Gerardo Fernández Albor

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Gerardo Fernández Albor
Fonctions
Député européen d'Espagne
25 juillet 198919 juillet 1999
Élection 15 juin 1989
Réélection 12 juin 1994
Législature IIIe et IVe
Vice-président de l'Alliance populaire
29 janvier 198422 janvier 1989
Président Manuel Fraga
Antonio Hernández Mancha
1er président de la Junte de Galice
13 janvier 198228 septembre 1987
(5 ans, 8 mois et 15 jours)
Monarque Juan Carlos Ier
Législature Ire et IIe
Coalition AP minoritaire (1981-1985)
CP minoritaire (1985-1987)
Successeur Fernando González Laxe
Biographie
Date de naissance 7 septembre 1917 (96 ans)
Lieu de naissance Saint-Jacques-de-Compostelle
(Espagne)
Parti politique AP, puis PP
Diplômé de Université de Saint-Jacques
-de-Compostelle
Profession Médecin

Gerardo Fernández Albor
Présidents de la Galice

Gerardo Fernández Albor, né le 7 septembre 1917 à Saint-Jacques-de-Compostelle, est un homme politique espagnol, membre du Parti populaire (PP).

Médecin de formation, ancien pilote de chasse, un temps entrepreneur, il est élu président de la Junte de Galice, avec le soutien minoritaire de l'Alliance populaire (AP) en 1982. Deux ans plus tard, il devient vice-président de l'AP, avant d'être reconduit, en 1985, à la présidence de la Galice. Il exerce, par intérim, la présidence de son parti au début de l'année 1987 et est renversé du gouvernement régional par une motion de censure à la fin de cette même année. Élu au Parlement européen en 1989, il accomplit deux mandats, puis se retire de la vie politique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Une jeunesse marquée par la Guerre civile[modifier | modifier le code]

Aîné d'une fratrie de cinq enfants, il accomplit ses études secondaires au collège des Orphelines et à l'académie Gelmírez. Il entreprend ensuite des études supérieures de médecine et de chirurgie à l'université de Saint-Jacques-de-Compostelle, interrompues par le déclenchement de la Guerre civile espagnole. Il passe une grande partie de ce conflit en Allemagne, où il est formé comme pilote de chasse. Il termine son instruction avec le grade de lieutenant.

De longues études et une carrière de médecin[modifier | modifier le code]

Il revient ensuite en Espagne, achevant sa licence de médecine et chirurgie. Il prépare ensuite son doctorat à Madrid, mais le passe à l'université de Salamanque. Il parcourt ensuite l'Europe afin de se spécialiser en chirurgie générale et digestive, passant par Barcelone, Paris, Vienne, Londres et Lyon.

Il devient ensuite chef du service de chirurgie générale au centre hospitalier Concepción Arenal, à Saint-Jacques-de-Compostelle. Il fonde ensuite la polyclinique La Rosaleda, dont il prend la direction.

Passage par le monde des affaires[modifier | modifier le code]

Par la suite, il participe à la création de la société de développement intégral de la Galice et de la maison d'édition « société d'études, de publications et de travaux » (SEPT). Parallèlement, il fait partie des fondateurs de plusieurs institutions culturelles liées au galicien.

Président de la Junte de Galice[modifier | modifier le code]

Après avoir appartenu au Parti populaire galicien, il rejoint l'Alliance populaire (AP), dont le président national, Manuel Fraga, lui demande d'être chef de file pour les élections régionales 20 octobre 1981[1]. Avec 26 députés sur 71 au Parlement de Galice, il arrive de justesse devant le parti alors au pouvoir en Espagne, l'Union du centre démocratique (UCD), jusqu'alors dominante en Galice[2]. Il est élu le 8 janvier 1982 par 52 voix sur 71, à la suite d'un accord survenu entre l'AP et l'UCD[3], et prête serment treize jours plus tard, s'attirant les critiques des centristes pour n'avoir pas rendu hommage au gouvernement régional provisoire sortant[4].

Après avoir intégré d'anciens membres du parti centriste à son gouvernement en août 1983, il remanie celui-ci le mois suivant, afin de leur accorder plus de compétences[5]. Le 23 octobre, il est élu président de l'AP de Galice, sans opposition, et ce malgré les critiques concernant le vice-président de la Junte, José Luis Barreiro[6]. À l'occasion du VIe congrès national de l'AP, il est élu, le 29 janvier 1984, premier vice-président du parti, sous la présidence de Fraga[7].

Candidat à sa succession aux élections régionales du 24 novembre 1985, avec le soutien de la Coalition populaire (CP), qui regroupe l'AP et plusieurs autres partis de centre-droit, il remporte 34 députés sur 71, soit douze de plus que le Parti des socialistes de Galice-PSOE (PSdeG-PSOE), désormais première force d'opposition[8].

Il se présente alors à l'investiture, mais son discours ne reçoit pas le soutien des régionalistes de la Coalition galicienne (CG), les partis de gauche ayant déjà refusé de lui accorder leurs suffrages[9]. Le débat est suivi de deux votes d'investiture, qu'il perd à chaque fois par 37 voix contre 34, toutes les forces parlementaires ayant voté contre lui, sauf la CP[10],[11]. Alors qu'il est maintenu comme vice-président national de l'AP le 9 février, lors du VIIe congrès national[12], le comité exécutif de la CG décide de l'abstention de son groupe parlementaire lors des prochaines votes d'investiture le concernant[13]. Il échoue au premier tour, le 20 février, par 33 voix contre 26 et 11 abstentions[14], mais s'impose le lendemain, avec 34 voix en sa faveur, 26 contre et toujours 11 abstentions, la majorité simple étant suffisante[15].

Dès le 14 mai, par 34 voix contre 32, le Parlement approuve une motion présentée par le PSdeG-PSOE, qui critique la réorganisation des départements exécutifs de la Junte de Galice décidée trois mois plus tôt. À l'occasion de ce débat, les premières dissensions entre Albor et le vice-président du gouvernement régional, José Luis Barreiro, également secrétaire général de l'AP régionale, se font sentir dans l'enceinte parlementaire[16]. Le 30 octobre, sous l'impulsion de Barreiro, l'ensemble des conseillers du gouvernement membres de l'AP remettent leur démission, ceux issus des autres partis laissant leurs portefeuilles à sa disposition[17]. Le lendemain, en réunion de groupe parlementaire, 21 des 29 députés présents de la CP décident d'organiser un vote interne de confiance le concernant, malgré une demande contraire formulée par lui[18]. Il parvient finalement à se maintenir au pouvoir, formant un nouveau gouvernement dans lequel siègent plusieurs anciens conseillers et dont Mariano Rajoy, connu comme un adversaire de Barreiro, occupe la vice-présidence[19].

Avec la démission de Manuel Fraga de la vice-présidence de l'AP, il devient, le 5 décembre, président par intérim, même si tous les pouvoirs exécutifs sont confiés à un autre vice-président, Miguel Herrero[20]. Il rejoint cependant la candidature de l'opposant d'Herrero, Antonio Hernández Mancha, pour le VIIIe congrès national, organisé les 7 et 8 février 1987, et est réélu vice-président, sous la direction de ce dernier[21].

Au mois d'août suivant, Fraga laisse clairement entendre qu'il sera le prochain candidat à la présidence de la Junte de Galice[22], tandis que Pablo González Mariñas, chef de file de la CG aux élections de 1985 et qui a depuis fondé, par scission, le Parti nationaliste galicien (PNG), évoque la nécessité de voter, à l'encontre d'Albor, une motion de censure[23]. Les socialistes annoncent, en septembre, le dépôt d'un tel texte[24], mais les négociations avec les autres forces de l'opposition se révèlent difficiles, notamment dans la répartition des postes au sein du gouvernement régional[25]. Finalement, le 23 septembre, le Parlement de Galice approuve la motion, par 40 voix contre 29 et 2 abstentions, le PSdeG-PSOE, la CG, le PNG et le Parti socialiste galicien-Gauche galicienne (PSG-EG), qui ne participe pas au gouvernement de coalition, votant pour et entraînant l'élection du socialiste Fernando González Laxe en remplacement d'Albor[26].

Député européen[modifier | modifier le code]

Lors du IXe congrès national du Parti populaire (PP), qui succède à l'AP, en janvier 1989, il n'est pas reconduit comme vice-président du parti. Toutefois, il se présente, le 15 juin suivant, aux élections européennes, sur la liste de Marcelino Oreja. Réélu 12 juin 1994, sur la liste conduite par Abel Matutes, il devient, le 28 mai 1996, président de la commission des Affaires étrangères, de la Sécurité et de la Politique de défense. Il est remplacé dès le 15 janvier 1997, ne se représente pas aux élections du 13 juin 1999 et quitte alors la vie politique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (es) « Cuatro candidatos se disputan la presidencia de la Junta autonómica de Galicia », El País, le 13 octobre 1981
  2. (es) « Espectacular crecimiento de AP en detrimento de UCD en las elecciones al Parlamento gallego », El País, le 21 octobre 1981
  3. (es) « Fernández Albor, elegido primer presidente de la Junta autonómica gallega », El País, le 8 janvier 1982
  4. (es) « El nuevo presidente del Gobierno autónomo gallego juró lealtad al Rey y a la Constitución », El País, le 22 janvier 1982
  5. (es) « La Xunta de Galicia reduce el número consejerías », El País, le 19 septembre 1983
  6. (es) « Fernández Albor, nuevo presidente de Alianza Popular en Galicia », El País, le 23 octobre 1983
  7. (es) « Sólo 139 delegados no votaron la candidatura que encabezaba Fraga », El País, le 30 janvier 1984
  8. (es) « La victoria de Coalición Popular sin mayoría absoluta abre incógnitas sobre la gobernabilidad de Galicia », El País, le 25 novembre 1985
  9. (es) « Coalición Galega se resiste a apoyar a Fernández Albor », El País, le 15 janvier 1986
  10. (es) « Fernández Albor no superó la primera ronda para su investidura », El País, le 17 janvier 1986
  11. (es) « La votación contra Fernández Albor condiciona el referéndum OTAN », El País, le 18 janvier 1986
  12. (es) « La vicepresidencia de Fernando Suarez, única innovación en la "cúpula" », El País, le 10 février 1986
  13. (es) « Coalicion Galega decide facilitar la investidura de Fernández Albor », El País, le 11 février 1986
  14. (es) « Fernández Albor será reelegido hoy presidente de la Xunta en la cuarta votación », El País, le 21 février 1986
  15. (es) « Fernández Albor, reelegido presidente de la Xunta, gracias a la abstención de Coalición Galega », El País, le 22 février 1986
  16. (es) « El Parlamento gallego aprueba una moción de censura contra Fernández Albor », El País, le 15 mai 1986
  17. (es) « Dimiten los consejeros de la Xunta de Galicia ante la negativa de Fernández Albor a dejar la presidencia », El País, le 31 octobre 1986
  18. (es) « Fernández Albor pierde la confianza de la mayoría de los parlamentarios de Coalición Popular », El País, le 1er novembre 1986
  19. (es) « Fernández Albor recupera a varios ex consejeros para su nueva Xunta », El País, le 5 novembre 1986
  20. (es) « Herrero de Miñón tendrá "todos los poderes" en Alianza Popular hasta el congreso extraordinario », El País, le 6 décembre 1986
  21. (es) « Hernández Mancha venció por holgada mayoría a Herrero en el congreso extraordinario de AP », El País, le 8 février 1987
  22. (es) « Fraga confirma que la dirección de AP piensa designarle candidato a presidir la Xunta », El País, le 8 août 1987
  23. (es) « González Mariñas cree "una necesidad" la censura contra Fernández Albor », El País, le 21 août 1987
  24. (es) « El PSOE presentará este mes una moción de censura contra Fernández Albor », El País, le 12 septembre 1987
  25. (es) « El reparto de poder dificulta el pacto para derrocar a Fernández Albor como presidente de Xunta », El País, le 20 septembre 1987
  26. (es) « Fernando González Laxe, nuevo presidente de la Xunta al prosperar la moción de censura de los socialistas », El País, le 24 septembre 1987

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]