George Gordon (Lord George Gordon)

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Lord George Gordon après sa conversion au judaïsme

George Gordon, appelé communément Lord George Gordon (26 décembre 175112 novembre 1793), troisième et plus jeune fils de Cosmo George Gordon, 3e duc de Gordon, fut un politicien excentrique et contestataire du Royaume-Uni avant de se convertir au judaïsme.

Sa jeunesse[modifier | modifier le code]

George Gordon est né à Londres. Peu de temps après sa naissance, son père décède et le jeune Gordon est envoyé en Écosse dans une des propriété familiale. Sa mère se remarie peu après avec un jeune Américain, officier dans l’armée britannique, de 17 ans son cadet. Elle aura alors peu de temps à consacrer à ses six enfants qu’elle a eu du duc et qui seront relativement délaissés. Le jeune Gordon effectue ses études à Eton, puis, les ayant terminées, entre dans la Royal Navy, où il monte en grade jusqu'au rang de lieutenant de vaisseau en 1772.

Lord Sandwich, alors à la tête de l'Amirauté, lui refuse le commandement d'un navire, et Gordon décide alors de démissionner juste avant le commencement de la Guerre d'indépendance des États-Unis. En 1774 le bourg pourri de Ludgershall est acheté pour lui par le général Simon Fraser, dont il était l'adversaire pour le poste de député (Member of Parliament) de l'Inverness-shire, afin de le soudoyer pour qu'il ne lui dispute pas le comté. Gordon est considéré comme volage et comme quelqu'un de peu d'importance. Au parlement, il est cependant un des plus actif adversaire de l’engagement de l’Angleterre contre la nouvelle nation américaine.

Les "émeutes de Gordon"[modifier | modifier le code]

En 1779 il organise puis se fait nommer à la tête des associations protestantes formées pour obtenir l'abrogation de l'Acte d'Émancipation des Catholiques de 1778. Le 2 juin 1780, il prend la tête d'une foule qui marche en procession de St George's Fields jusqu'au Palais de Westminster afin de présenter une énorme pétition contre l'émancipation. Quand la foule atteint Westminster, l'émeute dite de Gordon (Gordon Riots), commence. Tout d'abord, la foule se disperse après avoir menacé de pénétrer dans la Chambre des communes, mais se rassemble aussitôt après, et durant les quelques jours qui suivent, détruit plusieurs églises catholiques, pille des demeures de Catholiques, met le feu à la prison de Newgate, envahit d'autres prisons et attaque la Banque d'Angleterre et plusieurs autres bâtiments publics. L'armée arrive finalement pour réprimer l'agitation et tue ou blesse environ 450 personnes avant de rétablir l'ordre. Pour son rôle dans l'instigation des émeutes, Lord Gordon est accusé de haute trahison. Cependant, grâce à une défense par le baron Erskine, il est acquitté sur la base qu'il n'a pas eu l'intention de trahir.

Emprisonnement[modifier | modifier le code]

En 1786 il est excommunié par l'archevêque de Cantorbéry pour avoir refusé de témoigner dans un procès ecclésiastique; et en 1787 il est accusé de diffamation envers la reine de France Marie-Antoinette, l'ambassadeur de France et l'administration judiciaire anglaise. Il est cependant autorisé à quitter le tribunal sans caution et en profite pour s'enfuir aux Pays-Bas. À la demande des représentant de la cour de Versailles, il est prié de quitter le pays et retourne en Angleterre où il est appréhendé.

Pour les deux pamphlets, il est condamné en janvier 1788 à cinq ans d'emprisonnement à Newgate et à une amende de cinq cents livres. En plus, il doit présenter une garantie de 10 000 livres pour garantir de sa bonne conduite pendant 14 ans, et deux cautions de 2 500 livres chacune.

Conversion au judaïsme[modifier | modifier le code]

En 1787, à l'âge de 36 ans, Lord George Gordon se convertit au judaïsme à Birmingham. Il prend le nom d'Yisrael bar Avraham Gordon et se fait circoncire. Gordon devient ce que les Juifs appellent un "Ger Tzedek", un vertueux converti.

Peu de chose est connu de sa vie en tant que Juif à Birmingham, mais le Bristol Journal du 15 décembre 1787 rapporte que Gordon vit à Birmingham depuis août 1786:

« Inconnu de toutes les catégories de gens, sauf de ceux de religion juive, parmi lesquels il passe son temps dans la plus grande cordialité et amitié…..il apparaît avec une barbe d'une grandeur extraordinaire et avec les vêtements traditionnels d'un Juif…son observance des lois culinaires de la cacheroute est remarquable. .  »

« Il est entouré de nombreux Juifs qui affirment que sa seigneurie est Moïse ressuscité de parmi les morts afin de les instruire et d'éclairer le monde entier…Il semble qu'il officie comme un chef de l'Ordre des Lévites… »

En janvier 1788, McManus, un officier de police de Bow Street, reconnaît Gordon rue Dudley dans le quartier pauvre de Birmingham, à majorité juive, connu sous le nom de The Froggery. Il habite alors chez une pauvre Juive qui vend des capres et des anchois dans la rue. Il est habillé à la manière des Hassidim polonais. L’officier de police le ramène alors à Londres. Gordon ayant assez de revenus peut se permettre de prendre une cellule confortable. Pendant son emprisonnement, George Gordon, obtient l'autorisation de vivre en Juif orthodoxe, et à recevoir de l'extérieur de la nourriture cacher.

Sa mort[modifier | modifier le code]

Le 28 janvier 1793, sa sentence exécutée, il est présenté de nouveau devant la cour où il refuse de se découvrir en citant la Bible, puis il lit une déclaration dans laquelle il affirme: « J’ai été emprisonné cinq ans avec les assassins et les voleurs et comme consolation je n’avais que ma foi en Dieu. ».

Gordon peut être libéré sous caution, mais la cour refuse les deux garants qu’il présente car ils sont juifs. Gordon est alors renvoyé en prison. Son frère, le 4e duc de Gordon, Lord William, le futur Vice-amiral et sa sœur, Lady Susan offrent de se porter caution, mais Gordon refuse leur aide.

En octobre de la même année, Gordon attrape la fièvre typhoïde qui sévit à Newgate. Christopher Hibbert, un de ses biographe écrit que de nombreux prisonniers attendaient devant sa porte pour avoir de ses nouvelles. Ses amis, malgré le risque de contagion prient dans sa chambre.

Le 1er novembre 1793, George Gordon meurt à l’âge de 42 ans

Une étude approfondie de sa vie et de ses idées est détaillée dans The Life of Lord George Gordon, with a Philosophical Review of his Political Conduct (La vie de Lord George Gordon, avec une étude philosophique de sa conduite politique), par Robert Watson. Les comptes rendus les plus exacts sur Lord George Gordon se trouvent dans les Annual Registers de 1780 jusqu’à l’année de sa mort. Charles Dickens a pris Lord Gordon comme modèle pour l’un de ses personnages dans son roman historique Barnaby Rudge sur les émeutes de 1780.

Références[modifier | modifier le code]

Cet article comprend du texte provenant de la Jewish Encyclopedia de 1901–1906, une publication tombée dans le domaine public.

  • Cet article est partiellement ou en totalité issu de textes de l'Encyclopædia Britannica, de 1911, une publication dans le domaine public.
  • (en) Lord George Gordon par Moshe Kahan ; publié dans le magazine Yiddishkeit no:5 de juillet 1999.
  • (en) Trials of Lord G. Gordon, London, 1787;
  • (en) Jewish Chronics 10 mars 1899;
  • (en) Robert Watson, Life of Lord George Gordon, Londres 1795;