Gibson ES-150

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Gibson ES-150 « Charlie Christian »
Image illustrative de l'article Gibson ES-150
Gibson ES-150 (1936)
Fabricant Gibson
Période 1936 - 1955
Fabrication
Corps caisse creuse
Manche collé
Bois utilisés
Corps table épicéa - fond éclisses érable
Manche acajou
Touche palissandre
Accastillage
Chevalet palissandre ou ébène type flottant
Cordier métallique type trapèze
Micros à barrette Charlie Christian
Couleurs disponibles
brun dégradé « sunburst »

C'est dès 1936 que la firme Gibson introduit dans son catalogue la Gibson ES-150 : ES pour Electric Spanish et 150 parce que vendue à cette époque 150$ avec un amplificateur. Réalisée à partir d'un modèle économique de guitare acoustique de jazz existant, la L-50, Elle fut la toute première guitare électrique à corps (souvent abusivement dénommé "caisse") acoustique creux (hollow body) commercialisée.

La ES-150 à ses débuts ne fit pas immédiatement l'unanimité parmi les guitaristes. Souvent cantonnés dans les orchestres à un rôle rythmique, ils voyaient là un instrument dont le jeu devait être différent. C'est sans nul doute le jeune guitariste Charlie Christian dont le nom restera associé à cette guitare, qui par son style de jeu nouveau, en fit la meilleure promotion.

Construction[modifier | modifier le code]

La ES-150 est essentiellement une guitare acoustique « électrifiée », c'est-à-dire une guitare construite selon des critères de lutherie assez proche de ceux de la famille des violons.

La caisse est constituée d'une table galbée (archtop), sculptée dans une pièce d'épicéa massif refendue et assemblée par le milieu et percée de deux ouïes étroites en forme de « f » comme celles d'un violon. Le fond presque plat et les éclisses sont réalisés en érable. Mais l'originalité principale du modèle est la forme "en X" du barrage qui soutient la table, alors que la L-50 possède un barrage "en H", comme la plupart des autres ES (Electric-Spanish) Gibson.

Le manche collé à la caisse est en acajou d'une seule pièce. Sa section est en forme de « V », ce qui était assez courant à cette période. Il est pourvu d'un système intégré, le truss rod servant à régler sa courbure. l'accès au truss rod se trouve sous une petite plaque (cache truss rod) vissée sur la tête du manche. La touche en palissandre est munie de repères incrustés en nacre, de simples points ronds (dot). La jonction du manche et de la caisse est faite au niveau de la 14e case. La touche est collée sur la table, ce qui augmente la rigidité de l'ensemble.

Le chevalet de type flottant, maintenu par la simple pression des cordes, est en palissandre. Il est constitué de deux pièces de bois et il est muni d'un dispositif à molettes permettant de régler la hauteur (action) des cordes sur le manche. Le cordier métallique de type trapèze est fixé sur l'éclisse à la base de la guitare. La ES-150 est munie d'une plaque de protection, le pickguard, de grande taille comme cela se faisait à l'époque. Cette plaque est maintenue au-dessus de la table par une vis et une petite pièce en forme d'équerre fixée sur le côté de la caisse afin de minimiser le contact avec la table pour ne pas en perturber les vibrations. Les mécaniques sur les premiers modèles ES-150 sont de qualité assez ordinaire.

La ES-150 est équipée d'un seul micro positionné près du manche et de deux boutons de potentiomètres de réglage, un pour le volume et l'autre pour la tonalité. Le potentiomètre de tonalité étant en fait un filtre laissant passer plus ou moins les aigus. La sortie, une prise Jack, est située à la base du cordier.

Le micro de la ES-150, conçu pour Gibson par Walter Fuller était à l'origine destiné à équiper des guitares hawaiiennes (Lap Steel). Ce micro communément appelé « micro à barrette » est d'une taille assez importante. Il s'agit d'un micro magnétique constitué d'un bobinage autour d'une lame et de deux gros aimants. Il est fixé par trois grosses vis apparentes, directement sur la table renforcée. Ces vis permettent de régler légèrement la position du micro afin d'en modifier l'effet.

Histoire[modifier | modifier le code]

Dans les années 1930, des guitaristes d'orchestre ont souhaité avoir des instruments susceptibles de valoriser leurs qualités d'instrumentiste. Il faut savoir que la guitare à ce moment-là était la plupart du temps utilisée comme instrument rythmique et à côté des cuivres, pianos et percussions on ne l'entendait que très peu voir pas du tout. Certains guitaristes se sont essayés au Banjo, beaucoup plus sonore, puis au Lap Steel électrifié qui, parce qu'on l'entendait, devenait de plus en plus populaire. Pour faire face à cet engouement quelques fabricants de guitares ont très vite compris qu'ils se devaient de réagir. C'est ainsi que les premières tentatives de guitares acoustiques électrifiées et amplifiées ont vu le jour. Parmi les précurseurs, on peut citer Rickenbacker et sa Electro-Spanish en 1932, Dobro, National et Gibson et sa ES-150 en 1936.

La ES-150 a été fabriquée jusqu'en 1955 et pendant toute la durée de sa production elle n'a pas fait l'objet de beaucoup de modifications alors que dans le même temps bien d'autres modèles de guitares électriques ont vu le jour avec des spécificités d'évolution très notable.

Les modifications les plus significatives furent en 1940 l'abandon du micro à barrette remplacé par un micro simple bobinage (single coil) à pôles ajustables fixé près du chevalet, en 1942 ce micro est fixé près du manche, en 1945 la taille de la caisse est sensiblement augmentée ; la largeur passe de 16¼" à 17" et la hauteur de 20¼" à 21".

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]