Georges Vedel

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Georges Vedel
Fonctions
Membre du Conseil constitutionnel
1er mars 19801er mars 1989
Président Roger Frey
Daniel Mayer
Robert Badinter
Prédécesseur François Goguel
Successeur Maurice Faure
Biographie
Date de naissance 5 juillet 1910
Lieu de naissance Auch (France)
Date de décès 21 février 2002 (à 91 ans)
Lieu de décès Paris (France)
Nationalité Française

Georges Vedel, né le 5 juillet 1910 à Auch (Gers) et mort le 21 février 2002 à Paris, est un professeur de droit public.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père, militaire de carrière, était originaire de Mazamet.

Scolarité[modifier | modifier le code]

Études au lycée français de Mayence[1], au lycée de Toulouse, aux facultés de droit et des lettres de Toulouse. Il obtient une licence de philosophie en 1929, une autre en droit en 1930. En 1932, il est directeur de l'Office de Droit au sein de l'Unef. Il obtient son doctorat en droit en 1934 et est reçu à l'agrégation de droit (en droit public) en 1936.

Carrière universitaire[modifier | modifier le code]

Il est, selon les professeurs Carcassonne et Duhamel, le « refondateur du droit public ». Il fut enseignant aux facultés de Poitiers (1937), Toulouse (1939) puis Paris (1949-1979) ainsi qu'à l'Institut d'études politiques de Paris, l'École centrale des arts et manufactures de Paris, en même temps que l'économiste Raymond Barre, futur Premier ministre, l'École des Mines et HEC Paris. Il a suscité de très nombreuses carrières. « Enseigner est une vocation et une passion » avait-il coutume de dire. Il fut l'avant-dernier Doyen de la Faculté de droit et des sciences économiques de Paris (de 1962 à 1967), précédant le doyen Alain Barrère, professeur d'économie politique (de 1967 à 1970), avant son éclatement entre les Universités Paris I et Paris II.

Il est l'auteur d'un manuel de droit constitutionnel (1949) et de droit administratif (1958), qui ont marqué des générations de juristes. Il est principalement connu pour sa théorie des bases constitutionnelles du droit administratif et donc de l'unité du droit public français.

Son Manuel de droit constitutionnel (1949) reste une référence pour tout étudiant qui veut comprendre les bases théoriques de la matière. Mais il s'est aussi beaucoup intéressé à la science politique et y a d'ailleurs professé longtemps.

Le doyen Georges Vedel a aussi écrit une multitude d'articles, principalement de droit public, publiés dans les plus grandes revues nationales et internationales. On ne compte plus les conférences qu'il a pu donner dans la plupart des grandes universités françaises et étrangères.

Il a été consulté dans des contentieux célèbres (ex : Amoco Cadiz). Il était fortement engagé pour la réduction du mandat présidentiel (passage du septennat au quinquennat). De même, il a présidé un grand nombre de comités scientifiques de colloques prestigieux tant en France qu'à l'étranger (ex : la contribution de la présidence de Georges Pompidou à la Ve République, Aurillac, avril 1994). Il a aussi présidé et participé à des dizaines de jurys de thèse ainsi qu'à de nombreux jurys d'agrégation de droit public. Il a aussi été un membre de la Fédération nationale des syndicats autonomes de l’enseignement supérieur et de la recherche qu'il a présidée de 1964 à 1972.

Fonctions et Nominations[modifier | modifier le code]

Conseiller juridique de la délégation française dans les négociations sur le Marché commun et l'Euratom 1956-1957) lors des conférences de Venise, Bruxelles et Rome (organisme public européen chargé de coordonner les programmes de recherche sur l'énergie nucléaire. Il a été institué pour une durée "illimitée" par le traité Euratom, signé le 25 mars 1957 par les six pays membres de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA), et est entrée en vigueur le 1er janvier 1958).

Membre du Conseil économique et social (1969-1979).

Président du Centre d'étude des revenus et des coûts (CERC, 1976-1980)[2].

Georges Vedel a été membre du Conseil constitutionnel, de 1980 à 1989, au titre des nominations faites par Valéry Giscard d'Estaing, président de la République jusqu'en 1981. Son mandat au sein des Sages est unanimement reconnu comme l'un des plus marquants de l'institution. Il a véritablement influé, par sa science du droit et sa connaissance des institutions, sur certaines décisions (ex: libertés universitaires du 20 janvier 1984). Il a présidé en 1992/1993 une commission chargée de proposer des réformes constitutionnelles nommée par le président de la République François Mitterrand. Son rôle y fut considérable.

G. Vedel fut consulté à de nombreuses reprises par des gouvernements français (de la IVe et de la Ve) de toute obédience ainsi que par un certain nombre de gouvernements étrangers.

George Vedel est aussi connu pour son soutien au fédéralisme européen[3].

Distinctions, décorations et hommages[modifier | modifier le code]

La Faculté de droit de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne a baptisé son centre de recherche du nom de Georges Vedel. L’école doctorale de droit public interne, science administrative et de science politique de l’Université Paris II (Assas) a adopté son nom en son honneur.

Apport sur le droit positif[modifier | modifier le code]

Dans la contribution considérable de Georges Vedel à la science juridique deux aspects principaux doivent être retenus : il s'agit de son apport au droit constitutionnel et son apport au droit administratif.

Il a véritablement transformé le droit constitutionnel. Il recourt au droit comparé pour dégager des lois tendancielles de la démocratie contemporaine. Dans son Manuel de droit constitutionnel (1949), il développe deux conceptions de la démocratie : l'une individualiste, l'autre collective. Il a prolongé cette réflexion dans les cours qu'il dispensait à l'Institut d'études politiques de Paris : il insistait sur une nouvelle dimension de la démocratie qui ne peut être limitée à la réalisation de la liberté politique mais qui doit permettre une amélioration du bien-être de chacun.

Son appartenance au Conseil constitutionnel lui a permis aussi d'imprimer sa marque à cette institution. Pour lui, le juge institutionnel est un contrôleur. Georges Vedel voulait souligner que le contrôle de la constitution ne peut porter atteinte à la souveraineté nationale. Georges Vedel a toujours refusé de reconnaître l'existence de normes supra constitutionnelles. En se référent à de telles normes le juge se ferait « source primaire du droit, puissance normative initiale, usurpateur de la souveraineté ». Le Conseil constitutionnel doit veiller à concilier les différentes règles constitutionnelles sans en sacrifier une. Il rappelle les règles, dirige sur la bonne voie.

La contribution de Vedel au droit public est d'avoir démontré la profonde unité de ce droit en affirmant que le droit administratif trouvait ses fondements dans le droit constitutionnel. L'administration se définit d'abord par référence au pouvoir exécutif, elle s'exerce par des actes de puissance publique qui procèdent du pouvoir de commander. Ce pouvoir de commander se trouve dans la constitution. Le droit administratif est le corps de règles spéciales applicables à l'activité du pouvoir exécutif car il use de la puissance publique. Si la stabilité de notre administration peut être justement opposée à l'instabilité de nos régimes politiques, c'est parce que les bases constitutionnelles du droit administratif issues de l'œuvre de l'assemblée constituante et du consulat ont toujours été maintenues.

Si désormais, formellement et matériellement, la constitution peut être reconnue comme base du système juridique, cela ne signifie pas que le droit constitutionnel absorbe l'ensemble du droit. Si importante qu'ait été l'analyse des bases constitutionnelles du droit administratif, Georges Vedel ne remet pas en cause l'existence de ce dernier et il a consacré à ce sujet de nombreuses études.

Le doyen Vedel a mis en évidence la particularité des notions et des définitions de référence du droit administratif. Il a systématisé la distinction des notions fonctionnelles et des notions conceptuelles. Cette recherche sur les bases intellectuelles du droit administratif a tout naturellement conduit le doyen Vedel à cerner les critères de répartition des compétences entre juridictions administratives et juridictions judiciaires.

Dès lors que l'on accepte comme un fait historique les variations qui ont affecté l'interprétation de la séparation des pouvoirs, il faut bien admettre que celle-ci ne peut être vraiment définie que par sa fonction qui est d'assurer l'indispensable indépendance de l'administration sans nuire au respect des droits des citoyens.

Georges Vedel s'est fortement opposé à l'arrêt Falco et Vidaillac et au contrôle de plus en plus étendu qu'exerce en réalité le Conseil d'État sur les décisions du Conseil supérieur de la magistrature.

S'agissant des parties plus spécifiques du droit administratif le doyen va consacrer l'essentiel de ses articles aux questions relatives à la légalité et à la responsabilité.

Continuateur d'une grande tradition juriste il restera pour avoir cultivé ce qu'il appelait le doute méthodique, renouvelé les principaux concepts du droit public et ouvert bien des pistes à la méditation des générations montantes.

Note[modifier | modifier le code]

  1. Les Français stationnèrent 12 000 hommes dans la ville de Mayence
  2. Fiche sur le site de l'Académie française
  3. M.Albertini, Qu'est-ce que le fédéralisme? Recueil de textes choisis et annotés, Paris, Société européenne d'études et d'information, 1963. Préface de G. Vedel.
  4. Communiqué du Conseil constitutionnel

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

Rapports publics[modifier | modifier le code]

Pages web[modifier | modifier le code]