Georges-Jean de Veldenz

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Georges Jean de Veldenz (Georg Hans ou Johann ; 1543-1592) appartenait à une branche cadette de la Maison palatine de Wittelsbach, celle de Deux-Ponts et Neubourg[1].

Liens familiaux[modifier | modifier le code]

Fils de Robert (Rupprecht) du Palatinat et tôt orphelin, Georges Jean hérita dès 1544 des titres honorifiques de comte palatin du Rhin, duc en Bavière, ainsi que du comté de Veldenz (Georges Jean Ier). Il reçut par la suite, au terme d'arrangements dynastiques avec la famille Palatine, les comtés de Lützelstein (la Petite Pierre) et Sponheim.
Georges Jean épousa en 1562 la princesse Anna Maria (1545-1610), fille du roi de Suède Gustave Ier Vasa richement dotée, dont naquirent entre autres :

  • Georges Gustave (1564-1634),
  • Jean Auguste (1575-1611),
  • Louis-Philippe (1577-1601),
  • Georges-Jean II (1586-1654),

qui devaient ensuite se partager l'héritage et les titres de leur père.

L'œuvre du Palatin en Alsace bossue[modifier | modifier le code]

Aux possessions en terre allemande, le Palatin préféra son comté de la Petite-Pierre, zone frontière entre l'Empire (ici luthérienne et germanophone, comme lui-même) et la Lorraine de langue romane et catholique. Il modernisa le château de la Petite-Pierre où il résidait principalement avec sa famille, donnant au lieu l'aspect militaire mais aussi "Renaissance" qu'il a conservé aujourd'hui. Proche des populations, idéaliste, le prince était familièrement surnommé "Jerri Hans" par ses sujets.

Dans les années 1560, le Palatin lança le projet d'une ville nouvelle dans son comté, à laquelle il donnerait son nom, et qui accueillerait les réformés expulsés du duché : Phalsbourg (Pfaltzburg, la ville du Palatin) sortit de terre et commença à se peupler vers 1570, avec l'ambition de devenir un nœud routier, artisanal et commerçant.

Devenu par les armes propriétaire du château de Lutzelbourg (en Alsace) en 1577, il renonça à le reconstruire : seules ses ruines sont donc parvenues jusqu'à nous.

Le développement de Phalsbourg était retardé par le manque d'argent : Georges Jean ne pouvait faire face aux constructions qu'il avait entreprises pour les habitants, bâtiments publics, remparts. Il engagea la ville au duc de Lorraine Charles III en 1584, et acquit sur les Rathsamhausen zum Stein la seigneurie du Ban de la Roche, où il avait commencé à exploiter les mines de fer. Il y développa une forte infrastructure minière et sidérurgique, visionnaire pour l'époque, et qui perdurera jusqu'au XVIIIe siècle. Il introduisit aussi la religion évangélique dans le Ban.
Pour compléter le réseau routier qu'il avait entièrement rénové, Georges Jean avait imaginé un système de canaux et d'écluses qui ne vit pas le jour, mais préfigurait le canal de la Marne au Rhin. Cette nouvelle entreprise ne lui permit pas toutefois de racheter Phalsbourg, qui resta au duc de Lorraine après 1589.

Prince protestant, industriel avant-gardiste, entreprenant et visionnaire, le Palatin souffrit de la méfiance et du désintérêt des autres princes allemands de la région, dont il ne reçut aucun appui. Sa mort en 1592 mit un frein à ses réalisations, et il laissa des finances amoindries à sa veuve Anna Maria et à leurs enfants. Il n'en avait pas moins marqué le territoire et l'imaginaire de cette région.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir Robert Ier du Saint-Empire, ancêtre de Georges Jean.

Sources[modifier | modifier le code]

  • (fr) KITTEL Paul, George Jean : Par la grâce de Dieu, comte Palatin du Rhin, duc de Bavière, comte de Veldenz et de la Petite-Pierre, fondateur de Phalsbourg, Éditions du musée de Phalsbourg, Éditions du Griffon, 2002. 978-2913162211.
  • (de) GÜMBEL Theodor, Geschichte des Fürstentums Pflaz-Veldenz, Kaiserslautern, 1900, 378 p.
  • (fr) LEYPOLD Denis, Le Ban de la Roche au temps des seigneurs de Rathsamhausen et de Veldenz (1489 - 1630), 1989, Société Savante d'Alsace et des régions de l'Est, t. XL, Strasbourg.