Gilles-Éric Séralini

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Gilles-Éric Séralini

Naissance 23 août 1960
Bône (Algérie)
Champs Biologie moléculaire
Institutions Université de Caen
Diplôme Université Montpellier 2

Gilles-Éric Séralini, né le 23 août 1960 à Bône en Algérie[1], est un universitaire français[2],[3], professeur de biologie moléculaire depuis 1991, chercheur à l'Institut de biologie fondamentale et appliquée (IBFA) de l'université de Caen et codirecteur du pôle Risque Qualité et Environnement Durable de la Maison de la Recherche en Sciences Humaines [4] (pôle associé au CNRS).

Il s'est fait notamment connaître du grand public pour ses études sur les OGM et les pesticides et, en particulier, une étude toxicologique controversée et fortement médiatisée[5] publiée en septembre 2012, avant d'être retirée en novembre 2013, puis republiée par une nouvelle revue scientifique en accès libre en juin 2014. Cette étude inédite de toxicologie de long terme, portée par le Comité de Recherche et d'Information Indépendantes sur le génie Génétique (CRIIGEN), dont il est membre fondateur en 1999, remettait en question l'innocuité supposée par les industriels du maïs génétiquement modifié NK 603 et du Roundup sur la santé[6].

Biographie[modifier | modifier le code]

Gilles-Éric Séralini est né en Algérie en 1960 d'un père technicien dans les télécommunications et d'une mère institutrice. La famille s’installe à Thonon-les-Bains, puis à Nice où Gilles-Éric Séralini obtient son baccalauréat à 16 ans[7]. Il soutient sa thèse de doctorat en biochimie et biologie moléculaire à l'université de Montpellier-II en 1987. Il effectue ensuite des recherches fondamentales dans deux laboratoires en Ontario puis au Québec pendant quatre ans[8]. Il devient professeur de biologie moléculaire à l'université de Caen en 1991 et s'attache à l'étude du système hormonal[9].

En 1997, il commence à s'intéresser aux OGM et signe l'appel lancé par le botaniste Jean-Marie Pelt, qui demande, au nom du principe de précaution, un moratoire sur les cultures transgéniques, le temps d'en évaluer les risques[9].

Il est expert depuis 1998 pour le gouvernement français, l'Union européenne et plus récemment pour le Canada et l'Inde[10]. Il a ainsi été membre, de 1998 à 2007, de la Commission du génie biomoléculaire chargée d'autoriser les OGM, au sein du ministère de l'Agriculture et du ministère de l'Environnement.

Il fonde en 1999, avec Corine Lepage, le Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique (CRIIGEN), que rejoignent quelques chercheurs reconnus, tel Pierre-Henri Gouyon, professeur au Muséum national d'histoire naturelle[9]. Gilles-Éric Séralini est d'ailleurs le président du conseil scientifique du CRIIGEN.

Il a été membre de la Commission Borloo-Lepage au Grenelle de l’Environnement entre 2007 et 2008 afin de contribuer à une réforme réglementaire visant à réévaluer les biotechnologies au sein de l’Union Européenne[11].

Il a été nommé chevalier de l’ordre national du Mérite en 2008, sur proposition du ministère de l'Écologie pour l'ensemble de sa carrière en biologie[12].

Il est principalement connu pour ses travaux sur la toxicité de l'herbicide Roundup sur des cellules en culture. Il est particulièrement actif par ses prises de position très opposées à l'utilisation des plantes génétiquement modifiées en agriculture[13].

Travaux[modifier | modifier le code]

Gilles-Eric Séralini co-dirige, avec le sociologue Frédérick Lemarchand, le Pôle Risques, Qualité et Environnement durable de la Maison de la Recherche en Sciences Humaines de l'Université de Caen[14]. L’objectif du pôle est d’améliorer l’expertise, la recherche fondamentale et la communication sur les risques et vulnérabilités, par des connaissances pluridisciplinaires, intégrant les données et les logiques de l’environnement physique, biologique, chimique, économique et social.

Il a dirigé de 1991 à 2010 une douzaine de thèses expérimentales notamment sur les potentiels liens entre les perturbations des hormones sexuelles et divers types de cancers. Il a publié plus de 150 communications internationales en revues à comité de relecture et colloques, sans compter les revues nationales[11].

Étude publiée en 2007 sur la toxicité du maïs MON863[modifier | modifier le code]

Dans cette étude, il suggère que le maïs MON 863 de Monsanto, produisant une protéine insecticide d'origine bactérienne, provoquerait des signes de toxicité hépatique et rénale chez les animaux qui en consomment : une augmentation de 20 à 40 % des graisses dans le sang des femelles, de 10 % du taux de sucre, de la masse pondérale du foie et du corps. Par ailleurs, les reins sont le plus touchés chez les mâles, ce qui provoque une perte de poids. Des tests comparables ont mis au jour des différences au niveau du foie et des reins avec le colza GT 73[15].

Ces travaux controversés[16],[17] entendaient remettre en question la validité des études sur lesquelles les agences gouvernementales s'appuient pour autoriser les OGM. Après examen approfondi de l'étude, l'EFSA conclut que cette étude comportait des « résultats trompeurs » et « que l’article ne présente pas de justification scientifique valide susceptible de remettre en question la sécurité du maïs MON 863 »[18].

Étude controversée sur la toxicité à long terme du Roundup et du maïs OGM NK 603[modifier | modifier le code]

En septembre 2012, la revue américaine Food and Chemical Toxicology publie une étude de toxicologie de long terme, l'une des premières au monde, dirigée par Gilles-Éric Séralini faisant état d'effets tumorigènes et toxiques du maïs génétiquement modifié NK 603 et de l'herbicide Roundup sur des rats nourris pendant deux ans avec ces produits commercialisés par l'entreprise Monsanto. Cette étude a eu un grand retentissement médiatique et a relancé la controverse sur les OGM[19],[20] et l'évaluation des produits phytosanitaires associés à ces plantes.

La manière dont a été orchestrée la sortie de cette étude a été fortement critiquée par les scientifiques et par la presse. Pour Cédric Villani elle représente un accroc à la déontologie scientifique avec comme conséquence possible un effilochage des liens de confiance entre les scientifiques et la société, la fragilisation du lien de confiance entre les scientifiques eux-mêmes, et accessoirement le risque, par effet boomerang, de desservir la cause pour laquelle les auteurs de l’étude luttent[21]. Pour Sylvestre Huet, président de l'association des journalistes scientifiques de la presse d'information (AJSPI) « l'étude du professeur Séralini pose une question redoutable. Est-elle seulement médiocre, dans sa conception qui interdisait d'espérer des réponses robustes aux questions posées, et dans sa présentation dont le texte de l'article qui fait le silence sur les résultats mêmes de l'expérience qui contredisent les conclusions des auteurs ? Ou a t-on affaire à ce type de publications identifié par l'historienne des sciences Naomi Oereskes dans son livre “marchands de doutes ? »[22] Une réaction épidermique, similaire à celles d'autres journalistes scientifiques, agacés par la stratégie d'embargo et de "scoop" accordé au journal l'Express et une poignée de journaux, dont le Monde[23].

Les résultats de l'étude ont été rejetés par de nombreux scientifiques, plus ou moins spécialistes de la question, et parfois liés à l'industrie[23][24], sur la base d'analyses statistiques menées à partir des éléments contenus dans l'article, qui ne permettent pas de conclure à un effet toxique des maïs OGM, ou du Roundup, ni à l'absence d'effet[25].

Invité à se prononcer sur cette étude, Dominique Gombert, directeur de l'évaluation des risques de l'Anses reconnaît que l'étude de Séralini a le mérite d'être "ambitieuse et originale", en traitant la question des effets à long terme des OGM et des résidus de produits phytopharmaceutiques. Mais elle comporte des "faiblesses d'ordre statistique et explicatif qui ne permettent pas de remettre en cause les évaluations précédentes". L'Anses pointe néanmoins "la nécessité de s'attaquer à la question du risque chronique"[26].

Moins d'un an après, en juillet 2013 l'EFSA (autorité européenne de sécurité des aliments) a publié les principes directeurs pour effectuer des études de toxicité de deux années sur les aliments entiers[27]. Ce document indique notamment la taille des échantillons exigés pour obtenir un résultat exploitable en fonction du taux d'incidence chez le témoin et le différence détectable recherché[28]. Ce document montre que compte tenu du fort taux d'incidence des tumeurs chez les témoins (>45%) des groupes d'au moins 40 animaux sont nécessaires pour observer une différence de 30%, et pas moins de 27 588 sont nécessaires pour mettre en évidence un effet de 1%.

En novembre 2013, A. Wallace Hayes, le rédacteur en chef de la revue américaine Food and Chemical Toxicology annonce le retrait de l'article en estimant que s'il n'avait "relevé ni fraude, ni mauvaise interprétation des données", néanmoins "les données présentées, si elles n'étaient pas incorrectes, ne permettaient pas de conclure."[29] L'équipe Séralini a rejeté cette décision et dénoncé l'arrivée de Richard Goodman, ancien salarié de Monsanto, au Comité éditorial de la revue[29].

« In fine, l'Éditeur en chef en chef annonce à Séralini que son article est retiré parce qu'il est "inconclusif". Cette raison pourra sembler peu convaincante, car elle ne fait pas partie des causes de rétractation listées dans les guidelines de la revue. Il serait facile de trouver de nombreux articles dont les conclusions n'ont pas été confirmées et qui auraient pu avoir le même sort » observe Sylvestre Huet[30] dans Libération en décembre 2013.

Suite au retrait de l’étude, le journaliste du Monde Stéphane Foucart écrit en novembre 2013 : « En retirant l'article, FCT prive les recherches ultérieures d'éléments de comparaison, de confrontation, d'analyse. Pour inconclusives qu'elles sont aujourd'hui (ce que nient les auteurs), rien ne dit que dans l'avenir ces données – considérées comme intègres par la revue elle-même – ne seront pas utiles ou éclairantes. La décision de FCT ne semble donc pas motivée par les exigences de la science, mais plutôt par la volonté de faire place nette – ce qui satisfait les industriels concernés.»[31]

En juin 2014, la revue scientifique Environmental Sciences Europe du groupe de presse scientifique Springer, republie en accès libre l'étude dans une version légèrement remaniée[32][33], accompagnée des données brutes, ouvrant la voie à des contres expertises. Un article supplémentaire sur la possible influence des conflits d'intérêts dans les critiques contre ces travaux et leurs auteurs a été publié à la même occasion[34]. Selon Winfried Schröder, éditeur pour la revue Environmental Sciences Europe : « Nous souhaitons permettre une discussion rationnelle concernant l’article de Séralini et al. (Food Chem Toxicol 2012, 50:4221–4231) en le republiant. La compétition méthodologique est l’énergie nécessaire au progrès scientifique. Le seul objectif est de permettre la transparence scientifique et, sur cette base, une discussion qui ne cherche pas à cacher, mais bien à se concentrer sur ces controverses méthodologiques nécessaires. » [35]

En republiant son étude l'équipe du Pr Séralini confirme que "le pesticide le plus vendu au monde, le Roundup, provoque à des niveaux environnementaux faibles des déficiences hépato-rénales sévères et des perturbations hormonales, comme des tumeurs mammaires. Des effets comparables ont pu être observés lors de la consommation chronique d’un régime équilibré à base de maïs OGM rendu tolérant au Roundup."[36]

Procès et plaintes en diffamation[modifier | modifier le code]

En novembre 2010, Gilles-Éric Séralini poursuit devant les tribunaux Marc Fellous, professeur de génétique à l'université Paris 7 pour diffamation à la suite de propos tenus dans le cadre d'une demande d'équivalence de temps d'antenne formulée auprès du Conseil supérieur de l'audiovisuel[37]. À la suite de cette plainte, l’Association française pour l'information scientifique (AFIS), dont Marc Fellous est membre[38] publie un communiqué dans lequel elle rappelle la position de principe qui veut que les débats scientifiques ne se règlent pas devant les tribunaux[39].

Le 18 janvier 2011, Marc Fellous est condamné pour diffamation, par un jugement de la 17e chambre tribunal correctionnel de Paris, pour avoir écrit que « France 5 s’associe à la médiatisation d’un chercheur militant controversé et se fait le porte-parole d’un marchand de peur »[40] et que Gilles-Eric Séralini « se prétend indépendant alors que ses études sont financées par Greenpeace »[41]. Les juges ont estimé en revanche que les autres propos relevaient « du débat scientifique » et ne pouvaient à ce titre être poursuivis[42],[43]. À l'époque, Marc Fellous était président de l'Association Française des Biotechnologies Végétales (AFBV), association soutenue par les producteurs d'OGM.

Le 14 janvier 2012 Corinne Lepage annonce avoir avec Gilles-Eric Séralini porté plainte en diffamation contre « des assertions de fraude et données falsifiées publiées respectivement dans Marianne et La Provence par Jean-Claude Jaillette et Claude Allègre »[44]. Jean-Claude Jaillette se défendra de n'avoir fait que citer un article de scientifiques publié dans la revue Forbes où il était question d'un « parfum de fraude »[45], dans les milieux scientifiques anglo-saxon la fraude "misconduct" démarre dès qu'il y a omission volontaire de certaines données ou la création d'un protocole visant spécifiquement à obtenir des résultats conformant l’hypothèse de départ. Dans un entretien au journal La Provence, Claude Allègre parlait d'un « travail falsifié » et non de données falsifiées[46].

Controverses[modifier | modifier le code]

En février 2012, le site internet du CRIIGEN annonce le Prix du «  Scientifique international de l’année 2011  » , décerné au professeur Gilles-Éric Séralini par l'« International Biographical Centre of Cambridge »[47], « pour ses nombreux travaux de recherche sur les effets des OGM et des pesticides sur la santé  ». En fait, l'International Biographical Centre (en) (IBC), situé à Ely, Cambridgeshire, n'a rien à voir avec l’université de Cambridge[47], il s'agit d'une société commerciale frauduleuse vendant des diplômes honorifiques « factices », contre paiement et se présentant comme « The International Biographical Centre, of Cambridge, England » sur son site internet (on notera la ponctuation)[48]. La page a depuis été retirée du site du CRIIGEN. Le professeur Séralini argumentera, sans reconnaître le caractère fallacieux de la distinction, dans un droit de réponse à la revue Agriculture & Environnement[49], que des décorations telles que la Légion d'honneur ou l'Ordre du Mérite sont aussi sujettes à paiement.

Conflits d'intérêts[modifier | modifier le code]

Livre Tous Cobayes ? et documentaire associé[modifier | modifier le code]

La publication de l'étude de 2012 sur le maïs génétiquement modifié NK 603 fut très médiatisée et coïncida avec le lancement du livre Tous Cobayes ? ainsi que d'un documentaire associé. Ce mode opératoire est inhabituel dans la publication de travaux scientifiques, et fut également l'objet d'accusations de conflit d'intérêt. Dans un communiqué commun[50], l'Académie d'agriculture de France, l'Académie nationale de médecine, l'Académie nationale de pharmacie, l'Académie des sciences, l'Académie des technologies et l'Académie vétérinaire de France écrivent : « Quant aux conflits d’intérêt dont [Gilles-Éric] Séralini accuse continuellement les scientifiques de tous bords et de toutes origines, on peut se poser la question de l’absence de tels conflits d’intérêt pour lui-même et ceux qui l’entourent quand on connaît leur engagement écologique et les soutiens financiers qu’ils ont obtenus par des groupes de distribution fondant leur publicité sur l’absence d’OGM dans les produits alimentaires qu’ils proposent à leurs clients ».

Suite à cette intervention des Académies, 140 scientifiques français ont publié dans la presse une tribune intitulée "Science et conscience". Ils y dénoncent " le fait qu’un groupe d’une douzaine de personnes prétendant représenter six académies ait décidé d’un communiqué commun sans débat est contraire au fonctionnement normal de ces institutions et interroge sur la vision de la science et de la technologie (et de leur utilité sociale) ayant présidé à une telle décision."[51]

Entreprise Sevene Pharma[modifier | modifier le code]

Gilles-Eric Séralini a publié des études concernant des traitements à base de plantes destinés à « détoxifier » l'organisme[52], en particulier les granules homéopathiques de l'entreprise Sevene Pharma[53]. Dans son livre Nous pouvons nous dépolluer (2009), il parle de ses « amis de la Compagnie Sevene Pharma » qui « font pousser au Mazet dans le Gard, sans aucun pesticide, des plantes détoxifiantes et à propriétés médicinales variées du monde entier pour en faire tisanes, boissons légères non sucrées coupées aux fruits, d’une fraîcheur surprenante et très originale, et tout récemment médicaments. (…) Nous avons testé certains de ces extraits de plantes au laboratoire, ils semblent empêcher carrément les polluants de rentrer dans les cellules ! »[54] Des études de Gilles-Éric Séralini ont ainsi été financées par Sevene Pharma, des salariés de l'entreprise en étant par ailleurs coauteurs, comme Cécile Décroix-Laporte, directrice générale de la société Sevene Pharma Monoblet[55]. Le jury de la thèse de doctorat de Céline Gasnier, intitulée Mécanismes d'intoxication de cellules de mammifères par les herbicides à base de glyphosate et de détoxification comprenait à la fois Gilles-Éric Séralini, Cécile Decroix-Laporte et Joël Spiroux de Vendômois, président du CRIIGEN[56],[57]. En 2012, le laboratoire de recherche de Caen dirigé par Gilles-Éric Séralini a perçu de la société Sevene Pharma par deux fois des rémunérations de prestations pour des conférences auprès des professionnels de santé, et une rémunération en 2011 pour une formation de biochimie auprès des visiteurs médicaux de la société[58]

En décembre 2012, le blog Agriculture & Environnement a publié une enquête de Gil Rivière-Wekstein[59] tentant d'établir, de façon polémique, ce qu'il nomme la "part d'ombre" du Pr Séralini à travers un amalgame de liens entre Sevene Pharma et le mouvement Invitation à la vie (IVI) classé en 1995 et 1996 dans la catégorie « sectes[60] guérisseuses pseudo-catholiques » par la commission d'enquête parlementaire sur les sectes. La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires continuerait à les surveiller, tout en reconnaissant au Monde qu'IVI "n'a pas fait l'objet de signalements de dérive sectaire"[61] depuis ce classement datant de 1995.

Les documents sur lesquels s'appuient cet article de Gil Rivière-Wekstein montrent que Daniel Chauvin, qui préside le directoire de Sevene Pharma et détient 10 % des parts de la société, est aussi président de l'association IVI d'autres membres historiques du mouvement sont actionnaires de l'entreprise, comme Anne de Constantin (qui a préfacé un livre de la fondatrice du mouvement) ou encore Marie d'Hennezel, propriétaire du Domaine du Mazet, où sont cultivées les plantes à partir desquelles sont fabriqués les remèdes « détoxifiants » de Sevene Pharma. Au moment de la publication de l'enquête, la direction commerciale de Sevene Pharma était basée au siège d'IVI à Boulogne-Billancourt.

Interrogé par le journal Le Monde[61], Gilles-Eric Séralini dément toute relation avec IVI et déclare ignorer les liens entre IVI et Sevene Pharma, dont il admet avoir étudié les produits dans le cadre de l'encadrement d'une thèse et de deux publications. Daniel Chauvin, dans un droit de réponse dans la revue Agriculture & Environnement confirme les déclarations de Gilles-Eric Séralini[62].

Selon une enquête du Monde sur ces accusations, "Le site Web [ Agriculture & Environnement ] à l'origine des attaques lancées contre M. Séralini n'est pas anodin [...] Cette société employant deux salariés – dont M. Rivière-Wekstein – n'est pas une entreprise de presse, mais une société de consulting"[61] financée par le secteur de l'agro-industrie et spécialisée dans la critique des lanceurs d'alertes et militants écologistes anti-OGM.

Le 14 avril 2013, invité par le Front de Gauche à l'occasion d'une conférence sur le thème « Les polluants chimiques et les OGM dans l’alimentation », Gilles-Eric Séralini a assuré la promotion des produits de Sevene Pharma destinés à « détoxifier » le corps humain et a déclaré : « Il y a 8 médicaments qui ont été mis sur le marché à quelques euros (…) Ce n’est pas pour faire de la publicité pour ça. C’est juste pour dire que c’est possible. »[63]. Du 12 au 15 septembre 2013, Gilles-Eric Séralini est intervenu aux côtés de Marie d'Hennezel (actionnaire de Sevene Pharma et adepte d'IVI depuis plus de 30 ans) lors d'un séminaire sur le thème « L’environnement et ses différentes pollutions, médecine environnementale et détoxification » organisé par le CRIIGEN[64].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Le sursis de l'espèce humaine, Belfond, 1997 (Prix Compagnie Philips Éclairage de la vulgarisation scientifique 1998, remis par le festival Science Frontières[65]) ; rééd. revue et augmentée sous le titre Nous pouvons nous dépolluer !, Josette Lyon, 2009.
  • L'Évolution de la matière, de la naissance de l'Univers à l'ADN, éditions Pocket, collection « Explora », 1994.
  • OGM : le vrai débat, Flammarion,‎ 10 octobre 2000, 128 p. (ISBN 978-2080357335)
  • Ces OGM qui changent le monde, Flammarion,‎ 1er janvier 2003 (résumé). Nouvelles éditions revues et augmentées en 2004 et 2010.
  • Après nous le déluge ?, Flammarion,‎ 21 avril 2006, 186 p. (ISBN 978-2082105491, résumé). Coauteur : Jean-Marie Pelt.
  • Génétiquement incorrect, Flammarion,‎ 10 octobre 2011, 321 p. (ISBN 978-2082100946, résumé)
  • Tous cobayes!, Flammarion,‎ 26 septembre 2012, 224 p. (ISBN 978-2081262362)
  • Nous pouvons nous dépolluer, Broché,‎ 26 janvier 2009, 327 p. (ISBN 978-2843191886)

Participation à des ouvrages collectifs[modifier | modifier le code]

  • Médecines et Alimentation du futur, Le Courrier du Livre, 2009.
  • Les 7 familles du développement durable, Presse Entreprises. 2009.
  • Aux origines des plantes. Des plantes et des hommes, Fayard, 2008.
  • Regards croisés sur le commerce équitable, L'Harmattan, 2006.
  • Santé et Droits de l'homme, vol. 2, Médecine et Hygiène, 2006.
  • Ensemble sauvons notre planète, Guy Trédaniel, 2005.
  • Dictionnaire des risques. Approche socioanthropologique, Armand Colin, 2003.
  • La Guerre au vivant, Agone, 2001.
  • Les Organismes génétiquement modifiés face au droit, Annonces de la Seine, 2000.
  • Transgénique. Le temps des manipulations, Frison-Roche, 1998.
  • Génie génétique. Des chercheurs citoyens s'expriment, Sang de la Terre/Écoropa, 1997.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Gilles-Éric Séralini est l'un des acteurs du film-documentaire Severn, la voix de nos enfants (2010). Il a participé au débat faisant suite à la projection du film en avant-première à l'UNESCO. Il est apparu également en 2009 dans le documentaire The Idiot Cycle (en)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Gilles-Eric Séralini. OGM pas du tout », sur http://www.liberation.fr (consulté le 8 mars 2014).
  2. Fiche personnelle au Criigen.
  3. page web de uni-caen.fr
  4. Présentation du pôle Risques - Maison de la recherche en sciences humaines (MRSH).
  5. Voir par exemple le reportage d'une heure « OGM : vers une alerte mondiale ? », diffusé le 16 octobre 2012 à 20h30 sur la chaine de télévision France 5 http://tvmag.lefigaro.fr/programme-tv/fiche/france-5/documentaire/86967842/ogm-vers-une-alerte-mondiale-.html
  6. « Les OGM de Monsanto en accusation », Le Point, 20 septembre 2012.
  7. Laure Noualhat, « Gilles-Éric Séralini. OGM pas du tout »,‎ 19 octobre 2012
  8. Gilles-Éric Séralini sur ecolopedia.fr
  9. a, b et c « OGM : Gilles-Éric Séralini, un scientifique engagé et critiqué », sur lemonde.fr,‎ 20 septembre 2012
  10. Ces OGM qui changent le monde, Flammarion, 2010, quatrième de couverture.
  11. a et b Gilles-Eric Séralini, Curriculum Vitae, CRIIGEN, 2011 pdf
  12. JORF no 0026 du 31 janvier 2008, page 1853, texte no 14, « décret du 30 janvier 2008 portant promotion et nomination ».
  13. « Les dangers des OGM : Chat avec Gilles-Éric Séralini », Le Monde, 28 septembre 2004.
  14. « Membres du Pôle, PRQED de la MRSH, Université de Caen »
  15. (en) Joel Spiroux de Vendomois, Dominique Cellier, Christian Velot, Emilie Clair, Robin Mesnage & Gilles-Eric Séralini, « Debate on GMOs health risks after statistical findings in regulatory ests », International Journal of Biological Sciences, vol. 6, no 6,‎ 2010, p. 590-598 (lire en ligne [PDF])
  16. J. Doull et al., 2007, « Report of an Expert Panel on the reanalysis by Séralini et al. (2007) of a 90-day study conducted by Monsanto in support of the safety of a genetically modified corn variety (MON 863) », Food and Chemical Toxicology 45, 2073-2085. Remarque : on trouve dans l'article la mention suivante : « The authors gratefully acknowledge the financial and technical support provided by Monsanto Company. » (J. Doull et al. remercient Monsanto de les avoir soutenu techniquement et financièrement).
  17. Avis du Haut Conseil des Biotechnologies relatif à la saisine du 15 décembre 2009 de Monsieur le Député François Grosdidier, communiqué de presse du Haut Conseil des biotechnologies (HCB), 6 janvier 2010.
  18. « L'EFSA réaffirme son évaluation des risques du maïs génétiquement modifié MON 863 », communiqué de presse de l'EFSA, 28 juin 2007.
  19. Voir par exemple le reportage « OGM : vers une alerte mondiale ? », diffusé le 16 octobre 2012 à 20h30 sur la chaine de télévision France 5 http://tvmag.lefigaro.fr/programme-tv/fiche/france-5/documentaire/86967842/ogm-vers-une-alerte-mondiale-.html
  20. [1] haut-conseil des biotechnologies. réponse à la suite de l'article
  21. http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2012/11/affaire-s%C3%A9ralini-une-audition-%C3%A0-lassembl%C3%A9e-nationale-2.html
  22. http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2012/11/affaire-s%C3%A9ralini-une-audition-%C3%A0-lassembl%C3%A9e-nationale.html
  23. a et b http://www.acrimed.org/article4063.html
  24. Canard Enchainé du 26 septembre 2012
  25. Voir par exemple http://www.math.u-psud.fr/~lavielle/NK603B_lavielle.html
  26. http://www.medscape.fr/voirarticle/3462633
  27. http://www.efsa.europa.eu/fr/press/news/130731.htm
  28. http://www.efsa.europa.eu/fr/efsajournal/doc/3347.pdf
  29. a et b http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/11/28/97001-20131128FILWWW00132-seralini-maintient-ses-conclusions-sur-les-ogn.php
  30. Sylvestre Huet, « Affaire Séralini, suite, fin et suite... », Libération,‎ 2013 (lire en ligne)
  31. S. Foucart, « PGM : fallait-il retirer l'étude Séralini », Le Monde,‎ 30 novembre 2013 (lire en ligne)
  32. Le Monde, « Toxicité du Roundup et d'un OGM : Séralini republie son étude controversée », 26/06/2014, [2]
  33. Séralini et al. Environmental Sciences Europe 2014, 26:14 http://www.enveurope.com/content/26/1/14
  34. Séralini & al . Conflits d’intérêts, confidentialité et censure dans l’évaluation des risques pour la santé - L’exemple d’un herbicide et d’un OGM Environmental Sciences Europe 2014, 26:13 http://www.enveurope.com/content/26/1/13
  35. Séralini & al, Republished study: long-term toxicity of a Roundup herbicide and a Roundup-tolerant genetically modified maize, Environmental Sciences Europe 2014, 26:14
  36. CRIIGEN, republication, 24 juin 2014
  37. Le chercheur anti-OGM Séralini remporte son procès en diffamation - Rue89, 18 janvier 2011
  38. http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article981 Marc Fellous rejoint le comité scientifique de l'AFIS
  39. Affaire Séralini vs Fellous : L’AFIS soutient le professeur Marc Fellous - Communiqué de l'Association française pour l'information scientifique (AFIS), 22 novembre 2010
  40. « Le chercheur anti-OGM Séralini remporte son procès en diffamation », Rue 89,‎ 2011 (lire en ligne)
  41. Rapport du Pr G.-E. Séralini sur l'aubergine Bt « brinjal » en Inde
  42. Un chercheur condamné pour diffamation - Marc Mennessier, Le Figaro, 18 janvier 2011
  43. Ogm : jugement favorable pour un lanceur d’alerte - Communiqué de presse de France nature environnement, 19 janvier 2011 [PDF]
  44. http://www.marianne.net/OGM-Lepage-et-Seralini-veulent-faire-taire-Marianne_a225814.html
  45. http://www.forbes.com/sites/henrymiller/2012/09/25/scientists-smell-a-rat-in-fraudulent-genetic-engineering-study/
  46. http://www.laprovence.com/article/actualites/les-ecologistes-nous-nuisent
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  50. http://www.academie-sciences.fr/activite/rapport/avis1012.pdf
  51. Tribune de 140 scientifiques, « Science et Conscience », Le Monde,‎ 14 novembre 2012 (lire en ligne)
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  57. http://imposteurs.over-blog.com/article-frederick-lemarchand-ou-la-misere-de-la-sociologie-au-service-du-criigen-45200330.html
  58. http://www.lefigaro.fr/sciences/2013/01/09/01008-20130109ARTFIG00671-ogm-les-liaisons-dangereuses-du-pr-seralini.php
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  61. a, b et c http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/17/accusations-de-liens-entre-m-seralini-et-une-secte-guerisseuse_1818564_3244.html
  62. http://www.agriculture-environnement.fr/actualites,12/droit-de-reponse-a-daniel-chauvin,852.html
  63. http://alerte-environnement.fr/2013/04/22/seralini-continue-a-faire-de-la-pub-pour-sevene-pharma/
  64. http://www.lemasderivet.com/seminaires1/s-minaires-de-formation-criigen-2013.pdf
  65. Programme du XVe Festival Science frontières 1998

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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