Georges Maurice Debove

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Georges Maurice Debove

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Georges Maurice Debove en 1913

Naissance 11 mars 1845
Clignancourt (France)
Décès 19 novembre 1920 (à 75 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de France Français
Champs médecine
Institutions hôpitaux de Paris
Faculté de médecine de Paris
Académie de médecine

Georges Maurice Debove, né dans l'ancienne commune de Clignancourt le 11 mars 1845 et mort à Paris le 19 novembre 1920, est un médecin français des hôpitaux de Paris, doyen de la Faculté de médecine de Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père, marchand de bois originaire de Noyon en Picardie, disparait de bonne heure, et ses deux garçons furent élevés par leur mère, née Amélie Balny. Après avoir terminé ses études secondaires au Lycée Louis-le-Grand, la mère du jeune Maurice consulte le proviseur afin de savoir s'il serait capable d’embrasser la carrière médicale. Suivant les résultats de l’élève, le proviseur juge qu’il ferait sûrement un bon médecin mais qu’il ne fallait pas imaginer en faire un professeur de Faculté. Debove racontait souvent cette anecdote.

Externe des hôpitaux en 1867 puis interne en 1869, il choisit, en 1871, le service de Jean-Martin Charcot et il associe son nom à plusieurs publications sur l’hystérie.

Mobilisé au moment de la guerre franco-allemande de 1870, avec le titre d’aide-médecin, à l’armée du Nord commandée par Louis Faidherbe, il participe de loin à la bataille de Bapaume.

Après sa thèse en 1873 sur le thème du psoriasis buccal, il est chef de clinique sans le service de Germain Sée (1818-1896) mais ne témoigne pas beaucoup de sympathie à ce patron dont il relève souvent les erreurs de diagnostic. Médecin des hôpitaux en 1877, il est reçu au concours d’agrégation l’année suivante. En 1881, il est chargé du cours auxiliaire de pathologie interne, puis en 1883 remplace Charles Lasègue dans son cours de clinique médicale.

Nommé chef de service à l’hôpital Bicêtre, il passa en 1884 à l’hôpital des Tournelles, aujourd’hui disparu ; c’est seulement quand une place devint vacante à l’hôpital Beaujon, en 1895, qu’il rejoignit cet établissement ; à la fin de l’année 1900, il obtint de transférer la chaire de clinique médicale de l’hôpital de la Charité à Beaujon où il resta jusqu’en 1919. Il est nommé président du Comité consultatif d'hygiène publique en 1904[1].

À la retraite de Paul Brouardel en 1902, il assume la charge de Doyen de la Faculté de médecine de Paris[2], fonction qu’il conserve pendant six années. Il s’efforce d’y apporter des améliorations dans la gestion matérielle et d’y faire régner une discipline rigoureuse. Son décanat est marqué par des manifestations étudiantes notamment contre la "règle des trois, six, neuf"[3].

Élève de Jean-Martin Charcot, Debove fait partie de ses intimes. Comme beaucoup de ses collègues, il passe presque toutes ses vacances à Paris et il ne se déplace que rarement. Pourtant, au cours de l’été 1893, il accepte d’accompagner Charcot et René Vallery-Radot lors d'un voyage dans le Morvan. Arrivés au lac des Settons, le soir du 15 août 1898, Charcot est pris d’une violente douleur d’angine de poitrine et malgré les soins de son ami, décéde dans la nuit.

Membre de l'Académie nationale de médecine depuis 1893[4], il a la charge de prononcer les éloges de Charcot, Louis Pasteur, Marcellin Berthelot, Valentin Magnan, Jean-Alfred Fournier. Il en devient le secrétaire perpétuel[5] en 1913.

Mis à la retraite en 1919, car la guerre de 1914-1918 avait obligé les professeurs de clinique à prolonger de quatre années leur carrière, il ne jouit pas longtemps du repos. Atteint d’une tumeur maligne de l’intestin, il ne peut bénéficier que d’une intervention à visée palliative et meurt à son domicile parisien, 53 rue La Boétie, le 19 novembre 1920.

Il était commandeur de la Légion d’honneur depuis le 4 février 1905 et sa décoration lui avait été remise, à sa demande, par Félix Terrier[6].

Travaux scientifiques[modifier | modifier le code]

Après avec travaillé sur l’hystérie avec Charcot, c’est surtout vers la médecine générale qu’il oriente ses recherches. Il étudie particulièrement les maladies de l’estomac et il décrit l’ulcère simple de l’œsophage en 1883. Il améliore la technique du lavage de l’estomac en mettant au point, l’un de ses amis, manufacturier de caoutchouc vulcanisé, un tube semi-rigide moins traumatisant que le tube de Faucher dont on signalait quelques inconvénients.

Il publie de nombreux articles sur les maladies des reins, l'insuffisance cardiaque, les maladies du foie, le traitement des pleurésies purulentes, la fièvre typhoïde. En thérapeutique, il imagine le traitement des névralgies et de la sciatique. Alors que le bacille de Koch vient d’être découvert (mars 1882), il entreprend des recherches systématiques sur la tuberculose et les publie dans ses leçons en 1884, ouvrant ainsi une polémique sur la contagiosité de cette terrible affection.

L’œuvre didactique de Debove est très importante. Entre 1907 et 1911, il publie, en collaboration avec Charles Achard[7], un Manuel des Maladies de l’estomac en trois volumes ; mais on lui doit surtout un Manuel de Médecine en neuf volumes et un Manuel de Thérapeutique médicale en trois volumes qui font référence pendant plusieurs années. Très épris de littérature, ses conférences à la Sorbonne sur le « Malade imaginaire », sur Ambroise Paré, ou sur la vie de Dominique Larrey, connaissent un vif succès.

Œuvres et publications[modifier | modifier le code]

  • Le psoriasis buccal, Savy (Paris), 1873, 1 vol. (55 p.) ; in-8, disponible sur Gallica.
  • L'action physiologique des médicaments peut-elle devenir la règle de leur emploi thérapeutique ?, [thèse présentée au concours pour l'agrégation], A. Parent (Paris), 1875.
  • Note sur la méningite spinale tuberculeuse, sur l'hémiplégie saturnine et l'hémianesthésie d'origine alcoolique, V.-A. Delahaye et Cie (Paris), Éditeur : aux bureaux du Progrès médical (Paris), 1879, 24 p., in-8°, disponible sur Gallica.
  • Note sur l'emploi des aimants dans les hémianesthésies liées à une affection cérébrale ou à l'hystérie, aux bureaux du Progrès médical (Paris), 1879, in-8° , 8 p., disponible sur Gallica.
  • Note sur l'ataxie locomotrice fruste (douleurs fulgurantes sans incoordination motrice), [communication faite à la Société médicale des hôpitaux dans la séance du 27 juin 1879], impr. de F. Malteste (Paris), 1880, in-8° , 6 p., disponible sur Gallica.
  • Exposé des titres et travaux scientifiques, Librairie Victor Masson (Paris), 1886, Texte intégral.
  • Exposé des titres et travaux scientifiques Libr. Victor Masson (Paris), 1890, Texte intégral.
  • Un Cas d'arthrite blennorragique suppurée traitée et guérie par le radium, [s.n.], 1910, disponible sur Gallica.
En collaboration
  • avec Henry Liouville (1837-1887): Note sur un cas de mutisme hystérique suivi de guérison, A. Duval (Paris), 1876, in-8° , 8 p., disponible sur Gallica.
  • avec Antoine Rémond Lavage de l'estomac[monographie imprimée], J. Rueff (Paris), 1892, 208 p., 19 cm, disponible sur Gallica.
  • avec André Sallard: Traité élémentaire de clinique médicale, Masson (Paris), 1905, Gr. in-8° , XVI-1296 p., fig., disponible sur Gallica.
  • avec Ch. Achard et J. Castaigne [sous la direction de]: Manuel des maladies des reins et des capsules surrénales, MM. G. Debove, ,par MM. E. Feuillié, A. Lavenant, M. Loeper, R. Oppenheim, F. Rathery, Masson (Paris), 1906, in-8°, VI-791 p., fig., disponible sur Gallica.
  • avec Dr Anne-Gabriel Pouchet et André Sallard (Dr): Aide-mémoire de thérapeutique, Masson (Paris), 1908, in-8° , II-791 p., disponible sur Gallica

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Élection de M. le Pr Debove comme Président », in: Gazette médicale de Paris, 1904, série 13, n° 4, Texte intégral.
  2. « Élection du Doyen de la Faculté de Médecin: M. le Pr Debove », in: Gazette médicale de Paris, 1901, série 12, n° 1, p. 371-2, Texte intégral
  3. « Les incidents du cours de M. Poirier. Les manifestations contre le Doyen », in: Gazette médicale de Paris,1903, série 12, n°3, p. 28, Texte intégral.
  4. Georges Maurice Debove dans le site de la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine.
  5. « Le professeur Debove secrétaire perpétuel de l'Académie de médecine », in: Paris médical : la semaine du clinicien. - 1913. - 1913, n° 12, partie paramédicale, p. 99, Texte intégral
  6. Félix Louis Terrier (1837-1908) était chirurgien des hôpitaux à Bicêtre, la Salpêtrière, Bichat. Professeur de clinique chirurgicale. Membre de l'Académie de médecine, il est l’un des précurseurs de la méthode « aseptique » dans les interventions chirurgicales.
  7. Charles Emile Achard (1860-1945) était professeur à la Faculté de Médecine de Paris, médecin à l'Hôpital Cochin. Membre de l'Académie de Médecine (1911) , il en devient secrétaire général (1921-1944). Il est aussi membre de l’Institut et secrétaire général de l'Académie des Sciences.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Biographie du Professeur Debove », in: L'Album du Rictus, journal humoristique mensuel, Texte intégral.
  • « M. le professeur Maurice Debove », in: Le progrès médical : journal de médecine, de chirurgie et de pharmacie, 1901, série 3, tome 14, p. 429-30, Texte intégral.
  • F. Rathery: « Nécrologie. Maurice Debove (1845-1920) », in: Paris médical : la semaine du clinicien, 1920, n° 38, partie paramédicale, p. 711-12, Texte intégral.
  • Maurice Loeper: « Nécrologie. G.-M. Debove », in: Le progrès médical, 1920, partie 1, Texte intégral.
  • Charles Achard: Les Biographies médicales, janvier-février 1939, Librairie Baillière et Fils (Paris).

Liens externes[modifier | modifier le code]