Gilles de Rais

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Gilles de Rais
baron de Retz
Gilles de Laval, sire de Rais, compagnon de Jeanne d'Arc, Maréchal de France (1404-1440). Huile sur toile exposée dans la galerie des maréchaux de France, château de Versailles(vue d'artiste par Éloi Firmin Féron, 1835).
Gilles de Laval, sire de Rais, compagnon de Jeanne d'Arc, Maréchal de France (1404-1440). Huile sur toile exposée dans la galerie des maréchaux de France, château de Versailles
(vue d'artiste par Éloi Firmin Féron, 1835).

Naissance septembre 1405 (?)
château de Champtocé-sur-Loire
Décès 26 octobre 1440 (à 35 ans)
Nantes
Origine Duché d'Anjou
Allégeance Pavillon royal de la France.svg Royaume de France
Drapeau du duché de Bretagne Duché de Bretagne
Grade Maréchal de France
Années de service 14201436
Conflits Guerre de Cent Ans
Faits d'armes Siège d'Orléans
Bataille de Jargeau
Bataille de Patay
Autres fonctions baron de Retz
seigneur de Machecoul
seigneur de La Bénate (en Corcoué-sur-Logne)
seigneur du Coutumier (en Bois-de-Céné)
seigneur de Bourgneuf-(en-Retz)
seigneur de (l'île de) Bouin
seigneur de Saint-Étienne-de-Mer-Morte
seigneur de Pornic
seigneur de Princé (en Chéméré)
seigneur de Vue
seigneur de Tiffauges
seigneur de Pouzauges
seigneur de Champtocé(-sur-Loire)
seigneur d'Ingrandes
Famille Maison de Montmorency-Laval
Maison de Laval
Maison de Montmorency

Emblème

Gilles de Montmorency-Laval, plus connu sous le nom de Gilles de Rais (ou, selon la graphie contemporaine, Gilles de Retz[note 1]), né au château de Champtocé-sur-Loire[note 2],[1] à une date inconnue, vraisemblablement durant l'année 1405 (peut-être vers le 1er septembre 1405)[2], mort le 26 octobre 1440 à Nantes, est un chevalier et seigneur de Bretagne, d'Anjou, du Poitou et du Maine[3], promu maréchal de France durant la guerre de Cent Ans au cours de laquelle il combat aux côtés de Jeanne d'Arc.

En 1440, il est condamné par un tribunal ecclésiastique pour hérésie, sodomie et meurtres de « cent quarante enfants, ou plus »[4]. Il est simultanément condamné à la pendaison et au bûcher par une cour séculière pour s'être emparé indûment du château de Saint-Étienne-de-Mer-Morte ainsi que pour des crimes commis sur « plusieurs petits enfants » sans précision de leur nombre[5].

Longtemps après la mort du baron de Rais, un fréquent amalgame entre sa figure historique et le personnage mythique de « Barbe Bleue » est survenu dans certaines versions du conte, des ballades, des complaintes ou dans des histoires romancées du XIXe siècle[6].

Depuis la progressive reconnaissance scientifique du phénomène des tueurs en série à partir de la fin du XIXe siècle, Gilles de Rais a été comparé à ce type de criminel[note 3] avant d'être lui-même qualifié en ces termes[7],[8].

Sommaire

Biographie[modifier | modifier le code]

Maison[modifier | modifier le code]

Ascendance de Gilles de Rais[modifier | modifier le code]

En 1371, la maison de Rais s'éteint à la mort de Girard V Chabot. Sa sœur Jeanne Chabot « la Sage » († 1407) recueille son héritage[9], convoité par le duc Jean IV de Bretagne. Le roi Charles V confie alors la garde du « pays [de] la dame de Rays » à un proche parent de Jeanne, Guy « Brumor » de Montmorency-Laval († après 1375)[10]. Nonobstant, le duc de Bretagne exige de Jeanne Chabot qu'elle lui cède ses biens puis, devant le refus de celle-ci, la séquestre et fait occuper militairement les places fortes de la baronnie de Rais, notamment le château de Machecoul. Ces violences occasionnent de longues procédures judiciaires jusqu'au décès de Jean IV le 1er novembre 1399[11].

Sceau de Guy II de Laval-Rais, vers 1405-1407.

Le 29 septembre 1401, Jeanne Chabot, restée sans enfant et désireuse de régler sa succession, désigne comme son héritier le fils de Guy Brumor, Guy II de Montmorency-Laval († 1415), à la condition que ce dernier relève le nom et les armes de Rais[11].

Jean de Craon (vers 1355 - 25 novembre 1432), seigneur de La Suze-sur-Sarthe et de Champtocé, sieur des Jamonières s'oppose judiciairement à cette dévolution mais les deux parties parviennent finalement à un compromis, scellant leur entente par un projet de mariage entre Guy de Laval et la fille de Jean de Craon, Marie († avant octobre 1415)[12]. Deux actes datés des 5 et 17 février 1404 précisent notamment les conditions du mariage, subordonnant celui-ci à l'approbation préalable de l'accord par le parlement de Paris[13],[14],[15]. Les 24 et 25 avril 1404, Jean de Craon et Guy de Laval constituent à cet effet des procureurs chargés de soumettre leur convention à la cour souveraine[16], qui homologue l'accord le 2 mai 1404. Enfin, Jeanne Chabot « la Sage » cède quatre seigneuries à Guy de Laval, moyennant une rente viagère, le 24 juillet 1404[11]. Guy de Laval et Marie de Craon s'unissent vraisemblablement à une date postérieure.

Guy de Laval devient conséquemment le nouveau baron de Retz, prenant le nom de Guy II de Laval-Rais, doyen des barons de Bretagne, titre dont héritera son fils aîné Gilles. Guy II de Montmorency-Laval hérite des seigneuries de Machecoul, de La Bénate, du Coutumier, de Bourgneuf, de Bouin, de Saint-Étienne-de-Mer-Morte, de Pornic, de Princé, de Vue, etc., qui forment la « baronnie de Rais », correspondant peu ou prou à l'actuel Pays de Retz.

Gilles de Rais est aussi un arrière-petit-neveu du connétable de France Bertrand Du Guesclin[17] (1320-1380), héros breton de la Guerre de Cent Ans.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

La tour éventrée du château de Champtocé.

Descendant des maisons de Montmorency-Laval, Craon et Retz[note 4], Gilles de Rais naît « en une chambre appelée la Tour Noire » au château de Champtocé[18],[1], à une date inconnue. Sa naissance a été située de manière variable entre 1396 et 1406, et plus fréquemment vers la fin de l'année 1404. Toutefois, le futur baron voit vraisemblablement le jour « au plus tôt en 1405 » en raison des délais occasionnés par les procédures juridiques qui conditionnent le mariage de ses parents[note 5].

Gilles a un frère cadet : René de Montmorency-Laval, dit « René de La Suze » (vers 1407 - 30 octobre 1473), qui succèdera à son frère comme baron de Retz sous le nom de « René de Rais ».

À la suite de la mort de leur mère Marie de Craon à une date inconnue[note 6] puis de leur père Guy II de Laval-Rais fin octobre 1415 à Machecoul[19],[note 7], le jeune Gilles et son frère cadet René sont élevés par leur grand-père maternel, Jean de Craon, seigneur de La Suze et de Champtocé. Dans son testament, Guy II de Laval-Rais désignait pourtant son beau-frère, Jean II Tournemine de la Hunaudaye, comme « gardien, tuteur, protecteur, défenseur et administrateur légitime » de ses deux fils[20],[21].

Projets matrimoniaux[modifier | modifier le code]

Le 14 janvier 1417, Jean de Craon fiance son petit-fils Gilles, 12 ans, à une riche héritière de Normandie, Jeanne Paynel, fille de Foulques IV Paynel, seigneur de Hambye et de Bricquebec. Toutefois, le Parlement de Paris interdit le mariage jusqu'à ce que Jeanne Paynel ait atteint sa majorité[22],[23],[24],[25]. Ce projet matrimonial n'aboutit pas.

Le 28 novembre 1419, le seigneur de La Suze fiance le jeune baron à Béatrice de Rohan, fille d'Alain IX de Rohan et de Marguerite de Bretagne, et nièce du duc Jean V de Bretagne[26],[27]. Le contrat, daté de Vannes, n'a pas de suite pour une raison inconnue[note 8].

Gilles de Rais finit par se fiancer avec sa cousine Catherine de Thouars[note 9], fille de Miles II de Thouars[note 10] et de Béatrice de Montjean. Outre l'obstacle posé par la consanguinité de Gilles et Catherine, des litiges opposent alors la maison de Craon à Miles II de Thouars, seigneur de Pouzauges et de Tiffauges[note 11]. Négligeant ces contraintes et sans attendre de dispense ecclésiastique, Gilles enlève Catherine[note 12] puis l'épouse dans une chapelle sise en dehors de son église paroissiale, sans publier de bans[note 13]. En dépit d'un contrat de mariage établi le 30 novembre 1420[note 14],[28], les deux jeunes gens voient leur union annulée et déclarée incestueuse par l'Église[29].

À la suite du décès de Miles II de Thouars, des alliances matrimoniales finissent par rapprocher les maisons de Craon et de Thouars[note 15], contribuant ainsi à régulariser la situation de Gilles de Rais et Catherine de Thouars[28]. Le 24 avril 1422, le légat pontifical s'adresse à Hardouin de Bueil, évêque d'Angers, afin que ce dernier prononce une sentence de séparation à l'encontre de Gilles et Catherine, leur impose une pénitence avant de les absoudre du crime d'inceste et de permettre leur mariage en bonne et due forme[30]. Après avoir diligenté une enquête, Hardouin de Bueil marie en grande pompe Gilles et Catherine le 26 juin 1422[note 16] au château de Chalonnes-sur-Loire.

Catherine donne à Gilles de Rais une fille unique, Marie de Rais (1429-1457), qui se mariera à l'amiral Prigent de Coëtivy puis au maréchal André de Lohéac, et qui succèdera à son père en tant que baronne de Retz.

Conflits familiaux[modifier | modifier le code]
Reconstitution du château de Tiffauges et de son enceinte, par Georges Balleyguier, 1886.

Conformément aux clauses du contrat de mariage de sa fille Catherine de Thouars, Béatrice de Montjean conserve en douaire un certain nombre de possessions de feu Miles II de Thouars, dont les châteaux de Tiffauges et Pouzauges. Jean de Craon et Gilles de Rais escomptent récupérer ultérieurement l'héritage constitué par l'ensemble des châteaux poitevins de Béatrice[31],[32].

Cependant, Béatrice de Montjean se remarie avec Jacques Meschin de la Roche-Aireault, chambellan du roi Charles VII, ce qui compromet les projets du seigneur de La Suze et de son petit-fils. Les deux compères chargent alors leur acolyte Jean de la Noe (ou la Noue), capitaine de Tiffauges, d'enlever Béatrice. Jean de la Noe profite de l'occasion pour s'emparer également de la sœur cadette de Jacques Meschin[31],[note 17].

Vue actuelle des ruines du château de Champtocé.

Béatrice de Montjean est emprisonnée au Loroux-Bottereau, puis à Champtocé. Son beau-fils Gilles de Rais et Jean de Craon menacent de la coudre dans un sac avant de la jeter dans une rivière si elle ne renonce pas à son douaire[31],[32].

Afin de libérer sa femme et sa sœur, le chambellan Jacques Meschin de la Roche-Aireault fait assigner Jean de Craon et Gilles de Rais à plusieurs reprises devant le parlement de Paris[note 18], en pure perte. Jacques Meschin délègue ainsi à Champtocé son propre frère, Gilles Meschin, placé à la tête de ses envoyés. Jean de Craon jette en prison tous les porteurs de l'assignation, Gilles Meschin inclus, avant de consentir à relâcher Béatrice de Montjean. Les otages finissent par être libérés moyennant rançon mais Gilles Meschin meurt quelques jours plus tard, probablement éprouvé par les conditions de sa détention champtocéenne. La sœur cadette de Jacques Meschin, envoyée en Bretagne, est contrainte d'épouser Girard de la Noe, le fils du capitaine de Tiffauges[31],[32].

Poursuivis judiciairement devant le parlement de Paris par le chambellan, Jean de Craon et Gilles de Rais n'en parviennent pas moins à lui extorquer tour à tour Tiffauges et Pouzauges, molestant au passage Adam de Cambrai, le premier président du parlement lui-même. Les multiples condamnations qui frappent les deux complices ne sont pas suivies d'effets[31].

Titres et patrimoine[modifier | modifier le code]

Gilles de Montmorency-Laval porte les titres de baron de Retz, seigneur de Machecoul, de La Bénate, du Coutumier, de Bourgneuf-en-Retz, de Bouin, de Saint-Étienne-de-Mer-Morte, de Pornic, de Princé, de Vue, etc. (villages et châtellenies qui constituent à son époque la baronnie de Retz), ainsi que de Tiffauges, de Pouzauges, de Champtocé-sur-Loire et d'Ingrandes, seigneuries acquises par héritage et mariage[note 19].

Armoiries[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Armorial des Montmorency.
Armes des Montmorency-Laval[modifier | modifier le code]
Gilles de Rais, représenté en tenue de tournoi, portant les armes des Montmorency-Laval, ses aïeux paternels. Gravure tirée des Monumens de la Monarchie Française « avec les figures de chaque règne que l'injure des tems a épargnées », publiée en 1731 par Dom Bernard de Montfaucon.
Blason Blasonnement :
D'or, à la croix de gueules, chargée de cinq coquilles d'argent, et cantonnée de seize alérions d'azur ; au franc-canton d'argent au lion de gueules[33],[34],[35].
Commentaires : Il s'agit des armes de la branche des seigneurs de Challouyau de famille de Montmorency-Laval, dont faisait partie Guy II de Laval-Rais, le père de Gilles de Rais.
Armes de Retz[modifier | modifier le code]
Blason Blasonnement :
D'or à la croix de sable.
Commentaires : Armes de la baronnie de Retz, que Guy II de Laval-Rais a repris lorsqu'il est devenu baron de Retz.
Armes personnelles de Gilles de Rais (à partir de septembre 1429)[modifier | modifier le code]
Blason Blasonnement :
D'or à la croix de sable (qui est de Retz), à la bordure d'azur semé de fleurs de lis d'or (qui est de France).
Commentaires : En septembre 1429, Charles VII honore Gilles de Rais pour services rendus lors de la guerre de Cent Ans, en lui octroyant le privilège d'ajouter une « bordure de France » au blason de la baronnie de Retz[36].

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Premières armes[modifier | modifier le code]

Siège de Champtoceaux (Pierre Le Baud, Compilation des chroniques et histoires de Bretagne), BnF

Le 13 février 1420, le duc Jean V de Bretagne est enfermé à Champtoceaux par les Penthièvre, ses ennemis. Jean de Craon prend le parti du duc dans le cadre des querelles résiduelles de la guerre de succession de Bretagne entre les Montfort et les Penthièvre. Les bandes de ces derniers assaillent les fiefs du seigneur de La Suze et de son petit-fils Gilles de Rais.

Une fois le parti des Penthièvre vaincu, Jean V de Bretagne est libéré. Rentré triomphalement à Nantes, le duc dédommage de leurs pertes et récompense Jean de Craon ainsi que « son fils de Rays ». Celui-ci accomplit sans doute ses premiers faits d'armes en prenant une part active dans cette guerre féodale[note 20].

En mai 1420, le roi Henri V d'Angleterre devient l'héritier du roi Charles VI de France par le traité de Troyes. Jean V de Bretagne reconnaît Henri V, avant de louvoyer entre les couronnes de France et d'Angleterre afin de préserver l'indépendance de son duché[37].

En tant que vassaux du duc Louis III d'Anjou, Jean de Craon et Gilles de Rais prennent peut-être part à la bataille de la Gravelle le 26 septembre 1423, puis à la bataille de Verneuil le 17 août 1424[note 21].

Rapprochement avec le roi Charles VII[modifier | modifier le code]

1429
  •      Territoires contrôlés par Henri VI d'Angleterre
  •      Territoires contrôlés par le duc de Bourgogne
  •      Territoires contrôlés par le Dauphin Charles
  •      Principales batailles
  •       Raid Anglais de 1415
  •       Itinéraire de Jeanne d'Arc vers Reims en 1429

À partir de 1423, Yolande d'Aragon, dirigeante de la maison d'Anjou et belle-mère du roi Charles VII, œuvre de concert avec son conseiller Jean de Craon au rapprochement de la France et de la Bretagne[38]. En mars 1425, cette politique promeut Arthur de Richemont, frère cadet du duc Jean V de Bretagne, à la dignité de connétable de France[39].

Courant juillet 1425, Charles VII envoie Jean de Craon et d'autres ambassadeurs auprès du duc de Bretagne afin de l'informer officiellement du renvoi des conseillers royaux impliqués dans le complot des Penthièvre. Après avoir consulté ses États, Jean V accepte de rencontrer son suzerain « sur la rivière de Loire, entre Angers et Tours »[40]. En septembre 1425, accompagné par de nombreux seigneurs (dont Gilles de Rais), le duc se rend à Saumur[41]. Flanqué du connétable de Richemont, Charles VII parvient à son tour dans cette ville afin d'y signer un traité d'alliance avec Jean V, le 7 octobre 1425[42],[43]. Gilles de Rais rencontre probablement le roi de France pour la première fois à l'occasion des fêtes et conciliabules saumurois[44],[45].

Campagne en pays manceau contre les Anglais[modifier | modifier le code]

Le 19 juin 1427, Yolande d'Aragon établit Jean de Craon lieutenant général en Anjou et dans le Maine[46],[47]. Cette dignité permet probablement au seigneur de La Suze de favoriser l'ascendant à la cour royale de Georges Ier de La Trémoille, cousin de Gilles de Rais par la branche des Craon[48].

Le lieutenant général dote alors son petit-fils d'un mentor militaire en la personne de Guillaume de la Jumellière, seigneur de Martigné-Briant, également conseiller de Yolande d'Aragon à la cour ducale d'Anjou. L'influence curiale de sa famille engage Gilles dans la lutte contre les Anglais, entraînant la nomination du jeune baron comme capitaine de la place de Sablé au nom du duc d'Anjou[49].

Menant campagne dans le comté du Maine en compagnie de son parent Jacques de Dinan, seigneur de Beaumanoir et du chevalier Ambroise de Loré, Gilles de Rais reprend aux Anglais la forteresse de Rennefort (anciennement Rainefort, Ramefort, Ramessort)[50] et le château de Malicorne-sur-Sarthe[51],[note 22]. Les capitaines respectent leur promesse d'épargner les garnisons anglaises qui ont rendu ces places fortes, mais font pendre les hommes « de la langue française » qu'ils y trouvent[52], possible manifestation d'un « fort sentiment national » à l'encontre des combattants considérés comme des « Français reniés »[53].

Par la suite, les seigneurs de Rais, de Loré et de Beaumanoir emportent d'assaut le château du Lude. Le commandant de la garnison, un capitaine anglais dénommé Blackburn, est tué ou fait prisonnier[note 23].

En juin 1427, le grand chambellan La Trémoïlle domine le conseil royal, et en éloigne le connétable Arthur de Richemont, tombé en disgrâce suite à ses revers militaires face aux Anglais[39],[note 24].

Peu de temps après, le duc Jean V de Bretagne, lui-même en butte aux assauts anglais, procède à un nouveau revirement d'alliance en reconnaissant le traité de Troyes le 8 septembre 1427 et en ordonnant à ses vassaux de cesser la lutte contre les troupes du duc de Bedford[54],[55]. Gilles de Rais est l'un des plus notables seigneurs bretons à désobéir à son suzerain en demeurant fidèle au roi de France[note 25]. Il participe en 1428 à la rançon fournie par libérer André de Lohéac avec plusieurs membres de la famille de Laval.

Compagnon d'armes de Jeanne d'Arc[modifier | modifier le code]
Sceau de Gilles de Rais, vers 1429.

Le 6 mars 1429, Gilles de Rais est présent à la cour de Chinon lorsque Jeanne d'Arc arrive de Vaucouleurs[56]. Un mois plus tard, par lettre datée du 8 avril 1429, signée de sa main et munie de son sceau, le jeune baron noue une alliance avec son cousin Georges de La Trémoille, s'engageant à le servir de toute sa puissance « jusques à mort et à vie, envers tous et contre tous seigneurs et autres, sans nul excepté..., dans la bonne grâce et amour du roi »[57],[58],[59].

Gilles est un des principaux capitaines qui aident Jeanne d'Arc à faire entrer des vivres dans Orléans et contribuent à la levée du siège de la ville par les Anglais[60]. Conjointement à d'autres « chevaliers, écuyers et gens de guerre », il accompagne la Pucelle lorsque celle-ci rend compte au roi de la levée du siège[61],[62].

Le sacre de Charles VII à Reims (miniature extraite des Vigiles du roi Charles VII de Martial d'Auvergne, Paris, BnF, département des Manuscrits).

Le baron participe ensuite avec Jeanne à la « campagne de la Loire », qui vise la reconquête des villes occupées par les Anglais dans la région. Il est ainsi présent à la prise de Jargeau le 12 juin 1429[63] puis à la victoire de Patay le 18 juin 1429[64].

Durant le trajet menant le « gentil dauphin » à Reims afin qu'il y soit sacré roi de France, l'armée - commandée à l'avant-garde par Gilles de Rais et Jean de Brosse, maréchal de Broussac - réduit à l'obéissance Troyes ainsi que d'autres villes et de nombreux châteaux[65]. Le 17 juillet 1429, lors du sacre royal, Gilles est chargé avec trois autres seigneurs d'apporter la sainte ampoule de la basilique Saint-Remi de Reims à l'église métropolitaine[note 26],[66]. Ce même jour, le jeune baron de Rais est élevé à la dignité de maréchal de France[67].

Jeanne d'Arc à la porte Saint-Honoré lors du siège de Paris de 1429 (miniature extraite des Vigiles du roi Charles VII de Martial d'Auvergne, Paris, BnF, département des Manuscrits).

Le lundi 15 août 1429, les troupes royales et anglo-bourguignonnes se font face à Montépilloy. Charles VII confie les ailes de son armée à ses deux maréchaux, Jean de Boussac et Gilles de Rais[68].

Le 8 septembre 1429, lors du siège de Paris, Jeanne d'Arc souhaite avoir le maréchal de Rais et Raoul de Gaucourt à ses côtés lors de l'assaut donné à la porte Saint-Honoré[note 27]. Gilles se tient toute la journée auprès de la Pucelle, parmi de nombreux gens d'armes, tentant en vain d'atteindre et de franchir l'enceinte parisienne[69] depuis un arrière-fossé[note 28]. À la tombée du jour, Jeanne est blessée à la jambe par un vireton d'arbalète[70]. Le siège de Paris est rapidement levé, l'armée royale - dite « armée du sacre » - se replie vers la Loire avant d'être licenciée à Gien le 21 septembre 1429[71].

En septembre 1429, le roi honore derechef Gilles pour ses « recommandables services » en lui octroyant le privilège d'ajouter à son blason une bordure aux armes de France (« fleurs de liz d'or semées sur champ d'azur »)[72],[36].

Campagnes post-johanniques[modifier | modifier le code]

Gilles de Rais se signale, en 1430, à la prise de Melun[réf. nécessaire] et à la bataille d'Anthon le 11 juin[73]. L'année suivante, il contribue à la levée du siège de Lagny-sur-Marne par les Anglais[note 29],[note 30].

En 1434, il commande avec le maréchal Pierre de Rieux l'avant-garde de l'armée française, sous les ordres du connétable de Richemont. Cette armée étant arrivée devant Sillé-le-Guillaume dans le Maine en présence des Anglais, les deux partis se séparent sans combattre[74],[75].

Dilapidation du patrimoine[modifier | modifier le code]

Vestiges du château de Tiffauges.

Gilles de Rais a une garde de deux cents hommes à cheval, dépense que les plus grands princes peuvent à peine soutenir dans ce temps-là, et il traîne en outre à sa suite plus de cinquante individus, chapelains, enfants de chœur, musiciens, pages et serviteurs. Sa chapelle est tapissée de drap d'or et de soie. Les ornements, les vases sacrés sont d'or et enrichis de pierreries. Il a aussi un jeu d'orgues qu'il fait toujours porter devant lui. Ses chapelains, habillés d'écarlate doublé de menu vair et de petit gris, portent les titres de doyen, de chantre, d'archidiacre, et même d'évêque, et il a de plus député au pape pour obtenir la permission de se faire précéder par un porte-croix. Il donne à grands frais des représentations de mystères.

Mais tout cela occasionne des frais énormes qui l'obligent, en 1434, à vendre au duc Jean V de Bretagne les places de Mauléon, de Saint-Étienne-de-Mer-Morte, du Loroux-Bottereau, de Pornic et de Champtocé-sur-Loire.

Pour se livrer à ses profusions, Gilles de Rais aliène une partie de ses terres. Parmi les acheteurs, on compte les bourgeois d'Angers et « les manieurs d'argent de la cour bretonne », l'évêque-chancelier Jean de Malestroit et Geoffroy Le Ferron, futur trésorier général[76].

Les difficultés financières du baron de Retz prennent un tour dramatique. Face à cela, sa famille (son frère cadet René de La Suze en tête) lui intente un procès afin d'interdire à quiconque d'acheter des terres lui appartenant. Elle obtient un arrêt du parlement de Paris qui défend au maréchal d'aliéner ses domaines. Le roi ne voulant pas approuver les ventes déjà faites, le duc Jean V de Bretagne s'oppose à la publication de ces défenses et refuse d'en donner de semblables dans ses États.

René de La Suze, frère de Gilles, et ses cousins André de Lohéac et Guy XIV de Laval, irrités de ce refus, s'efforcent de conserver ces places dans leur famille et résistent au duc Jean V ; mais ce dernier les reprend et enlève à son gendre Guy XIV de Laval, cousin de Gilles, la lieutenance générale de Bretagne pour la confier à Gilles de Rais lui-même, avec lequel il consomme tous ses marchés en 1437.

Crimes[modifier | modifier le code]

Coup de force de Saint-Étienne-de-Mer-Morte[modifier | modifier le code]

Plaque du clocher de Saint-Étienne-de-Mer-Morte, commémorant l'attentat commis par Gilles de Rais le 15 (ou le 16) mai 1440.
Le clocher isolé, dernier vestige de l'église romane de Saint-Étienne-de-Mer-Morte.

En 1434, Gilles de Rais confie la châtellenie de Saint-Étienne-de-Mer-Morte à son frère René de la Suze. Se ravisant, le maréchal récupère le château par un coup de force puis s'accorde avec son cadet à Nantes le 15 janvier 1439 afin de conserver son bien[77].

Gilles aliène de nouveau cette terre à la suite d'une transaction avec Geoffroy Le Ferron, trésorier et homme de confiance du duc Jean V de Bretagne. L'officier ducal confie l'administration de la châtellenie à son frère Jean Le Ferron, clerc tonsuré. Le baron tente derechef de se réapproprier le château afin de le revendre à son cousin, le sire de Vieillevigne, mais Jean Le Ferron s'y oppose[78].

En représailles, le jour de la Pentecôte ou au lendemain de cette fête religieuse, le 15 ou le 16 mai 1440, Gilles de Rais place en embuscade une troupe de cinquante à soixante hommes dans un bois voisin de Saint-Étienne-de-Mer-Morte. Le maréchal pénètre en armes dans l'église paroissiale et interrompt la grand-messe de l'officiant Jean Le Ferron, injuriant ce dernier et menaçant de le tuer avec une guisarme s'il ne sort pas du sanctuaire[note 31]. Effrayé, le clerc tonsuré s'exécute en emboîtant le pas du marquis Lenano de Ceva, capitaine piémontais au service de Gilles. Après avoir ouvert les portes du château de Saint-Étienne-de-Mer-Morte à ses agresseurs, Jean Le Ferron y est incarcéré avec un receveur et Jean Rousseau, sergent général du duché de Bretagne[79],[80],[81],[82].

De la sorte, Gilles de Rais porte simultanément atteinte aux majestés ducale et divine. En violant les immunités ecclésiastiques, il commet un sacrilège et encourt l'excommunication[83]. Qui plus est, l'église de Saint-Étienne-de-Mer-Morte se situe dans le diocèse de l'évêque de Nantes, Jean de Malestroit, chancelier du duc Jean V de Bretagne.

Le duc breton condamne son vassal à rendre la place forte à Jean Le Ferron sous peine d'avoir à payer une amende de 50.000 écus d'or[84]. Gilles de Rais fait alors conduire son prisonnier à Tiffauges, en Poitou, hors de la juridiction bretonne[85].

En juillet 1440, le baron de Rais se rend à Josselin afin d'y rencontrer son suzerain Jean V de Bretagne mais la teneur de leurs propos demeure inconnue[note 32].

Enquêtes ecclésiastique et séculière[modifier | modifier le code]

Probablement peu de temps après l'attentat de Saint-Étienne-de-Mer-Morte, une enquête secrète est lancée sur les rumeurs qui courent à l'encontre de Gilles de Rais. Le 29 juillet 1440, les résultats de l'enquête ecclésiastique sont publiés sous forme de lettres patentes par l'évêque Jean de Malestroit : Rais est accusé par la rumeur publique de viols et meurtres commis sur de nombreux enfants ainsi que d'évocations et pactes démoniaques[86]. Parallèlement, l'enquête de la justice séculière procède à l'audition des mêmes témoins[87].

Le 24 août 1440, le duc Jean V de Bretagne s'entretient à Vannes avec son frère, le connétable de France Arthur de Richemont. Compromis dans la Praguerie contre le roi Charles VII au printemps 1440, Jean V souhaite obtenir de Richemont, grand officier royal, une promesse d'assistance mutuelle. Pour ce faire, le duc octroie notamment au connétable la terre de Bourgneuf-en-Retz, bien de Gilles de Rais[88]. Richemont retourne ensuite dans le domaine royal et s'empare de Tiffauges, libérant l'otage Jean Le Ferron[87].

Le 13 septembre 1440, Gilles de Rais est cité à comparaître devant le tribunal ecclésiastique de Nantes, sous les accusations de « meurtres d'enfants, de sodomie, d'évocations de démons, d'offense à la Majesté divine et d'hérésie »[87].

Le 15 septembre 1440, le baron est arrêté en son château de Machecoul par Jean Labbé, capitaine d'armes au service du duc de Bretagne[89],[note 33]. Deux des gens de Gilles de Rais sont également arrêtés, Henriet et Étienne Corillaut dit « Poitou » (ou « Pontou »). Certains de ses complices, dont Gilles de Sillé et Roger de Briqueville, ont déjà pris la fuite.

S'ouvre alors l'instruction du procès civil qui va être l'instrument de sa chute. Le maréchal est emprisonné dans le château de Nantes tandis que le duc de Bretagne charge son commissaire, Jean de Toucherond, de commencer une enquête[réf. nécessaire].

Procès[modifier | modifier le code]

Premières audiences[modifier | modifier le code]
Miniature représentant le procès de Gilles de Rais (XVIIe siècle). Armes du président Bouhier, manuscrit à peinture, Paris, BnF.

Suite à son arrestation le 15 septembre 1440, Gilles de Rais comparaît à une date inconnue devant la cour séculière de Nantes, présidée par Pierre de l'Hôpital, président et juge universel de Bretagne, grand officier du duc Jean V. Le baron doit répondre des chefs d'accusation relatifs aux assassinats d'enfants et à l'attentat de l'église de Saint-Étienne-de-Mer-Morte suivi de l'occupation du château du même lieu. Cependant, la relation officieuse de cette première audience ne mentionne que la réponse de Gilles aux juges civils à propos de l'affaire de Saint-Étienne-de-Mer-Morte, sans aucune référence aux meurtres[90]. Le 18 septembre, le clerc Jean de Touscheronde, commis par le duc, commence à recueillir les témoignages des parents des enfants disparus[91].

Le 19 septembre 1440, dans la grande salle supérieure du château de la Tour Neuve, Gilles de Rais comparaît pour la première fois devant la cour ecclésiastique présidée par Jean de Malestroit, tout à la fois évêque de Nantes, président de la Chambre des comptes de Bretagne et chancelier du duc Jean V. Cette dernière charge fait de Malestroit « le supérieur hiérarchique de toute l'administration judiciaire, y compris celui de Pierre de L'Hôpital, président et juge universel »[92].

Le « promoteur » (procureur) Guillaume Chapeillon accuse le baron d'avoir commis l' « hérésie doctrinale » et l'assigne donc à comparaître le 28 du mois devant le représentant de l'Inquisition pour la ville et le diocèse de Nantes : le dominicain Jean Blouyn, vicaire de l'inquisiteur du royaume de France Guillaume Merici[93].

Gilles de Rais consent à comparaître devant ses deux juges, l'évêque-chancelier et le vice-inquisiteur, à la date convenue par le tribunal de l'Église[93]. À l'instar de la cour séculière, la cour ecclésiastique n'évoque apparemment pas les chefs d'accusation relatifs aux meurtres d'enfants au cours de cette première audience[93].

Témoignages des parents[modifier | modifier le code]

La cour ecclésiastique consacre finalement la séance du 28 septembre 1440 à l'audition de dix plaignants hors de la présence de Gilles de Rais, la comparution du baron étant ajournée au 8 octobre[94]. Parallèlement, du 27 septembre au 8 octobre, Jean de Touscheronde entend de nombreux parents d'enfants disparus dans le cadre de l'enquête civile[95].

Accumulation des charges[modifier | modifier le code]
Tour dite du « Vieux Donjon », Château des ducs de Bretagne, Nantes.

Le samedi 8 octobre 1440, dans la salle basse du château de la Tour Neuve, les dix plaignants de la séance du 28 septembre sont entendus derechef par la cour ecclésiastique.

Le même jour, dans une grande salle supérieure du château, le seigneur de Tiffauges comparaît de nouveau devant cette même cour, composée cette fois de l'évêque Malestroit et de l'inquisiteur dominicain Jean Blouyn, assistés de notaires publics et de scribes. Le « président de Bretagne » Pierre de l'Hôpital, responsable de la cour séculière, est également présent.

Le « promoteur aux causes de la foi » Guillaume Chapeillon expose oralement les articles de l'accusation, dévoilant l'ensemble des délits et crimes reprochés à Gilles de Rais. Ce dernier en appelle alors de ses juges mais Jean de Malestroit et le frère Blouyn rejettent aussitôt l'appel, considéré comme « frivole ». Le baron nie « la vérité desdits articles » et conteste qu'il y ait matière à procès, tout en s'affirmant comme « vrai chrétien ». Le promoteur jure de dire la vérité puis il prie Gilles de prêter le même serment, en vain. Malestroit et Blouyn somment Gilles de jurer, le menaçant d'excommunication, mais l'accusé persiste dans son refus et ses dénégations. En réaction, l'évêque de Nantes et le vicaire de l'inquisiteur assignent le promoteur Guillaume Chapeillon et le maréchal de Rais à comparaître le mardi 11 octobre[96].

Gilles de Rais s'emporte et se révolte, ce qui entraîne en réaction son excommunication par l'évêque qui préside le procès. Cette excommunication l'effraie, et il se résout alors à faire des aveux en échange de la levée de cette sanction, ce qui lui est accordé. Certains auteurs y voient une preuve de sa foi en l'Église et dans le jugement de Dieu[97].

Sa première confession, dite « confession hors jugement »[note 34] est prononcée « volontairement, librement et douloureusement » le 21 octobre 1440 dans la « chambre haute » du château nantais de la Tour Neuve, où il est emprisonné[98] L'accusé répète, en l'assortissant de nouvelles précisions, cette confession à l'audience du 22 octobre[99].

Alchimie et évocations diaboliques[modifier | modifier le code]

Afin de pallier ses dépenses, Gilles de Rais s'adonne à l'alchimie en vue de trouver la pierre philosophale. Il envoie quérir dans le royaume de France et à l'étranger « des maistres qui se entremetoient de l'art d'arquemie »[100],[101].

En 1438, Eustache Blanchet, prêtre au service de Gilles de Rais, recrute ainsi à Florence le clerc toscan Francesco (François) Prelati, originaire de Montecatini Terme près de Pistoia[102]. Outre les expériences alchimiques, Prelati déclare avoir tenté d'invoquer les démons à Tiffauges en présence de Gilles de Rais[103].

Jugement et exécution de la peine[modifier | modifier le code]

Exécution de Gilles de Rais (gibet et bûcher). Armes du président Bouhier, manuscrit à peinture, Paris, BnF (XVIe siècle ?).

Le jugement est prononcé le 25 octobre[104] au château du Bouffay par le tribunal présidé par le procureur et sénéchal de Bretagne, Pierre de l'Hôpital. Gilles de Rais a été excommunié pour « apostasie hérétique [...] évocation des démons [...] crime et vice contre nature avec des enfants de l'un et de l'autre sexe selon la pratique sodomite ». La sentence de la cour ecclésiastique reproche à Gilles de Rais cent quarante meurtres « ou plus »[4] tandis que la sentence de la cour séculière n'arrête pas de chiffre exact[105]. Gilles de Rais et ses deux valets sont condamnés à être pendus, puis brûlés. À sa demande, le tribunal lui accorde trois faveurs : le jour de l'exécution, les familles des victimes pourront organiser une procession, il sera exécuté avant ses complices et son corps ne sera pas entièrement brûlé pour être inhumé.

Le lendemain matin, le mercredi 26 octobre 1440, après une messe à la cathédrale Saint-Pierre de Nantes, l'exécution est accomplie en prairie de Biesse[note 35]. Tandis que ses valets, Poitou et Henriet, sont laissés sur le bûcher, le corps de Gilles de Rais en est retiré, avant d'être trop abîmé par les flammes[106],[107],[note 36]. Conformément à la requête qu'il avait formulée et qu'on lui avait accordée avant son exécution, son corps est enseveli dans l'église du couvent des Carmes, à Nantes. Ce couvent et le monument funéraire dédié à sa mémoire seront détruits durant la Révolution française, et son corps sans doute jeté dans la Loire.[réf. nécessaire]

Sort des acolytes[modifier | modifier le code]

Francesco Prelati et Eustache Blanchet[modifier | modifier le code]
Portrait de René d'Anjou en prière, Heures de René d'Anjou, Angers, 1437 ? (BnF).

Condamné à la prison perpétuelle, Francesco Prelati réussit probablement à s'évader puis trouve refuge à la cour du duc René d'Anjou, hors de la juridiction du duc de Bretagne. Par des tours de prestidigitateur, le jeune clerc parvient à valoriser ses soi-disant talents d'alchimiste auprès du « bon roi de Sicile », qui le nomme capitaine du château de La Roche-sur-Yon[108]. Adoptant désormais l'identité de François de Montcatin (d'après le nom francisé de sa commune natale), l'aventurier toscan profite de sa nouvelle position pour assouvir sa vengeance sur Geoffroy Le Ferron, devenu entretemps trésorier de France[note 37].

Ce dernier, se rendant à Taillebourg auprès de l'amiral Prigent de Coëtivy, est de passage à La Roche-sur-Yon le 7 décembre 1444. Invité au château par le capitaine-alchimiste, Le Ferron y est injurié par le prêtre Eustache Blanchet avant d'être emprisonné arbitrairement sur ordre de Prelati, qui lui reproche sa propre incarcération nantaise du temps du procès de Gilles de Rais. Afin d'extorquer une énorme rançon au trésorier, les deux anciens serviteurs du maréchal lui font subir de mauvais traitements durant deux mois et demi. Entre autres tortures morales et physiques, Francesco Prelati et Eustache Blanchet tentent d'effrayer Le Ferron en feignant de découvrir parmi ses papiers une lettre factice qui le compromet dans une trahison imaginaire de Prigent de Coëtivy[109].

Ruines du château de La Roche-sur-Yon (en médaillon : Charles de Bourbon, prince de La Roche-sur-Yon en 1527).

Informés de la situation, des officiers de René d'Anjou demandent à Prelati d'amener Le Ferron devant le conseil ducal. Le capitaine fait mine d'obtempérer avant de reconduire le trésorier de France dans son cachot. Douze jours plus tard, le chevalier Guy d'Aussigny, seigneur de Trèves et lieutenant du roi « ès pays de Poitou, Saintonge, gouvernement de La Rochelle et Angoumois », se présente avec une compagnie de cinquante hommes de guerre devant la forteresse yonnaise. Refusant de délivrer Geoffroy Le Ferron, Francesco Prelati s'oppose à la reddition de la place et effectue une sortie avec sa propre troupe, accrochage qui provoque la mort d'un soldat de Guy d'Aussigny[110].

Peu après, deux officiers de René d'Anjou essayent derechef d'obtenir de Francesco Prelati qu'il leur livre Geoffroy Le Ferron. Le capitaine italien finit par y consentir après versement de la rançon du trésorier de France. Ce dernier est transféré à Angers, où il dépose vainement une plainte auprès de la chambre des comptes d'Anjou. Le Ferron parvient à être conduit sous escorte auprès du roi René d'Anjou à Nancy mais il demeure un temps en détention dans cette ville, où séjourne alors le roi de France. Charles VII a finalement vent de l'affaire ; le parlement de Paris est saisi puis le conseil royal rend un arrêt condamnant à mort Francesco Prelati et Jacques Chabot[note 38], son principal complice. Vers la fin de mars 1446 ou au début du mois suivant, l'ex-évocateur de démons subit le supplice du feu pour ses crimes[108],[111].

Renvoyé devant la cour du parlement avec plusieurs autres comparses de Prelati, Eustache Blanchet fait constamment défaut de janvier 1448 à mars 1451. Le 18 mai 1453, le parlement rend son arrêt définitif, condamnant le prêtre et ses acolytes à restituer les biens de Geoffroy Le Ferron, à faire amende honorable au roi et au trésorier de France, au paiement d'une amende ainsi qu'au bannissement perpétuel et à la confiscation de leurs biens[112].

Roger de Briqueville[modifier | modifier le code]

Descendance et postérité[modifier | modifier le code]

De son épouse Catherine de Thouars (1405-02/12/1462), Gilles de Rais ne laisse qu'une fille (dont la paternité serait par ailleurs contestée)[réf. nécessaire] : Marie de Montmorency-Laval dite « Marie de Rais » (1429-01/11/1457), qui lui succédera à la tête de la baronnie de Retz.

Sa veuve Catherine de Thouars se remariera le 14 janvier 1441 avec Jean II de Vendôme, vidame de Chartres, et aura deux autres enfants : Jean de Vendôme (né vers 1443) et Jacqueline de Vendôme.

Marie de Rais se mariera deux fois : le 5 juillet 1444 avec Prigent VII de Coëtivy (1399-20/07/1450), amiral de France, gouverneur de La Rochelle, puis en 1451 avec André de Montfort-Laval dit « André de Lohéac » (1408-29/12/1486), seigneur de Lohéac et de Montjean, amiral de France puis maréchal de France (et cousin de Gilles de Rais). De ses deux unions, Marie de Rais n'aura aucun enfant.

C'est ensuite son oncle René de La Suze (1407/30/10/1473), frère cadet de Gilles de Rais, qui hérita de la baronnie de Retz (« René de Rais »). Marié à Anne de Champagne(-au-Maine), il en aura une fille : Jeanne de Montmorency-Laval dite « Jeanne de Rais », qui lui succèdera. Elle sera mariée le 13 avril 1457 à François de Chauvigny (1430-15/03/1491), vicomte de Brosse.

Par la suite, le baronnie de Retz quittera alors la famille de Montmorency-Laval pour passer à la famille de Chauvigny (André de Chauvigny, fils de François de Chauvigny et de Jeanne de Rais), puis aux familles de Tournemine, d'Annebault, de Clermont(-Tonnerre), de Gondi, de Blanchefort-Créquy, de Neufville-Villeroy et de Brie-Serrant, jusqu'à la Révolution française.

De l'Histoire au mythe[modifier | modifier le code]

Portraits[modifier | modifier le code]

Physionomie[modifier | modifier le code]

Il n'existe ni description, ni portrait de Gilles de Rais réalisé de son vivant qui soit parvenu jusqu'à nous. On ignore donc à quoi il ressemblait physiquement[113],[114],[115],[116].

Selon la traduction par Georges Bataille et Pierre Klossowski de la « confession en jugement » incluse dans les minutes en latin du procès, le seigneur de Tiffauges déclare qu'il a « toujours été de nature délicate » durant sa jeunesse[117]. L'écrivain Michel Hérubel entend ces propos au sens de complexion physique[118],[119] mais l'historien Matei Cazacu signale que la traduction de Bataille et Klossowski est quelque peu hâtive, l'adjectif delicatus pouvant également signifier « mignon, recherché, luxueux, efféminé, galant, licencieux »[120].

Descriptions littéraires[modifier | modifier le code]

La première description du sire de Tiffauges, « homme de bon entendement, belle personne et de bonne façon », apparaît tardivement dans l'Histoire de Bretaigne (1582) du juriste breton Bertrand d'Argentré[121],[note 39]. Dans le tome V de son Histoire de France (1841), Jules Michelet cite intégralement ce signalement apocryphe sans mentionner nominalement d'Argentré comme source, popularisant ainsi l'image d'un seigneur aux traits séduisants[note 40]. Dans le tome II de son Histoire de Charles VII, roi de France, et de son époque, 1403-1461 (1863), Auguste Vallet de Viriville modernise et enrichit de nouveaux détails imaginaires la description de Gilles de Rais selon d'Argentré : « C'était un beau jeune homme, gracieux, pétulant, d'un esprit vif et enjoué, mais faible et frivole »[122].

Dans ses récits romancés intitulés Curiosités de l'histoire de France (1858), le polygraphe Paul Lacroix (alias « le bibliophile Jacob ») affuble fictivement Gilles d'une chevelure blonde détonnant avec une barbe noire aux « reflets presque bleuâtres, qui avaient fait donner au sire de Rays le surnom de Barbe Bleue, surnom populaire en Bretagne, où son histoire s'est métamorphosée en conte fantastique »[123],[124]. Entre autres détails inventés par « le bibliophile Jacob » et promis à une belle fortune littéraire, cette pilosité faciale particulière et ce sobriquet prêtés au seigneur de Tiffauges assimilent ce dernier au personnage de Charles Perrault[124].

Iconographie[modifier | modifier le code]
Gilles de Rais recueillant le sang de ses victimes dans le cadre de recherches alchimiques (gravure de Jean Antoine Valentin Foulquier, 1862).

Toutes les effigies de Gilles de Rais sont posthumes et imaginaires, à l'exception probable d'une gravure publiée dans Les monumens de la monarchie françoise, qui comprennent l'histoire de France, avec les figures de chaque règne que l'injure des tems a épargnées (1731) de Dom Bernard de Montfaucon[125]. Cette représentation équestre de « Gilles de Laval Seigneur de Rais Maréchal de France » pourrait reproduire un document plus ancien, remontant peut-être au XVe siècle[126]. Les traits du visage de Gilles sont dissimulés par le casque au plumet de son armure tandis que les armoiries de Laval figurent de manière visible sur son écu et le caparaçon de son cheval[127]. Ces caractéristiques semblent rapprocher la gravure d'une représentation d'ordre héraldique plutôt que d'un portrait physique.

Par ailleurs, Gilles de Rais est représenté imberbe et les cheveux mi-longs dans deux miniatures qui dépeignent respectivement son procès et son exécution. Sur les deux miniatures figurent les armes de la famille Bouhier (d'azur au chevron d'or, accompagné en chef de deux croissants d'argent, et en pointe d'une tête de bœuf d'or)[128]. Le juriste et historien Jean Bouhier (1673-1746), président à mortier au parlement de Dijon, conservait des recueils de manuscrits de son grand-père, selon la pratique des collectionneurs érudits qui rassemblaient, aux XVIIe et XVIIIe siècles, des copies de procès relatifs aux crimes de lèse-majesté[129],[130],[131],[note 41]. Sa copie du procès civil de Gilles de Rais est ornée de la miniature représentant l'exécution du maréchal[note 42] ; cette peinture, ou plutôt le recueil qui la comporte, daterait du XVIe siècle[note 43]. L'autre miniature, représentant Gilles de Rais durant son procès, date du XVIIe siècle[132] ; elle orne une copie du procès canonique, à savoir le manuscrit latin 17663 également conservé à la Bibliothèque nationale de France[133].

La plus célèbre vue d'artiste demeure l'huile sur toile (1835) d'Éloi Firmin Féron, commandée au peintre le 29 décembre 1834 par le gouvernement du roi Louis-Philippe Ier afin de légitimer la monarchie de Juillet « en récupérant et instrumentalisant les représentations historiques de l'ancienne France »[134]. Campé sur des moellons délabrés, s'appuyant sur une hache et se détachant d'un arrière-plan encombré de chevaliers, Gilles de Rais en armure damasquinée prend place, en tant que figure militaire de la Guerre de Cent ans, dans le cortège des maréchaux de France des galeries historiques du château de Versailles. Le versant criminel du personnage y est occulté.

Par la suite, de nombreuses représentations s'inspireront de l'œuvre picturale de Féron, portraiturant le plus souvent un baron de Retz barbu, aux cheveux mi-longs bruns ou noirs. La toile de Féron ou les différentes œuvres gravées d'après celle-ci sont fréquemment reproduites en première de couverture ou hors-texte des monographies consacrées à Gilles de Rais, dont celles de Ludovico Hernandez (1921), Michel Hérubel (1993) et Matei Cazacu (2005).

Le « neuvième art » a également puisé dans les traditions littéraire et picturale relatives au sire de Rais. Par exemple, le baron correspond physiquement à la description romanesque de Paul Lacroix[123], amalgame entre les figures historique et mythique du personnage, dans la série de bande dessinée Jhen écrite par Jacques Martin. Le dessinateur Jean Pleyers y représente l'ogre de Tiffauges avec une barbe noire qui contraste avec des cheveux roux « en conformité avec la symbolique médiévale évocatrice du Malin »[135].

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Portraits moraux[modifier | modifier le code]

Conjectures à propos de Gilles de Rais et de Jeanne d'Arc[modifier | modifier le code]

Miniature dite de Jeanne d'Arc à l'étendard (XVe siècle). Paris, Archives nationales.

Le fait qu'un criminel de cette ampleur ait côtoyé Jeanne d'Arc a fasciné de nombreux auteurs, qui ont retracé les destinées « à la fois parallèles et radicalement opposées » d'une sainte et d'un damné supposément proches[note 44]. Pourtant, les sources d'époque ne permettent pas d'établir une quelconque relation privilégiée entre les deux compagnons d'armes[136],[137],[138],[139].

Gilles de Rais était allié à Georges Ier de La Trémoille, traditionnellement dépeint comme un adversaire méfiant et jaloux du prestige de la Pucelle. Ainsi, le grand chambellan semble être à l'origine de l'abandon du siège de Paris le 9 septembre 1429, début du reflux de l'épopée johannique[140],[141]. Toutefois, certains historiens ont relevé des sources prouvant le soutien de La Trémoïlle à Jeanne d'Arc, du moins jusqu'au sacre de Charles VII[142],[143].

La présence attestée de Gilles de Rais le 26 décembre 1430 à Louviers, ville sise à sept lieues (environ 28 kilomètres) de Rouen où Jeanne d'Arc était alors détenue prisonnière, a parfois été interprétée comme une velléité de libérer la Pucelle[144]. Il ne s'agit que d'une hypothèse ; de surcroît, une telle tentative ne semble pas avoir eu lieu.

Le Mystère du siège d'Orléans a été régulièrement associé à Gilles de Rais par plusieurs auteurs, qui ont qualifié le baron de mécène, inspirateur ou coauteur de cette œuvre théâtrale. Le personnage du « mareschal de Rais », également dénommé « le sire de Rais » ou simplement « Rais », y est dépeint constamment comme un fidèle compagnon d'armes de Jeanne d'Arc, à l'instar des autres capitaines entourant l'héroïne[note 45]. Cependant, « Rais » n'y tient pas un rôle prépondérant, ses interventions représentant quantitativement assez peu dans les 20 538 vers que compte le mystère[145],[146],[147]. En outre, le Mystère du siège d'Orléans ne semble ni être antérieur à 1450, ni avoir été joué sur scène[148],[149].

L'épisode des relations de Gilles de Rais avec Jeanne des Armoises en 1439 demeure difficile à interpréter. Gilles confie des troupes à la fausse Jeanne mais il est impossible d'en conclure une quelconque dévotion vis-à-vis de la Pucelle, ou de prouver que le seigneur de Machecoul ait reconnu ou non l'imposture[150].

Faute de sources, il s'avère donc ardu de spéculer sur les relations entre Gilles et Jeanne. Les sentiments de la Pucelle vis-à-vis de son compagnon d'armes demeurent inconnus[151].

Barbe-Bleue[modifier | modifier le code]

Gilles de Rais est souvent assimilé à La Barbe bleue de Charles Perrault. Illustration de Gustave Doré (1867)

Gilles de Rais va devenir au fil des siècles un personnage légendaire, entouré de fantasmes. Il deviendra l'inspiration du personnage de Barbe Bleue, l'ogre du conte La Barbe bleue (1697) de Charles Perrault, bien que sa vie et ses actions soient loin de celles du personnage du conte.[réf. nécessaire]

Prosper Mérimée et Stendhal s'étaient préalablement contentés d'interpréter Barbe Bleue « comme un souvenir mythisé de Gilles de Rais »[124].

Aujourd'hui encore, au Pays de Retz, on désigne toujours Gilles de Rais par l'appellation de « Barbe Bleue » : le château de Machecoul, où Gilles commit ses crimes et où il fut arrêté, est communément appelé « château de Barbe Bleue ».[réf. nécessaire]

Doutes et tentatives de réhabilitation[modifier | modifier le code]

Siècle des Lumières[modifier | modifier le code]

Voltaire lisant « L'année littéraire de Fréron », huile sur toile de Jacques Augustin Catherine Pajou (1811)

Dans son Essai sur les mœurs (1756), Voltaire évoque laconiquement Gilles de Rais comme un supplicié ayant été « accusé de magie, et d'avoir égorgé des enfants pour faire avec leur sang de prétendus enchantements »[152]. Sur la base de ce passage succinct, le philosophe a été présenté par certains partisans de l'innocence de Gilles comme leur plus fameux précurseur[153],[154]. Bien qu'il émette des réserves quant à la culpabilité du seigneur de Tiffauges, Voltaire évite toutefois de se prononcer définitivement sur la question. Sa brève mention du procès d'octobre 1440, parmi d'autres procès médiévaux d'hérésie et de sorcellerie, lui permet principalement de vilipender le « fanatisme composé de superstition et d'ignorance », travers qu'il juge de tous temps mais caractérisant particulièrement sa conception d'un Moyen Âge obscurantiste en contraste avec les Lumières[155].

Dans un court passage de leur ouvrage L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur… (1784), des bénédictins de la congrégation de Saint-Maur semblent rejoindre l'opinion du philosophe en proposant également la superstition comme cause plausible du supplice de Gilles de Rais. Les érudits religieux assurent dans un premier temps que le maréchal « se déshonorait en Bretagne par des actions infâmes qui excitaient le cri du public contre lui ». Mais, abandonnant ensuite le ton affirmatif, ils emploient des termes similaires à la prose voltairienne lorsqu'ils évoquent le cortège de « prétendus devins et magiciens » possiblement à l'origine des « horreurs » imputées au seigneur de Tiffauges, « horreurs dont il n'était peut-être point coupable »[156]. À l'instar de l'Essai sur les mœurs, L'art de vérifier les dates… amalgame ici les évocations diaboliques et les meurtres d'enfants, contrairement aux aveux de Gilles qui dissociaient en pratique les deux accusations[note 46]. Distinguées des « horreurs », les « actions infâmes » alléguées de manière évasive au début du passage ne concerneraient donc pas les crimes eux-mêmes mais peut-être les pratiques sodomites. Les bénédictins laissent finalement planer le doute sur la réalité des « horreurs », sans conclure à l'innocence[157].

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Gilles de Retz, le vampire de Bretagne, illustration de Louis Charles Bombled (1862-1927) pour l'Histoire de France de Jules Michelet.

À deux exceptions près, les actes des procès ne mentionnent pas clairement de découvertes macabres dans les demeures et lieux de passage du maréchal, bien que l'exhumation d'importants restes humains soit évoquée erronément par certains historiens durant le XIXe siècle.

Ainsi, la Biographie universelle ancienne et moderne affirme que « Pour éliminer les traces de ses forfaits, [Gilles de Rais] faisait précipiter les cadavres dans les fosses d'aisances quand il était en voyage ; mais dans ses châteaux, il les brûlait et en jetait les cendres au vent. Malgré ces précautions, on en trouva quarante-six à Champtocé et quatre-vingts à Machecoul »[158].

Prenant la suite de Louis-Gabriel Michaud, Jules Michelet désigne également par un pronom indéfini les auteurs de l'exhumation présumée des cendres compromettantes : « On trouva dans la tour de Chantocé une pleine tonne d'ossements calcinés, des os d'enfants en tel nombre qu'on présuma qu'il pouvait y en avoir une quarantaine. On en trouva également dans les latrines du château de la Suze, dans d'autres lieux, partout où il avait passé. »[159]. Le célèbre professeur du Collège de France s'appuie sur les dépositions des chambriers Henriet Griart et Étienne Corillaut[note 47] pour alléguer cette macabre découverte champtocéenne, entre autres lieux, mais sa formulation ambiguë semble évoquer le résultat de fouilles entreprises par la justice ducale ou ecclésiastique.

Beaucoup d'auteurs et d'historiens[160],[161],[162] jusqu'au Grand dictionnaire universel du XIXe siècle[163] emboiteront le pas à Jules Michelet, souvent par le biais d'une longue citation de son Histoire de France, reproduisant ainsi à l'envi cette « légende issue d'une mauvaise lecture des documents »[164]. Autre réminiscence micheletiste, le récit romancé de Pitre-Chevalier dans La Bretagne ancienne et moderne[165] en vient même à évoquer la libération de jeunes filles prisonnières du sire de Rais, version fantaisiste réfutée notamment par l'abbé Eugène Bossard[166].

Dans la première monographie consacrée au châtelain de Tiffauges, Gilles de Rais, maréchal de France, dit « Barbe-Bleue », 1404-1440 (1885), l'abbé Bossard ne doute pas de la réalité des crimes mais il relève que le récit micheletiste n'est qu'une extrapolation due à une lecture approximative des sources primaires, voire la réminiscence de l'œuvre « d'un historien mal informé »[167]. De fait, selon les actes des procès, il apparaît des propos des chambriers Henriet Griart et Étienne Corillaut que les restes des victimes ont été exhumés par les propres familiers et serviteurs de Gilles de Rais : Gilles de Sillé, Hicquet de Brémont, Robin Romulart ainsi que les chambriers eux-mêmes. Ces deux derniers attestent aux procès d'octobre 1440 que leur maître leur avait enjoint de retirer d'une tour près du château fort de Machecoul les « ossements desséchés » d'une quarantaine de victimes afin de les faire disparaître avant que René de La Suze et le sire de Lohéac ne s'emparent de cette forteresse bretonne[168].

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Salomon Reinach[modifier | modifier le code]
Salomon Reinach[169]

Salomon Reinach utilise la presse pour faire connaître ses vues au grand public. Dans Le Signal du 2 octobre 1902, il fait paraître une « Lettre sur Gilles de Rais, innocent », qu'il signe « Un amateur d'histoire vraie » . Dans L'Éclair du 16 janvier 1905, il publie un « Exposé de la question Gilles de Rais »[170].

Louis Perceau et Fernand Fleuret[modifier | modifier le code]
Gilbert Prouteau[modifier | modifier le code]

Le poète et écrivain Gilbert Prouteau prête à l'avocat Maurice Garçon des doutes concernant la culpabilité de Gilles de Rais ainsi que la velléité de rédiger un ouvrage plaidant la thèse de l'innocence[171]. Le livre projeté n'a pas vu le jour.

Postérieurement au décès de Maurice Garçon, l'écrivain affirme avoir été sollicité à Nieul-sur-l'Autise par « un dignitaire de la « Région » » dans le cadre de la préparation de « la route Gilles de Rais », un circuit touristique consacré aux châteaux du maréchal. L'ouvrage de commande doit étayer la démarche des promoteurs en « remett[ant] en cause la légende » et en « éclair[ant] les zones d'ombre du procès »[172].

À l'en croire, le romancier laisse dormir son manuscrit pendant un an par crainte du refus d'un éditeur. Il finit par présenter son texte à l'avocat Jean-Yves Goëau-Brissonnière. Celui-ci accepte de devenir « le défenseur » de Gilles de Rais[173] et de réunir une « cour arbitrale », collège composé de personnalités[note 48] chargées de se livrer à une « révision » du procès tenu en 1440. Le texte romancé de Prouteau aurait servi d'inspiration au plaidoyer attribué à Goëau-Brissonnière, que l'avocat prononce dans l'amphithéâtre de l'UNESCO en mai 1992 puis au Palais du Luxembourg, siège du Sénat, en novembre 1992. Cette « cour arbitrale » n'inclue aucun historien médiéviste et ne sollicite jamais l'avis d'experts de cette discipline historique[174].

Le roman et la plaidoirie sont reproduits dans l'ouvrage Gilles de Rais ou la Gueule du loup (mai 1992)[175], juxtaposition de textes narratifs, d'extraits de minutes, de lettres romancées et d'un journal fictif tenu par un Gilles de Rais présenté comme un féru d'alchimie, esthète alcoolique et pédophile éloquent, sinon meurtrier[176]. Négligeant les analyses des études historiques, Gilbert Prouteau reprend à son compte la thèse de Salomon Reinach et Fernand Fleuret en faveur de l'innocence de Gilles de Rais, à savoir une machination judiciaire orchestrée par l'évêque-chancelier Jean de Malestroit[177],[172]. Les contradicteurs de Reinach et Fleuret sont traités de « cuistres » et de « trissotins de l'histoire » tandis que les romanciers Jean-Marie Parent et Roger Facon sont qualifiés d'« historiens de grand talent »[178] en raison de leur œuvre littéraire développant également la théorie du complot judiciaire ourdi à l'encontre du maréchal[179],[180].

La Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur public (dont son vice-président Jean Kerhervé) réagit en faisant part de ses objections méthodologiques devant cette « histoire-spectacle »[181],[182],[183]. Les historiens Jean Kerhervé et Olivier Bouzy publient des comptes rendus critiques, respectivement dans le journal Le Peuple breton en novembre 1992[184] et dans le bulletin Connaissance de Jeanne d'Arc en 1993[185] ; Philippe Reliquet effectue une mise au point dans un courrier publié par Le Monde le 5 septembre 1992.

Ainsi, Jean Kerhervé remarque qu'en dépit des considérations de Prouteau relatives aux sources soi disant manipulées ou mal interprétées par les précédents chercheurs, l'écrivain lui-même ne paraît ni avoir étudié les sources primaires originales (rédigées en moyen français et essentiellement en latin) ni maîtriser les compétences paléographiques nécessaires au déchiffrement de la cursive gothique du XVe siècle[note 49]. Prouteau est régulièrement pris en défaut sur ses connaissances en histoire de la religion, du droit et des institutions médiévales, notamment dans le cadre du duché de Bretagne[186],[185]. En raison de ses erreurs, approximations ou inventions forgées délibérément pour les besoins de la réhabilitation[185], il est reproché à Gilles de Rais ou la Gueule du loup de « créer la confusion la plus totale entre les éléments historiques et l'imaginaire de l'auteur »[187].

De surcroît, la couverture médiatique du « procès de révision » est blâmée pour son manque de recul critique. Des journalistes reproduisent parfois, sans vérification préalable, certains propos entendus à la séance publique du 9 novembre 1992 ou imprimés dans Gilles de Rais ou la Gueule du loup, « erreurs et manipulations comprises »[188],[note 50],[note 51]. Le jeudi 18 juin 1992, une dépêche de l'AFP évoque ainsi un seigneur de Rais « plus grande fortune du royaume de France », en sus de faire état de ses prétendus aveux concernant 800 meurtres, chiffre inventé par Fernand Fleuret puis repris par Gilbert Prouteau et Goëau-Brissonnière[189].

La révision du procès aboutit à l'acquittement du seigneur de Tiffauges[190] mais ce jugement ne peut prétendre à une valeur légale car aucune juridiction constituée n'est compétente pour réviser un procès du XVe siècle ; « sa portée [est] d'ordre moral, symbolique… et médiatique »[191].

Auteur de canulars littéraires avec Simenon ou Robert Desnos[192], le poète Gilbert Prouteau a parfois été qualifié de facétieux et de provocateur[193]. Le « procès de révision » tenu en 1992 aurait ainsi été une « farce monumentale (...) mont[ée] avec des comparses de haute volée », mystification dont Prouteau se serait amusé encore plusieurs années après les faits[194].

Paru la même année que le « procès de révision », Plaidoyer pour Gilles de Rais (octobre 1992) est un ouvrage de Jean-Pierre Bayard, auteur spécialisé dans l'ésotérisme, le rosicrucianisme, les sociétés secrètes et la Franc-maçonnerie. Présentant le seigneur de Tiffauges comme une victime de l'Inquisition, l'écrivain dédie son livre à Jean-Yves Goëau-Brissonnière « en témoignage de notre communion d'esprit »[195] et, en conclusion, remercie ce dernier et Gilbert Prouteau « pour leur heureuse et courageuse campagne »[196]. La quatrième de couverture précise que ce Plaidoyer… « va dans le sens spirituel du « Comité de réhabilitation du Maréchal Gilles de Rais » ». En 2007, Goëau-Brissonnière préface la réédition chez Dualpha de l'ouvrage de son frère maçon de la Grande Loge de France[197],[198].

Historiographie[modifier | modifier le code]

Eugène Bossard[modifier | modifier le code]

Georges Bataille[modifier | modifier le code]

Dans son livre Le Procès de Gilles de Rais, paru en 1959, Georges Bataille voit en Gilles de Rais la figure exemplaire d'une époque de la féodalité où la raison balbutiante n'avait pas encore muselé la fête archaïque de la violence : « Sa noblesse a le sens d'une violence ne regardant rien et devant laquelle il n'est rien qui ne cède[199] ».

Jacques Heers[modifier | modifier le code]

Matei Cazacu[modifier | modifier le code]

La pratique de l'alchimie et de messes noires est avérée chez Gilles de Rais, on peut, selon l'historien et archiviste paléographe Matei Cazacu, relever le viol — et peut-être de l'assassinat — de huit enfants dont on connaît le nom exact de leurs parents, leurs parents témoignant lors de son procès de leur disparition[97].

Jacques Chiffoleau[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources imprimées[modifier | modifier le code]

  • Georges Bataille et Pierre Klossowski, Procès de Gilles de Rais. Documents précédés d'une introduction de Georges Bataille, Société nouvelle des éditions Pauvert,‎ 1985 (1re éd. 1959), 338 p. (ISBN 2-7202-0177-4).
  • « Contrat de mariage entre Gilles Sire de Rais & Dame Beatrix de Rohan », in Dom Hyacinthe Morice, Mémoires pour servir de preuves à l'histoire ecclésiastique et civile de Bretagne, tirés des archives de cette province, de celles de France et d'Angleterre, des Recueils de plusieurs sçavans Antiquaires, t. II, 1744, colonnes 975-976, [lire en ligne] ; « Mémoires des héritiers de Gilles de Raiz pour prouver sa prodigalité », in ibid, colonnes 1336-1342, [lire en ligne].
  • Paul Marchegay (éd.), Cartulaire des sires de Rays, notice, tables analytique et alphabétique, choix de documents, liste des sires de Rays, Paris, J. Techener,‎ 1857, in-8, 96 p. (lire en ligne).
  • René Blanchard (éd.), Cartulaire des sires de Rays... 1160-1449, t. XXVIII, Poitiers, Société française d'imprimerie et de librairie, coll. « Archives historiques du Poitou »,‎ 1898, CXCI-320 p. (lire en ligne).
  • René Blanchard (éd.), Cartulaire des sires de Rays... 1160-1449, t. XXX, Poitiers, Société française d'imprimerie et de librairie, coll. « Archives historiques du Poitou »,‎ 1899, VI-593 p. (lire en ligne).
  • André Joubert, « Le testament de Jean de Craon, seigneur de La Suze et de Chantocé (avant 1432) », Revue historique et archéologique du Maine, t. 27,‎ 1890, p. 340-346 (lire en ligne).
  • Gérard Gros (éd.), Mystère du siège d'Orléans, Paris, Librairie générale française (LGF), coll. « Le Livre de poche / Lettres gothiques »,‎ 2002, 1049 p. (ISBN 2-253-06675-3).
  • Vicki L. Hamblin (éd.), Le mistère du siège d'Orléans, Genève, Droz, coll. « Textes littéraires français » (no 546),‎ 2002, 818 p. (ISBN 2-600-00634-6), [compte-rendu en ligne].
  • Louis de La Trémoïlle (éd.), Les La Trémoïlle pendant cinq siècles, t. Ier : Guy VI et Georges (1343-1446), Nantes, Émile Grimaud éditeur-imprimeur,‎ 1890 (lire en ligne).
  • Ambroise Ledru (abbé), « Gilles de Rais dit Barbe-Bleue, maréchal de France. Sa jeunesse, 1404-1424 », L'union historique et littéraire du Maine, Le Mans, Imprimerie librairie Leguicheux, t. Ier,‎ 1893, p. 270-284.
  • Arthur Bertrand de Broussillon (éd.) (ill. Paul de Farcy), La Maison de Craon, accompagnée du Cartulaire de Craon, vol. 2, Paris, Alphonse Picard et fils,‎ 1893, [compte-rendu en ligne].
  • Arthur Bertrand de Broussillon (éd.) (ill. Paul de Farcy), La maison de Laval, 1020-1605. Étude historique accompagnée du cartulaire de Laval et de Vitré, t. II : Les Montmorency-Laval, 1264-1412, Paris, Alphonse Picard et fils,‎ 1898 (lire en ligne).
  • Arthur Bertrand de Broussillon (éd.) (ill. Paul de Farcy), La maison de Laval, 1020-1605. Étude historique accompagnée du cartulaire de Laval et de Vitré, t. III : Les Montfort-Laval, 1412-1501, Paris, Alphonse Picard et fils,‎ 1900 (lire en ligne).
  • Jean de Bueil, Le Jouvencel : suivi du commentaire de Guillaume Tringant, introduction biographique et littéraire par Camille Favre, texte établi et annoté par Léon Lecestre, t. Ier, Paris, Librairie Renouard,‎ 1887 (lire en ligne).
  • Jean de Bueil, Le Jouvencel : suivi du commentaire de Guillaume Tringant, introduction biographique et littéraire par Camille Favre, texte établi et annoté par Léon Lecestre, t. II, Paris, Librairie Renouard,‎ 1889 (lire en ligne).
  • Paul Guérin (éd.) et Léonce Celier (éd.), Recueil des documents concernant le Poitou contenus dans les registres de la chancellerie de France, t. VIII, Poitiers, Société des archives historiques du Poitou, Typographie Oudin et Cie,‎ 1898 (lire en ligne), [compte-rendu en ligne].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Études, essais[modifier | modifier le code]

  • Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne. Histoire, par ordre alphabétique, de la vie publique et privée de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes, nouvelle édition, t. 35, Paris, chez Madame C. Desplaces, p. 470-471, [lire en ligne].
  • Jules Michelet, Histoire de France, t. 5, Paris, Librairie classique et élémentaire de Louis Hachette, 1841, p. 208-215, [lire en ligne].
  • Armand Guéraud, Notice sur Gilles de Rais, Rennes, Imprimerie de A. Marteville et Oberthur, 1855, 74 p. Réédition révisée dans Prosper Levot, Biographie bretonne, recueil des notices sur tous les bretons qui se sont fait un nom, t. 2, Vannes, Cauderan / Paris, Dumoulin, 1857, p. 677-691, [lire en ligne].
  • Eugène Bossard (abbé), Gilles de Rais, maréchal de France, dit « Barbe-Bleue », 1404-1440 : d'après des documents inédits, Paris, Honoré Champion,‎ 1886 (1re éd. 1885), XIX-426-CLXVIII p. (lire en ligne), [présentation en ligne], [présentation en ligne], [présentation en ligne], [présentation en ligne]. Rééditions (amputées de l'édition critique des minutes en latin du procès, établie par le chartiste René de Maulde) : Grenoble, Éditions Jérôme Millon, postface de François Angelier, 1992 et 1997, 336 p., (ISBN 2-905614-72-2).
  • Lucien Merlet, « Catherine de Thouars, femme de Gilles de Retz (1404-1462) », Revue de Bretagne, de Vendée et d'Anjou, t. V,‎ janvier 1891, p. 93-111 (lire en ligne).
  • Joris-Karl Huysmans, La magie en Poitou. Gilles de Rais, Ligugé, imprimerie Saint-Martin, 1899, 28 p. Réédition : Gilles de Rais. La Magie en Poitou suivi de deux documents inédits, notes et postface par Jérôme Solal, Paris, Éditions Mille et une Nuits, coll. « La petite collection », no 523, 2007, 62 p.
  • Noël Valois, « Le procès de Gilles de Rais », Annuaire-bulletin de la Société de l'histoire de France, Paris, Librairie Renouard, t. LIX,‎ 1912, p. 193-239 (lire en ligne).
  • Arthur Bourdeaut (abbé), « Chantocé, Gilles de Rays et les ducs de Bretagne », Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne, Rennes, Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne, t. V, Première partie,‎ 1924, p. 41-150 (lire en ligne).
  • Émile Gabory, La Vie et la mort de Gilles de Raiz (dit, à tort, "Barbebleue"), Paris, Librairie académique Perrin et Cie, coll. « Énigmes et drames judiciaires d'autrefois »,‎ 1926, 244 p. (présentation en ligne).
  • Jules de La Martinière, « Gilles de Rays en face de Jeanne d'Arc. Lettres patentes accordant un orle de France en supplément d'armoiries au maréchal de Rays, Sully-sur-Loire, septembre 1429 », Bulletin de la Société archéologique et historique de l'Orléanais, t. XXI, no 228,‎ 1929, p. 200-206 (lire en ligne).
  • Maurice Termeau, Gilles de Raiz dit à tort Barbebleue et la Maison de Sillé (1404-1440), Laval, Imprimerie-librairie Goupil,‎ 1945, 77 p.
  • Roland Villeneuve, Gilles de Rays. Une grande figure diabolique, Paris, Denoël, coll. « La Tour Saint Jacques »,‎ 1955, 288 p. Rééditions : Verviers, Gérard, coll. « Marabout - Univers secrets », 1973, 248 p., puis Genève, Crémille, coll. « Les personnages maudits de l'histoire », 1989, 361 p.
  • Michel Bataille et Jean Pesez, Gilles de Rais : suivi de Gilles de Rais, Jeanne d'Arc et ses compagnons, Paris, Club des amis du livre / Éditions Planète,‎ 1966, 312 p. Rééditions : Paris, J'ai lu, coll. « L'Aventure mystérieuse », 1968, 320 p. ; Paris, Éditions Pygmalion, coll. « Bibliothèque infernale », 1976, 284 p., (ISBN 2-85704-030-X).
  • Jacques Bressler, Gilles de Rais ou La passion du défi, Paris, Payot,‎ 1981, 211 p. (ISBN 2-228-70290-0).
  • Michel Hérubel, Gilles de Rais et le déclin du Moyen Âge, Paris, Librairie académique Perrin,‎ 1982, 384 p. (ISBN 2-262-00247-9).
  • Philippe Reliquet, Le Moyen Âge : Gilles de Rais. Maréchal, monstre et martyr, Paris, Belfond,‎ 1982, 288 p. (ISBN 2-7144-1463-X).
  • Pierre Boutin, Pierre Chalumeau, François Macé et Georges Peyronnet, Gilles de Rais, Nantes, Centre national de documentation pédagogique (CNDP) et Centre régional de documentation pédagogique (CRDP) de l'Académie de Nantes,‎ 1988, 158 p. (ISBN 2-86628-074-1).
  • Alain Gérard, « L'énigme Gilles de Rais », Revue 303, no 35,‎ 1992, p. 52-59 (lire en ligne).
  • Jean Kerhervé, « L'histoire ou le roman ? », Le Peuple breton, no 347,‎ novembre 1992, p. 6-8. Repris sous le titre : « Gilles de Rais, de Gilbert Prouteau, ou le "Naufrage de L'Histoire" », in Bulletin de l'Association Bretonne, no 120, 1992.
  • Collectif, Cahiers Gilles de Rais, 4 tomes, Nantes, Éditions Joca Seria, juin 1992-novembre 1993, (ISBN 2-908929-05-8), (ISBN 2-908929-12-0), (ISBN 2-908929-15-5), (ISBN 2-908929-19-8).
  • Olivier Bouzy, « La réhabilitation de Gilles de Rais, canular ou trucage ? », Connaissance de Jeanne d'Arc, Chinon, no 22,‎ 1993, p. 17-25 (lire en ligne).
  • Michel Hérubel, Gilles de Rais ou la fin d'un monde, Paris, Jean Picollec,‎ 1993, 336 p. (ISBN 2-86477-120-9).
  • Jacques Heers, Gilles de Rais, Paris, Perrin, coll. « Vérités et légendes »,‎ 1994, 249 p. (ISBN 2-262-01066-8). Réédition : Perrin, coll. « Tempus », 2005, 249 p., (ISBN 2-262-02326-3).
  • Alain Jost, Gilles de Rais, Alleurs / Paris, Marabout, coll. « Histoire et mystères »,‎ 1995, 260 p. (ISBN 2-501-02230-0).
  • Élodie Martin, « Gilles de Rais, client de Jean de Recouin, notaire orléanais, 1433-1438 », Bulletin de l'association des amis du Centre Jeanne d'Arc, no 21,‎ 1997, p. 14-38.
  • Olivier Bouzy, « Le Procès de Gilles de Rais. Preuve juridique et "exemplum" », Connaissance de Jeanne d'Arc, Chinon, no 26,‎ janvier 1997, p. 40-45 (lire en ligne).
  • Jacques Chiffoleau, « Gilles de Rais, un serial killer pédophile ? Note sur les lectures d'un procès célèbre depuis 1440 et sur son actualité supposée », Actes du colloque sur la pédophilie organisé par le tribunal de grande instance de Créteil (décembre 1997), Paris,‎ 1998.
  • Gérard Gros, « Le Seigneur de Rais et Jeanne : étude sur une relation, d'après le Mistère du siège d'Orléans », dans Images de Jeanne d'Arc : Actes du colloque de Rouen, 25, 26, 27 mai 1999 ; textes recueillis par Jean Maurice et Daniel Couty, Paris, Presses universitaires de France (PUF), coll. « Études médiévales » (no 1),‎ 2000, VIII-281 p. (ISBN 2-13-049952-X), p. 117-126.
  • (en) Val Morgan, The Legend of Gilles de Rais (1404-1440) in the Writings of Huysmans, Bataille, Planchon, and Tournier, Lewiston (New York), Edwin Mellen Press, coll. « Studies in French Civilization » (no 29),‎ 2003, XVI-274 p. (ISBN 0-7734-6619-3).
  • Michel Meurger, Gilles de Rais et la littérature, Rennes, Terre de brume, coll. « Terres fantastiques »,‎ 2003, 237 p. (ISBN 2-84362-149-6).
  • Matei Cazacu, Gilles de Rais, Paris, Tallandier,‎ 2005, 384 p. (ISBN 2-84734-227-3). Réédition : Paris, Tallandier, coll. « Texto », 2012, 387 p., (ISBN 978-2-84734-896-5).
  • Pierre Savy, « Le Procès dans l'histoire, l'histoire dans le Procès », dans L'Histoire-Bataille. L'écriture de l'histoire dans l'œuvre de Georges Bataille : actes de la journée d'études consacrée à Georges Bataille, Paris, École nationale des chartes, 7 décembre 2002 / réunis par Laurent Ferri et Christophe Gauthier, Paris, École des chartes, coll. « Études et rencontres de l'École des chartes » (no 18),‎ 2006, VIII-281 p. (ISBN 2-900791-78-2), p. 85-98.
  • Olivier Guyotjeannin, « Entre histoire et document : les annales de la vie criminelle de Gilles de Rais », dans L'Histoire-Bataille. L'écriture de l'histoire dans l'œuvre de Georges Bataille : actes de la journée d'études consacrée à Georges Bataille, Paris, École nationale des chartes, 7 décembre 2002 / réunis par Laurent Ferri et Christophe Gauthier, Paris, École des chartes, coll. « Études et rencontres de l'École des chartes » (no 18),‎ 2006, VIII-281 p. (ISBN 2-900791-78-2), p. 99-106.
  • Jean-Pierre Le Bouler, « Georges Bataille, le Moyen Âge et la chevalerie. De la thèse d'École des chartes (1922) au Procès de Gilles de Rais (1959) », Bibliothèque de l'école des chartes, Paris / Genève, Librairie Droz, t. 164,‎ juillet-décembre 2006, p. 539-560 (lire en ligne).
  • Jacques Chiffoleau, « Gilles de Rais, ogre ou serial killer ? », L'Histoire, no 335,‎ octobre 2008, p. 8-16.
  • Zrinka Stahuljak, « « Archéologie pathologique » : Le Moyen Âge et l'histoire de la médecine », dans Fantasmagories du Moyen Âge. Entre médiéval et moyen-âgeux : [actes du colloque international, 7-9 juin 2007, Université de Provence] / études réunies par Élodie Burle-Errecade et Valérie Naudet, Aix-en-Provence, Presses universitaires de Provence, coll. « Sénéfiance » (no 56),‎ 2010, 280 p. (ISBN 978-2-85399-733-1, lire en ligne), p. 209-216.
  • (en) Ben Parsons, « Sympathy for the Devil : Gilles de Rais and His Modern Apologists », Fifteenth-Century Studies / edited by Barbara I. Gusick and Matthew Z. Heintzelman, Rochester, New York / Woodbridge, Suffolk, Camden House / Boydell & Brewer, vol. 37,‎ 2012, p. 113-137 (ISBN 978-1-57113-526-1).

Études complémentaires[modifier | modifier le code]

  • Auguste Vallet de Viriville, « Examen critique du Mystère du siège d'Orléans », in Bibliothèque de l'école des chartes, 1864, t. 25, p. 1-17, [lire en ligne].
  • Siméon Luce, « Jeanne Paynel à Chantilly », Mémoires de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, Paris, Imprimerie nationale, vol. 34,‎ 1892, p. 301-415 (lire en ligne).
  • René Blanchard, « Le Pays de Rays et ses seigneurs pendant la guerre de Cent ans (1341-1372) », Bulletin de la Société archéologique de Nantes et du département de la Loire-inférieure, Nantes, Bureaux de la société archéologique, t. 37,‎ 1897, p. 87-110 (lire en ligne).
  • Jean-Pierre Leguay et Hervé Martin, Fastes et malheurs de la Bretagne ducale, 1213-1532, Rennes, Éditions Ouest-France, coll. « Université »,‎ 1982, 435 p. (ISBN 2-85882-309-X, présentation en ligne).
  • Georges Peyronnet, « Les complots de Louis d'Amboise contre Charles VII (1428-1431). Un aspect des rivalités entre lignages féodaux en France au temps de Jeanne d'Arc », Bibliothèque de l'école des chartes, Paris / Genève, Librairie Droz, t. 142,‎ janvier-juin 1984, p. 115-135 (lire en ligne).
  • René Cintré, « Un exemple de contestation péagère au XVe siècle. Le péage de Champtocé sur Loire, d'après le procès de 1412-1414 », Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, vol. 92, no 92-1,‎ 1985, p. 13-25 (lire en ligne).
  • Jean Kerhervé, L'État breton aux XIVe et XVe siècles : les ducs, l'argent et les hommes, vol. 1 et 2, Paris, Éditions Maloine,‎ 1987 (ISBN 2-224-01703-0 et 2-224-01704-9, présentation en ligne).
  • Jacques Chiffoleau, « Dire l'indicible. Remarques sur la catégorie du nefandum du XIIe au XVe siècle », Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, 45e année, no 2,‎ mars-avril 1990, p. 289-324 (lire en ligne).
  • René Cintré, Les marches de Bretagne au Moyen Âge : économie, guerre et société en pays de frontière, XIVe-XVe siècles, Pornichet, Éditions Jean-Marie Pierre,‎ 1992, 238 p. (ISBN 2-903999-11-2).
  • Philippe Contamine, « Un acteur du sacre de Charles VII : Georges de La Trémoille », Travaux de l'Académie Nationale de Reims, vol. 171 « L'histoire de Reims en questions »,‎ 1996, p. 190-211.
  • Olivier Bouzy, « Les débuts du règne de Charles VII : 1418-1428 », Bulletin de l'association des amis du Centre Jeanne d'Arc, no 27,‎ 2007 (année 2003), p. 41-141.
  • Laurent Vissière, « Georges de La Trémoille et la naissance du parti angevin », dans René d'Anjou (1409-1480). Pouvoirs et gouvernement : [actes du colloque international, Angers, 26-28 novembre 2009] / sous la direction de Jean-Michel Matz et Noël-Yves Tonnerre, Rennes, Presses universitaires de Rennes (PUR), coll. « histoire »,‎ 2011, 400 p. (ISBN 978-2-7535-1702-8), p. 15-30.
  • Philippe Contamine, Olivier Bouzy et Xavier Hélary, Jeanne d'Arc. Histoire et dictionnaire, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins »,‎ 2012, 1214 p. (ISBN 978-2-221-10929-8).

Littérature et essais consacrés à la réhabilitation de Gilles de Rais[modifier | modifier le code]

  • Salomon Reinach, « Gilles de Rais », in Revue de l'université de Bruxelles, décembre 1904, X, p. 161-182, repris dans Cultes, mythes et religions, tome IV, Paris, Ernest Leroux Éditeur, 1912, p. 267-299, [lire en ligne]. Réédition : Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1996, p. 1026-1042, (ISBN 2-221-07348-7).
  • Louis Perceau et Fernand Fleuret (alias Ludovico Hernandez), Le Procès inquisitorial de Gilles de Rais (Barbe-Bleue), maréchal de France, avec un essai de réhabilitation, Paris, Bibliothèque des curieux,‎ 1921, 210 p. (lire en ligne), [compte-rendu en ligne].
  • Fernand Fleuret, De Gilles de Rais à Guillaume Apollinaire, Paris, Mercure de France,‎ 1933, 302 p., (chap.  « Gilles de Rais », p. 5-86).
  • Edmond Coarer-Kalondan, La scandaleuse affaire Gilles de Retz, Paris, Éditions du Scorpion,‎ 1961, 192 p. (ISBN 2-221-04300-6).
  • Jean-Marie Parent et Roger Facon, Gilles de Rais et Jacques Cœur. La conspiration des innocents, Paris, Robert Laffont, coll. « Les Énigmes de l'univers »,‎ 1984, 251 p. (ISBN 2-221-04300-6).
  • Roger Facon, Moi, Gilles de Rais, Caen, Institut francophone pour le développement des cultures régionales (I.F.D.C.R.), coll. « Les cahiers Ker-Ys »,‎ 1988, 235 p. (ISSN 0987-772X).
  • Gilbert Prouteau, Gilles de Rais ou la gueule du loup, Monaco, Éditions du Rocher,‎ 1992, 286 p. (ISBN 2-268-01322-7).
  • Jean-Pierre Bayard, Plaidoyer pour Gilles de Rais, maréchal de France, 1404-1440, Étréchy, Éditions du Soleil natal,‎ 1992, 257 p. (ISBN 2-905270-50-0).

Littérature, théâtre[modifier | modifier le code]

Couverture illustrée du roman d'Émilie Carpentier, Les Prisonniers de Tiffauges (1892).
Roland Brévannes, Le Baiser de la démone (série Les Messes noires), Paris, Librairie des publications populaires, s.d. (1906 ?) ; illustration de Bluck
  • Hippolyte Bonnellier, Raiz, vol. 1 et 2, Paris, Alardin,‎ 1834.
  • Paul Lacroix (alias le bibliophile Jacob), « Le maréchal de Rays », dans Curiosités de l'histoire de France, Paris, Adolphe Delahays,‎ 1858 (lire en ligne), p. 1-119.
  • Émilie Carpentier, Mémoires de Barbe-Bleue, Paris, Joseph Vermot,‎ 1865, 323 p. Réédition sous le titre Les Prisonniers de Tiffauges, Paris, Alexandre Hatier, 1892, 240 p.
  • Alexandre Bessot de Lamothe, Les Mystères de Machecoul, Paris, Charles Blériot,‎ 1871, 295 p.
  • Joris-Karl Huysmans, Là-bas, Paris, Tresse et Stock,‎ 1891, 443 p. (lire en ligne). Réédition : Librairie générale française (LGF), coll. « Le Livre de poche », 1988, 412 p., (ISBN 2-253-04617-5).
  • (en) Samuel Rutherford Crockett, The Black Douglas, New York, Doubleday & McClure Co,‎ 1899 (lire en ligne).
  • Aimé Giron et Albert Tozza, La bête de luxure : Gilles de Rais, Paris, Ambert,‎ 1907 (1re éd. s.d.), 372 p.
  • Roland Brévannes :
    • Les Messes noires, reconstitution dramatique en 3 parties et 4 tableaux, donnée au théâtre de la Bodinière, le 17 février 1904. Musique de scène de René Brancour, Courbevoie, imprimerie de E. Bernard, 31 p.
    • Les Messes noires, Paris, Librairie des publications populaires, 1908, 800 p. (précédemment paru sous le même titre dans une série de fascicules, sans date).
  • Marcel Priollet (sous le pseudonyme de René-Marcel de Nizerolles), Les Aventuriers du ciel, voyages extraordinaires d'un petit parisien dans la stratosphère, la lune et les planètes, fascicule no 42 : « La véridique histoire de "Barbe-bleue" », Paris, Joseph Ferenczi et fils éditeurs, juillet 1936, 16 p.
  • Blaise Cendrars, Films sans images. Serajevo. Gilles de Rais. Le Divin Arétin (recueil de pièces radiophoniques), Paris, Denoël, 1959, 255 p.
  • Georges Bordonove, Requiem pour Gilles, Paris, Julliard,‎ 1961, 246 p.
  • Raymond Queneau, Les Fleurs bleues, Paris, Gallimard,‎ 1965, 278 p.
  • Roger Planchon, Gilles de Rais. L'infâme, Paris, Gallimard, coll. « Le manteau d'Arlequin »,‎ 1975, 182 p.
  • Michel Peyramaure, Les roses de fer, t. 3 : La Lumière et la boue, Paris, Robert Laffont, 1981, 315 p., (ISBN 2-221-00681-X).
  • Michel Tournier, Gilles et Jeanne, Paris, Gallimard,‎ 1983, 139 p. (ISBN 2-07-024269-2). Réédition : même éditeur, coll. « Folio », 1985, 151 p., (ISBN 2-07-037707-5).
  • Vicente Huidobro, Gilles de Raiz, Paris, José Corti, coll. « Ibériques »,‎ 1988, 308 p. (ISBN 2-7143-0271-8).
  • Enzo Cormann, La Plaie et le Couteau : tombeau de Gilles de Rais : suivi de L'apothéose secrète, Paris, Éditions de Minuit,‎ 1993, 140 p. (ISBN 2-7073-1440-4).
  • Martine Le Coz, Gilles de Raiz ou la confession imaginaire, Paris, Seuil,‎ 1989, 318 p.. Réédition : Monaco, Éditions du Rocher, 2002, 318 p., (ISBN 2-268-04268-5).
  • Martine Le Coz, Gilles de Rais, ignoble et chrétien, Nantes, Éditions Opéra,‎ 1995, 143 p. (ISBN 2-908068-41-9).
  • Hugo Claus (trad. Marnix Vincent, adaptation de Jean-Claude Carrière), Gilles et la nuit [« Gilles en de nacht »], Paris, Calmann-Lévy, coll. « Petite bibliothèque européenne du XXe siècle »,‎ 1995, 76 p. (ISBN 2-7021-2401-1).
  • Hubert Lampo (trad. Marian Van Zaanen, préf. Gilbert Van de Louw), Le Diable et la Pucelle [« De duivel en de maagd »], Villeneuve-d'Ascq, Presses universitaires du Septentrion, coll. « Lettres et civilisations des Flandres et des Pays-Bas »,‎ 2002, 163 p. (ISBN 2-85939-765-5).
  • Pierre Combescot, Pour mon plaisir et ma délectation charnelle, Paris, Grasset,‎ 2009, 188 p. (ISBN 978-2-246-63101-9).
  • Tom Lanoye (trad. Alain van Crugten), Sang & roses : suivi de Mamma Medea [« Bloed en Rozen »], Arles, Actes Sud, coll. « Actes Sud-Papiers »,‎ 2011, 173 p. (ISBN 978-2-7427-9738-7).

Références culturelles[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

  • La Passion de Gilles, opéra de Boesmans et Mertens, première mondiale à Bruxelles au Théâtre Royal de la Monnaie.
  • Gilles de Retz, premier opéra de Paul Ladmirault qu'il écrivit alors qu'il était encore lycéen, représenté en 1893.
  • Le Tombeau de Gilles de Rais, oratorio scénique composé par Edith Canat de Chizy (1993).
  • La chanson Into the Crypts of Rays de Celtic Frost, sur l'album Morbid Tales (1984).
  • Album Godspeed On The Devil's Thunder du groupe anglais de black metal Cradle of Filth (2008).
  • La chanson Gilles de Rais, premier titre de l'album A heart full of sorrow de Yussuf Jerusalem (2009).

Bandes dessinées[modifier | modifier le code]

  • Gilles de Rais apparaît en tant qu'ami du rôle-titre dans la plupart des albums de la série Jhen, parue chez Casterman et dessinée par Jean Pleyers sur des scénarios de Jacques Martin.
  • Gilles de Rais fait de brèves apparitions dans Jehanne au pied du mur, bande dessinée humoristique de F'Murr. Les ivrognes Gilles et Dunois tentent de brûler leur compagne de beuverie Jehanne d'Arque sur la place du marché à Rouen. Gilles assiste une première fois au sacre royal du canard Charles VII… puis au second sacre célébré après la distorsion temporelle occasionnée par la désintégration du démiurge Djeu. Gilles lorgne ensuite avec insistance le jeune Gargoylus Jr. dans une taverne. En sortant de celle-ci, le maréchal se fait acclamer par deux passants (« Vive Gilles de Rais, protecteur de nos z'enfants ! »). Gilles disparaît alors de l'histoire, bien qu'il ait promis à Jehanne d'Arque de venir la rejoindre auprès d'Attila le Hun, jugeant ce dernier « sympathique ».
  • Dans l'album Les Helvétiques de Hugo Pratt, Gilles de Rais est convoqué par le diable pour siéger aux côtés de Jeanne d'Arc (« la télégraphiste de Dieu ») comme juré au procès de Corto Maltese. Évoquant la probabilité d'une « histoire fausse », Satan semble douter de la crédibilité des crimes du maréchal.
  • Jehanne, bande dessinée érotique de Paul Gillon en deux tomes : La sève et le sang, La Pucelle, L'écho des savanes / Albin Michel.
  • Gilles de Rais apparaît en tant que personnage surnaturel dans le manga de Kōta Hirano : Drifters ainsi que dans le manga de Madoka Takadono et Utako Yukihiro : Devils and Realist.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Gilles de Rais apparaît en tant que compagnon de guerre de Jeanne d'Arc dans un certain nombre de films dédiés à la Pucelle.

Jacinto Molina (dit Paul Naschy) incarne Alaric de Marnac, personnage lointainement inspiré de Gilles de Rais, dans trois films d'épouvante espagnols :

  • El espanto surge de la tumba (titre anglais : Horror Rises from the Tomb), film réalisé par Carlos Aured en 1972.
  • El mariscal del infierno (également connu sous le titre : Los poseídos de Satán et sous le titre anglais : Devil's Possessed), film réalisé par León Klimovsky en 1974. Le personnage principal s'y intitule Gilles de Lancré.
  • Latidos de pánico (titre anglais : Panic Beats), film réalisé par Paul Naschy lui-même en 1983.

Après avoir réalisé Le Fantôme de la liberté (1974), Luis Buñuel envisage avec le scénariste Jean-Claude Carrière une adaptation contemporaine du roman de Joris-Karl Huysmans, Là-bas. Gérard Depardieu accepte d'interpréter le châtelain de Tiffauges durant les séquences médiévales du film. Cependant, le réalisateur - déjà âgé à l'époque - abandonne le projet en raison du caractère potentiellement éprouvant du tournage. Le scénario du film a été publié :

  • Là-bas, un scénario de Luis Buñuel et Jean-Claude Carrière, d'après le roman de J.-K. Huysmans ; préface de Jean-Claude Carrière, Paris, éditions Écriture, 1993, 127 p., (ISBN 2-909240-07-X).

Télévision[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La graphie contemporaine Retz a été adoptée au XVIe siècle, postérieurement à la mort de Gilles de Rais (Bossard 1886, p. 2, note 1, [lire en ligne]). On trouve la forme Rayz et, moins fréquemment, Raiz, Rais ou Rayx dans les textes médiévaux, suivant l'orthographe fluctuante du temps. Matei Cazacu préfère employer la graphie Rais communément associée au personnage (Cazacu 2005, p. 313, note 1).
  2. Ledru 1893, p. 270-284. L'abbé Ledru reproduit en annexe de son article des témoignages collectés dans le cadre d'une enquête judiciaire effectuée à Angers en 1461 à la demande de René de Rais, le frère cadet de Gilles. De nombreux témoins attestent de la naissance champtocéenne de l'ancien baron de Retz. Cependant, plusieurs auteurs (de Charles Lemire, Jeanne d'Arc et le sentiment national, 1898, p. 250, à Gilbert Prouteau, Gilles de Rais et la gueule du loup, 1992) n'en ont pas moins continué à lui assigner faussement le château de Machecoul pour berceau, reproduisant l'erreur commise par l'abbé Bossard (Bossard 1886, p. 5-8, [lire en ligne]).
  3. Dans son ouvrage sur le tueur en série Joseph Vacher, le criminologue Alexandre Lacassagne distingue parmi d'autres criminels les « grands sadiques » qui commettent des « crimes à répétition », citant à ce titre « Gilles de Retz, Jack l'Éventreur, Vacher ». Cf. Alexandre Lacassagne, Vacher l'éventreur et les crimes sadiques, Lyon, A. Storck et Cie / Paris, Masson et Cie, coll. « Bibliothèque de criminologie, XIX », 1899, p. 243, [lire en ligne].
    Souhaitant rappeler la réalité des « meurtres sadiques ou rituels » afin de réfuter un argument en faveur de l'innocence de Gilles de Rais, l'historien Émile Gabory mentionne à titre d'exemple « l'histoire du boucher hanovrien Haarmann qui, l'année dernière, tua vingt-huit jeunes gens (...) » (Gabory 1926, p. 236).
    Ce tueur en série allemand est également cité par l'écrivain Georges Bataille lors d'une conférence tenue le 24 février 1958 à Fontenay-le-Comte (« Gilles de Rais fut une sorte de boucher de Haarman (sic) mais en grand. » ; propos reproduits dans « "Gilles de Rais", notes inédites », in Cahiers Gilles de Rais, no 3, mai 1993, Nantes, Éditions Joca Seria, p. 23).
    L'historien Olivier Bouzy évoque Andreï Tchikatilo comme « un Gilles de Rais au petit pied » (Bouzy 1993, p. 22, note 23, [lire en ligne]).
  4. Dans le « mémoire (intendits) des héritiers de Gilles de Rais » (vers 1461-1462), Gilles est qualifié de « noble et puissant seigneur, né et extraict de grandes et anciennes lignées et maisons, comme des maisons de Laval, de Roucy, de Montmorency, de Rays et de Craon, qui sont très grandes, nobles et anciennes maisons yssues et descendues des plus grandes maisons du royaulme de France ». Cf. Cazacu 2005, p. 250-251, annexe 1.
  5. Dom Hyacinthe Morice et la Biographie universelle ancienne et moderne de Louis-Gabriel Michaud ([lire en ligne]) font naître Gilles de Rais en 1396, information erronée reprise plus récemment par Gérard Gros (Gros 2000, p. ???? ; Gros 2002, p. 1027). Par ailleurs, Auguste Vallet de Viriville avance que Gilles voit le jour « probablement en 1406 » (Histoire de Charles VII, roi de France, et de son époque, 1403-1461, t. II, 1863, p. 412, [lire en ligne]).
    Eugène Bossard rappelle que le frère dominicain Augustin du Paz fixe au 5 février 1404 la date du mariage des parents de Gilles de Rais (Histoire genealogique de plusieurs maisons illustres de Bretagne, 1619 ; [lire en ligne]). Se basant ensuite sur la durée d'une grossesse, l'abbé Bossard calcule que le fils aîné de Guy de Laval et Marie de Craon « vint au monde vraisemblablement vers le mois de septembre ou d'octobre de la même année » (Bossard 1886, p. 5-8, [lire en ligne]).
    Dans son édition du Cartulaire des sires de Rays, René Blanchard insiste toutefois sur le fait que les actes datés des 5 et 17 février 1404 « parlent constamment du mariage au futur et ne laisse aucun doute sur ce point » ; conséquemment, « Gilles naquit au plus tôt à la fin de 1404 » (Blanchard 1898, p. CX, [lire en ligne]).
    En définitive, Matei Cazacu s'appuie sur les remarques de René Blanchard mais précise de surcroît que Jean de Craon et Guy de Laval devaient soumettre l'acte de leur accord au parlement de Paris préalablement au mariage. L'homologation a eu lieu le 2 mai 1404, procédure qui a retardé d'autant les noces de Guy de Laval et Marie de Craon, reportant ainsi la naissance de leur premier enfant « au plus tôt en 1405 » (Cazacu 2005, p. 23-24).
  6. Sans citer ses sources, l'abbé Bossard affirme que Guy II de Laval-Rais décède avant son épouse Marie de Craon et que cette dernière « se remaria presque aussitôt son veuvage à Charles d'Estouville, seigneur de Villebon » (Bossard 1886, p. 13, [lire en ligne]).
    Cependant, les propos de Bossard n'ont été repris par aucun historien depuis la publication par René Blanchard du testament de Guy de Laval ; dans ce document daté du 28 ou 29 octobre 1415, le père de Gilles de Rais déclare vouloir être enterré à Notre-Dame de Buzay « juxta sepulturam dicte carissime deffuncte uxoris mee Marie de Credonio » (« près de la tombe de ma dite très chère épouse Marie de Craon », Blanchard 1899, p. 325, no CCLI : « Testament de Guy de Laval, seigneur de Rays », [lire en ligne]).
    Matei Cazacu suggère que la mère de Gilles décède « probablement en donnant naissance à son second enfant, René, en janvier 1414 » (Cazacu 2005, p. 46).
    La date exacte de la mort de Marie de Craon demeure inconnue.
  7. Blanchard 1899, p. 324-333, no CCLI : « Testament de Guy de Laval, seigneur de Rays », [lire en ligne].
    La date du testament de Guy II de Laval-Rais, 28 ou 29 octobre 1415, est donnée par Matei Cazacu comme étant celle de la mort du père de Gilles de Rais (Cazacu 2005, p. 46).
    L'abbé Bourdeaut date erronément du 28 septembre 1415 les dernières volontés du père de Gilles (Bourdeaut 1924, p. 48, [lire en ligne]), erreur reprise par Georges Bataille (Bataille et Klossowski 1985, p. 81) puis Jacques Heers (Heers 1994, p. 24).
    Dans son testament, Guy II de Laval-Rais déclare être « atteint d'une grave infirmité corporelle » (infirmitate gravi detentus corpore), sans plus de précision. Sans étayer ses dires par des sources, l'essayiste Roland Villeneuve affirme que le père de Gilles serait mort des suites d'une blessure reçue au cours d'une chasse au sanglier (Villeneuve 1955, p. 31), version reprise par les écrivains Michel Bataille (Bataille et Pesez 1966, p. 56-58) et Alain Jost (Jost 1995, p. 21).
    Matei Cazacu émet prudemment l'hypothèse d'une atteinte de malaria, maladie sévissant à l'époque en Vendée, comme cause du décès (Cazacu 2005, p. 46).
  8. Bataille et Klossowski 1985, p. 82.
    L'échec des deux premiers projets matrimoniaux a souvent été expliqué par les décès successifs de Jeanne Paynel et Béatrice de Rohan (notamment par Bossard et 1886, p. 15, 1886, p. 15, [lire en ligne]). Toutefois, cette précision biographique relative à Jeanne Paynel ne relève « que du roman » ainsi que l'affirme Bourdeaut (Bourdeaut 1924, p. 50-51, [lire en ligne]) en s'appuyant sur Siméon Luce (Luce 1892, p. 301-415, [lire en ligne]).
    Quant à l'inexécution du contrat de mariage avec Béatrice de Rohan, l'essayiste Roland Villeneuve suggère qu'il pourrait trouver sa cause dans la guerre entre les Monfort et les Penthièvre ou dans une rétractation de Jean de Craon, ce dernier « arrêt[ant] ses vues sur Catherine de Thouars dont les domaines jouxtaient ceux que Gilles devait un jour posséder » (Villeneuve 1955, p. 39).
    L'historien Matei Cazacu s'en tient au décès prématuré de Béatrice de Rohan comme explication, au motif que la nièce du duc de Bretagne n'a « laiss[é] aucune trace dans la généalogie de sa famille » (Cazacu 2005, p. 54).
  9. Bourdeaut 1924, p. 51-54, [lire en ligne].
    Gilles de Rais et Catherine de Thouars descendaient, respectivement par branches maternelle et paternelle, d'Amaury III de Craon. Voir le tableau généalogique établi par Lucien Merlet (Merlet 1891, p. 94, note 1, [lire en ligne]) ; Bertrand de Broussillon 1893, p. 86 et note 2.
  10. Matei Cazacu note que l'abbé Bourdeaut et Jacques Heers emploient à tort la graphie « Milet » de Thouars (Cazacu 2005, p. 324, note 46).
  11. Il s'agit de revenus perçus dans l'île de Bouin, que se disputent Catherine de Machecoul (la mère de Jean de Craon) et Miles II de Thouars. Cf. Cazacu 2005, p. 57 ; Blanchard 1898, p. 182-193, no LXVIII, 9 avril 1399, [lire en ligne] ; Blanchard 1899, p. 308-310, no CCXLII, 1er mars 1402, [lire en ligne] ; Bertrand de Broussillon 1893, no 894 (A).
  12. Selon un procédé étudié par Henriette Benveniste, « Les enlèvements : stratégies matrimoniales, discours juridique et discours politique en France à la fin du Moyen Âge », in Revue historique, no 573, janvier-mars 1990, p. 13-35, [lire en ligne].
  13. Cette union clandestine est mentionnée dans la missive du légat papal Jourdain, évêque d'Albano, adressée à son homologue d'Angers, Hardouin de Bueil. Voir pièce justificative I (en latin) du 24 avril 1422, publiée à la suite de l'article de Lucien Merlet (Merlet 1891, p. 100-101, [lire en ligne]).
  14. Acte considéré comme perdu (Blanchard 1898, p. CXII, [lire en ligne]).
  15. Survenue le 18 juin 1421, la mort de Béatrice de Rochefort permet à son veuf, Jean de Craon, d'épouser Anne de Sillé, femme de feu Jean de Montjean (décédé en avril 1418).
    Du mariage d'Anne de Sillé et de Jean de Montjean étaient nées Jeanne de Montjean (qui épousa Jean V de Bueil, auteur du Jouvencel) et Béatrix de Montjean, épouse de Miles II de Thouars et mère de la propre femme de Gilles de Rais, Catherine de Thouars (Cazacu 2005, p. 58).
  16. Lucien Merlet cite comme source l'original d'un parchemin conservé dans les archives d'Eure-et-Loir (Merlet 1891, p. 95, [lire en ligne]).
    Probablement en raison d'une confusion avec la missive du légat Jourdain (reproduite dans Merlet 1891, p. 100-101, [lire en ligne]), la date du 24 avril 1422 est retenue comme étant celle du mariage par l'abbé Bourdeaut (Bourdeaut 1924, p. 52, [lire en ligne]), suivi par Georges Bataille (Bataille et Klossowski 1985, p. 84) et Jacques Heers (Heers 1994, p. 26), ce dernier s'appuyant sur L. F La Bessière, « Chalonnes-sur-Loire. Un mariage de grands seigneurs en 1422 », in Revue de l'Anjou, Angers, Germain et G. Grassin, novembre-décembre 1899, p. 335-351.
    Matei Cazacu rejoint quant à lui l'opinion de Lucien Merlet en optant pour le 26 juin 1422 (Cazacu 2005, p. 58 et note 23).
  17. Suite à une lecture erronée de l'abbé Bourdeaut, la demoiselle enlevée devient, sous la plume de Georges Bataille, la sœur cadette de Béatrice de Montjean et non plus celle du chambellan Jacques Meschin (Bataille et Klossowski 1985, p. 84-85).
    L'erreur de Bataille a été reprise dans deux articles des Cahiers Gilles de Rais : « Principaux personnages de l'entourage de Gilles de Rais », in Cahiers Gilles de Rais, no 2, décembre 1992, Nantes, Éditions Joca Seria, p. 29 ; « Les lieux de Gilles de Rais », in Cahiers Gilles de Rais, no 3, mai 1993, Nantes, Éditions Joca Seria, p. 35 ; 39.
  18. Du temps des démêlés judiciaires de Jacques Meschin de la Roche-Aireault avec Jean de Craon et Gilles de Rais, le parlement royal siège à Poitiers consécutivement à la mainmise des Bourguignons sur Paris en 1418. Cf. Didier Neuville, « Le Parlement royal à Poitiers (1418-1436) », in Revue historique, 3e année, tome 6, janvier-avril 1878, p. 1-28, p. 272-314.
  19. À l'époque, Gilles de Rais se proclamait également comte de Brienne. « Au XVe siècle, Brienne ne fait pas partie des domaines des seigneurs de Rais. [...] le nouveau maréchal de France, en route pour Reims, espérait certainement profiter de cette marche victorieuse pour récupérer des rançons, des terres prises aux « collaborateurs » [...]. Ne se proclamait-il pas comte de Brienne en juillet 1430 ? Mais ces rêves furent rapidement brisés », (Boutin et al. 1988, p. 99). Le titre de comte de Brienne était tenu par le comte Pierre Ier de Luxembourg-Saint-Pol, fidèle du duc de Bourgogne Philippe le Bon (La Chenaye-Aubert, Jacques Badier, Dictionnaire de la noblesse, contenant les généalogies, l'histoire & la chronologie des familles nobles de la France, 1775, [lire en ligne], p. 226).
  20. L'abbé Eugène Bossard l'affirme (Bossard 1886, p. 16-23, [lire en ligne]), suivi par Roland Villeneuve (Villeneuve 1955, p. 39-42).
    A contrario, l'abbé Bourdeaut (Bourdeaut 1924, p. 61-62, [lire en ligne]) et Georges Bataille (Bataille et Klossowski 1985, p. 93) estiment peu vraisemblable la participation de Gilles - alors âgé de 16 ans - à cette guerre, signalant qu'aucun document ne l'atteste.
    Plus récemment, Matei Cazacu rejoint l'opinion de Bossard en s'appuyant sur les actes du duc et de la duchesse de Bretagne, documents publiés par René Blanchard, qui font état de la vaillance de Gilles de Rais et des récompenses qu'il reçut. Cf. Cazacu 2005, p. 55-57 ; Blanchard 1898, acte XV daté de Vannes le 6 juin 1420, p. 18-19 ; acte XVI daté d'Oudon le 10 juillet 1420, p. 20-21 ; acte LXX daté de Vannes le 28 septembre 1420, p. 194-196 ; Blanchard 1899, acte CCXLIX daté de Nantes le 11 juillet 1420, p. 318-320 ; René Blanchard (éd.), Lettres et mandements de Jean V, duc de Bretagne, t. III, 1902, acte no 407 daté de Nantes le 11 juillet 1420, p. 9.
  21. Cazacu 2005, p. 67-70. Bien qu'aucune source ne la confirme, Matei Cazacu émet cette hypothèse en avançant trois arguments : le rang important de Jean de Craon et de son petit-fils en tant que vassaux du duc d'Anjou, le souci de la défense de leurs biens angevins face aux Anglais ainsi que la présence attestée à la bataille de Verneuil de plusieurs proches des deux hommes.
  22. Témoignage (recueilli en 1461) de l'écuyer Jean, seigneur d'Alencé : « (...) il [Jean d'Alencé] fut en la guerre en la compaignie dudit feu sire de Rays et à aider à prandre les places et forteresees de Rameffort, de Malicorne et Le Lude, qui lors estoient detenues et occupées par les Anglois, anxiens ennemys de ce royaume », reproduit dans Ledru 1893, p. 278.
  23. Le chroniqueur Jean Chartier mentionne succinctement la mort du capitaine « Blacquebourne » lors de la prise du château du Lude, sans en préciser les circonstances (Jean Chartier, Chronique de Charles VII, roi de France, t. I, Paris, P. Jannet, 1858, p. 57-58, [lire en ligne]).
    Dans Le Jouvencel (entre 1461 et 1466), récit semi-autobiographique et traité d'art militaire romancé, Jean V de Bueil spécifie a contrario que « Blaqueborne » eut la vie sauve grâce à Henri de Villebranche, seigneur de Broons (de Bueil 1887, p. XV-XVII, [lire en ligne] ; de Bueil 1889, p. 273-275, [lire en ligne]).
    Au XIXe siècle, le polygraphe Paul Lacroix (alias « le bibliophile Jacob ») prétend dans l'un de ses récits historiques romancés que Gilles de Rais aurait tué de sa propre main le capitaine Blackburn lors de l'assaut (Lacroix 1858, p. 6, [lire en ligne]), affirmation fantaisiste que l'abbé Bossard reprend pourtant à son compte (Bossard 1886, p. 31, [lire en ligne]).
    Émile Gabory reproche généralement à Bossard de par trop subir l'influence de Lacroix (Gabory 1926, p. 240). Le « bibliophile Jacob » puis l'abbé n'en inaugurent pas moins une tradition erronée que plusieurs auteurs (dont Gabory lui-même, en l'occurrence) perpétueront (Gabory 1926, p. 32 ; Bataille et Pesez 1966, p. 80 ; Bressler 1981, p. 53 ; Hérubel 1982, p. 78 ; Jost 1995, p. 34-35), voire accentueront par l'adjonction d'une prouesse imaginaire : Blackburn aurait été coupé en deux d'un coup d'épée par Gilles de Rais (« Chronologie de Gilles de Rais », in Cahiers Gilles de Rais, no 1, juin 1992, Nantes, Éditions Joca Seria, p. 24 ; Meurger 2003, p. 20-21).
    Rappelant les versions contradictoires de Jean Chartier et Jean de Bueil, Maurice Termeau juge « douteux » le fait d'armes du baron de Rais (Termeau 1945, p. 28, note 3).
    Matei Cazacu préfère quant à lui s'en tenir au récit de Jean de Bueil, compagnon d'armes puis adversaire de Gilles (Cazacu 2005, p. 79 ; note 40, p. 327 ; dans cette note, Jean de Bueil est nommé par erreur « Jacques de Bueil »).
  24. Richemont essuie notamment un grave revers en mars 1426 à Saint-James de Beuvron. Cf. Cazacu 2005, p. 76.
  25. Dans une lettre datée du 28 juin 1428, Charles VII loue la fidélité à la couronne française de quelques vassaux du duc breton, dont Gilles de Rais. Cf. Eugène Cosneau, Le connétable de Richemont (Arthur de Bretagne) (1393-1458), Paris, Librairie Hachette et Cie, 1886, p. 530-531, [lire en ligne].
  26. Le chroniqueur Jean Chartier mentionne uniquement le sire de Rais ; cf. Jules Quicherat (éd.), Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d'Arc, t. IV, 1847, p. 77, [lire en ligne]. Cependant, une lettre adressée à Yolande d'Aragon par des gentilshommes angevins mentionne les trois autres « otages », terme désignant les chevaliers chargés de la garde de la sainte ampoule : le maréchal de Boussac, le sire de Graville et l'amiral de Cullant. Cf. Jules Quicherat (éd.), Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d'Arc, t. V, 1849, p. 129, [lire en ligne].
  27. Perceval de Cagny, Chronique, in Jules Quicherat (éd.), Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d'Arc, t. IV, 1847, p. 26-27, [lire en ligne]. Quicherat souligne que Perceval de Cagny demeure l'un des chroniqueurs les plus dignes de foi de la geste de la Pucelle. Georges Bataille estime que Jeanne d'Arc, « en un moment qu'elle croit décisif », veut le maréchal près d'elle « ce qui, de toute façon, signifie qu'elle en apprécie la valeur militaire. » (Bataille et Klossowski 1985, p. 92). Se focalisant sur la mention du sire de Rais tout en négligeant celle du sire de Gaucourt, certains auteurs ont glosé sur ce passage succinct de la chronique de Perceval de Cagny en supposant des liens étroits, voire sentimentaux, entre Gilles et Jeanne.
  28. Il s'agissait d'un fossé à sec de près de trois mètres de profondeur par endroits, qui renforçait le grand fossé rempli d'eau protégeant l'enceinte de Charles V. Cf. Henri Couget, Jeanne d'Arc devant Paris, Éditions Spes, 1925, p. 22, [lire en ligne].
  29. Jean Chartier, Chronique de Charles VII, roi de France, t. I, Paris, P. Jannet, 1858, p. 144, [lire en ligne]. Jean Chartier mentionne également la présence au sein des troupes françaises de Gilles de Sillé, cousin et futur complice de Gilles de Rais, au cours d'escarmouches suivant les lendemains de la levée du siège de Lagny par les Anglais.
  30. Témoignage de Rappiot, représentant de Georges de La Trémoille, lors d'un procès opposant l'ex-grand chambellan à Prigent de Coëtivy : « [Gilles de Rais] fist en son temps de grans vaillances, comme d'avoir esté principal de lever les sièges d'Orléans et de Laigny (...) » (de La Trémoïlle 1890, p. 228, [lire en ligne]).
  31. « Ha, ribault, tu as batu mes hommes, et leur as fait extorsion ; viens dehors de l'église ou je te tueroy tout mort ! », propos tenus par Gilles de Rais selon la déposition de Lenano, marquis de Ceva (procédure ecclésiastique, 19 octobre 1440, passage en moyen français dans l'acte en latin), in Bataille et Klossowski 1985, p. 290.
  32. D'après la déposition de Francesco Prelati faite le 16 octobre 1440 au cours du procès de son maître, Gilles de Rais souhaitait garantir sa liberté avant de risquer une entrevue avec le duc Jean V. Ainsi, le seigneur de Tiffauges aurait préalablement prié l'Italien d'évoquer à plusieurs reprises le « diable nommé Barron » dans une prairie près de Josselin en vue d'interroger l'esprit malin sur les intentions ducales (Bataille et Klossowski 1985, p. 152-153 ; 265-266).
  33. S'appuyant sur le récit romancé du polygraphe Paul Lacroix (Lacroix 1858, p. 14, [lire en ligne]), l'abbé Eugène Bossard prétend que Gilles de Rais aurait plaisanté en se référant au nom du capitaine Labbé (Bossard 1886, p. 251, [lire en ligne]). Néanmoins, ce trait d'esprit n'est qu'une « invention amusante, qu'aucun texte sérieux ne corrobore » (Gabory 1926, p. 157). Les circonstances exactes de l'arrestation demeurent inconnues.
  34. « (...) c'est-à-dire indépendante de la procédure ecclésiastique comme de la procédure séculière. », Bataille et Klossowski 1985, p. 165.
  35. « Un pré situé au-dessus des ponts de Nantes », dans l'île formée par la Loire et le bras de la Madeleine, où s'éleva l'Hôtel-Dieu entre 1642 et 1663 (Cazacu 2005, p. 172-173).
  36. Selon une citation (sans source) reproduite dans le Grand Larousse de 1867, des reliques du seigneur de Rais auraient été prélevées à la suite de son exécution : « Aucunes [dames et damoiselles de son lignage] furent prendre des ossements du bon sire et les conservèrent pieusement, en souvenir de son grant repentir » (Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, Paris, Librairie classique Larousse, 1867, tome 2, p. 214).
    L'abbé Eugène Bossard attribue la citation à Jean Chartier (Bossard 1886, p. 340, [lire en ligne]) mais ce passage n'apparaît nulle part dans la Chronique de Charles VII, roi de France suivant l'édition établie par Auguste Vallet de Viriville en 1858.
    Quoi qu'il en soit, Émile Gabory juge la conservation de telles reliques bien peu vraisemblable puisque le cadavre fut préservé du feu (Gabory 1926, p. 202).
  37. De 1439 à 1441, Geoffroy Le Ferron a exercé les fonctions de trésorier et receveur général du duc Jean V de Bretagne, « après l'avoir puissamment aidé à dépouiller Gilles de Retz » (Kerhervé 1987, p. 155, vol. I). Le Ferron a ainsi acquis Saint-Étienne-de-Mer-Morte, terre que Gilles tente de se réapproprier par la force en commettant le sacrilège de la mi-mai 1440 (Bourdeaut 1924, p. 111-112).
    En 1443, Le Ferron fait carrière à la cour royale comme trésorier de France et conseiller du roi Charles VII (Jean Kerhervé, « Une famille d'officiers de finances bretons au XVe siècle : les Thomas de Nantes », in Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, tome 83, no 1, 1976, note no 70, p. 22).
  38. L'écuyer Jacques Chabot, seigneur de Pressigny, avait également trempé dans d'autres crimes (Guérin et Celier 1898, p. 244, note no 2, [lire en ligne]).
  39. L'essayiste Michel Meurger remarque que « le Gilles de Rais judiciaire, homme sans visage, insaisissable à la psychologie historique, acquiert un corps et un esprit [dans l'Histoire de Bretaigne de Bertrand d'Argentré] » (Meurger 2003, p. 48).
  40. « C'était, dit-on, un seigneur "de bon entendement, belle personne et de bonne façon, " » (Jules Michelet, Histoire de France, t. V, 1841, p. 210). Cf. Meurger 2003, p. 125.
  41. Parmi les copies du procès de Gilles de Rais, une dizaine est conservée au département des manuscrits de la Bibliothèque nationale de France, dont le manuscrit français 5772 : Recueil de plusieurs procez criminels qui ne sont point imprimez, (s.l.n.d.), [lire en ligne].
  42. D'après l'écrivain Fernand Fleuret (alias Ludovico Hernandez), la miniature aurait été « copiée par les soins du président Bouhier » et sa copie du procès civil aurait été collationnée sur une autre copie datée de 1530, à savoir le manuscrit 1 AP 585 conservé aux Archives nationales. Dans sa nomenclature des manuscrits, Fleuret considère le manuscrit 1 AP 585 des Archives nationales (que l'abbé Bossard et lui dénomment « le manuscrit de Thouars ») comme la plus ancienne copie existante du procès civil. Cf. Perceau et Fleuret 1921, p. XCV-XCVIII, [lire en ligne]. L'essayiste Georges Bataille estime également que cette copie « provenant des archives de La Trémoïlle », bien que « non authentique », « est la plus ancienne et la meilleure » (Bataille et Klossowski 1985, p. 293, note 1). Toutefois, l'historien Olivier Bouzy souligne la confusion qui existe chez ces auteurs au sujet de la datation des copies des procès civil et canonique. Cf. Bouzy 1997, p. 40-45, [lire en ligne].
  43. La date de 1530 est indiquée dans la fiche de l'image Exécution de Gilles de Rais (gibet et bûcher). Armes du président Bouhier (cliché coté RC-A-03432), Banque d'images de la Bibliothèque nationale de France (BnF).
  44. « Quand on la [Jeanne] met en face du Gilles de Rais de la légende, l'effet dramatique est assuré et le symbolisme manichéen saute aux yeux. À l'époque, tous deux sont jeunes et marchent vers la gloire. Leurs destinées seront à la fois parallèles et radicalement opposées : jugés et exécutés tous deux, mais l'une gagnant l'auréole de la sainteté et l'autre les pieds fourchus du démon incarné. Le blanc et le noir, le vice et la vertu ! Gilles et Jeanne... Leurs prénoms mêmes sonnent si bien ensemble que les auteurs s'en donneront à cœur joie. » (Jost 1995, p. 177-178).
    Parmi les œuvres littéraires et pièces de théâtre illustrant cette dualité thématique : Georg Kaiser, Gilles und Jeanne (1923) ; Michel Tournier, Gilles et Jeanne (1983) ; Michel Ragon, Un amour de Jeanne (2003) ; Philippe Dumond, Jacques Rougeon et Yan Philip, La passion de Jeanne d'Arc selon Gilles de Rais (1979) ; Hubert Lampo, Le diable et la pucelle (2002) ; Tom Lanoye, Sang et roses. Le chant de Jeanne et Gilles (2011)...
  45. Tout en la pourvoyant de vivres destinées à Orléans ainsi que d'« artillerie » et d'or, le roi annonce à la Pucelle qu'il « commande exprès » au maréchal de Rais et à Ambroise de Loré » de « conduire [ses] gens » où elle le voudra (Gros 2002, p. 708-711, vers 11151-11161).
  46. Dans sa « confession hors jugement », indépendante des procédures ecclésiastique et séculière, Gilles de Rais affirme avoir commis ses crimes « suivant son imagination et sa pensée, sans le conseil de personne, et selon son propre sens, seulement pour son plaisir et sa délectation charnelle, et non pour quelque autre intention ou quelque autre fin » (Bataille et Klossowski 1985, p. 165 ; 238-239).
  47. Michelet orthographie « Étienne Corillant » (Jules Michelet, Histoire de France, t. V, 1841, p. 211).
  48. « Le bâtonnier Albert Brunois, un ex-ministre de la justice (Michel Crépeau), un ex-ministre de la culture (Jean-Philippe Lecat), le biologiste Henri Laborit, un parlementaire, des juristes… » (Jost 1995, p. 161). Jean-Pierre Bayard mentionne également André Chandernagor (Bayard 1992, p. 223).
  49. Jean Kerhervé pointe le fait que Gilbert Prouteau confond constamment les archives de la Loire-Atlantique (où les actes des procès sont conservés) et la médiathèque de Nantes, où ne sont conservées que des copies. L'historien souligne également que Prouteau qualifie les archives en moyen français de « galimatias » (Prouteau 1992, p. 162) en sus de « déforme[r] allègrement les genres et les cas » lorsqu'il recopie des formules latines (Prouteau 1992, p. 32 ; 185 ; 225). Cf. Kerhervé 1992, p. 7.
  50. Dans un article du Soir, le journaliste Jacques Cordy reprend ainsi à son compte les erreurs factuelles de Prouteau et Goëau-Brissonnière, notamment le chiffre des 800 victimes prétendument revendiquées par Gilles de Rais (« Cinq siècles après la condamnation de Gilles de Rais lors d'une parodie de procès, Barbe Bleue en appel devant un jury d'honneur », in Le Soir, lundi 9 novembre 1992, p. 12, [lire en ligne]).
  51. Préalablement à sa parution, Gilles de Rais ou la Gueule du loup (annoncé sous le titre L'Ombre d'un doute) a bénéficié d'une couverture médiatique grâce à un article du Nouvel Observateur, où le journaliste François Caviglioli reprend la trame et les inventions du roman de Prouteau tout en qualifiant ce dernier d'« historien » (François Caviglioli, « Victime en 1440 du premier procès stalinien de l'histoire ? Justice pour Barbe-Bleue ! », in Le Nouvel Observateur, 12-18 décembre 1991, p. 88-89).

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Cazacu 2005, p. 11.
  2. Cazacu 2005, p. 11 ; 23-25.
  3. Boutin et al. 1988, p. 95-98.
  4. a et b Bataille et Klossowski 1985, p. 167-168 ; 171 ; 258-259.
  5. Bataille et Klossowski 1985, p. 168 ; 171 ; 334-336.
  6. Lacroix 1858, p. 53, [lire en ligne] ; cf. Meurger 2003, p. 131.
  7. Cazacu 2005, p. 10 ; 181-202.
  8. Christian Denis, Gilles de Rais. Chroniques d'un tueur en série, Les Éditions de Bonnefonds, 2003.
  9. René Blanchard, « Le Pays de Rays et ses seigneurs pendant la guerre de Cent ans (1341-1372) », in Bulletin de la Société archéologique de Nantes et du département de la Loire-inférieure, t. 37, Nantes, Bureaux de la société archéologique, 1897, p. 109, [lire en ligne].
  10. René Blanchard, « Le Pays de Rays et ses seigneurs pendant la guerre de Cent ans (1341-1372) », in Bulletin de la Société archéologique de Nantes et du département de la Loire-inférieure, t. 37, Nantes, Bureaux de la société archéologique, 1897, p. 97, [lire en ligne].
  11. a, b et c Cazacu 2005, p. 24.
  12. André Joubert, « Le testament de Jean de Craon, seigneur de la Suze et de Chantocé (avant 1432) », in Revue historique et archéologique du Maine, tome 27, Le Mans, Pellechat libraire-éditeur, 1890, p. 340-346, [lire en ligne].
  13. Cazacu 2005, p. 23-24.
  14. Blanchard 1898, p. CVIII, [lire en ligne].
  15. Blanchard 1899, p. 320-324, no CCL, 5 février 1404, [lire en ligne].
  16. Bertrand de Broussillon 1898, p. 388, actes no 986-987, [lire en ligne].
  17. Gilles de Rais a pour arrière-grand-mère Clémence du Guesclin, sœur de Bertrand Du Guesclin.
  18. Ledru 1893, p. 270-284.
  19. Marchegay 1857, p. 65-66, no 237.
  20. Bourdeaut 1924, p. 48
  21. Cazacu 2005, p. 46-47.
  22. Siméon Luce, « Jeanne Paynel à Chantilly », in Mémoires de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, vol. 34, Première partie, 1892, p. 301-415.
  23. Ledru 1893, p. 276-284.
  24. Blanchard 1898, p. CXI-CXII, [lire en ligne].
  25. Bourdeaut 1924, p. 49-51, [lire en ligne].
  26. « Contrat de mariage entre Gilles Sire de Rais & Dame Beatrix de Rohan », in Dom Hyacinthe Morice, Mémoires pour servir de preuves à l'histoire ecclésiastique et civile de Bretagne, tirés des archives de cette province, de celles de France et d'Angleterre, des Recueils de plusieurs sçavans Antiquaires, t. II, 1744, colonnes 975-976, [lire en ligne].
  27. Bourdeaut 1924, p. 51-52, [lire en ligne].
  28. a et b Cazacu 2005, p. 58.
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  30. Pièce justificative I (en latin) du 24 avril 1422, Merlet 1891, p. 100-101, [lire en ligne].
  31. a, b, c, d et e Bourdeaut 1924, p. 54-57 (résumé des actes des 11 février 1423, 1er juillet 1423 et 13 avril 1424, Archives nationales, X1a 9197, f. 167v°, 216 et 222), [lire en ligne].
  32. a, b et c Cazacu 2005, p. 59-61 ; note 54, p. 324.
  33. L’art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monuments, depuis la naissance de notre-seigneur. Tome 12. Paris, 1818.
  34. M. le Chevalier de Courcelles. Histoire généalogique et héraldique des pairs de France, des grands dignitaires de la couronne, des principales familles nobles du royaume, et des maisons princières de l’Europe. Tome second. Paris, 1822.
  35. [1]
  36. a et b Cazacu 2005, p. 96-98.
  37. Bataille et Klossowski 1985, p. 93.
  38. Bourdeaut 1924, p. 59-60.
  39. a et b Entrée RICHEMONT Arthur de Bretagne, comte de (1393-1458), in Contamine, Bouzy et Hélary 2012, p. 955.
  40. Gaston Du Fresne de Beaucourt, Histoire de Charles VII, tome II : Le roi de Bourges, 1422-1435, Paris, Librairie de la société bibliographique, 1882, p. 111
  41. Guillaume Gruel, Chronique d'Arthur de Richemont, connétable de France, duc de Bretagne (1393-1458), éd. A. Le Vavasseur, Paris, 1890, p. 40.
  42. Guillaume Gruel, Chronique d'Arthur de Richemont, connétable de France, duc de Bretagne (1393-1458), édition établie par Achille Le Vavasseur, Paris, Librairie Renouard, 1890, p. 40-41, [lire en ligne].
  43. Gaston Du Fresne de Beaucourt, Histoire de Charles VII, tome II : Le roi de Bourges, 1422-1435, Paris, Librairie de la société bibliographique, 1882, p. 111-115
  44. Bossard 1886, p. 26, [lire en ligne].
  45. Bataille et Klossowski 1985, p. 86.
  46. André Joubert, « Le testament de Jean de Craon, seigneur de La Suze et de Chantocé (avant 1432) », in Revue historique et archéologique du Maine, tome 27, 1890, p. 341
  47. Bourdeaut 1924, p. 61, [lire en ligne].
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  50. Jean Chartier, Chronique de Charles VII, roi de France, t. I, Paris, P. Jannet, 1858, p. 51-52, [lire en ligne].
  51. Jean Chartier, Chronique de Charles VII, roi de France, t. I, Paris, P. Jannet, 1858, p. 53, [lire en ligne].
  52. Anonyme, Mémoires concernant la Pucelle d'Orléans, in Joseph Michaud, Jean-Joseph-François Poujoulat (éd.), Mémoires sur Jeanne d'Arc et Charles VII, Histoire d'Artus III, Florent d'Iliers, Journal d'un Bourgeois de Paris, Olivier de la Marche, Estat de la maison de Charles le Hardy, Jacques du Clercq, Lyon, Guyot, p. 89-90.
  53. Heers 1994, p. 45.
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  56. Jean de Wavrin in Jules Quicherat (éd.), Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d'Arc, t. 4, Paris, Jules Renouard et Cie, 1847, p. 407, [lire en ligne].
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  59. Heers 1994, p. 32.
  60. Enguerrand de Monstrelet, La chronique d'Enguerran de Monstrelet, en deux livres, avec pièces justificatives, 1400-1444, édition établie par Louis Douët d'Arcq, t. 4, Paris, Chez Mme veuve Jules Renouard, 1860, p. 327.
  61. Paul Charpentier et Charles Cuissard, Journal du siège d'Orléans, 1428-1429 : augmenté de plusieurs documents, notamment des comptes de ville, 1429-1431, Orléans, H. Herluison, 1896, p. 91, [lire en ligne].
  62. Jules Quicherat (éd.), Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d'Arc, t. IV, Paris, Jules Renouard et Cie, p. 165-166, [lire en ligne].
  63. Extrait d'un livre de compte, in Jules Quicherat (éd.), Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d'Arc, t. V, Paris, Jules Renouard et Cie, 1849, p. 261, [lire en ligne].
  64. Cazacu 2005, p. 93-94.
  65. Enguerrand de Monstrelet, La chronique d'Enguerran de Monstrelet, en deux livres, avec pièces justificatives, 1400-1444, édition établie par Louis Douët d'Arcq, t. 4, 1860, p. 337.
  66. Cazacu 2005, p. 95.
  67. « Lettre de trois gentilshommes angevins à la femme et à la belle-mère de Charles VII », in Jules Quicherat (éd.), Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d'Arc, t. V, 1849, p. 129, [lire en ligne].
  68. Contamine, Bouzy et Hélary 2012, p. 178.
  69. Jean Chartier, Chronique de Charles VII, roi de France, édition établie par Auguste Vallet de Viriville, t. I, Paris, Pierre Jannet, 1858, p. 109.
  70. Jean Chartier, Chronique de Charles VII, roi de France, t. I, 1858, p. 109.
  71. Cazacu 2005, p. 99.
  72. de La Martinière 1929, p. 200-206, [lire en ligne].
  73. Enguerrand de Monstrelet, La chronique d'Enguerran de Monstrelet, en deux livres, avec pièces justificatives, 1400-1444, édition établie par Louis Douët d'Arcq, t. 4, 1860, p. 408, [lire en ligne]).
  74. Guillaume Gruel, Chronique d'Arthur de Richemont, connétable de France, duc de Bretagne (1393-1458), édition établie par Achille Le Vavasseur, Paris, Librairie Renouard, 1890, p. 83-84, [lire en ligne].
  75. Eugène Cosneau, Le connétable de Richemont (Arthur de Bretagne) (1393-1458), Paris, Librairie Hachette et Cie, 1886, p. 208, [lire en ligne].
  76. Kerhervé 1987, p. 59 ; 155 (vol. I).
  77. Bourdeaut 1924, p. 108, [lire en ligne].
  78. Bourdeaut 1924, p. 111-112, [lire en ligne].
  79. Bourdeaut 1924, p. 109-112, [lire en ligne].
  80. Valois 1912, p. 199, [lire en ligne].
  81. Bossard 1886, p. 231-235, [lire en ligne].
  82. Dépositions de Jean Rousseau, homme d'armes du duc de Bretagne ; de Lenano, marquis de Ceva, capitaine au service de Gilles de Rais ; de Bertrand Poulein, homme d'armes au service de Gilles de Rais (procédure ecclésiastique, 19 octobre 1440), in Bataille et Klossowski 1985, p. 288-291.
  83. Bourdeaut 1924, p. 112, [lire en ligne].
  84. Bataille et Klossowski 1985, p. 298.
  85. Bataille et Klossowski 1985, p. 151.
  86. Bataille et Klossowski 1985, p. 154.
  87. a, b et c Bataille et Klossowski 1985, p. 155.
  88. Eugène Cosneau, Le connétable de Richemont (Arthur de Bretagne) (1393-1458), Paris, Librairie Hachette et Cie, 1886, p. 309, [lire en ligne].
  89. Cazacu 2005, p. 157.
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  93. a, b et c Bataille et Klossowski 1985, p. 157 ; 194-198.
  94. Bataille et Klossowski 1985, p. 157 ; 193-194.
  95. Bataille et Klossowski 1985, p. 157-158 ; 302-314.
  96. Bataille et Klossowski 1985, p. 158-159 ; 198-201.
  97. a et b Cazacu 2005.
  98. Bataille et Klossowski 1985, p. 164-165.
  99. Bataille et Klossowski 1985, p. 166-167.
  100. « Mémoires des héritiers de Gilles de Raiz pour prouver sa prodigalité », in Dom Hyacinthe Morice, Mémoires pour servir de preuves à l'histoire ecclésiastique et civile de Bretagne, tirés des archives de cette province, de celles de France et d'Angleterre, des Recueils de plusieurs sçavans Antiquaires, t. II), 1744, colonne 1338, [lire en ligne]
  101. Dépositions de François Prelati et Eustache Blanchet devant la cour ecclésiastique, respectivement les 16 et 17 octobre 1440, Bataille et Klossowski 1985, p. 261-273.
  102. Dépositions de François Prelati et Eustache Blanchet devant la cour ecclésiastique, respectivement les 16 et 17 octobre 1440, Bataille et Klossowski 1985, p. 261-262 ; 267-268.
  103. Déposition de François Prelati devant la cour ecclésiastique le 16 octobre 1440, Bataille et Klossowski 1985, p. 262-267.
  104. Bataille et Klossowski 1985, p. 167-168.
  105. Bataille et Klossowski 1985, p. 168 ; 171 ; 334-336
  106. Jean Chartier, Chronique de Charles VII, roi de France, édition établie par Auguste Vallet de Viriville, tome II, Paris, Pierre Jannet, 1858, p. 6.
  107. Enguerrand de Monstrelet, La chronique d'Enguerran de Monstrelet, en deux livres, avec pièces justificatives, 1400-1444, édition établie par Louis Douët d'Arcq, tome 5, Paris, Chez Mme veuve Jules Renouard, 1861, p. 426.
  108. a et b Guérin et Celier 1898, p. 241-242, note no 1, [lire en ligne].
  109. Guérin et Celier 1898, p. 247-249, note no 1, [lire en ligne].
  110. Guérin et Celier 1898, p. 353, [lire en ligne].
  111. Charles Petit-Dutaillis, Bibliothèque de l'école des chartes, 1904, t. 65, note no 1, p. 423
  112. Guérin et Celier 1898, p. 354-355, note no 1, [lire en ligne].
  113. Gabory 1926, p. 145.
  114. Heers 1994, p. 16.
  115. Jost 1995, p. 170-171.
  116. Meurger 2003, p. 48.
  117. Bataille et Klossowski 1985, p. 243.
  118. Hérubel 1982, p. 43-44.
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  120. Cazacu 2005, p. 340, note 34.
  121. Bertrand d'Argentré, Histoire de Bretaigne, Livre dixième, p. 897.
  122. Auguste Vallet de Viriville, Histoire de Charles VII, roi de France, et de son époque, 1403-1461, t. II, 1863, p. 412.
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  124. a, b et c Meurger 2003, p. 131.
  125. Dom Bernard de Montfaucon, Les monumens de la monarchie françoise, qui comprennent l'histoire de France, avec les figures de chaque règne que l'injure des tems a épargnées, Paris, chez Julien-Michel Gandouin et Pierre-François Giffart, 1731, t. III, p. 278, planche LVIII.
  126. Bossard 1886, p. 348, note 1, [lire en ligne].
  127. Dom Bernard de Montfaucon, Les monumens de la monarchie françoise, qui comprennent l'histoire de France, avec les figures de chaque règne que l'injure des tems a épargnées, Paris, chez Julien-Michel Gandouin et Pierre-François Giffart, 1731, t. III, p. 277.
  128. http://www.calames.abes.fr/pub/#details?id=D01040663
  129. Jacques Chiffoleau, « Le crime de majesté, la politique et l'extraordinaire : note sur les collections érudites de procès de lèse-majesté du XVIIe siècle français et sur leurs exemples médiévaux », in Yves-Marie Bercé (dir.), Les procès politiques (XIVe-XVIIe siècles), Rome, École française de Rome, Collection de l'École française de Rome no 375, 2007, p. 577-662.
  130. Registre contenant plusieurs procès criminels faicts aux plus grands seigneurs et autres plus qualifiés de ce royaume, despuis les roys de la première lignée, avec les informations, responses des accusés, arrests et autres procedeures intervenues au jugement d'iceux. — Le tout extraict des registres du conseil, des parlemens du royaume et autres actes publics, par M. Jean Bouhier, conseiller au parlement de Dijon (avec quelques additions faites depuis), [lire en ligne].
  131. Charles des Guerrois, Le Président Bouhier, sa vie, ses ouvrages, et sa bibliothèque, 1855, p. 179-180.
  132. Fiche de l'image Procès de Gilles de Rais en 1440. Armes de Jean Bouhier (cliché coté RC-B-07511), Banque d'images de la Bibliothèque nationale de France (BnF).
  133. Perceau et Fleuret 1921, p. XCVI, [lire en ligne].
  134. Meurger 2003, p. 107 ; note 19, p. 117.
  135. Marie-Madeleine Castellani, « Les figures du Mal dans la bande dessinée Jhen », in Cahiers de recherches médiévales, no 2, 1996, [lire en ligne].
  136. (Bataille et Klossowski 1985, p. 92).
  137. Jost 1995, p. 178.
  138. Chiffoleau 2008, p. 12.
  139. Contamine, Bouzy et Hélary 2012, p. 948.
  140. Bataille et Klossowski 1985, p. 92.
  141. Heers 1994, p. ?.
  142. Olivier Bouzy, « Les débuts du règne de Charles VII : 1418-1428 », in Bulletin de l'association des amis du Centre Jeanne d'Arc, no 27, 2007 (année 2003), p. ?.
  143. Contamine, Bouzy et Hélary 2012, p. ?.
  144. Cazacu 2005, p. 102-104.
  145. Gros 2000, p. 117-126.
  146. Michel Rousse, « Le Mystère d'Orléans », in Cahiers Gilles de Rais, no 3, mai 1993, Nantes, Éditions Joca Seria, p. 27-31.
  147. Jost 1995, p. 179.
  148. Hamblin 2002, p. ?.
  149. Contamine, Bouzy et Hélary 2012, p. 296-297.
  150. Cazacu 2005, p. 146.
  151. Cazacu 2005, p. 331-332, note 57.
  152. Voltaire, Essai sur les mœurs et l'esprit des nations et sur les principaux faits de l'histoire depuis Charlemagne jusqu'à Louis XIII, 1756 ; édition consultée : Œuvres complètes de Voltaire, t. 10, Paris, Librairie Hachette et Cie, 1893, p. 462, [lire en ligne].
  153. Débat entre Salomon Reinach et Noël Valois, « Séance du 13 janvier 1905 », in Académie des inscriptions et belles-lettres, Comptes rendus des séances de l'année 1905. Bulletin de janvier-février, Paris, Alphonse Picard et fils éditeurs, 1905, p. 11, [lire en ligne]. Repris en annexe dans Salomon Reinach, « Gilles de Rais », in Cultes, mythes et religions, t. IV, Paris, Ernest Leroux Éditeur, 1912, p. 291, [lire en ligne].
  154. Plaidoirie de Jean-Yves Gœau-Brisonnière dans Prouteau 1992, p. 250.
  155. Savy 2006, p. 87-88.
  156. L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur…, 3e édition, Paris, A. Jombert jeune, 1783-1787, 3 vol. , 2, 1784, p. 908 ; édition consultée : ibid, t. 13, Paris, Valade, 1818, p. 228.
  157. Savy 2006, p. 87-88.
  158. « Gilles de Rais », dans Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes avec la collaboration de plus de 300 savants et littérateurs français ou étrangers, 2e édition,‎ 1843-1865 [détail de l’édition], p. 471.
  159. Michelet, Histoire de France, tome 5, Paris, Librairie classique et élémentaire de Louis Hachette, 1841, p. 211.
  160. Antoine Eugène Genoud, Histoire de France, 1844-1848.
  161. Henri Martin, Histoire de France depuis les temps les plus reculés jusqu'en 1789, Paris, Furne libraire-éditeur, 1855, t. 6, p. 397.
  162. Victor Adolphe Malte-Brun, La France illustrée : géographie, histoire, administration, statistique, t. 3, Paris, Jules Rouff, 1882, p. 19-20.
  163. Pierre Larousse, Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, Paris, Librairie classique Larousse, 1867, t. 2, p. 214.
  164. Barbe Bleue à La Suze.
  165. Pitre-Chevalier, La Bretagne ancienne et moderne, Paris, W. Coquebert, 1844, p. 481.
  166. Bossard 1886, p. 211, [lire en ligne].
  167. « (...) on voit qu'il [Michelet] a été induit en erreur, ou par une lecture trop rapide du manuscrit, ou, ce qui est plus probable, par le récit d'un historien mal informé. », Bossard 1886, p. 176, note 1, [lire en ligne].
  168. Bataille et Klossowski 1985, p. 274 ; 278 ; 286.
  169. « Séance du 13 janvier 1905 », in Académie des inscriptions et belles-lettres, Comptes rendus des séances de l'année 1905. Bulletin de janvier-février, Paris, Alphonse Picard et fils éditeurs, 1905, p. 11-14.
  170. Hervé Duchêne, « Notes complémentaires », in Salomon Reinach, Cultes, mythes et religions, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1996, p. 1210.
  171. Prouteau 1992, p. 15-27.
  172. a et b Prouteau 1992, p. 27.
  173. Prouteau 1992, p. 191-193.
  174. Kerhervé 1992, p. 6-8.
  175. Bouzy 1993, p. 17, [lire en ligne].
  176. Jost 1995, p. 151-161.
  177. Salomon Reinach, « Gilles de Rais », in Cultes, mythes et religions, 1912, p. 273-274, [lire en ligne].
  178. Prouteau 1992, p. 191.
  179. Parent et Facon 1984.
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  181. Heers 1994, p. 10.
  182. Meurger 2003, p. 14.
  183. Cazacu 2005, p. 184.
  184. Kerhervé 1992, p. 6-8, [lire en ligne].
  185. a, b et c Bouzy 1993, p. 17-25, [lire en ligne].
  186. Kerhervé 1992, p. 8.
  187. Jost 1995, p. 154.
  188. Jost 1995, p. 160.
  189. « Barbe-Bleue rejugé », dépêche de l'AFP, jeudi 18 juin 1992, [lire en ligne]).
  190. Cazacu 2005, p. 9.
  191. Jost 1995, p. 152.
  192. Gilbert Prouteau, Je passe aux aveux ! Entretiens avec Xavier Armange, Éditions d'Orbestier, 2002.
  193. Gilbert Philippe, « L'écrivain Gilbert Prouteau s'est éteint à 95 ans - Vendée », in Ouest-France, vendredi 03 août 2012.
  194. Jean de Raigniac, compte rendu du Roman de la Vendée de Gilbert Prouteau, in Lire en Vendée, juin-décembre 2010, p. 5.
  195. Bayard 1992, p. 9.
  196. Bayard 1992, p. 224.
  197. Jean-Pierre Bayard, Plaidoyer pour Gilles de Rais, Éditions Dualpha, coll. « Vérités pour l'Histoire », 2007.
  198. Présentation du no 132 de la revue Points de Vue Initiatiques, site de la Grande Loge de France.
  199. Bataille et Klossowski 1985, p. 55.

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