Georges Maroniez

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Georges Maroniez

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Georges Maroniez dans son atelier en 1892

Naissance 1865
Douai
Décès 1933 (à 68 ans)
Paris
Nationalité Flag of France.svg France
Profession Peintre
Autres activités
Photographe
Formation
Conjoint
Jeanne Dutemple

Georges, Philibert, Charles Maroniez, né à Douai en 1865 et mort à Paris en 1933, était un peintre français.

Sa vie[modifier | modifier le code]

Fils d'un industriel, fabricant de sucre à Montigny-en-Ostrevent, Georges Maroniez manifeste très tôt un goût et des dons pour le dessin et la peinture. Son père l'encourage mais lui demande aussi de « faire son droit », le métier d'artiste étant peu considéré à l'époque. À l'issue de ses études, il entamera une carrière de magistrat, successivement à Boulogne-sur-Mer (1891), Avesnes-sur-Helpe (1894) et Cambrai (1897).

En parallèle de la faculté de droit, il suit assidûment les cours académiques de l'École des Beaux-Arts de Douai, et devient en 1880 l'élève de Pierre Billet (1837-1922) à Cantin. Il y rencontre le peintre Adrien Demont (1851-1928), gendre du célèbre Jules Breton (1827-1906). Sur les conseils de ce dernier, il présente son premier tableau au Salon de Douai, puis en 1887 à Paris Soleil couchant à Esquerchin (coll. particulière).

En vacances à Wissant, il se lie avec le ménage Adrien Demont - Virginie Breton, avec lesquels il découvre les paysages du littoral. À chaque été pendant plusieurs années, autour des Demont-Breton, il va y retrouver ses amis douaisiens : Fernand Stiévenart, Henri et Marie Duhem, Félix Planquette. C'est l'époque du groupe de Wissant. On parlera aussi de l'« École de la Côte d'Opale », incluant des peintres de Berck amis des Demont-Breton, un des plus illustres étant Francis Tattegrain (1852-1915). Grâce à la présentation et au parrainage d'Adrien Demont, Georges Maroniez devient en 1889 sociétaire des Artistes français.

Esprit inventif, curieux et pratique à la fois, il s'intéresse à la photographie et invente un premier appareil photographique à main[1], puis un deuxième encore plus simple[2], le Sphynx, appareils qu'il fait breveter en 1891. Le Sphynx emploie les films auto-tendus Plavic inventés par le chimiste et industriel boulonnais Victor Planchon (1863 - 1935)[3], avec lequel Georges Maroniez est en relation. Les prises de vue réalisées avec cet appareil portatif lui sont précieuses pour capter des scènes du bord de mer : départ et retour des pêcheurs, déchargement du poisson... scènes qu'il reproduira ensuite sur toile en atelier. Il rapporta également de ses nombreux voyages en Méditerranée (Afrique du Nord, Italie, Palestine, Égypte...) de multiples clichés sur plaques de verre. 1620 photos, dont 462 autochromes, sont déposées à la médiathèque de Cambrai. Sa créativité est constamment en éveil, ainsi il imagine et construit un appareil cinématographique fonctionnant avec de la pellicule Lumière et dans lequel la trépidation des images est supprimée[4], appareil qu’il présente en janvier 1899 à la Société photographique de Cambrai.

Il épouse en 1899 à Cambrai Jeanne Dutemple ; le couple aura trois filles, Germaine, Simone et Madeleine.

En 1905, les succès de sa peinture et la politique anti-cléricale du ministère Combes le décident à démissionner de la magistrature et à se consacrer entièrement à son art. Mobilisé en 1914, il est fait chevalier de la Légion d'honneur en juillet 1918. Son atelier est pillé et son épouse déportée pendant l'occupation du Nord. La famille Maroniez s'installe en 1919 à Paris, rue d'Aguesseau.

Désormais inspirée surtout par la Bretagne, la peinture de Georges Maroniez est très appréciée en France et à l'étranger; elle devient un peu répétitive et parfois commerciale. Il meurt d'une crise cardiaque à Paris le 11 décembre 1933. Il est inhumé dans le caveau de famille à Cambrai.

Son œuvre[modifier | modifier le code]

Jeune adolescent, Georges Maroniez commence à peindre aux environs de Douai alors que meurent Corot, Millet, Courbet, les grands maîtres du paysage. D'abord peintre de la campagne et de la vie rurale, au style naturaliste, très classique, voire académique, il évolue ensuite au contact de l'École de Wissant vers les marines, plus précisément les paysages et scènes de bords de mer.

Il excelle dans ce genre au point d'être présenté comme un peintre de la mer, ce qu'il récusera. Peintre « des langueurs et des colères de la mer », il représente la vie des gens de mer; dans les paysages côtiers et les scènes de port, il s'attache à saisir le quotidien d'humbles marins-pêcheurs et de leurs familles, le labeur pénible, le courage, l'attente.

Il est aussi le peintre d'une France républicaine rurale et prospère après plus de 40 ans de paix, et d'une civilisation encore peu mécanisée, de chevaux et de bateaux à voile. Un monde qui va disparaître avec la première guerre mondiale: dès les années 1920, les chalutiers à moteur vont éliminer les flottilles de voiliers de pêche qui lui ont fourni tant de sujets de tableaux.

Son œuvre est abondante et disséminée en France, en Europe et en Amérique du Nord. On l'estime à plus de 800 tableaux[5], auxquels s'ajoutent des milliers d'études, pochades et dessins préparatoires, ainsi que ses nombreuses prises de vues photographiques. Plusieurs œuvres figurent dans les musées du Nord, principalement ceux de Cambrai et Douai.

On peut citer parmi les plus connues :

Pêcheurs d'Equihen (1902) Huile sur toile, 111x173cm - Palais des Beaux-Arts de Lille ;
Les Moulières (1905) Huile sur toile, 107x157cm - château-musée de Boulogne-sur-Mer ;
Le Grand-Père(1895) Huile sur toile, 66x90cm - Chi Mei Museum Tainan, Taïwan.


Aux États-Unis, un Paysage rural de 1893 au Dahesh Museum of Art, et une Nuit à Dordrecht 65x81cm au Lauren Rogers Museum of Art, Laurel.

La majeure partie des œuvres de Georges Maroniez appartiennent à des collections privées; régulièrement certaines font l'objet de transactions en salles des ventes ou par des galeries de marchands d'art, en France et à l'étranger.


Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Jacques Maroniez, Catalogue raisonné des œuvres de Georges, Philibert, Charles Maroniez (1865 -1933), J. Maroniez,‎ 1999, 164 p.
  • Jacques Maroniez, Supplément au Catalogue raisonné des œuvres de Georges Maroniez, J. Maroniez,‎ octobre 2009, 60 p.
  • Musée de Gravelines : Dominique Tonneau Ryckelynck, Géraldine Piveteau, Alain Deflesselles, Manuela Cortal, Instants des Forts - Georges Maroniez photographe le long du chenal, il y a un siècle [catalogue de l'exposition, 26 avril - 2 septembre 2002,], Musée de Gravelines, coll. « Gravelines en quête de mémoire »,‎ 2002, 80 p. (ISBN 2908566141)
  • Yann Gobert-Sergent, Georges Maroniez, Parcours pictural autour de la Côte d'Opale, Boulogne, Revue Boulogne et la Mer,‎ octobre 2008, 31 p.
  • Hélène Braeuener, Bénédicte Pradié-Ottinger, Les Peintres de la baie de la Somme : autour de l'impressionnisme, La Renaissance du Livre,‎ 2001, 150 p. (ISBN 280460554X)
  • Manuela Cortal, Georges MARONIEZ, peintre et photographe, in Bononia n°27 et n°28, Association des amis des musées de Boulogne-sur-Mer,‎ 1995 - 1996
  • Dominique Horbez, Corot et les peintres de l'école d'Arras, La Renaissance du Livre,‎ 2004, 191 p. (ISBN 2804608603)
  • Constantin Imbs, Répercussions esthétiques attendues des différents procédés d'enregistrement photochimiques et de restitution de l'information photographique au XIXe siècle [en France], Sorbonne (Paris-IV), DEA histoire de l'art, sous la direction de Sylvie Aubenas, Martine Gillet et Bruno Foucart,‎ 2004