Gérard Filoche

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Gerard Filoche)
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Filoche (homonymie).

Gérard Filoche

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Gérard Filoche à Paris en septembre 2010.

Naissance 22 décembre 1945 (68 ans)
Rouen
Profession

Gérard Filoche, né à Rouen le 22 décembre 1945, est un homme politique français de gauche. Ancien dirigeant de la Ligue communiste révolutionnaire, il a rejoint en 1994 le Parti socialiste. Il est également connu pour son métier d'inspecteur du travail et ses livres sur Mai 68 et sur le droit du travail, ses travaux sur les questions sociales et le salariat (code du travail, retraites, sécurité sociale, CHSCT, dette publiqueetc.).

Famille[modifier | modifier le code]

Gérard Filoche est né à Rouen le 22 décembre 1945 d'un père cheminot et d'une mère aide-soignante.

Il est, avec Françoise, le père de Léa Filoche, conseillère de Paris, Emma et Germain puis, avec Sybille Fasso, de Louise Fasso Filoche[1],[2].

Activités professionnelles[modifier | modifier le code]

Ayant obtenu une licence et un certificat de maîtrise de philosophie à Rouen en 1968, il est successivement facteur, conducteur de train, manutentionnaire, chauffeur-livreur, maître-auxiliaire, enseignant de philosophie, journaliste, un des dirigeants du quotidien Rouge du 15 mars 1975 au 29 janvier 1979, ouvrier du livre, puis contrôleur du travail à la formation professionnelle de 1982 à 1985. Nommé inspecteur du travail pour ses 40 ans en 1985, il exerce ses fonctions d'abord dans l'agriculture en Champagne-Ardenne de 1987 à 1989, ensuite à Paris, 3e arrondissement de mars 1989 à avril 2003 et enfin, 2e arrondissement.

Inspecteur du travail[modifier | modifier le code]

Il est également connu de par sa profession d'inspecteur du travail. Cette activité lui a valu d'être nommé « personnalité qualifiée » de 1999 à 2001 au Conseil économique et social par Lionel Jospin, où il fit adopter un « avis » sur les « 20 ans de CHSCT ».

Il a collaboré à un documentaire de 70 minutes de Richard Bois, La dernière digue, l'inspection du travail, diffusé sur France 2 le 2 avril 2000. Il est à l'origine de l'idée et a collaboré au téléfilm Simon le juste, avec Dan Franck et Gérard Mordillat, diffusé sur France 2 le mercredi 29 janvier 2003.

En 2007, il est menacé d’être mis en examen par le juge Yves Madre pour avoir menacé dans son activité professionnelle régulière un employeur de lui dresser un procès-verbal : le patron porte plainte pour « chantage ». Le juge interroge Gérard Filoche (en présence de son avocat) pendant cinq heures au Palais de justice de Paris, le vendredi 9 mars 2007, et renonce, finalement, à le mettre en examen.

De 2006 à 2008, il est l'un des principaux acteurs à s'opposer à la recodification du Code du travail, dont il critique des changements défavorables aux salariés[3].

À la fin de l'année 2009, Gérard Filoche est mis en examen puis renvoyé en correctionnelle pour chantage puis entrave au fonctionnement du comité d'entreprise de Guinot - Mary Cohr[4] à l'été 2004[5]. Lors de la séance du comité d'entreprise statuant sur le licenciement d'une déléguée syndicale CGT, Gérard Filoche aurait imposé sa présence et exercé des pressions sur les membres du comité d'entreprise. En fait le CE était « bidon », composé d'un seul membre au service de l'employeur. Une pétition de soutien à Gérard Filoche recueillit plus de 42 000 signatures en quelques semaines[6]. Dans cette même affaire, le comité d'entreprise donna un avis indicatif favorable au licenciement de la déléguée syndicale, Gérard Filoche refusa de donner l'autorisation de licenciement, le ministère du Travail cassa cette décision, puis le tribunal administratif confirma la légitimité de la décision de Gérard Filoche contre l'avis du directeur général du travail, Jean-Denis Combrexelle[7]. Le 12 octobre 2011, il est relaxé en première instance par le tribunal correctionnel de Paris[8]. L'institut de beauté ayant fait appel du jugement[9], le 3 juillet 2012 la Cour d’appel du TGI de Paris, après huit ans de procédures, juge irrecevable la plainte attribuée au CE Guinot[10],[11]. L'administration, qui la lui avait refusée, finit par lui accorder la « protection fonctionnelle » dans cette affaire le 26 juillet 2012.

Parmi ses livres, une quinzaine ont trait au droit du travail.

Il prend sa retraite le 23 décembre 2010.

Au premier semestre 2013, il s'oppose à l'ANI (accord national interprofessionnel du 11 janvier 2013) avant que celui-ci ne devienne la loi du 14 juin 2013. Puis il refait campagne en défense du droit à la retraite à 60 ans sans décote sous le slogan « pas un trimestre de plus, pas un euro de moins ».

Militant d'extrême gauche[modifier | modifier le code]

D'origine ouvrière (père menuisier à la SNCF, mère aide-soignante), il fait des études de philosophie à l'université de Rouen et adhère à l'UNEF. Il adhère à la CGT en 1963. Il devient membre de l'Union des étudiants communistes et du Parti communiste français ; il en est exclu en 1966. Il anime le Comité Vietnam de Rouen, cofonde la Jeunesse communiste révolutionnaire (trotskiste) et participe à mai 68 en tant que dirigeant du « comité de grève des étudiants de Rouen ». Il devient président de l'Association générale des étudiants rennais-UNEF. Il anime une puissante section de la Ligue à Rouen après Mai 68.

Il participe à la fondation de la Ligue communiste, puis de la Ligue communiste révolutionnaire, et siège 25 ans au bureau politique de ces deux mouvements successifs siège au bureau politique. Sa compagne, Françoise Filoche, rencontrée en 1961, épousée en 1971, qui est à l'origine de son engagement politique, est l'une des premières féministes de la Ligue communiste, organisant un courant révolutionnaire au début des années 1970 au sein du MLF[12]. Selon lui, seuls Alain Krivine, Daniel Bensaïd et Michel Recanati étaient au courant du but de la manifestation du 21 juin 1973 contre le meeting d'Ordre nouveau à la Mutualité, manifestation qui conduisit à la dissolution de la Ligue communiste[13].

Il lance, seul au début, une tendance « T1 », en juin 1974 (20 % des voix au Congrès de 1975) ; elle se renouvellera au congrès de 1976. Elle se différenciera sur l'analyse de la révolution portugaise de 1975-1976. Elle se distinguera en défendant un « travail de masse », un « front unique », un « gouvernement PS-PC », un « syndicalisme unitaire » (syndicat étudiant, syndicat lycéen, syndicat de soldats, unité des syndicats de salariés). Elle représente l'opposition à la T2, majoritaire, d'Alain Krivine, Daniel Bensaïd et Henri Weber[14]. Il ne s'alliera avec Krivine qu'en 1978-79, alors que la LCR ferme le quotidien Rouge et effectue un plan social de licenciement, dont Filoche est chargé[14]. Devenu majoritaire en 1979, il ne pourra empêcher la scission d'une aile de son ancienne tendance avec Daniel Gluckstein, qui se rallie au lambertisme au congrès de l'Haÿ-les-Roses, en novembre 1979.

Il est membre du Secrétariat unifié de la Quatrième internationale de 1979 à 1994. Il participe ou anime à plusieurs reprises des tendances internationales lors des Congrès mondiaux.

Il anime la minorité « unitaire » de la LCR tout au long des années 1980, avant de créer « Vent d'Est » puis « Démocratie & Socialisme » lorsque survient la chute du mur de Berlin et le refus de la LCR de voter à gauche au scrutin de 1993. Sa tendance, après un stage collectif de réflexion à Revel en juillet 1994, rejoint le Parti socialiste[15].

Militant de la gauche du Parti socialiste[modifier | modifier le code]

Début 1994, il lance avec D&S (et les syndicalistes de renom Raymond Vacheron, Eric Thouzeau, René Defroment, Jean Yves Lalanne, Jean-Claude Branchereau...) une campagne pour « les 35 h sans perte de salaires ». Il rejoint en septembre 1994 le Parti socialiste avec 150 autres militants, et intègre immédiatement son conseil national. Il est un fervent défenseur de l'union de toute la gauche[16].

En 1999, le Medef de Seine-et-Marne lui fait procès au motif qu'il a dit sur France Bleu Melun que « les patrons trichaient avec les 35 h » et parce qu'il « démoralise les chefs d'entreprise » ; il gagne ce procès, et le Medef 77 est condamné à lui verser 10 000 F pour abus du droit d'ester en justice. En 2001, Denis Kessler, du Medef, lui fait procès, parce que la revue D&S en « une » lui a attribué le titre d'« ennemi public n° 1 » ; Gérard Filoche gagne le procès, et le Medef est condamné à lui verser 40 000 F pour abus du droit d'ester en justice.

De 2000 à 2005, il est membre du bureau national du Parti socialiste. D&S fusionne en 1995 avec la Gauche socialiste ; il essaie d'empêcher son éclatement à l'été 2002, faisant adopter à l'unanimité les « thèses de Nantes », mais l'antagonisme Mélenchon-Dray impose la scission malgré cela. Puis il cofonde en 2002 le courant Nouveau Parti socialiste, alors que le courant D&S Démocratie et Socialisme se partage entre NPS (Nouveau Parti socialiste, Vincent Peillon, Arnaud Montebourg, Benoit Hamon) et Nouveau Monde d'Henri Emmanuelli et de Jean-Luc Mélenchon[17].

Il est rédacteur en chef de la revue Démocratie et Socialisme depuis 1992. Cette revue, animée par ses proches, se veut passerelle entre les différentes sensibilités de la gauche du Parti socialiste. Candidat en 45e position (non éligible) sur la liste PS des européennes en 1999, il est évincé des élections municipales de Combs-la-Ville en 2001, alors qu'il est secrétaire de section depuis cinq ans, après quatre votes et à une voix près, et n'a donc jamais eu de mandat électif.

Il mène campagne pour le « Non » au Traité constitutionnel européen, contre la position officielle du Parti socialiste, alors que le courant NPS, qui s'est aussi prononcé pour le « Non », ne mène pas campagne. Il milite pour le rapprochement des courants de gauche du Parti socialiste, notamment lors d'un grand meeting à la Halle Carpentier à Paris le 10 avril 2004, qui rassemble 40 % du PS (NPS, NM, FM, et D&S). Il fait le tour de France, 20 régions, en « trio socialiste » avec Marc Dolez et Jacques Généreux, 86 meetings devant 36 000 personnes du 29 mars 2005 au 29 mai 2005, aidant le « Non socialiste » à gagner. Poussé vers la sortie du courant NPS par Vincent Peillon à cause de cette campagne publique, il cofonde en 2005 le courant Alternative socialiste avec Henri Emmanuelli, Marc Dolez et Jean-Pierre Masseret. Il milite pour une alliance négociée entre AS et NPS pour le congrès du Mans, mais il refuse la synthèse, de même que Marc Dolez. Les deux fusionnent leurs sensibilités dans le courant Forces militantes pour la démocratie et le socialisme. Filoche refait un tour de France de meetings à l'occasion de la mobilisation victorieuse contre le CPE au printemps 2006, puis contre la « recodification du Code du travail » de 2007 au 1er mai 2008.

Néanmoins, Marc Dolez décide de rompre unilatéralement l'alliance « FMD&S » après la désignation de Ségolène Royal comme candidate à l'élection présidentielle. Alors que Filoche, qui avait milité pour la désignation de Laurent Fabius, choisit de mener la campagne de Ségolène Royal pour battre Sarkozy, Dolez refuse de faire campagne pour la candidate désignée[réf. nécessaire].

En juin 2008, il est le premier signataire d'une des vingt et une contributions déposées dans le cadre de la préparation du Congrès de Reims du PS[18]. En septembre 2008, il cofonde la motion de gauche UMA avec Emmanuelli, Lienemann et Benoît Hamon[19] : « Un monde d'avance : reconstruire l'espoir à gauche ». Il anime la campagne nationale autour de l'appel d'ATTAC/Copernic/FSU/Solidaires/CGT pour le droit à la retraite à 60 ans sans décote et pour tous au cours de l'année 2010. Parmi les premiers, il soutient l'idée de la candidature de Martine Aubry à l'élection présidentielle de 2012[20].

Au Congrès de Toulouse, il présente sa contribution « Redistribuer les richesses d'abord » avec le courant D&S (Jean-Jacques Chavigné, de la Somme, Gérard Berthiot, vice-président Champagne-Ardenne, Eric Thouzeau, conseiller régional Loire Atlantique, Catherine Touchefeu, adjointe au maire à Nantes, Claude Touchefeu, adjointe au maire à Toulouse, Jean-Yves Lalanne, maire de Billère, Pierre Ruscassie...), puis, actant des divergences stratégiques avec le courant Un monde d'avance de Benoît Hamon, lequel refuse de présenter une motion, il est le numéro 2 de la motion 3 « Maintenant la gauche : le social au cœur » avec Emmanuel Maurel[21]. Il est réélu au Bureau national le 15 novembre 2012.

Il mène campagne pour que le gouvernement de gauche refuse l'« ANI-Medef » du 11 janvier 2013, pour qu'il amnistie les syndicalistes, pour qu'il conduise une politique plus à gauche. Il est placé sous les feux des médias pour un coup de gueule télévisé (le 2 avril 2013 sur LCI) contre la corruption du ministre du budget Cahuzac et publie le 13 juin un livre Le choc, après Cahuzac (éds Gawsewitch).

En 2014, il émet des doutes sur la politique sociale du gouvernement et se demande s'il s'agit vraiment d'une politique d'un gouvernement de gauche[22].

Journalisme[modifier | modifier le code]

Il contribue régulièrement au journaux satiriques Siné Hebdo, puis Siné Mensuel, créés par le dessinateur Siné, intervenant principalement sur les questions relatives au Code du travail et aux droits des salariés. Il est également chroniqueur à L'Humanité Dimanche et blogueur associé du site de Marianne.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Extrait du documentaire « Louise, son père, ses mères, son frère et ses sœurs »
  2. http://www.homophobie.org/default.aspx?scheme=2361
  3. Politis, numéro 980, 13-19 décembre.
  4. Institut de beauté Guinot-Mary Cohr.
  5. « Le parquet requiert le renvoi en correctionnelle de Gérard Filoche », Nouvel observateur temps réel,‎ 20 janvier 2009 (consulté le 12 juillet 2010)
  6. « Signataires de la pétition en faveur de Gérard Filoche », Solidarité avec Gérard Filoche
  7. « Gérard Filoche fut malgré tout renvoyé au tribunal correctionnel de Paris en 2011... 2e paragraphe »
  8. « Accusé d'avoir entravé un CE, Gérard Filoche relaxé », Mediapart, 12 octobre 2011.
  9. Gérard Filoche relaxé, l’inspection du travail sauvée ?
  10. Victoire par KO ! La cour d’appel, le 3 juillet 2012, a déclaré irrecevable la plainte du CE Guinot contre Gérard Filoche
  11. La cour d’appel, le 3 juillet 2012, a déclaré irrecevable la plainte du CE Guinot contre Gérard Filoche sur democratie-socialisme.org
  12. Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 97.
  13. Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 109.
  14. a et b Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 495.
  15. Gérard Filoche, 68-98 : une histoire sans fin, Paris, éd. Flammarion, 1998.
  16. « Encore une tentative pour convaincre, à partir des faits, sur la nature réelle du PS », Blog de Gérard Filoche,‎ 22 mars 2010 (consulté le 10 avril 2010)
  17. « Gérard Filoche », Démocratie et Socialisme,‎ 25 janvier 2004 (consulté le 10 avril 2010)
  18. « D'abord resdistribuer les richesses », démocratie & Socialisme,‎ 28 mai 2010 (consulté le 10 avril 2010)
  19. « Congrès PS: Hamon, Emmanuelli, Lienemann et Filoche présentent une motion », AFP
  20. « Je soutiens la candidature de Martine Aubry », Blog de Gérard Filoche,‎ 30 juin 2011 (consulté le 30 juin 2011)
  21. « Maintenant la gauche: le social au cœur », Parti socialiste (consulté le 15 septembre 2012)
  22. Un nouveau bouquet de lois sur le travail en janvier 2014 .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]