Gilad Atzmon

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Gilad Atzmon

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Gilad Atzmon en février 2007.

Nom de naissance גלעד עצמון
Naissance 9 juin 1963 (51 ans)
Tel Aviv, Israël
Nationalité Israélienne
Pays de résidence Royaume-Uni
Profession
Musicien de Jazz
Activité principale
Autres activités
Militant politique

Gilad Atzmon (en hébreu גלעד עצמון, né le 9 juin 1963) est un jazzman et militant antisioniste britannique, né en Israël et résidant actuellement à Londres.

Musicalement, il a collaboré avec Shane McGowan, Robbie Williams, Sinéad O'Connor, Robert Wyatt et Paul McCartney.

Politiquement, il est un partisan affirmé de l'antisionisme, et de l'antijudaisme ; il considère ainsi le judaïsme comme une« idéologie qui mène le monde à une catastrophe et nous devons arrêter (la catastrophe) »[1]. C'est un partisan d'Israël Shamir[2] et Paul Eisen[2], des anti-sionistes et un pro-palestinien. En 2008, il considère les sionistes comme responsables du krach financier[3]. Il est également sujet de controverses, qualifié d'antisémite par une autre partie des militants pro-palestiniens et antisionistes[4],[5], il se défend de tout antisémitisme déclarant n'avoir rien contre les individus[6].

Biographie[modifier | modifier le code]

Petit-fils d'un officier supérieur de l'Irgoun, et du Sionisme révisionniste israélien, il rejoint Tsahal en 1981 sans pouvoir combattre à cause d'un accident d'escalade qui le force à se déplacer avec une canne. Il devient infirmier dans la Force aérienne et spatiale israélienne durant la Guerre du Liban[7],[8].

Positions[modifier | modifier le code]

Dans son ouvrage La Parabole d’Esther, Gilad Atzmon considère que les tensions qui interviennent dans le monde proviennent de ce qu'il appelle « le problème juif »[9] : « J’ai compris qu’Israël et le sionisme n’étaient que des sous-parties constituantes d’un problème beaucoup plus vaste, le problème juif »[10].

D'après Dominique Vidal, Atzmon se rapprocherait ainsi des thèses défendues par le faux antisémite Les Protocoles des sages de Sion[9].

« Le sionisme n’est pas un mouvement colonialiste ayant des intérêts en Palestine, contrairement à ce que suggèrent certains spécialistes. Le sionisme, en réalité, est un mouvement mondial alimenté par une solidarité tribale sans équivalent »[11]. « Manifestement, nous n’avons pas affaire seulement à Israël et aux Israéliens. En réalité, nous sommes en conflit avec une philosophie pragmatique extrêmement déterminée qui génère et promeut des conflits internationaux d’ampleur gigantesque »[12]. Ce qui conduit à « une guerre contre une mentalité regrettable qui a pris l’Occident en otage et l’a, tout au moins momentanément, détourné de ses inclinations humanistes et de ses aspirations athéniennes »[13].

Pour lui la Shoah est une « victoire sioniste » : « L’Holocauste a été une « victoire sioniste », exactement de la même manière que tout viol est interprété par les idéologues féministes séparatistes comme une vérification de la validité de leurs théories »[14].

Il analyse la création de l'État d’Israël comme un territoire tant rêvé aussi bien par les sionistes du XIXe siècle pour la construction d'un idéal que par les capitalistes anglais pour le contrôle du pétrole du Moyen-Orient depuis le début du XXe siècle. Atzmon affirme que de par une politique américano-anglaise, les idéaux ont été balayés au profit d'une politique impérialiste. « En raison de la nature raciste, expansionniste et judéo-centrique de l’État juif, le Juif de la Diaspora se trouve intrinsèquement associé à une idéologie intégriste et ethnocentrique, ainsi qu’à une interminable liste de crimes contre l’Humanité »[15].

Sur Dieudonné. il considère que « Dieudonné a montré qu’il pouvait résister à la terreur nationaliste juive », et qu' « il a exposé le continuum mortel entre le lobby juif, le soi-disant mouvement de solidarité avec les Palestiniens et l’establishment de la «Gauche» française »[16].

Le 26 mai 2014, il donne à Meyzieu (banlieue de Lyon) une conférence à deux voix en compagnie d'Alain Soral, intitulée « Les juifs et les autres ». Cette conférence sera présentée dans la presse locale (qui mentionnera uniquement le nom d'Alain Soral) comme « antisémite », et certains media[17] la diront annulée alors qu'elle a bien eu lieu[18].

Le 27 mai 2014, il effectue un concert de jazz en compagnie de Dieudonné au théâtre de la Main d'Or. À propos de cette rencontre, il déclare ceci dans un entretien accordé à Alimuddin Usmani : « Dieudonné lui-même est une force de la nature. Je ne suis pas surpris que les militants ethniques juifs et leurs subordonnés du gouvernement socialiste soient tourmentés par cet homme – il est authentique, garanti par l’existence et connecté avec le peuple. Dieudonné possède toutes les qualités athéniennes qui font défaut aux jérusalémites. Il n’est pas juste le Christ, il incarne la signification du Christ, par le moyen de l’humour il se transcende lui-même bien au-delà de sa situation difficile »[19].

Étant Israélien et de tradition juive, Gilad Atzmon se définit lui-même comme « haineux de lui-même et fier de l'être »[9]. De ce fait, « les antisionistes d’origine juive (cette catégorie peut englober des gens haineux d’eux-mêmes et fiers de l’être, comme moi) sont là pour donner une image de pluralisme idéologique et de souci de l’éthique »[20].

Critiques[modifier | modifier le code]

L'analyse d'Atzmon de l'histoire, l'identité et la culture juive introduit un antisémitisme particulièrement explicite dans le discours d'extrême gauche. Les Juifs anti-sionistes les plus éminents ont dénoncé Atzmon comme un antisémite[9],[21]. La plupart des autres anti-sionistes (notamment Palestiniens) ont emboîté le pas pour condamner Atzmon [5], mais dans certaines factions arabes, il existe encore une minorité de militants pour le défendre[22].

Dominique Vidal, journaliste au Monde Diplomatique et ancien directeur de rédaction, qualifie la prose d'Atzmon de « diarrhée nauséabonde »[9].

Selon ses détracteurs, Gilad Atzmon alimente les théories du complot et s'inscrit dans une ligne idéologique de type négationniste[9]. « Nous devons aussi nous demander à quoi servent, au juste, les lois sanctionnant le négationnisme de l’Holocauste ? Qu’entend cacher la religion de l’Holocauste ? Tant que nous ne nous poserons pas de questions, nous serons assujettis aux sionistes et à leurs complots. Nous continuerons à tuer au nom de la souffrance juive »[23].

Ses écrits sont aussi régulièrement repris par certains mouvements pro-palestiniens[24], d'autres pensent que ses déclarations discréditent leur cause[25].

En mars 2012, un groupe d'activistes palestiniens a publié une déclaration appelant au « désaveu d'Atzmon par les autres organisateurs palestiniens ainsi que les militants de la solidarité et les alliés du peuple palestinien », le décrivant comme un raciste et un antisémite ; les signataires de la déclaration sont, entre autres, Ali Abunimah, Naseer Aruri, Omar Barghouti, Nadia Hijab, Joseph A. Massad[5]

Discographie[modifier | modifier le code]

  • The Tide Has Changed - Label : World Village - Septembre 2010
  • In loving memory of America, Enja - Janvier 2009
  • Refuge – Label : Enja – Octobre 2007
  • Artie Fishel and the Promised Band - Label : WMD - Septembre 2006
  • MusiK – Label : Enja - Octobre 2004
  • Exile – Label : Enja – Mars 2004
  • Nostalgico – Label : Enja - Janvier 2001
  • Gilad Atzmon &The Orient House Ensemble – Label : Enja - 2000
  • Juizz Muzic- Label : FruitBeard - 1999
  • Take it or Leave It - Label : Face Jazz – 1999
  • Spiel- Both Sides – Label : MCI – 1995
  • Spiel Acid Jazz Band- Label : MCI - 1995
  • Spiel- Label : In Acoustic&H.M. Acoustica - 1993

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Ouvrages en anglais[modifier | modifier le code]

Ouvrages en français[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Entretien, « They try to call me an anti-Semite, I'm not an anti-Semite. I've got nothing against the Semite people, I don't have anything against people — I'm anti-Jewish, not anti-Jews »
  2. a et b Debate between Tony Greenstein and Gilad Atzmon
  3. Credit Crunch, ou plutôt : Siono-Upercut ?
  4. (en) « How did the far Left manage to slip into bed with the Jew-hating Right? », David Aaronovitch, The Times, 25 juin 2005
  5. a, b et c (en) « Palestinian writers disavow Gilad Atzmon », Ma'an News Agency, 14 mars 2012
  6. Gilad Atzmon, politique identitaire juive, interview de la BBC (2013, sous-titres français)
  7. Interview of Gilad Atzmon, BBC
  8. Interview de Gilad Atzmon par Paul Eisen, Talifilms
  9. a, b, c, d, e et f Dominique Vidal, Les protocoles de Gilad Atzmon[1][2], 5 avril 2012
  10. La Parabole d'Esther, p. 51
  11. La Parabole d'Esther, p. 56
  12. La Parabole d'Esther, p. 30
  13. La Parabole d'Esther, p. 31
  14. La Parabole d'Esther, p. 85
  15. La Parabole d'Esther, p. 92
  16. Gilad Atzmon à Algeriepatriotique : « Dieudonné a montré qu’il pouvait résister à la terreur juive »
  17. http://www.lyonmag.com/article/65126/conference-controversee-d-alain-soral-l-essayiste-esquive-lyon-collomb-soulage
  18. http://www.egaliteetreconciliation.fr/Les-juifs-et-les-autres-Conference-d-Alain-Soral-et-Gilad-Atzmon-26309.html
  19. http://www.egaliteetreconciliation.fr/Entretien-avec-Gilad-Atzmon-25741.html
  20. La Parabole d'Esther, p. 118
  21. GILAD ATZMON: Supporting Holocaust Deniers and spreading hatred of Jews, HOPE not hate, Nick Lowles, jeudi 24 Novembre 2011
  22. (en) « Antisemitic Discourse in Britain in 2011 », p. 30, Community Standard Trust, novembre 2012
  23. La Parabole d'Esther, p. 249
  24. Capture d'écran de http://www.info-palestine.net/
  25. (en) « Gilad Atzmon, antisemitism and the left », Andy Newman, The Guardian, 25 septembre 2011