Gervais de La Rue

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Gervais de La Rue, né le 7 septembre 1751 à Caen où il est mort le 24 septembre 1835, est un homme d'Église et historien français, spécialiste de la littérature normande et anglo-normande.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ayant fait ses études classiques au collège du Bois et sa théologie à l’université de Caen, La Rue fut ordonné diacre en 1774 et devint sons-chapelain du couvent de la Charité de Caen en 1780. Sur la recommandation de l’intendant Esmangart, il obtint, en 1783, la chaire de troisième en histoire au collège des Arts. Il était doyen de la faculté des arts depuis 1786 lorsqu’il refusa, ainsi que les autres professeurs de l’université, de reconnaître la constitution civile du clergé lors de la Révolution.

Frappé de déportation, il s’embarqua au Havre, le 7 septembre 1792, avec une centaine d’ecclésiastiques, pour se réfugier en Angleterre où il occupa son exil à faire de la recherche. Il eut ainsi l’occasion d’examiner une vaste quantité de documents originaux conservés soit à la Tour de Londres, soit au British Museum. Il y découvrit de nombreux poèmes du Moyen Âge, notamment de Marie de France et de Wace et, ayant entrepris de rechercher et de copier ces poésies romanes pour lesquelles il s’était épris d’un vif enthousiasme, il devint l’un des premiers en Europe, depuis l’époque de la Renaissance, à attirer l’attention sur les trouvères et à publier les textes de leurs poésies.

Membre de la Société royale des Antiquaires de Londres et lié avec lord Leicester, sir Joseph Banks et le savant Benjamin Donn, il reçut les encouragements de Walter Scott dans son travail. D’Angleterre, il passa aux Pays-Bas, où il poursuivit ses recherches.

Lorsqu’il revint dans sa ville natale en juillet 1797, il s’empressa de compléter ses connaissances par l’étude des manuscrits conservés dans les bibliothèques de Paris. Ce ne fut qu’en 1808, lors de la création de l’Université, qu’il rentra dans l’enseignement en prenant possession de la chaire d’histoire à l’université de Caen, où il devait passer le reste de sa vie au poste de recteur.

Vers 1810, l’abbé de La Rue commença à attirer sur lui l’attention des érudits. Il écrivit, sous le titre de Lettres normandes, au Journal de l’Empire des 12 et 21 avril et 4 mai 1810, trois articles à propos d’une Dissertation sur les Trouvères, par Marie-Joseph Chénier. En 1815, il mit au jour un Mémoire sur les Bardes armoricains, Caen, in-8°, prélude d’un ouvrage plus considérable auquel il travailla vingt ans et qui parut en 1834, sous le titre d’Essais historiques sur les bardes, les jongleurs et les trouvères normands et anglo-normands, ibid., 3 vol. in-8°. Ce grand travail exposait, sur les origines et la formation de la langue française, des idées que les travaux de la philologie moderne n’ont fait que confirmer. L’ouvrage combattant surtout le système de Raynouard, une vive polémique s’engagea entre les deux savants.

Ses Essais sur la ville de Caen (1850, in-8°) et ses Recherches sur la tapisserie de la reine Mathilde (1824, 1841, in-8°) avaient placé le nom de l’abbé de la Rue à la tête des érudits de la Normandie. Un des promoteurs de la Société des antiquaires de Normandie, dont il fut le premier directeur, il fut élu membre libre de l’Académie des inscriptions en 1832. Il entretenait une active correspondance avec beaucoup de savants. Il avait l’intention de publier le Poème de Rou, de Wace, et les Poésies de Marie de France, mais il en remit le soin à Pluquet pour le premier et à Roquefort pour le second.

Gervais de La Rue fournit de nombreux mémoires à la Royal Society, à l’Académie des inscriptions et à la Société d'agriculture et de commerce de Caen ; il était également chevalier de la Légion d'honneur.

Il est inhumé dans le cimetière de Cambes-en-Plaine.

Principales publications[modifier | modifier le code]

  • Essais historiques sur la ville de Caen et son arrondissement (2 vol., 1820)
  • Recherches sur la tapisserie représentant la conquête de l’Angleterre par les Normands et appartenant à l’église cathédrale de Bayeux (1824)
  • Essais historiques sur les bardes, les jongleurs et les trouvères normands et anglo-normands, suivis de pièces de Malherbe, qu’on ne trouve dans aucune édition de ses œuvres (3 vol., 1834)
  • Mémoire historique sur le palinod de Caen (1841)
  • Nouveaux essais historiques sur la ville de Caen et son arrondissement, contenant mémoires d’antiquités locales et annales militaires, politiques et religieuses de la ville de Caen et de la Basse-Normandie (2 vol., 1842)

Référence[modifier | modifier le code]

  • Léon Tolmer, « Une Belle Figure sacerdotale : l’abbé Gervais de La Rue, historien normand (1751-1835) » dans le Bulletin de la Société des antiquaires de Normandie, Bigot, Caen, 1938, t. 45, pp. 5–40 [lire en ligne]

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