Gil Scott-Heron

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Gil Scott-Heron

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Gil Scott-Heron au Regency Ballroom, San Francisco (2009)

Informations générales
Naissance
Chicago
Drapeau des États-Unis États-Unis
Décès (à 62 ans)
New York, État de New York
États-Unis
Activité principale Musicien, poète, romancier
Genre musical Jazz, soul, funk, spoken word
Années actives 1970 - 2011
Site officiel gilscottheron.com

Gil Scott-Heron, né le et mort le , est un musicien, poète et romancier américain. Il est célèbre pour ses « chansons-poèmes » The Revolution Will Not Be Televised, The Bottle ou Angel Dust.

Biographie[modifier | modifier le code]

Scott-Heron est né à Chicago. Il est le fils d'une bibliothécaire et du footballeur jamaïcain Gil Heron, également connu sous le nom de Black Arrow (flèche noire) lorsqu'il portait le maillot du club du Celtic FC, le célèbre club de football de Glasgow (Écosse). Après le divorce de ses parents, il passe son enfance dans le Tennessee au côté de sa grand-mère Lillie Scott, puis déménage à New York dans le quartier du Bronx pour y suivre ses études secondaires. Après avoir passé un an à la Lincoln University en Pennsylvanie, il publie son premier roman, The Vulture (Le Vautour) un polar qui brosse un portrait satirique de la société américaine, mais qui ne reçoit aucun écho à sa sortie[1].

Il commence à enregistrer en 1970 avec le 33-tours Small Talk at 125th & Lennox avec le soutien de Bob Thiele et comme coauteurs Brian Jackson, Hubert Laws, Bernard Purdie, Charlie Saunders, Eddie Knowles, Ron Carter et Bert Jones, tous musiciens de jazz (voir 1970 en musique). L'album, avec une chanson comme Whitey On The Moon, contient une diatribe contre le monde des médias, possédé principalement par des Blancs, et contre l'ignorance qu'ont les classes moyennes américaines des problèmes des populations pauvres des centres-villes.

Enregistré pour le label Flying Dutchman, l'album Pieces of a Man (1971) est de facture plus conventionnelle comparée aux chansons libres et souvent scandées du premier, mais il ne connut le succès qu'en 1975 avec Johannesburg. Son plus grand succès fut The Bottle (1975), produit par Scott-Heron et son associé, qui atteignit la 15e place sur la liste des meilleurs ventes de R&B (voir 1978 en musique).

Pendant les années 1980, Scott-Heron continue d'enregistrer, attaquant souvent le président Ronald Reagan et sa politique conservatrice :

« The idea concerns the fact that this country wants nostalgia. They want to go back as far as they can – even if it’s only as far as last week. Not to face now or tomorrow, but to face backwards. And yesterday was the day of our cinema heroes riding to the rescue at the last possible moment. The day of the man in the white hat or the man on the white horse - or the man who always came to save America at the last moment – someone always came to save America at the last moment – especially in “B” movies. And when America found itself having a hard time facing the future, they looked for people like John Wayne. But since John Wayne was no longer available, they settled for Ronald Reagan – and it has placed us in a situation that we can only look at – like a B movie. »
    — Gil Scott-Heron, "B" Movie

Scott-Heron fut écarté du label Arista Records en 1985, et arrêta d'enregistrer, bien qu'il continuât à tourner. En 1993, il signa pour TVT Records et sortit Spirits, un disque contenant le morceau Message To The Messengers. La première piste est une prise de position à l'attention des rappeurs de l'époque, et contient des commentaires comme :

  • « Four letter words or fours syllable words won't make you a poet, It will only magnify how shallow you are and let ev'rybody know it. »
  • « Tell all them gun-totin' young brothers that the 'man' is glad to see us out there killin' one another! We raised too much hell, when they was shootin' us down. »
  • « Young rappers, one more suggestion, before I get outta your way. I appreciate the respect you give to me and what you've got to say. »

Gil Scott-Heron y lance un appel envers les nouveaux rappeurs afin qu'ils recherchent le changement au lieu de perpétuer la situation sociale, pour qu'ils aient un discours plus clair et produisent des chansons plus artistiques : « There's a big difference between putting words over some music, and blending those same words into the music. There's not a lot of humour. They use a lot of slang and colloquialisms, and you don't really see inside the person. Instead, you just get a lot of posturing »

En 2001, Gil Scott-Heron est incarcéré pour consommation de drogue et/ou violences domestiques. Apparemment, la mort de sa mère alliée à la consommation de crack et de cocaïne l'entrainèrent dans un cercle vicieux.[réf. nécessaire]
Sorti de prison en 2002, Gil Scott-Heron apparait sur l'album de Blackalicious: "Blazing Arrow".

En 2010, à l'age de 61 ans, il signe son grand retour avec l'album I'm New Here[2], produit par Richard Russel qui était allé le voir dans sa cellule à la prison de Rickers Island pour le convaincre de revenir[3]. Les treize morceaux sont remixés par Jamie Smith des XX dans We're New Here[4].

Tombé malade du fait de sa séropositivité au cours d'un récent voyage en Europe, Gil Scott-Heron s'éteint le 27 mai 2011 dans l'hôpital pour pauvres de St Luke à New York[5].

Analyse[modifier | modifier le code]

Reconnu pour ses performances (sous influences musicales jazz, soul et funk) de chants scandés – spoken word – de la fin des années 1960 et des années 1970, certains le considèrent comme l'un des pères du rap[6]. Ses textes se nourrissent, entre autres, de la réalité de la rue des problèmes politiques et sociaux dont lui-même souffre au quotidien. Il s’impose comme défenseur de la cause noire américaine dès la fin des années 1960 en décrivant la misère, la violence et la drogue qui ravagent les ghettos, en critiquant la politique américaine (et notamment le gouvernement de Nixon), et étendra son propos à la dénonciation de l’Apartheid. Son titre musical le plus célèbre reste[réf. nécessaire] The Revolution Will Not Be Televised, où il met en parallèle la spontanéité de la révolte et l'impossibilité de la mettre en scène : « On ne verra pas des flics buter nos frères au ralenti à la télé, parce que la révolution sera live »[7].

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums studio[modifier | modifier le code]

Albums en public[modifier | modifier le code]

Compilations[modifier | modifier le code]

  • 1974 : The Revolution Will Not Be Televised
  • 1979 : The Mind of Gil Scott-Heron
  • 1984 : The Best of Gil Scott-Heron
  • 1990 : Glory: The Gil Scott-Heron Collection
  • 1998 : The Gil Scott-Heron Collection Sampler: 1974-1975
  • 1998 : Ghetto Style
  • 1999 : Evolution and Flashback: The Very Best of Gil Scott-Heron
  • 2004 : The Best Of Gil Scott-Heron Live
  • 2005 : Gil Scott-Heron & Brian Jackson - Messages (Anthology)
  • 2010 : Storm Music (The Best of Gil Scott-Heron)

Collaborations[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • 1970 : Small Talk At 125th And Lenox
  • 1970 : The Vulture (ISBN 0862415284) (Le Vautour, Éditions de l'olivier, 1998)
  • 1972 : The Nigger Factory (ASIN 0862415276)
  • 1990 : So Far, So Good (ASIN 0883781336)
  • 2001 : Now and Then: The Poems of Gil Scott-Heron (ISBN 086241900X)
  • 2012 : The Last Holiday (La Dernière Fête : Mémoires, Éditions de l'Olivier, 2013)

Vidéographie[modifier | modifier le code]

  • Black Wax de Robert Mugge (1982)
  • The Revolution Will Not Be Televised de Don Letts (BBC, Royaume-Uni, 2005)
  • Word Up de Malik Al Nasir (Fore-Word Press, Royaume-Uni, 2005)
  • The Paris Concert (2007)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lire l'avant propos de Gil Scott-Heron pour s'en rendre compte, ainsi que la notice en page 313 de l'édition de poche Points - Romans Noirs P1817 (éditions de l'olivier pour la traduction originale de 1998) : « [Le Vautour] - comme [Gil Scott-Heron] l'explique dans la préface de la présente édition -, a connu lors de sa parution en 1971 le même sort que tous les autres livres d'écrivains noirs à cette époque. Publiés chez un petit éditeur de littérature pornographique et de polar désireux d'ouvrir son catalogue à une marginalité, la littérature du ghetto. "Le Vautour" resta sans écho. Oublié avant d'être lu… »
  2. Kdbuzz.com
  3. Olivier Cachin, Nécrologie, Rock & Folk n° 527, juillet 2011
  4. (en) « We're New Here Gil Scott-Heron and Jamie xx », sur le site promo de l'album, consulté le 7 janvier 2011
  5. (en) « Musician, poet Scott-Heron dies », sur le site du Detroit Free Press, consulté le 28 mai 2011
  6. [Mort de Gil Scott-Heron, l'un des inspirateurs du rap sur Le Monde
  7. Olivier Cachin, Nécrologie, Rock & Foll n° 527, juillet 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]