George Vancouver

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George Vancouver
Image illustrative de l'article George Vancouver

Naissance
à King's Lynn (comté de Norfolk)
Décès (à 40 ans)
à Petersham (Surrey)
Origine Royaume de Grande-Bretagne Royaume de Grande-Bretagne
Arme Pavillon de la Royal Navy Royal Navy
Grade Captain
Années de service 17721795
Hommages Vancouver
Île de Vancouver
Vancouver
Mount Vancouver
Signature
George Vancouver Signature.svg
George Vancouver

George Vancouver RN, né le à King's Lynn dans le comté de Norfolk et décédé le à Petersham (Surrey), est un navigateur britannique, officier de marine de la Royal Navy, qui est plus particulièrement renommé pour son exploration de la côte Pacifique le long de ce qui est aujourd'hui la province canadienne de la Colombie-Britannique et des États américains de l'Oregon, de Washington et de l'Alaska. Il explore également l'archipel d'Hawaï et la côte sud de l'Australie.

La ville de Vancouver et l'île de Vancouver, en Colombie-Britannique (Canada), ainsi que la ville de Vancouver (État de Washington) et le Mount Vancouver à la frontière entre le Yukon et l'Alaska ont été nommées en son honneur.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et début de sa carrière[modifier | modifier le code]

George Vancouver est le sixième enfant de John Gasper van Couverden et Bridget Bernes. Le nom qu'il portera est donc une contraction du nom d'origine néerlandaise van Couverden (d'après la ville de Coevorden aux Pays-Bas).

Il entre dans la Royal Navy à treize ans[1]. En 1772, à quinze ans, il s'embarque comme à midshipman à bord du HMS Resolution lors du deuxième voyage (1772-1775) du captain James Cook à la recherche de la Terra Australis. Il accompagne également Cook lors de son troisième voyage (1776-1780), cette fois à bord du sister-ship du Resolution', le HMS Discovery et participe à la première reconnaissance et exploration, par des Européens de l'archipel d'Hawaï.

À son retour en Grande-Bretagne en 1779, il est nommé au grade britannique de lieutenant, équivalent à lieutenant de vaisseau dans la marine royale française de l'époque. Il est nommé à bord du sloop HMS Martin, chargé de surveiller les côtes anglaises.

À la fin des années 1780, l'empire espagnol envoie une expédition dans le Nord-Ouest Pacifique. Cependant, la Controverse de Nootka intervient en 1789. L'Espagne et la Grande-Bretagne sont prêtes à se déclarer la guerre à propos de la souveraineté sur la baie de Nootka sur l'actuelle île de Vancouver et, plus important encore, à propos du droit de coloniser et de s'établir sur la côte Nord-Ouest du Pacifique. Henry Roberts et Vancouver rejoignent les vaisseaux de guerre que la Grande-Bretagne arme en vue du conflit. Vancouver est sous les ordres de Joseph Whidbey sur le HMS Courageux. Lorsque la première Convention de Nootka met fin à la crise en 1790, Vancouver reçoit le commandement du HMS Discovery pour prendre possession de la baie de Nootka et pour en cartographier les côtes[2],[3].

Voyage d'exploration de 1791-1795[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Expédition Vancouver.
Page titre (exemplaire de la bibliothèque patrimoniale de Gray)

Puis, George Vancouver passe une dizaine d'années sur des navires de guerre avant d'être chargé d'une expédition de cartographie des côtes américaines de 1791 à 1794. À l'époque les spéculations sur l'existence d'un passage maritime qui relierait les océans Atlantique et Pacifique à travers l'Amérique du Nord (le fameux passage du nord-ouest), reprennent de la vigueur. Au cours de ce voyage, il rencontre le commerçant américain Robert Gray de Boston en avril 1792. Gray faisait lui-même des explorations dans la région avec son navire le Columbia, pour des raisons liées au commerce de fourrures de loutres de mer. Gray informa Vancouver qu'il avait découvert l'embouchure d'un grand fleuve qu'il avait nommé la Columbia d'après son vaisseau, mais Vancouver décida de ne pas pousser ses investigations sur ce fleuve, n'ayant pas suffisamment de confiance dans les rapports de Gray[4].

Vancouver passa l'été en naviguant autour de la grande île au nord du détroit de Juan de Fuca qui porte aujourd'hui son nom. Il baptisa plusieurs éléments géographiques pour les hommes de ses vaisseaux, tels que Puget Sound, Mount Baker et Burrard Inlet. Cependant, comme les navigateurs espagnols s'engageaient aussi à l'exploration de cette région, Vancouver respecta plusieurs noms déjà conférés par les espagnols, tels que l'île Galiano. Ayant achevé le voyage autour de l'île, et afin de rencontrer le navigateur et homme militaire espagnol Juan Francisco de la Bodega y Quadra, Vancouver se dirigea en l'automne de 1792 à Friendly Cove, à Nootka Sound une anse sur la côte Pacifique de l'île de Vancouver, où les espagnols maintenaient un poste depuis plusieurs années. Les gouvernements de l'Espagne et de la Grande-Bretagne avaient arrangé cette rencontre pour permettre la discussion des prétentions de ces deux pays à la territoire de la côte Pacifique de l'Amérique du Nord. Les relations entre Vancouver et Quadra étaient si amicales que Vancouver proposa nommer la grande île où ils se trouvaient « Quadra's and Vancouver's Island »[5]. Quadra avait des instructions d'offrir à Vancouver que la frontière entre les territoires britanniques et espagnols soit le détroit de Juan de Fuca, qui rendrait nécessaire la retraite des espagnols de Friendly Cove. Vancouver, sans instructions de Londres et ne voulant pas compromettre la position de son pays, déclina cet offre et les deux hommes décidèrent remettre la question à leurs gouvernements respectifs.

Le rencontre historique entre Vancouver et Quadra eut lieu dans le territoire traditionnel des Nuu-chah-nulth, un peuple amérindien appelés alors les « Nootka ». Le grand chef Maquinna des Nuu-chah-nulth jouait le rôle d'hôte, ce qui augmentait sa fortune ainsi que son prestige parmi les autres peuples indigènes de la région[6].

En revenant de Nootka Sound, après la rencontre avec Bodega y Quadra, Vancouver décida d'envoyer le lieutenant Broughton dans le Chatham pour explorer le fleuve Columbia que Vancouver avait négligé à la suite de sa première rencontre avec Robert Gray. Broughton poussa dans le fleuve une centaine de milles et en prit possession pour la Grande-Bretagne[7]. Vancouver le croyait le premier européen à naviguer sur le fleuve Columbia, étant ignorant des explorations plus poussées de Gray après leur rencontre.

Rentré en Grande-Bretagne en septembre 1795, il prend sa retraite à Petersham, (aujourd'hui dans le district londonien de Richmond upon Thames), où il se consacre à la rédaction du récit de son voyage d'exploration, mais meurt en mai 1798, à l'âge de quarante ans, le laissant inachevé. Une querelle avec Thomas Pitt, un jeune aristocrate d'une famille politique puissante qui avait accompagné Vancouver pendant le voyage en Amérique et qu'il avait renvoyé à Londres, aurait pu contribuer à la réception tiède dont Vancouver souffre à son retour[8].

Les villes de Vancouver, West Vancouver, et North Vancouver en Colombie-Britannique et une autre ville du même nom dans l'État de Washington, ainsi que l'île de Vancouver portent aujourd'hui leurs noms en l'honneur de George Vancouver.

Publication[modifier | modifier le code]

  • George Vancouver, Voyage de découvertes à l'océan Pacifique du nord et autour du monde, complété par son frère John et publié en 1798
Édition originale en anglais : Voyage Of Discovery To The North Pacific Ocean, And Round The World In The Years 1791–95, by ISBN 0-7812-5100-1
Réédité en 1984 par W. Kaye Lamb sous le nom The Voyage of George Vancouver 1791–1795, publié par la Hakluyt Society de Londres.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Carte de la côte nord-ouest de l'Amérique et d'une partie de la côte nord-est de l'Asie représentant le parcours de mai à octobre 1778 des sloops de Sa Majesté, « Resolution » et « Discovery » », sur World Digital Library,‎ 1778 (consulté en 2013-06-28)
  2. Robert J. King, George Vancouver and the contemplated settlement at Nootka Sound, The Great Circle, vol.32, no.1, 2010, p. 6–34;
  3. (en) Richard Edward Allen, A Pictorial History of Vancouver, Book 1, Josten's Publications,‎ 1982
  4. Stephen Bown, Madness, Betrayal and the Lash. Vancouver: Douglas & McIntyre, 2008, p. 124
  5. Ibid., p. 149
  6. Ibid., p. 148
  7. Margaret Ormsby, British Coumbia: a History, MacMillan & Co., Toronto, 1958, p. 25
  8. Stephen Bown, p. ??

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Stephen R. Bown, Madness, Betrayal and the Lash: The Epic Voyage of Captain George Vancouver, Douglas & McIntyre, 2008
  • (en) George Godwin, Vancouver A Life: 1757–1798, D. Appleton and Company, 1931
  • (en) James Stirrat Marshall, Carrie Marshall, Adventures in Two Hemispheres Including Captain Vancouver's Voyage, Telex Printing Service, 1955
  • (en) Bern Anderson, The Life and Voyages of Captain George Vancouver, University of Washington Press, 1966
  • (en) Alison Gifford, Captain Vancouver: A Portrait of His Life, St. James Press, 1986
  • (en) Thomas Manby, Journal of the Voyages of the H.M.S. Discovery and Chatham, Ye Galleon Press, 1988
  • (en) Robin Fisher, Gary Fiegehen, Vancouver's Voyage: Charting the Northwest Coast, 1791–1795, Douglas & McIntyre, 1992
  • (en) B. Guild Gillespie, On Stormy Seas, The Triumphs and Torments of Captain George Vancouver, Horsdal & Schubart, 1992
  • (en) E.C. Coleman, Captain Vancouver: North-West Navigator, by Tempus, 2007
  • (en) Sam McKinney, Sailing with Vancouver: A Modern Sea Dog, Antique Charts and a Voyage Through Time, Touchwood Editions, 2004
  • (en) Richard W. Blumenthal, The Early Exploration of Inland Washington Waters: Journals and Logs from Six Expeditions, 1786–1792, McFarland & Company, 2004
  • (en) John E. Roberts, A Discovery Journal: George Vancouver's First Survey Season – 1792, Trafford Publishing, 2005.
  • (en) Richard W. Blumenthal, With Vancouver in Inland Washington Waters: Journals of 12 Crewmen April–June 1792, McFarland & Company, 2007.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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