Georges Rivière (muséologue)

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Georges Henri Rivière[1], né Georges Henri Léon Benjamin Rivière (, Paris - , Louveciennes[2]) est un muséologue français, fondateur du Musée national des arts et traditions populaires à Paris. Surnommé "le magicien des vitrines"[3], il a joué un rôle important dans la nouvelle muséologie, et dans le développement des musées d'ethnographie à l'échelle mondiale au sein du Conseil international des musées (ICOM).

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et formation[modifier | modifier le code]

Né dans le 18e arrondissement de Paris, neveu du dessinateur Henri Rivière, auquel il emprunta son second prénom, frère aîné de Thérèse Rivière qui deviendra ethnographe, Georges Henri Rivière étudie la musique jusqu'en 1925 et prend le goût des musées en suivant, de 1925 à 1928, les cours de l'École du Louvre.

Premières expositions au Musée d'ethnographie du Trocadéro[modifier | modifier le code]

En 1928, George Henri Rivière devient conservateur de la collection David-Weill. Il réorganise avec Paul Rivet le Musée d'ethnographie du Trocadéro, qui deviendra, en 1936, le Musée de l'Homme. Sous la direction de Rivet, il y présente quelque 70 expositions de 1928 à 1937.

La création du Musée national des arts et des traditions populaires[modifier | modifier le code]

De 1937 à 1967, il invente, conçoit et réalise le Musée des arts et traditions populaires. Bien que la création du Musée national des ATP remonte à 1937, l'ethnologie du domaine français ne prend véritablement son essor qu'avec la mise en place des enquêtes scientifiques (Chantiers 1425,909 et 1810) organisées sous le patronage de l'État français[4]. Il parvient à l'installer sur le site de l'avenue du Mahatma Gandhi, en bordure du bois de Boulogne. Il y développera une muséographie révolutionnaire et en assurera le couronnement scientifique par la création du Centre d'ethnologie française. Grand découvreur de talents, meneur d'hommes, il joue un rôle essentiel dans la fondation de l'ICOM (Conseil international des musées), dont il est le premier directeur de 1948 à 1965, puis le conseiller permanent jusqu'à sa mort. Il travailla à la mise sur pied de l'organisation à travers ses comités, ses conférences générales et son centre de documentation[5].

Théorie du musée[modifier | modifier le code]

Bien qu'il ait laissé très peu d'écrit, George Henri Rivière a fortement renouvellé la muséologie en France. Ses idées très innovantes et son goût pour les fêtes mondaines l'ont amené à mettre en place de véritables "opérations de communication"  : il met Joséphine Baker en vitrine au Musée de l'Homme, ou encore place des gardiens de musée aux quatre coins d'un ring[6].

George Henri Rivière (à l'extrémité droite) dans le salon de la comtesse de Noailles en 1977

Il participera également au développement du concept d'écomusée qui se répandit dans le monde au début années 1970. Environnement, pluridisciplinarité, furent ses idées maîtresses sur lesquelles furent fondées, entre autres, les Recherches Coopératives sur Programme d'Aubrac et du Châtillonnais dans les années 1960. Même à la fin de sa vie, il ne cessera de conseiller, d'innover et de dynamiser ceux qui poursuivaient son œuvre.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La muséologie de Georges Henri Rivière, Paris, Dunod, 1989, 404 p. (l'orthographe de la BNF, portant un tiret, est erronée, et tout autant celle de l'Encyclopédie Universalis) (notice BnF no FRBNF11922116d)
  2. Acte de naissance
  3. Nina Gorgus, Le magicien des vitrines. Le muséologue Georges Henri Rivière, éditions de la MSH, Paris 2003, 416 p.
  4. Christian Faure, Le Projet culturel de Vichy, Folklore et Révolution nationale 1940-1944, coédition Presses universitaires de Lyon - Éditions du CNRS, 1989, 335 p. [présentation]
  5. Sid Ahmed Baghli, Patrick Boylan & Yani Herreman, Histoire de l'ICOM (1946-1996), Paris: ICOM, 1998, 103p.
  6. "L'homme qui a mis Joséphine Baker en vitrine, au musée de l'Homme et placé des gardiens de musée aux quatre coins d'un ring fut aussi l'animateur de certaines des plus vastes recherches ethnographiques collectives de notre temps." Isac Chiva, George Henri Rivière : un demi-siècle d'ethnologie de la France, terrain, n°5 octobre 1985