George Pritchard

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George Pritchard

Georges Pritchard (né à Birmingham le 1er août 1796 - mort à Hove le 6 mai 1883) était un missionnaire protestant britannique. Il fut à l'origine de tensions importantes entre le Royaume-Uni et la France à propos de Tahiti.

Ascension sociale[modifier | modifier le code]

Maison de George Pritchard à Papeete, 1846

L'itinéraire de George Pritchard est caractéristique de l'ascension sociale que permettait l'engagement missionnaire dans la première moitié du XIXe siècle[1]. Issu d'un milieu modeste au sein d'une famille nombreuse de Birmingham, il s'engagea au sein de la London Missionary Society et devint pasteur en 1824 peu de temps avant d'être envoyé en mission en Polynésie. Il relevait ainsi désormais de la classe moyenne, et même de la upper middle class lorsqu'il devint en 1837 consul du Royaume-Uni à Tahiti. Comme le souligne Claire Laux, sans doute son exil lui permit-il bien mieux de « valoriser ses qualités qu'il n'eût probablement pu le faire en demeurant en Grande-Bretagne[1] ».

L'« Affaire Pritchard »[modifier | modifier le code]

Pritchard suggéra en 1839 à Palmerston de faire de l'île un protectorat britannique, mais celui-ci refusa[2]. Pritchard s'inquiétait de l'arrivée de missionnaires catholiques, Honoré Laval et François Caret de l'ordre des Pères et religieuses des Sacrés-Cœurs de Picpus, susceptibles de remettre en cause la solide implantation méthodiste qui assurait une place de choix au pasteur Pritchard. Son « anti-catholicisme viscéral[2] » l'amena à utiliser son ascendant sur la reine de Tahiti Pomare IV, dont il était devenu le conseiller, pour l'encourager à expulser deux missionnaires catholiques présents sur l'île. Cela fournit l'occasion à la France de prendre le contrôle de l'île. En septembre 1842, profitant de l'absence de Pritchard, l'amiral Dupetit-Thouars établit un protectorat français sur l'île. Pritchard poussa la reine Pomare IV à la révolte. La France décida dès lors d'annexer le territoire (novembre 1843), puis sous l'influence de Jacques-Antoine Moerenhout d'arrêter et d'expulser Pritchard (1844). Cette affaire entraîna d'importantes tensions entre la France et le Royaume-Uni et amena Londres à exiger de Louis-Philippe Ier des excuses, le retour au statut de protectorat et le versement d'une indemnité au pasteur Pritchard pour la spoliation de ses biens[2].

George Pritchard en 1845, alors consul du Royaume-Uni à Tahiti

Après l'expulsion[modifier | modifier le code]

En 1845, George Pritchard fut nommé consul britannique aux Samoa[3]. Il démissionna en 1856 et rentra en Angleterre. Sa femme mourut en 1871 et il se remaria peu après. En 1878, il publia Queen Pomare and her Country, ouvrage relatant son expérience tahitienne. Il mourut d'une bronchite le 6 mai 1883 dans son domicile de Hove.

Son fils William (1829-1907) fut également un acteur important de la colonisation du Pacifique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Laux (2001)
  2. a, b et c Chassaigne (2009), p. 32
  3. Pour ce paragraphe : Timmins (2004)

Bibliographie[modifier | modifier le code]