Georgette Leblanc

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Georgette Leblanc en 1911.
Georgette Leblanc dans Monna Vanna de Maurice Maeterlinck.
Georgette Leblanc dans Marie Magdeleine de Maurice Maeterlinck (1913).

Georgette Leblanc, née à Rouen le 8 février 1869[1] et morte au Cannet le 26 octobre 1941 (à 72 ans) à 20h30[2], est une cantatrice et une actrice de théâtre française.

Elle ambitionna toute sa vie d'être une femme de lettres mais, contemporaine de Colette dont elle fut l'amie, elle ne parvint pas, malgré des dons certains, à s'imposer en littérature. Compagne de Maurice Maeterlinck pendant près de 23 ans, Georgette Leblanc ne doit qu'à une homonymie d'avoir été quelquefois confondue avec la jeune cantatrice Georgette Leblanc, épouse de l'artiste peintre Alfred Bastien, et qui fit ses débuts au Théâtre de la Monnaie après que la créatrice de Monna Vanna s'y fut elle-même produite.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née en Normandie dans une famille bourgeoise où l'on admirait Gustave Flaubert, Georgette Leblanc fait ses premiers pas comme chanteuse lyrique le 23 novembre 1893 à l’Opéra-comique, dans l'Attaque du moulin de Louis Gallet, d’après Émile Zola, sur une musique d’Alfred Bruneau.

Elle vit ensuite avec Maurice Maeterlinck, — dont elle se fit l’interprète ainsi que, bien souvent, l’inspiratrice — l’été dans leur villa de Nice, « Les Abeilles », et le reste de l’année à l’abbaye de Saint-Wandrille de Fontenelle, qu’ils ont restaurée. Elle est la cause de la brouille de Maeterlinck avec Debussy, celui-ci ayant préféré Mary Garden pour le rôle de Mélisande lors de la création de l'opéra qu'il avait tiré de la pièce de Maeterlinck (Pelléas et Mélisande 1902). Elle a longuement évoqué leur vie commune dans ses Souvenirs, parus en 1931. Après leur rupture, Georgette Leblanc acquiert le phare de Tancarville, où elle vécut avec sa compagne Margaret Anderson (1886-1973) auteur et éditeur, américaine originaire d’Indianapolis. Toutes deux étaient membres de l’ordre du Collier, un groupe saphique conseillé par le gourou Georges Gurdjieff.

Lors d'un voyage aux États-Unis elle fit la connaissance d'Helen Keller dont elle fait connaître l'extraordinaire histoire en Europe en publiant entre 1912 et 1914 deux ouvrages en anglais : The Girl Who Found the Blue Bird: A Visit to Helen Keller et Man's Miracle, the Story of Helen Keller and her European Sisters.

Au cinéma, elle incarne l’héroïne de l'Inhumaine de Marcel L'Herbier. Son Étude sur le cinéma (1919) figure parmi les écrits les plus fins de l’époque[3].

En 1931, Georgette Leblanc a publié Souvenirs (1895-1918), relatant sa liaison avec Maeterlinck. Elle a également rédigé une autobiographie et plusieurs autres livres pour enfants et des récits de voyage.

Emportée par un cancer au cours de l’année 1941, elle est enterrée au cimetière Notre-Dame-des-Anges à côté de Margaret Anderson.

Elle est la sœur cadette de l'écrivain Maurice Leblanc, le créateur d'Arsène Lupin.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Un pèlerinage au pays de Madame Bovary, Paris : E. Sansot, 1913 ;
  • Nos chiens : Louis (le débonnaire), Adhémar (l’incompris), Jules (l’écornifleur), Golaud (le sur-chien), Paris : E. Fasquelle, 1919 ;
  • Étude sur le Cinéma, [S. l.], 1919 ;
  • Mes Conversations avec Eleonora Duse. Choses vues, [S. l.], 1926 ;
  • Souvenirs : 1895-1918, précédés d’une introduction par Bernard Grasset, Paris : B. Grasset, 1931. Réédition : La Machine à courage, souvenirs, préface de Jean Cocteau, 1947.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Certains auteurs indiquent 1875 comme date de naissance :
    - Alain Pâris, Dictionnaire des interprètes, R. Laffont, coll. Bouquins, Paris 2004
    - André Tubeuf, Divas, Paris : Assouline, 2005
    - Wikipédia anglophone
    En revanche d'autres sources donnent l'année 1869 :
    - Maxime Benoît-Jeannin, Georgette Leblanc (1869-1941), Bruxelles : Le Cri – Biographie, 1998
  2. Sa mort n'est déclarée que le 28 octobre par un employé des pompes funèbres de la maison Roblot (Jacques Derouard, Maurice Leblanc, Arsène Lupin malgré lui, Librairie Séguier, 1989 ; Maxime Benoît-Jeannin, Georgette Leblanc (1869-1941), Le Cri, 1998).
  3. « Étude sur le cinéma » in: Mercure de France, n° 514, 1919, repris partiellement in D. Banda & J. Moure, Le Cinéma : naissance d’un art. 1895-1920, Paris : Flammarion ; Champs, 2008, p. 379-382.