Georges Montbard

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Georges Montbard

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Portrait de Georges Montbard (1886), par Godefroy Durand.

Nom de naissance Charles Auguste Loye
Naissance 2 août 1841
Montbard
Décès 5 août 1905 (à 64 ans ans)
Dinard
Nationalité Drapeau de la France France
Profession
Famille
père : Charles Auguste Loye, contrôleur des contributions, mère : Léopoldine Gaveau

Georges Montbard[1], pseudonyme de Charles Auguste Loye, né à Montbard le 2 août 1841 et mort à Dinard le 5 août 1905, est un caricaturiste, dessinateur, artiste peintre et aquafortiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Charles Auguste Loye[réf. nécessaire], âgé de 25 ans à sa naissance, contrôleur des contributions de Châtellerault, dans le département de la Nièvre, et de Léopoldine Gaveau.

Sous le Second Empire, Georges Montbard publie une caricature de Victor Hugo en 1867 dans 'Le Masque, semaine théâtrale illustrée, première année, no 15, jeudi 20 juin 1867 et une autre de Sainte-Beuve dans le même journal. Puis dans Gulliver, journal hebdomadaire illustré, artistique et comique, 1ère année, no 4, jeudi 19 mars 1868, sous le titre « Romantisme » : Hugo est représenté comme le porte-drapeau du Romantisme, dans un décor médiéval. Ses dessins paraissent dans le journal La Rue de son ami Jules Vallès, ainsi que dans des journaux satiriques comme le Monde illustré (1880), L'Éclipse (journal). Il publie aussi un seul numéro de sa propre revue La Fronde illustrée[2], journal satirique hebdomadaire qui paraîtra le 27 mars 1871.

Dans My days of adventure, the fall of France, 1870-71, Ernest Alfred Vizetelly qui avait engagé Montbard comme dessinateur, raconte que Montbard à cette époque était un Républicain, en fait un futur Communard, et je savais qu’il n’appréciait guère sa présentation virtuellement forcée à celui que l’on appelait Badinguet. Pourtant, il se contraint à une politesse parfaite et autorisa l’Empereur à consulter les dessins qu’il avait fait. Une représentation théâtrale était prévue au Château ce soir là et il avait déjà été convenu que Montbard couvrirait l’événement. Il y eut quelque peu d’embarras car M. de la Ferrière n’aimait pas l’apparence de sa barbe révolutionnaire, un signe – dit-il, qui devait gravement alarmer l’Empereur. Pourtant, Montbard, indigné, refusa de la raser et dix mois plus tard, les barbes révolutionnaires furent prédominantes, le pouvoir et la pompe de l’Empire ayant été balayés par les désastres de l’invasion.

Il s'engagea activement dans la Commune de Paris en 1871. Son ami le dessinateur André Gill l’a cru mort sur le champ de bataille. Mais en fait Montbard prit part à la Commune puis se réfugia à Londres pour échapper à la répression versaillaise. De là, il adressait ses dessins au Monde illustré et à L'Éclipse (journal). Il collabora aussi à de nombreux périodiques londoniens. Même après l’amnistie de 1880, Montbard resta à Londres où il se maria.

L'exil à Londres[modifier | modifier le code]

En 1872, il illustre pour l'Illustrated London News, les émeutes en Irlande. On lui doit ainsi le portrait de Thomas Binney (Benny) signé Charles Augute Loye, aquarelle, publiée dans Vanity Fair 12 octobre 1872

Sa caricature de Gambetta pour la revue Vanity Fair du 19 octobre 1872, porte ce commentaire : « He devoured France with activity ».

Henri Bellenger fait paraître Londres pittoresque et la vie anglaise avec huit dessins hors texte par Montbard en 1876.

Il vit au 3 Augustus Square à Londres, dans le Middlesex, d’après le recensement de 1891 sous le nom de George Montbard. Il a épousé la très jeune Alice de vingt ans sa cadette, née à Londres en 1861, sans profession. Il semble qu’une petite Madeleine soit née en 1882 à la même adresse.

On peut penser qu’en cette année 1882, il ait côtoyé Vincent van Gogh, qui travaillait comme Montbard pour le London Illustrated News[3]. L’art est aussi, pour Montbard, une occasion de partager ses opinions politiques. Ainsi en 1889, il conclut dans L’Ennemi "Delenda est Germania, si vult vivere Gallia". Ce que l'on pourrait traduire par l’Allemagne doit être anéantie pour que vive la France. Dans le livre The case of John Bull in Egypt, The Transvaal, Venezuela and elsewhere, London, Hutchinson, Charles Auguste Loye, se plaît à commenter la politique de l'Empire Britannique sous la forme d'une aimable discussion en France et John Bull. Montbard ne se cantonne pas au dessin et à l’aquarelle, il peint aussi à l’huile. On trouve d’ailleurs encore quelques toiles sur le marché anglais. Il a beaucoup voyagé en particulier au Maghreb. Cette époque est aussi celle des débuts de la photographie qui vient concurrencer l'illustration artistique. C'est pourquoi, avec humour néanmoins, Montbard écrit dans son livre, Voyage à travers le Maroc, il écrit : « Ce misérable appareil photographique d'Ingram, combien l’ai-je maudit... plus tard. Que de fois ai-je lancé l'anathème contre ce pseudo-artiste, cet automate en bois de chêne ou d'acajou, cet espion maladroit, à la fois myope et presbyte, voyant faux à travers l'arrangement compliqué de ses lentilles concaves et convexes, infestant aujourd'hui le Royaume-Uni de ses reproductions blafardes, de ses copies mortes, pervertissant le goût du public et donnant comme dernière expression de l'art, comme critérium du beau et du vrai, un calque bête, une image déformée et lugubre d'êtres et de choses. En 1896, il illustre le livre de Rudyard Kipling The eathen, Carpenter Kipling Collection, ed. C .Arhtur Pearson, 1896.

Sa sépulture se trouve au cimetière de Dinard, Dinard où son épouse habite La Vicomté, Ker Loïs.

Citations[modifier | modifier le code]

  • Ernest Alfred Vizetelly disait de lui : « M. Montbard, habituellement connu sous le nom d’Apollon dans le Quartier Latin où il fait les délices des habitués du Bal Bullier par un style chorégraphique en regard duquel les qualités avérées des danseurs du Moulin Rouge sombrent dans l’insignifiance»[4][réf. nécessaire]
,  : « Je viens de voir Montbard. Toujours un peu canotier. De la Marne autrefois, il l’est aujourd’hui de la Tamise. Mais c’est un bon garçon. Et il a gagné du talent. Véritablement. J’en suis tout étourdi. Je ne connais guère personne à Paris qui fasse mieux que lui ces croquis d’observation qu’il rapporte de Londres. Pourquoi votre volume de La Rue Anglaise (ce volume ne paraîtra qu’en 1884) terminé, ne songeriez-vous pas à le faire publier avec des illustrations de Montbard ? Je crois que cela donnerait un bel ensemble. »[5][réf. nécessaire]

Publications[modifier | modifier le code]

  • G.Montbard, The land of the sphinx, New York, Dodd, Mead 1894 ([1])
  • G.Montbard, Among the Moors: Sketches of Oriental Life, S. Low, Marston & co. 1894 ([2])
  • G.Montbard, The case of John Bull in Egypt, The Transvaal, Venezuela and elsewhere , London, Hutchinson 1896 ([3])

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notices d'autorité du VIAF
  2. http://collections.vam.ac.uk/pdf/O187550/les-assassins-print-montbard-george/
  3. Voici quelques extraits de la correspondance de Vincent Van Gogh : A Anton von Rappard, de La Hague le samedi 3 sept. 1882 : Caton Woodville8 is ook wel erg knap, ik begin meer van hem te houden naarmate ik er meer van zie. Kent gij Montbard – ik meen ge in elk geval landschappen van hem moet hebben – doch nu onlangs kreeg ik schetsen door hem uit Ierland9 en van Jernsey10 waarin bijzonder veel sentiment was. Caton Woodville est très bon aussi. Plus je vois de ses productions et plus je l’apprécie. Connaissez-vous Montbard ? Je pense que vous avez au moins des paysages de sa main. Mais dernièrement, j’ai eu de ses croquis d’Irlande et de Jersey pleins de sentiments. Mardi 24 oct.1882 Ik heb nu ook nog voor U een prachtig ding van Dagnan, Un charmeur au Jardin des Tuilleries,40 en een van Montbard, Mendiants Arabes.41 Welke twee ietwat gescheurd zijn geweest doch die ik heb gerestaureerd en opgezet, ze zijn beiden zeer groot en ik zend ze nu niet daar ’t pak zoo groot zou worden als ik ze plat zond want gevouwen kunnen ze nu niet meer worden. J’ai aussi pour vous une chose splendide de Dagnan. Un charmeur d’oiseaux aux Jardins des Tuileries, et une de Montbard, Mendiants arabes. Tous deux étaient abîmes, mais je les ai restaurés et montés. Ils sont tous deux très grands, et je ne les envoie pas maintenant car le paquet serait trop grand si je les envoyais à plat car ils ne peuvent plus être roulés.
  4. My days of adventure, the fall of France, 1870-71, Ernest Alfred Vizetelly.
  5. Correspondances et mémoires d’un caricaturiste, André Gill