Georges Mathé

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Georges Mathé

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Naissance 9 juillet 1922
Sermages (Nièvre) (France)
Décès 15 octobre 2010 (à 88 ans)
Villejuif (France)
Nationalité Drapeau de France Français
Champs cancérologie et immunologie
Renommé pour Greffe de moelle osseuse
greffe de rein
chimiothérapie
Distinctions Prix Medawar[1](2002)

Georges Mathé, né le 9 juillet 1922 à Sermages (Nièvre) et mort le 15 octobre 2010 à Villejuif (Val-de-Marne), est un cancérologue et immunologue français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'un milieu modeste, Georges Mathé est boursier au lycée de Moulins dans l'Allier. Il est membre des Forces françaises de l'intérieur de 1941 à 1944, puis poursuit ses études de médecine à Paris.

Travaux scientifiques[modifier | modifier le code]

Externe en 1945, il devient docteur en médecine en 1950 et interne en 1951 (médaille d'or des Hôpitaux de Paris) sous la direction des professeurs Jean Hamburger, Louis Pasteur Vallery-Radot et Léon Binet. Il découvre l'immunologie avec Baruj Benacerraf dans le laboratoire de Bernard Halpern en 1950, puis la cancérologie avec Joseph Burchenal au Memorial Sloan-Kettering Cancer Center de New York, en 1951.

Attaché de recherche à l'Institut national d'hygiène sur le métabolisme de l'eau et l'hyperhydratation cellulaire, il est nommé en 1953 Chef de clinique à la Faculté de médecine de Paris, chez le professeur d'hématologie Paul Chevallier à l'hôpital Broussais.

En 1954, il devient médecin assistant des hôpitaux de Paris, Directeur adjoint du Centre de recherche sur les leucémies et les maladies du sang dirigé par le professeur Jean Bernard à l'hôpital Saint-Louis.

En 1958, suite à un accident nucléaire survenu en Yougoslavie, Georges Mathé réalise les premières greffes de moelle osseuse chez l'homme avec des donneurs non apparentés aux receveurs et et développe l'immunothérapie adoptive. Il est nommé la même année Professeur agrégé de cancérologie de l'Université de Paris.

En 1961, il devient chef du service d'hématologie de l'Institut Gustave-Roussy à Villejuif, avant de fonder l'Institut de cancérologie et d'immunogénétique (INSERM-CNRS) au sein duquel il fait construire, en 1964, l'Unité Fred-Siguier de l'Hôpital Paul-Brousse (APHP) qui comporte des chambres stériles.

En 1960 et 61, il réalise avec René Kuss et Marcel Legrain, les premières greffes de rein entre receveurs et donneurs non apparentés et travaille à améliorer la réaction du greffon contre l'hôte (GVH) et la réaction du greffon contre la leucémie (GVL). En 1963, il guérit une première leucémie grâce à une greffe de moëlle osseuse précédée d'une irradiation[2]. Il développe l'immunothérapie active et démontre que l'association du BCG et de cellules tumorales irradiées joue un rôle positif sur l'évolution de la maladie. Il travaille également sur l'immunothérapie passive.

Dans les années 1970 et 80, Georges Mathé participe au développement de la polychimiothérapie, en coopérant à la mise au point de plusieurs molécules importantes parmi lesquelles l'acriflavine, la bestatine, l'ellipticine, l'oxaliplatine, la triptonréline et la vinorelbine.

Entre 1966 et 1990, il exerce en tant que professeur de cancérologie expérimentale de la Faculté de médecine de Paris Sud (1966-1990) et chef du service des maladies sanguines et tumorales de l'hôpital Paul-Brousse (1980-1990). Il travaille pendant toute cette période à promouvoir la médecine translationnelle, la polythérapie et la personnalisation des protocoles. Lorsqu'apparaît l'épidémie de SIDA, il s'y intéresse en tant qu'immunothérapeuthe et hématologue. Il conçoit dès 1989 une quintuple thérapie qui limite les effets secondaires.

De 1990 à 2008, Georges Mathé est consultant à l'Hôpital suisse de Paris, à l'Hôpital européen de Rome, à l'Hôpital oncologique de Sofia (Bulgarie), à l'hôpital civil de Belgrade (Yougoslavie) et à l'Institut Fred-Siguier de l'hôpital Paul-Brousse.

Il meurt le 15 octobre 2010 dans le service qu'il avait créé, à l'Institut Fred-Siguier de l'hôpital Paul-Brousse de Villejuif.

Œuvres et publications[modifier | modifier le code]

  • « Transfusion et greffe de cellules myéloïdes chez l’Homme », in : Colloque International sur les Problèmes biologiques des Greffes, Liège, 1959. p. 18-21.
  • « Multiples espoirs de triompher un jour du cancer », in: Science & vie [hors-série "Médecine Chirurgie"], 1959, p. 75-95, Texte intégral.
  • La chimiothérapie des cancers à l'usage du praticien, Expansion scientifique française (Paris), 1966.
  • Le cancer, Hachette (Paris), 1967, 159 p.
  • (en) « Active Immunotherapy », in: Advances in Cancer Research, Volume 14, 1971, Pages 1–36.
  • (en) « Immunotherapy in the treatment of acute lymphoid leukemia », in: Hosp. Pract, 1971, vol. 6, p. 43-51.
  • Immunothérapie active des cancers: immunoprévention et immunorestauration, une introduction, Expansion scientifique française (Paris), 1976.
  • Dossier cancer, Stock (Paris), 1977, 348 p.
  • Chimiothérapie et immunothérapie des cancers aujourd'hui, Expansion scientifique française (Paris), 1979.
  • L'Homme qui voulait être guéri [roman], Anthropos (Paris) 1989, 237 p.
En collaboration
  • avec Jean Hamburger: Le métabolisme de l'eau, Flammarion Médecine (Paris), 1952.
  • avec H. Jammet , Pendic B., Schwartzenberg L., Duplan J.F., Maupin B., Latarjet R., Larrieu M.J., Kalic D., Djukic Z.: « Transfusions and grafts of homologous bone marrow in humans after accidental high dosage irradiation », in: Rev Fr Etud Clin Biol 4(3), 226-38, 1959.
  • avec Jean-Louis Amiel: La greffe: aspects biologiques et cliniques, Masson (Paris), 1962.
  • avec G. Richet, J.P. Benhamou, R. Bernheim: Sémiologie médicale, Flammarion (Paris), 1965, [rééd. 1973, 1976,1981].
  • Le Temps d'y penser [entretiens avec José Hann], Stock (Paris), 1974, 237 p.
  • « La dernière cellule », in: Presse méd, 75 (1967): 2591-2593.

Distinctions et hommages[modifier | modifier le code]

Georges Mathé a publié plus d'un millier d'articles et livres.Il a coopéré avec des chercheurs du monde entier et participé à des colloques et congrès internationaux jusqu'en 2008 (en Chine). Il a été président de l'Entraide médicale internationale.

Outre sa carrière de médecin, de chercheur et d'enseignant, il a participé activement à la création et au fonctionnement de l'INSERM, du CIRC, de l’ARC, de l’ESMO et de l'OERTC.

Le prix Georges Mathé a été lancé en mars 2010 par l'Institut du Cancer et d'Immunogénétique (ICIG). Il promeut l'innovation thérapeutique et la recherche translationnelle initiées par le Professeur Georges Mathé en récompensant chaque année un jeune chercheur ayant fait preuve d'audace et d'originalité dans ses travaux sur le développement de la recherche expérimentale et thérapeutique en cancérologie et immunologie.

De nombreuses récompenses et distinctions nationales et étrangères lui sont attribuées:
Cameron Price (1970), Gold Medal of the Ciba Foundation (1975), Prix Johan-Georg-Zimmermann (1977), Health Memorial Award (1977), Prix Bred du Cancer(1983), lnternational Award of Chemotherapy (1987), Gotlieb Memorial Award (1989), Prix Leopold Griffuel du Cancer (1994).

  • Prix Medawar avec René Küss (2002)[3]
  • Grande médaille de l’Académie nationale de médecine (2004)[4].
  • Legion Honneur Commandeur ribbon.svg Commandeur de la Légion d'honneur.
  • Ordre national du Merite Commandeur ribbon.svg Grand officier dans l'Ordre national du mérite.
  • ITA OMRI 2001 Com BAR.svg Commandeur dans l’Ordre national du mérite de la République italienne.
  • Membre de l’Ordre du drapeau yougoslave.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Ketman: « Leucémie : la France donne l'espoir », in: Science et Vie, 497, fév. 1959, p. 27-33, Texte intégral.
  • « Entretiens avec Georges Mathé », [Compilation de plusieurs entretiens réalisés avec J.-P. Gaudillière (27 sept 1989), C. Rigal (5 mars 1999 et 13 février 2001), S. Mouchet & J-F. Picard (26 mai et 10 juillet 2002), Script Anne Lévy-Viet] dans le site histrecmed, texte intégral en ligne.
  • David Machover, Jean-Louis Misset, Maurice Schneider: « Georges Mathé : un grand maître de la cancérologie vient de nous quitter », in: Bull Cancer, 2011 ; 98 : 5-7 doi : 10.1684/bdc.2010.1297 Texte intégral.
  • « Décès du cancérologue et immunologue Georges Mathé » Texte intégral dans le site enseignementsup-recherche.gouv.fr
  • Claude Mawas: « La mort d'un grand médecin », in: Le Monde du 16 octobre 2010,Texte intégral.
  • « Il y a quarante ans, Georges Mathé et les greffes de moelle osseuse », Texte intégral dans le site de la Biu Santé.
  • (en)Jansen J.: « The first successful allogeneic bone-marrow transplant: Georges Mathé », in: Transfus Med Rev, 2005 Jul;19(3):246-8.
  • (en) Tapiero H.: « The 2004 French Medical Academy award to professor Georges Mathé », in: Biomed Pharmacother, 2005 Apr;59(3):63.
  • (en) Douglas Martin: « Dr. Georges Mathé, Transplant Pioneer, dies at 88 », in The New York Times du 20 octobre 2010, Texte intégral.
  • (en) Norbert Claude Gorin: « A tribute to the late, great Georges Mathé (1922-2010) », EBMT newsletter, November 2010, Volume 29, Issue 3, Texte intégral.
  • (en) Geoff Watts: « Georges Mathé », in: The Lancet, Volume 376, Issue 9753, Page 1640, 13 November 2010, doi:10.1016/S0140-6736(10)62088-0 Texte intégral.
  • (es) José Manuel López Tricas: George Mathè, pionero de los transplantes, dans le site info-farmacia.com, Texte intégral en ligne.
  • Pascale Santi: « Georges Mathé, cancérologue », in: Le Monde du 26 octobre 2010.
  • « Georges Mathé. AIHP 1948 », propos recueillis par J-F Moreau, in: l'Internat de Paris, p.17-18, Textre intégral.
  • « Georges Mathé », dans le site whoswho.fr, Texte intégral en ligne.
  • Georges Mathé et al. La dernière cellule, Extraits en ligne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le "Prix Medawar" décerné par la Société internationale de transplantation. Il récompense des chercheurs travaillant dans le domaine de la transplantation.
  2. « Première victoire sur la leucémie », in: Sciences et vie, 560, mai 1964, p. 110-113, Texte intégral
  3. Le Prix Medawar 2002 a été décerné au Professeur Mathé, Archive dans le site de l'Institut du cancer et d'immunogénétique (ICIG) de Villejuif.
  4. Attribution des médailles 2004 dans le site de l'Académie nationale de médecine.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]