Georges-Henri Luquet

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Georges-Henri Luquet

Philosophe occidental

Naissance 21 janvier 1876 (Rochefort-sur-Mer)
Décès 4 novembre 1965
Principaux intérêts logique, mathématiques, psychologie cognitive, psychologie sociale, anthropologie, ethnologie...
Influencé par Bergson, Lucien Lévy-Bruhl

Georges-Henri Luquet, né en 1876 et mort en 1965, est un philosophe français, normalien élève de Bergson et de Lucien Lévy-Bruhl, ethnographe et pionnier de l'étude du dessin enfantin.

Biographie[modifier | modifier le code]

Georges-Henri Luquet est né à Rochefort-sur-Mer le 21 janvier 1876. Reçu à dix-huit ans à l’École Normale Supérieure, il fut en son temps le plus jeune agrégé de philosophie de France. Docteur en Lettres, il était aussi diplômé de l’École des Hautes Études.

D’abord professeur de philosophie dans des lycées du nord de la France, il est nommé à Paris au lycée Saint-Louis puis au lycée Rollin à son retour de la première guerre mondiale. Selon Meyerson[réf. souhaitée], Luquet a été pendant près de quarante ans un professeur aimé de ses élèves et les aimant. L'homme était comme le savant : centré sur l'essentiel, solide et sans détours, fidèle en amitié.

Franc-maçonnerie[modifier | modifier le code]

Luquet fut initié au Grand Orient de France en 1905. Il fut membre du Grand Collège des Rites en 1935, où il occupa entre autres les charges de Grand Orateur, et Grand Chancelier du Suprême Conseil du Grand Orient de France. Ce dignitaire de la plus importante Obédience Maçonnique Française laissa de nombreux articles de philosophie sociale et morale, et une étude approfondie sur Nerval. Il fut spécialiste du symbolisme des grades de perfectionnement et de l’histoire de la franc-maçonnerie. On lui doit en 1963 La Franc-Maçonnerie et l'État en France au XVIIIe siècle.

Dieu ? Testament d’un philosophique d’un vieux sage, paru en 1966 après sa mort, expose ses dernières réflexions sur l’humanité.

Georges-Henri Luquet est mort le 4 novembre 1965. À sa mort le Grand Orient lui rendit hommage lors d’une tenue funèbre.

Ses travaux[modifier | modifier le code]

Les travaux de Luquet se répartissent en quatre chapitres principaux :

  • la philosophie, que ce soit la philosophie des sciences (logique, mathématiques) ou la philosophie sociale et morale
  • la psychologie cognitive lié à l’analyse des dessins d’enfants
  • l’anthropologie et l’ethnologie
  • l’histoire des religions, des arts et des cultures.

La pensée de Luquet étant encyclopédique, ses travaux croisent ses divers centres d’intérêt. Ainsi l’archéologie lui permet de combiner une réflexion sur la pensée symbolique dans la préhistoire au regard de considérations anthropologiques.

La logique[modifier | modifier le code]

Les études de logique ont porté tant sur la logique classique que sur la logistique, sur la pensée mathématique, sur les rapports des mathématiques et du réel.

Psychologie et études des dessins de l’enfant[modifier | modifier le code]

Sa thèse de Doctorat ès Lettres a été consacrée à l'étude du dessin : Les dessins d'un enfant (1913). Cet ouvrage fait date par la méthode choisie et par les résultats. La méthode est monographique. Elle seule, expose Luquet, permet de reconstituer l'évolution graphique de l'enfant et d'en dégager les phases. Mais, pour donner des résultats probants, elle requiert un très grand nombre de documents.

C'est sur plus de mille sept cents dessins de sa fille Simone, recueillis pendant dix ans à partir de l'âge de trois ans et trois mois, que Luquet a travaillé. Ces résultats, complétés par d'autres documents, ont été intégrés dans une conception d'ensemble. On connaît cette conception, devenue classique. Le dessin de l'enfant passe par quatre phases. La première est celle du dessin involontaire : l'enfant trace des lignes, mais ne met pas encore ces lignes en rapport avec des objets. Puis vient l'intention de représenter, mais non encore l'aptitude à le faire : l'enfant ne sait pas grouper en un ensemble cohérent les détails remarqués. Cet obstacle surmonté, vient la troisième phase, le réalisme intellectuel : l'enfant vise à représenter tout ce qu'il sait de l'objet, des traits perçus ou non. Enfin, dans la quatrième phase, l'enfant parvient au réalisme visuel : il apprend à figurer ce qu'il voit. La représentation des objets implique l'existence dans l'esprit d'un modèle interne qui guide le petit dessinateur. À côté des tableaux statiques, l'enfant représente des faits changeants : il fait des « narrations graphiques » ; dans la façon de figurer ces narrations, il y a aussi une évolution.

Anthropologie et Ethnologie[modifier | modifier le code]

Les premières études sur l'art préhistorique et sur l'art archaïque datent de 1914 ; la recherche se poursuivra, inlassablement, pendant un quart de siècle. Elle est jalonnée par trois ouvrages : L'art et la religion des hommes fossiles (1926), L'art néo-calédonien (1926), L'art primitif (1930), et par des articles dans le Bulletin hispanique, le Journal de Psychologie, l'Anthropologie, la Revue Archéologique, le Jahrbuch für prähistorische und ethnographische Kunst.

L'art, sous la double forme d'un art décoratif non figuré et d'un art figuré non décoratif, se manifeste dès l'Aurignacien. Dès cette époque, l'homme a l'idée qu'un objet (ou que son corps) peut acquérir de la beauté par l'addition de certains éléments dont le seul rôle est d'embellir. Les Aurignaciens étaient, semble-t-il, déjà en possession de deux éléments essentiels de l'art figuré : l'idée d'industrie, l'idée de ressemblance. L'activité créatrice d'images a pu être désintéressée d'abord ; il semble que l'art subordonné à la magie date du Magdalénien seulement. Si l'on considère l'évolution de l'art archaïque dans son ensemble, on y retrouve quelques-uns des traits qui caractérisent l'évolution du dessin de l'enfant. On constate notamment que dans ses premières formes l'art reproduit non ce que l'œil voit, mais ce que l'esprit sait : l'artiste de l'Âge du Renne fait du réalisme intellectuel. C'est finalement cette forme de figuration qu'il faut appeler « art primitif », conclut Luquet.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Idées générales de psychologie. Alcan, 1906.
  • Éléments de logique formelle. Alcan, 1909.
  • Les dessins d'un enfant. Etude psychologique. Paris, Librairie Félix Alcan, 1913. (thèse)
  • Le Dessin enfantin, Paris, F. Alcan, 1927.
  • L'art primitif, Paris, G. Doin & cie, 1930.
  • La franc-maçonnerie et l'état en France au XVIIIe siècle, Ed. Vitiano Paris, 1963.
  • Dieu ? Testament philosophique d'un vieux sage, Paris, Ed. Vitiano, Coll. Le libre examen, 1966.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Piéron, "Luquet, G. H. - Les dessins d'un enfant", Scientia : rivista internazionale di sintesi scientifica, 16, 1914, pp. 288-293
  • Ignace Meyerson. Georges-Henri Luquet, 1876-1965, Journal de Psychologie, 1966, LXIII, p. 503-504.
  • Anne-Marie Drouin-Hans. Georges-Henri Luquet, philosophe, ethnographe et pionnier de l'étude du dessin enfantin. Bulletin de Psychologie, 2000; 53 (449), 573-592.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Luquet Archives, site de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne consacré à l'œuvre de Luquet.