Gerardus van Turnhout

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Gerardus van TurnhoutGeert, Gerard ou Gérard de Turnhout

Nom de naissance Jacques
Naissance vers 1520
Turnhout ( ? )
Flag - Low Countries - XVth Century.png  Pays-Bas espagnols
Décès 15 septembre 1580
Madrid
Drapeau de l'Espagne Espagne
Activité principale compositeur
maître de chapelle
Style Musique de la Renaissance
messe
motet
chanson (française et néerlandaise)
Lieux d'activité Lierre - Anvers
Flag - Low Countries - XVth Century.png  Pays-Bas espagnols
Madrid
Drapeau de l'Espagne Espagne
Éditeurs Pierre Phalèse

Gerardus van Turnhout, aussi Gerard van Turnhout, Geert van Turnhout ou Gérard de Turnhout, né vers 1520, peut-être à Turnhout, et décédé le 15 septembre 1580 à Madrid, est un compositeur de l'école franco-flamande et maître de chapelle à la cour du roi Philippe II d'Espagne[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Philippe II d'Espagne, par Mor van Dashorst. Van Turnhout travailla pour lui de 1571 jusqu’à sa mort

Son nom de famille d'origine serait Jacques. La ville natale à laquelle il doit son patronyme était Turnhout[1]. Il se peut qu'il soit le frère de Jan-Jacob van Turnhout (vers 1545 - après 1618)[2] qui fut maître de chapelle à Bruxelles entre 1594 et 1618[1].

On ne connaît pas le moment exact de son ordination, mais en 1559 Gerardus van Turnhout était maître de chapelle de l’Église Saint-Gommaire à Lierre et il devint, en 1562, maître de chant de la Confrérie de l’Église Notre-Dame d'Anvers, à laquelle il fut associé à partir de 1559. C’est en 1563 qu’il succéda à Antoine Barbe dans la fonction de maître de chant[1],[3]. En 1564, il composa un Te Deum pour la Joyeuse Entrée à Anvers de Marguerite de Parme, régente des Pays-Bas. Comme les orgues et la collection de partitions de la cathédrale avaient péri dans le pillage par les iconoclastes en 1566, Turnhout dut s’occuper pendant les années qui suivirent à copier messes et motets pour remplacer ce qui avait été détruit. Il présida la commission qui examina les orgues nouvellement construites par l’Anversois Gillis Brebos[1].

Le 2 mai 1571, grâce à la médiation du duc d'Albe, Philippe II d'Espagne engagea Van Turnhout comme maestro de capilla de la Capilla Flamenca à Madrid. Après un sursis de plus d'un an, Van Turnhout entreprit le voyage à Madrid, accompagné d’un groupe de chanteurs recrutés dans les Pays-Bas. Il apparaît pour la première fois dans les documents d’archives en tant que maestro de capilla en novembre 1572. Il y a peu de données sur les activités de Van Turnhout pendant ses huit ans en Espagne. Philippe II d'Espagne le tenait en haute estime, comme en témoignent les nombreuses prébendes qu’il lui accorda. Van Turnhout occupa son poste jusqu'à sa mort. Une des tâches qui lui incombaient consistait à recruter, dans les Pays-Bas, des enfants de chœur pour la Capilla Flamenca[1].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Remarques générales[modifier | modifier le code]

Parmi les œuvres liturgiques de Van Turnhout on trouve une messe O Marie vernans rosa et des chansons françaises et néerlandaises. En 1564, il composa un Te Deum pour l'entrée solennelle de Marguerite de Parme à Anvers, et, en 1569, on publia de lui un recueil comprenant des chansons et des motets à trois voix. Des anthologies contiennent une messe et un nombre de chansons à deux et trois voix[1]. Les chansons françaises se distinguent par des mélodies qui progressent plus rapidement que les motets, dont la plupart sont imitatifs[1].

Œuvres[modifier | modifier le code]

La seule messe conservée de Van Turnhout est une œuvre d’une durée particulièrement longue. Les motifs mélodiques ne sont pas sans rappeler l'hymne Ave maris stella et l'antienne Assumpta est Maria. L’Agnus Dei résume la matière musicale en utilisant simultanément les deux motifs les plus importants[1].
Cette collection de vingt motets, deux chansons sacrées françaises, dix-huit chansons était destinée à l'usage privé. Dédié à Adriaen Dyck, greffier à Anvers[4], elle comprend, entre autres, des chants de Noël, d’Avent et de Carême, des mises en musique du Cantique des Cantiques et des chants de remerciement reflétant la loyauté de Van Turnhout ressentie envers Philippe II d'Espagne[1].
Une anthologie de bicinia ou chansons à deux voix, Liber musicus, duarum vocum cantiones, tum latinas tum gallicas atque teutonicas [...], publiée par Petrus Phalesius en 1571, contient quelques compositions de Gerardus van Turnhout, entre autres des harmonisations de chansons françaises telles que Susanne un jour d'amour solicitée  [sic] (un poème de Guillaume Guéroult) et Cessés mes yeulx de tant vous tourmenter (voir liens externes)[1].
Een Duijtsch musijck boeck, une anthologie de chansons en langue néerlandaise publiée par le même éditeur en 1572, comprend deux chansons à quatre et deux à cinq voix[1],[5] :
- Compt al uut zuijden, uut oosten (chanson sage et scripturale à quatre voix) [3] ;
- Hoort wel ons bedrijf die vruecht beminnen (cette folle chanson à quatre voix est un arrangement polyphonique de la première strophe d’une chanson de faction d’abord destinée par la chambre de rhétorique de Vilvorde au concours du Landjuweel d’Anvers de 1561[3] ;
- Overvlo[e]digen rijckdom noch armoede groot (chanson sage et scripturale à cinq voix) ;
- Susanna haer baeijende in een fonteijn (chanson sage et scripturale à cinq voix, qui fait allusion à une chanson populaire française, sans doute mise en musique par Didier Lupi Second, ici arrangée par Van Turnhout)[6],[7].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]