Gilles Jobin

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Gilles Jobin

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Gilles Jobin par Erling Mandelmann (2000)

Naissance
Morges en Suisse
Lieux de résidence Genève en Suisse
Activité principale Chorégraphe, danseur
Style Danse contemporaine
Lieux d'activité Genève en Suisse
Années d'activité Depuis 1995
Collaborations Maria Ribot Franko B Julius Von Bismarck Carla Scaletti Franz Treichler
Enseignement Rosella HightowerEcole de Danse de Genève
Conjoint Maria Ribot
Site internet www.gillesjobin-com

Gilles Jobin, né en 1964 à Morges, originaire de Saignelégier en Suisse[1], est un danseur et chorégraphe suisse travaillant à Genève.

Biographie[modifier | modifier le code]

Gilles Jobin est le fils du peintre abstrait Arthur Jobin. Il se forme tardivement à la danse classique à l'École supérieure de danse de Cannes Rosella Hightower à Cannes et au Ballet Junior de Genève[1], alors dirigé par Béatriz Consuelo. Il danse ensuite pour les compagnies Lausannoises de Fabienne Berger et de Philippe Saire, ainsi qu'avec la Catalane Angels Magarit.

Il prend en 1993 la codirection du Théâtre de l'Usine à Genève où il rencontre Maria Ribot, dite La Ribot, chorégraphe et danseuse madrilène qui deviendra sa compagne. En 1995, le couple s’installe à Madrid et Gilles Jobin se lance dans ses premières créations avec trois solos qui portent sur l'identité Bloody Mary (1995), Middle Suisse et Only You (1996)[2]. En 1997, il part pour Londres avec La Ribot, attirés par le Live Art anglais et la vitalité de la programmation de l'Institute of Contemporary Arts[3]. Il reçoit une bourse Artsadmin (en) qui l'accueille dans sa structure[3] et devient chorégraphe-résident à l'Arsenic de Lausanne. Il y fonde sa compagnie Parano Productions et crée la même année sa première pièce de groupe, A+B=X (trio)[1], pour le festival Les Urbaines. La pièce est présentée au Festival Montpellier Danse en 1999 et Gilles Jobin est reconnu, pour la radicalité de son travail, comme un « chef de file d'une nouvelle génération de chorégraphes suisses indépendants »[4].

En 1998, il crée le duo Macrocosm au Place Theatre de Londres, utilisant une écriture chorégraphique hors des cadres esthétiques établis où il pratique des incursions dans les arts visuels et le live art, comme avec le projet Blinded by Love (1998) réalisé avec le performer anglais Franko B (en)[5]. Braindance (quintet) crée en 1999 est présenté au Théâtre de la Ville à Paris, suivent des tournées internationales en Europe et au Brésil.

En 2001, Gilles Jobin crée une pièce majeur, The Moebius Strip (quintet), axée sur le mouvement continu[6], qui lui permet de radicaliser son travail sur l'horizontalité[7]. À l'inverse de ses précédentes œuvres qui développaient en thèmes sous-jacents le sexe, la nudité, la violence et la guerre[8], cette pièce n'utilise que lignes et géométrie[1]. Une création qui fait écho aux compositions de son père, Arthur Jobin, lesquelles oscillent entre rigueur géométrique et vibration intense des couleurs juxtaposées[3]. Il signe ensuite Under Construction (septet) en 2002.

Two-Thousand-and-Three, créé en 2003 pour les 22 danseurs du Ballet du Grand Théâtre de Genève clôt la trilogie créée selon un système de « mouvement organiquement organisé » particulièrement bien accueillie par la critique[9]. En 2004, il crée Delicado pour le Ballet Gulbenkian de Lisbonne. La même année, il s'installe avec sa famille à Genève et créé Steak House (sextet) en 2005. L'année suivante, le chorégraphe devient artiste associé à Bonlieu Scène nationale à Annecy[2] et produit Double Deux (2006), Text to Speech (2008), pièce avec laquelle il oriente son travail vers les nouvelles technologies, Black Swan (2009) et Le Chaînon manquant - The Missing Link (2010), créé avec des danseurs du Centre de danse Donko Seko de Bamako au Mali. En 2011, Gilles Jobin s'engage encore plus dans le mouvement dénué de toute structure narrative avec Spider Galaxies. En 2012 il obtient le prix Collide@Cern et devient ainsi le premier chorégraphe résident au CERN (Centre Européen pour le Recherche Nucléaire). Il clôt sa résidence en novembre 2012 par une conférence au Globe du CERN. En 2013, suite à sa résidence il crée QUANTUM au sein de l'éxperience CMS du CERN, une collaboration avec l’artiste visuel allemand Julius Von Bismarck (winner of Ars Electronica Prize), la compositrice américaine Carla Scaletti et le styliste belge Jean-Paul Lespagnard. Pour QUANTUM, Gilles Jobin et Julius Von Bismarck reçoivent le soutien de la Fondation d'entreprise Hermes dans le cadre de leur programme New Settings.

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Gilles Jobin a remporté de nombreux prix pour l’ensemble de son travail. En 2000, le prix jeune créateur décerné par la fondation vaudoise pour la promotion artistique, en 2001, « Nouveau Talent chorégraphique » décerné par la SACD, en 2004 le « Prix culturel Leenards ». Les films et documentaires consacrés à son travail, The Moebius Strip et Braindance, réalisés par Vincent Pluss, ainsi que Le Voyage de Moebius réalisé par Luc Peter, sont diffusés dans de nombreux festivals internationaux et ont été plusieurs fois primés.

Principales chorégraphies[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Panorama de la danse contemporaine. 90 chorégraphes, par Rosita Boisseau, Éditions Textuel, Paris, 2006, p.286-287.
  2. a et b Gilles Jobin, idéal Job dans Le Courrier du 13 janvier 2006
  3. a, b et c Gilles Jobin – Corps altérés de Bertrand Tappolet, éditions Pro Helvetia Fondation suisse pour la culture – collection cahiers d’artistes 2002, p.2
  4. Le Dictionnaire de la danse, sous la direction de Philippe Le Moal, éditions Larousse, 2008, p.227.
  5. Site AVDC
  6. Des corps à jet continu, par Muriel Steinmetz dans L'Humanité du 11 mai 2001.
  7. Extrait du Journal du Théâtre de la Ville, de Laurent Goumarre, mai 2001
  8. Avec "The Moebius Strip", Gilles Jobin signe une chorégraphie-manifeste, par Dominique Frétard, dans Le Monde du 11 mai 2001.
  9. À Genève, sa création transcende classique et contemporain. "Jobin, génie de mêlée" par Marie-Christine Vernay dans Libération du 12 septembre 2003.

Lien externe[modifier | modifier le code]