Gilles Boileau

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Gilles Boileau

Activités avocat, poète, traducteur
Naissance 22 octobre 1631
Paris, Drapeau de la France France
Décès 10 mars 1669 (à 37 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Langue d'écriture Français
Genres poésie, essai

Gilles Boileau, né à Paris le 22 octobre 1631 et mort le 10 mars 1669, est un avocat, poète et traducteur français, frère aîné du célèbre Nicolas.

Sa vie et son œuvre[modifier | modifier le code]

Il est avocat au parlement de Paris, puis payeur des rentes de l'Hôtel de ville. Ami de Furetière et de l'abbé Cotin, il est élu membre de l'Académie française en 1659. Quelques mois avant de mourir, à l'âge de seulement 37 ans, il est nommé contrôleur de l'argenterie du roi.

C'est Gilles Boileau qui introduit son frère dans les milieux littéraires, où il se fait vite remarquer sous le nom de Despréaux. Gilles, que l'on dit jaloux du succès de son cadet, aura cependant avec lui des relations orageuses. Au plus fort de leur querelle, Nicolas ira jusqu'à traiter son frère de « rebut de notre âge[1] », qualificatif qu'il regrettera par la suite et qu'il fera disparaître des Satires. L'abbé d'Olivet compare ainsi les talents des deux frères : « Les essais du cadet annoncèrent ce qu'on a vû de lui dans la suite, des chefs-d'œuvre de versification & de bon sens. Il n'y eut point en lui, si j'ose ainsi dire, d'enfance poëtique. L'âiné, au contraire, né avec beaucoup d'esprit, mais avec un jugment moins sain, ne se forma jamais l'idée du parfait. Il ne se défioit pas de sa trop grande facilité à écrire : facilité que M. Despréaux n'avoit point, & qui doit être toujours suspecte, quand ce n'est pas le fruit d'un long exercice[2]. »

La poésie de Gilles Boileau, en majeure partie satirique, dépasse en causticité celle de son frère. Connu pour « l'âcreté de sa bile[3] », il fait paraître en 1655 un Avis à M. Ménage qui déclenche une cruelle bataille d'épigrammes entre littérateurs. Lors d'un éclat qui ébranlera l'Académie, il va jusqu'à pourfendre l'épouse de Scarron :

Vois sur quoi ton erreur se fonde,
Scarron, de croire que le monde
Te va voir pour ton entretien ;
Quoi ! ne vois-tu pas, grosse bête,
Si tu grattois un peu la tête,
Que tu le devinerois bien ?

Quant aux traductions de Gilles Boileau, écrit l'abbé d'Olivet, « nous en avons deux considérables : celle d'Épictète, qui a été fort approuvée ; & celle de Diogène Laërce, qui est demeurée presque inconnue[4]. »Au sujet de la première, Pierre Bayle écrit : « Elle est bonne, et précédée d'une vie d'Épictète, la plus ample et la plus exacte que j'aie vue jusqu'ici. L'érudition et la critique y ont été répandues habilement[5]. »

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Tableau de Cébès, où il est traité de la manière de parvenir à la félicité naturelle, 1653
  • La Vie d'Épictète et l'Enchiridion, ou l'Abrégé de sa philosophie, avec le Tableau de Cébès, 1655
  • Advis à M. Ménage sur son églogue intitulée « Christine », 1655
  • Diogène Laërce. De la Vie des philosophes, 2 vol., 1658
  • Les Œuvres posthumes de défunt Monsieur B., de l'Académie françoise, contrôleur de l'Argenterie du Roy, 1670

Notes, sources et références[modifier | modifier le code]

  1. Nicolas Boileau, Satires, IX, 1668.
  2. Abbé d'Olivet, Histoire de l'Académie françoise, volume II, 1729, p. 118.
  3. Daniel Mornet, Histoire de la littérature française classique, p. 67 (1910)
  4. Op. cit., p. 120
  5. Cité par Tyrtée Tastet, Histoire des quarante fauteuils de l'Académie française depuis la fondation jusqu'à nos jours, 1635-1855, volume III, p. 174 (1855)

Liens externes[modifier | modifier le code]