 1851 où il se livra avec un nouveau succès à la prédication. Ses conférences à la Madeleine furent publiées sous le titre de La raison philosophique et la raison catholique (1852), ses sermons de Carême, prononcés en 1857 aux Tuileries devant Napoléon III le furent sous le titre Le pouvoir politique chrétien.

Il publia également des ouvrages de philosophie : La tradizione e semi-pelagiani della philosophia, Saggio sull' origine dell' idee, Philosophie chrétienne (Paris, 1861), et mourut la même année à Versailles.