Germane

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Germane
Germane
Identification
Nom IUPAC tétrahydrure de germanium
Synonymes

Hydrure de germanium

No CAS 7782-65-2
No EINECS 231-961-6
Apparence gaz comprimé incolore, d'odeur acre[1].
Propriétés chimiques
Formule brute H4GeGeH4
Masse molaire[2] 76,67 ± 0,01 g/mol
H 5,26 %, Ge 94,71 %,
Moment dipolaire O D
Propriétés physiques
fusion −165 °C[1]
ébullition −88,5 °C[1]
Solubilité dans l'eau : nulle[1]
Masse volumique 1,53 g·cm-3[1]
Point d’éclair Gaz Inflammable[1]
Thermochimie
Δvap 14,06 kJ·mol-1 (1 atm, −88,1 °C)[3]
Propriétés électroniques
1re énergie d'ionisation ≤ 10,53 eV (gaz)[4]
Précautions
Directive 67/548/EEC
Très toxique
T+
Extrêmement inflammable
F+



Transport
263
   2192   
[5]
NFPA 704

Symbole NFPA 704

SIMDUT[6]
A : Gaz compriméB6 : Matière réactive inflammableD1A : Matière très toxique ayant des effets immédiats graves
A, B6, D1A,
Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

Le germane, ou tétrahydrure de germanium, est le composé chimique de formule GeH4. C'est l'hydrure le plus simple du germanium, et l'analogue du silane SiH4 pour le silicium ou du méthane CH4 pour le carbone. La molécule GeH4 a une géométrie tétraédrique, comme les molécules SiH4 et CH4.

Préparation[modifier | modifier le code]

Le germane est la forme industriellement la plus utile du germanium, de sorte que de nombreuses méthodes de préparation industrielle ont été élaborées pour en produire. On peut les ranger en trois catégories :

  1. par réduction chimique
  2. par réduction électrochimique
  3. à partir d'un plasma

La réduction chimique consiste à faire réagir des composés contenant du germanium (par exemple du germanium élémentaire, du tétrachlorure de germanium GeCl4 ou du dioxyde de germanium) GeO2 avec un agent réducteur tel que NaBH4, KBH4, LiBH4, NaAlH4, LiH, NaH ou MgH2. La réaction peut avoir lieu aussi bien dans un solvant organique qu'en solution aqueuse. En laboratoire, le germane peut s'obtenir en faisant réagir des composés au Ge(IV) avec des hydrures, par exemple :

Na2GeO3 + NaBH4 + H2O → GeH4 + 2 NaOH + NaBO2

La réduction électrochimique consiste à appliquer une tension entre d'une part une cathode de germanium métallique immergée dans un électrolyte aqueux et d'autre part une anode en molybdène ou en cadmium. Dans ce dispositif, le germane et l'hydrogène se forment à l'anode tandis que l'anode se couvre d'oxyde de molybdène ou de cadmium selon le cas.

La synthèse au plasma consiste à bombarder du germanium métallique avec des atomes d'hydrogène produits à partir d'une source plasma haute fréquence afin de produire du germane et du digermane.

Réactions[modifier | modifier le code]

Dans l'ammoniac liquide, GeH4 s'ionise avec NH3 pour former GeH3- et NH4+. Toujours dans l'ammoniac liquide, GeH4 réagit avec les métaux alcalins pour former des composés cristallins blancs de type MGeH3 (où M représente Li, Na, K, Rb et Cs). Les cristaux de KGeH3 et RbGeH3 ont la même structure que le chlorure de sodium, indiquant que les anions GeH3- y ont une rotation libre, contrairement au cristal CsGeH3, qui a la structure distordue de l'iodure de thallium.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f GERMANE, fiche de sécurité du Programme International sur la Sécurité des Substances Chimiques, consultée le 9 mai 2009
  2. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  3. (en) David R. Lide, CRC Handbook of Chemistry and Physics, CRC Press Inc,‎ 2009, 90e éd., Relié, 2804 p. (ISBN 978-1-420-09084-0)
  4. (en) David R. Lide, Handbook of chemistry and physics, CRC,‎ 2008, 89e éd., 2736 p. (ISBN 9781420066791), p. 10-205
  5. Entrée du numéro CAS « 7782-65-2 » dans la base de données de produits chimiques GESTIS de la IFA (organisme allemand responsable de la sécurité et de la santé au travail) (allemand, anglais), accès le 27 novembre 2008 (JavaScript nécessaire)
  6. « Tétrahydrure de germanium » dans la base de données de produits chimiques Reptox de la CSST (organisme québécois responsable de la sécurité et de la santé au travail), consulté le 25 avril 2009

Hydrures apparentés[modifier | modifier le code]