Georges Hébert

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Georges Hébert

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Le lieutenant de vaisseau Georges Hébert en 1913

Naissance 27 avril 1875
Paris, France
Décès 2 août 1957 (à 82 ans)
Tourgéville, Calvados
Nationalité Drapeau de la France France
Profession Officier de marine
chargé de l'instruction de la gymnastique à l'École des Fusiliers Marins.
Distinctions

Georges Hébert né le 27 avril 1875 à Paris 5e et mort le 2 août 1957 à Tourgéville[1] est un officier de marine et éducateur français promoteur d’une méthode d’éducation physique naturelle, l’hébertisme, opposée à la gymnastique suédoise et à la spécialisation sportive.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Paris le 27 avril 1875 Georges Hébert intègre l'École navale en 1893 avec Nicolas Benoît, fondateur des Eclaireurs de France. Puis comme lieutenant de vaisseau, il parcourt le monde à bord des derniers grands voiliers de la Marine nationale. Le 8 mai 1902, il est témoin impuissant de l'éruption de la Montagne Pelée depuis le croiseur "D'Estrées" en rade de Saint-Pierre.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Grade Enseigne de vaisseau 1ere classe.svg
  • 1901, 1902, sur le croiseur "D'Estrées" , division navale de l'Atlantique (Cdt Marie de Ramey de Sugny).
  • 1903, en résidence à Cherbourg.
  • 1904, Officier adjoint à l'officier chargé de l'école de gymnastique et d'escrime, école des fusiliers marins à Lorient. Officier breveté fusilier et gymnaste.
  • 1906, chargé de l'instruction de la gymnastique à l'école des fusiliers marins à Lorient.
  • Lieutenant de vaisseau le 16 mai 1907.
Grade Lieutenant vaisseau.svg
  • 1909, 1914, chargé de l'instruction de la gymnastique à l'école des Fusiliers marins.
  • Le 1er avril 1913, détaché en congé sans solde et hors cadre à la société des anciens établissements Panhard et Levassor à Paris.
  • Le 14 octobre 1914, Capitaine de la 8ème compagnie du 2ème Bataillon du 2ème Régiment de Fusiliers marins.
Il est blessé au cours des combats[2],[3].

L'éducation physique et le sport[modifier | modifier le code]

Reims, Collège d'Athlètes, Jean Bouin et Georges Hébert à gauche,1913

Influencé par son contemporain le docteur Paul Carton il tire de l'observation des activités courantes des indigènes et des marins des conclusions sur l'entraînement et l'entretien physique militaire des fusiliers-marins qu'il met en œuvre dès 1904 à l'école des fusiliers marins de Lorient. Il présente en 1910 au ministère de la Marine un mémoire qui lui vaut d'être nommé directeur des exercices physiques dans la marine.

Il publie alors plusieurs ouvrages techniques relatifs à l'éducation physique militaire puis accepte en 1913 la direction technique du Collège d’athlètes de Reims construit par le marquis Melchior de Polignac, membre du comité international olympique, pour assurer la préparation des Jeux de la VIe Olympiade prévus à Berlin en 1916[5]. Cet établissement est détruit dès le début des combats et Hébert est grièvement blessé à la bataille de Dixmude.

Après la guerre de 1914 il se consacre à l'éducation physique civile et plus particulièrement féminine en ouvrant un établissement spécifique, la palestre de Deauville. Inquiet des aspects pris par la spécialisation sportive, il publie en 1925 un ouvrage Le sport contre l'éducation physique où il en dénonce les principales dérives. Il définit le sport comme « tout genre d'exercice ou d'activité physique ayant pour but la réalisation d'une performance et dont l'exécution repose essentiellement sur l'idée de lutte contre un élément défini, une distance, un danger, un animal, un adversaire [...] et par extension contre soi-même ».

Il écrit ensuite de nombreux ouvrages où il décrit avec précision sa méthode dite naturelle. Comme Pierre de Coubertin, l'antiquité grecque l’attire par la grandeur et la grâce de ses exemples. « Ιl y trouve souvent une inspiration, des modèles, l’union traditionnelle de la gymnastique et de l’esthétique[6] ». En 1940 le gouvernement de Vichy déclare celle-ci Méthode nationale et en fait un élément du relèvement physique et moral du pays. Prudemment, Hébert reste en retrait de la mise en œuvre. Très diminué physiquement par les séquelles de ses blessures, il meurt le 2 août 1957 laissant une abondante littérature.

Ouvrages publiés[modifier | modifier le code]

  • L’Éducation physique raisonnée, 1907
  • Guide pratique d'éducation physique, 1910
  • Le Code de la force. La Force physique, ses éléments constitutifs et sa mesure pratique, 1911
  • L’Éducation physique ou l'entraînement complet par la méthode naturelle, 1912
  • La Culture virile et les devoirs physiques de l'officier combattant, 1913
  • Ma Leçon-type de natation, 1914
  • Ma Leçon-type d'entraînement complet et utilitaire, 1915
  • L’Entraînement physique complet par la méthode naturelle. Guide abrégé du moniteur chargé de l'entraînement dans les écoles, les sociétés de sport et de gymnastique, et en général dans les groupements de toutes sortes d'enfants ou d'adultes, 1918
  • L’Éducation physique féminine. Muscle et Beauté plastique, 1919
  • Le Sport contre l'éducation physique, 1925
  • L’Éducation physique, virile et morale par la méthode naturelle, 4 vol., 1936-1946
I. Exposé doctrinal et Principes directeurs de travail. II. Technique des Exercices. Technologie. Marche. Course. Saut. III : Technique des exercices. Fascicule 1 : Quadrupédie. Fascicule 2 : Grimper. Fascicule 3 : Équilibrisme. IV : Technique des exercices (suite). Fascicule 1 : Défense. Fascicule 2. Lancer.
  • Une œuvre féconde et de haute portée sociale : les Champs d'ébats, centres de régénération physique, virile et morale, 1944

Reconnaissance et notoriété[modifier | modifier le code]

Le capitaine Georges Hébert est :

Son nom a été donné à de nombreuses installations sportives : le stade municipal de Deauville, un complexe sportif du nord de Reims ... Il reste attaché à un type d'installation sportive de plein air : le « parcours Hébert ».

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Schlemmer (préfacier), Deux Maîtres de la méthode naturelle. Paul Carton, Georges Hébert, Paris : Éditions ouvrières, 1962
  • Gilles Bui-Xuân et Jacques Gleyse, De l'émergence de l'éducation physique, Georges Demenÿ et Georges Hébert : un modèle conatif appliqué au passé, Paris : Hatier, 2001
  • Jean-Michel Delaplace, Georges Hébert, sculpteur de corps, Paris : Vuibert, 22e édition, 2005
  • Michel Thibault, Reims, le Parc Pommery, Alain Sutton, coll. « Témoignages et Récits »

Sources et références[modifier | modifier le code]

  • Cet article contient tout ou partie d'un document provenant du site La Vie rémoise.
  1. Archives de l'état civil de Paris en ligne, acte de naissance no 5/971/1875 ; avec mention marginale du décès
  2. Charles LE GOFFIC, Dixmude. Un chapitre de l’histoire des fusiliers marins (7 octobre – 10 novembre 1914), Paris, Librairie Plon,‎ 1915, 89 à 91 p.
  3. « Lors de l'attaque de Beerst le 19 octobre 1914, la 8ème compagnie du Lt de vaisseau Hébert est envoyée à la rescousse des 5ème et 6ème compagnies en difficulté, leurs chefs hors de combat : « Le lieutenant de vaisseau Hébert, alors âgé de près de quarante ans, est célèbre dans toute la Brigade et même dans toute la Marine. C'est lui qui s'est fait le pionnier de l'éducation physique militaire. Toute l'armée a repris ses mots d'ordre, dont le plus célèbre claque comme un défi : « Soyons forts ! Les faibles sont des inutiles ou des lâches ! ». C'est dire à quel rythme d'enfer il mène sa 8ème compagnie. Tous les gradés sont formés à son image. Accrocheurs, méprisants du danger et d'un courage qui tourne au fanatisme. Où personne ne peut passer, la compagnie Hébert passera… Il n'y a plus d'espoir pour le lieutenant de vaisseau Hébert, qui vient de perdre, en quelques minutes, ses trois chefs de section. Il ordonne le repli. Ses hommes se glissent hors de la ferme. Soudain, le célèbre gymnaste ressent une douleur terrible au bras gauche. Une balle vient de le déchirer du coude au poignet. Puis un choc à la poitrine. Est-il touché en plein cœur ? Une autre balle a traversé son bloc-notes, son manuel d'officier en campagne et s'est arrêtée sur son portefeuille. Ses hommes l'emportent vers l'arrière, son bras gauche inerte, mais sa main encore crispée sur la crosse de son revolver. Hébert hors de combat à son tour, c'est l'attaque sur Beerst qui s'enlise à nouveau sur tout le front tenu par le bataillon Pugliesi-Conti. » », extrait de La Bataille de l'Yser de Jean Mabire.
  4. Officier parmi tant d'autres.
  5. Staps, vol. 63, no 1, 2004, p. 29 (ISSN 0247-106X, 1782-1568) pages consultées le 7 août 2012
  6. Coche, Α. Manuel de Pédagogie Appliquée à l’Éducation Physique, 1940, p. 295

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]