Georg Herwegh

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Georg Herwegh

Georg Friedrich Rudolph Theodor Herwegh (Stuttgart, 31 mai 1817 - Baden-Baden, 7 avril 1875), était un poète, révolutionnaire et traducteur allemand.

Démocrate radical, il prit part à l'insurrection badoise de Friedrich Hecker en avril 1848.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'aubergiste, Georg Herwegh fit ses études à Stuttgart, à Maulbronn et à Tübingen, où il suivit des cours de théologie[1]. Il traduisit en allemand des poèmes d'Alphonse de Lamartine et fournit des articles de critique au journal Europa d'August Lewald.
Lors de son service militaire, une querelle avec un officier wurtembergeois l'obligea à s'exiler en Suisse en 1839. C'est donc à Zurich qu'il publia en 1841 les Chants d'un vivant (Gedichte eines Lebendigen), un recueil de poésies engagées qui le firent connaître.
Après un retour triomphal dans son pays en 1842, il fut banni en raison de la publication, contre son gré, d'une lettre virulente adressée au roi de Prusse, qui admirait son talent. Il se retira à nouveau à Zurich, où il publia en 1843 ses Vingt-et-une feuilles de Suisse (Einundzwanzig Bogen aus der Schweiz).
Persona non grata auprès des autorités conservatrices zurichoises pour avoir écrit des articles pour des journaux radicaux et menacé d'arrestation pour désertion par les autorités du Wurtemberg, il dut se réfugier à Bâle. En 1845, il s'installa à Paris.

Trajet des troupes révolutionnaires dans le sud-Bade en avril 1848. En violet, le parcours de la « Légion démocratique » d'Herwegh.

Herwegh et d'autres démocrates allemands exilés à Paris, comme Adelbert von Bornstedt, fondent une « Société démocratique » au lendemain de la Révolution de février 1848 (1er mars 1848).
Ce club prépare la constitution d'une « Légion démocratique », qui comptera entre 1500 et 1800 hommes et qui aura pour but d'aider l'insurrection républicaine de Friedrich Hecker et Gustav Struve en Allemagne avant de se porter au secours des Polonais opprimés.
Cette entreprise, comparable à celle de la légion belge, aurait bénéficié de l'aide du gouvernement français, qui souhaitait peut-être se débarrasser ainsi d'une source potentielle de désordre. Elle était soutenue par Ney de la Moskowa et Bakounine mais vivement critiquée par Marx et Engels[2].
Parties de Paris le 24 et le 30 mars[3], les troupes d'Herwegh arrivèrent cependant trop tard : Hecker fut vaincu par l'armée régulière de la Confédération germanique à Kandern le 20 avril. Or la « Légion démocratique » ne traversa le Rhin, entre Kembs et Kleinkems, que le 24 avril à une heure et demie et n'arriva sur les lieux de la défaite que le 25 avril. Après avoir tenté en vain de rejoindre un autre bataillon d'insurgés commandé par Franz Sigel, Herwegh fit battre ses troupes en retraite vers la Suisse voisine. Il fut rattrapé et battu par l'armée régulière à Dossenbach (aujourd'hui quartier de Schwörstadt, près de la frontière suisse) le 27 avril. Vaincu, Herwegh et plusieurs de ses camarades furent contraints de prendre la fuite en Suisse[4]. Il se réfugia ensuite dans le sud de la France.

Heinrich Heine, dont il fit la connaissance à Paris en 1841, appelait Herwegh l' « alouette intrépide »[5].
Ami de Richard Wagner, Herwegh lui fit découvrir la philosophie de Schopenhauer en lui apportant Le Monde comme volonté et comme représentation (hiver 1853-54)[6].

Œuvre[modifier | modifier le code]

  • Einundzwanzig Bogen aus der Schweiz ("Vingt-et-une feuilles de Suisse"), Zurich et Winterthur, Literarischen comptoirs, 1843
  • Gedichte eines Lebendigen, mit einer Dedikation an den Verstorbenen ("Chants d'un vivant, avec une dédicace aux morts"), 7e éd., Zurich, Literarischen comptoirs, 1843-44
  • Briefe 1832-1848 (Lettres à Marie d'Agoult), 2005

Références[modifier | modifier le code]

  1. Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des contemporains, vol. I (A-H), Hachette, 1858, pp. 874-875.
  2. Sur la « Société démocratique » de Georg Herwegh, voir Alphonse Lucas, Les clubs et les clubistes : histoire complète, critique et anecdotique des clubs et des comités électoraux fondés à Paris depuis la révolution de 1848, E. Dentu, Paris, 1851, pp. 10-15.
    Voir aussi l'introduction de Charles Andler au Manifeste communiste de Marx et Engels, Paris, Société nouvelle de librairie et d'édition, 1901, pp. 43-44.
  3. Louis-Antoine Garnier-Pagès, Histoire de la Révolution de 1848, 2e éd., t. 4, vol. II, Paris, Pagnerre, 1866, p. 261.
  4. Louis-Antoine Garnier-Pagès, Histoire de la Révolution de 1848, 2e éd., t. 7, vol. II, Paris, Pagnerre, 1866, pp. 327, 335, 337, 340.
  5. Heinrich Heine, Poésies inédites, in Œuvres complètes, vol. 9, Calmann-Lévy, 1885, p. 232.
  6. Willy, Rythmes et rires, bibliothèque de La Plume, 1894, p. 17.

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