Geoffroy V d'Anjou

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Geoffroy Plantagenêt
Effigie de Geoffroy V d'Anjou sur sa tombe, au Mans.
Effigie de Geoffroy V d'Anjou sur sa tombe, au Mans.
Titre
Comte d'Anjou
11291151
Prédécesseur Foulque V d'Anjou
Successeur Henri II d'Angleterre
Comte du Maine
11291151
Prédécesseur Erembourg du Maine
Successeur Elie II du Maine
Duc de Normandie
11441150
Prédécesseur Étienne d'Angleterre
Successeur Henri II d'Angleterre
Biographie
Dynastie Plantagenêt
Date de naissance 24 août 1113
Date de décès 7 septembre 1151
Lieu de décès Château-du-Loir
Père Foulque V
Mère Erembourg du Maine
Conjoint Mathilde l'Emperesse
Enfant(s) Henri II d'Angleterre
Geoffroy VI d'Anjou
Guillaume Plantagenêt

Geoffroy V d'Anjou
Geoffroy V d'Anjou reproduit par le vicomte de Vaublanc[1] en 1844

Geoffroy V d'Anjou, dit le Bel ou Plantagenêt (24 août 1113[2]7 septembre 1151, Château-du-Loir), fut comte d'Anjou et du Maine (1129-1151), et, plus tard, duc de Normandie (1144-1150).

Il est surnommé Plantagenêt à cause du brin de genêt qu'il avait l'habitude de porter à son chapeau. Il était le fils de Foulque V († 1143), comte d'Anjou et roi de Jérusalem, et d'Erembourge du Maine († 1126), héritière du Maine. Son fils Henri II d'Angleterre est le fondateur de la dynastie Plantagenêt des rois anglais.

Mariage et accès au pouvoir[modifier | modifier le code]

Le 17 juin 1128, à l'âge de 15 ans, il épouse Mathilde l'Emperesse, fille d'Henri Ier d'Angleterre dit Beauclerc et veuve d'Henri V du Saint-Empire, empereur romain germanique, en la cathédrale du Mans. Cette union représente un gage de paix entre l'Anjou et la Normandie, qui avaient été en conflit à de nombreuses reprises au cours du XIe siècle. Mathilde l'Emperesse était plus âgée de onze ans, et leur mariage ne fut pas très heureux. Elle retourne auprès de son père peu de temps après leur union. En 1131, elle se réconcilie avec lui, et leur premier enfant, Henri naît le 5 mars 1133.

L'année qui suit son mariage, son père est pressenti pour épouser Mélisende de Jérusalem, fille du roi de Jérusalem Baudouin II. Il retourne donc en Terre sainte – où il devient le roi –, laissant toutes ses possessions à Geoffroy.

Conquête de la Normandie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre civile anglaise (anarchie).

Quand le roi Henri Ier d'Angleterre mourut en 1135, laissant son trône sans héritier mâle, le cousin de Mathilde, Étienne de Blois, s'empara du trône d'Angleterre et du même coup du duché de Normandie. Pendant que son épouse tournait son attention vers l'Angleterre, Geoffroy concentra la sienne sur la conquête de la Normandie. Après une vaine tentative en 1135, il entama, à partir de 1136, une conquête systématique, qui allait durer onze ans. Il fait hommage au roi Louis VI pour le duché, hommage qu'il renouvelle auprès du nouveau roi Louis VII en 1141. Il est maître de Caen, Bayeux, Lisieux, Falaise en 1141. Avranches tombe en 1143 et Arques en 1146.

Les mérites de cette stratégie sont discutés par les historiens, alors que les forces angevines auraient pu être envoyées en Angleterre. Il semble aussi que la possession de la Normandie joua un rôle décisif dans le succès de l'expédition militaire qu'entreprend leur fils Henri pour obtenir la couronne insulaire en 1153, après une vaine tentative en 1149. Avec ces possessions, Geoffroy devient le plus puissant vassal du roi de France. Les rentrées annuelles du trésor normand sont alors évaluées à 260 000 livres tournois, soit autant que le trésor royal[3]. Malgré le titre ducal, il semble que Geoffroy considère alors la Normandie comme une dépendance de l'Anjou. Alors que la monnaie angevine et mancelle circulait en Normandie, il fait fermer les ateliers monétaires de Bayeux et Rouen[4].

Geoffroy réprima aussi trois révoltes de barons en Anjou, contre le vicomte de Thouars Aimery VI en 1129, 1135 et 1145-1151. Il faudra trois ans de siège, à partir de 1148, pour que tombe la place de Montreuil-Bellay. La menace de rébellion ralentit son avance en Normandie, et semble être une raison de sa non-intervention outre-Manche.

Dans les dernières années de sa vie, il consolida son contrôle sur la Normandie en réformant l'administration du duché, et, en 1150, il associa Henri à son gouvernement.

Il meurt le 7 septembre 1151 à Château-du-Loir (Comté du Maine, actuel département de la Sarthe), d'un refroidissement suite à une baignade dans le Loir. Son corps fut inhumé dans la cathédrale du Mans. La plaque tombale en cuivre et émail champlevée, actuellement conservée au musée Le Carré plantagenêt (Ville du Mans), ciselée peu avant 1160, fut commandée par Guillaume de Passavant, évêque de la ville. C'est la plus grande pièce (63 x 34 cm) qu'ait laissé le Moyen Âge occidental.

Les Plantagenêts et la geste arthurienne[modifier | modifier le code]

La dynastie Plantagenêt tenta par la suite de récupérer, à des fins politiques, la légende des chevaliers de la Table ronde en établissant un lien avec Arthur. Wace y insiste dans son Roman de Brut, écrit vers le milieu du siècle. Il suivait en cela l'exemple de Geoffroy de Monmouth, qui dédiait déjà à Robert de Gloucester son Histoire des Rois de Bretagne, écrite vers 1138. Les Plantagenêts font grand cas, sur le continent, de l'épée d'Arthur Excalibur, qu'Henri Ier Beauclerc aurait, dit-on, offert à Geoffroy en 1127, lors de son adoubement. Ceci avant la découverte opportune, en 1191, à l'abbaye de Glastonbury, en Angleterre, sur des indications données avant sa mort par Henri II, de la tombe supposée du roi légendaire[5].

Famille et descendance[modifier | modifier le code]

Le 17 juin 1128 au Mans, il épousa Mathilde l'Emperesse (1102-1167), veuve de l'empereur romain germanique Henri V du Saint-Empire, et fille d'Henri Ier d'Angleterre et de Mathilde d'Écosse.

Ils eurent trois fils :

  1. Henri (1133-1189), futur comte d'Anjou, du Maine et du Poitou, duc de Normandie et d'Aquitaine, roi d'Angleterre ;
  2. Geoffroy Plantagenêt (1134-1158), futur comte d'Anjou, du Maine et de Nantes. Sans descendance ;
  3. Guillaume (1136-1164), comte du Poitou. Sans descendance.

Il eut aussi au moins trois enfants illégitimes :

Armoiries[modifier | modifier le code]

Ses armoiries sont, à défaut d'être les plus anciennes, les premières à être mentionnées dans un écrit médiéval[Lequel ?]. Il est dit que le roi Henri Ier d'Angleterre suspendit à son cou un écu portant des lionceaux. La plaque d'émail se trouvant à la cathédrale du Mans montre cet écu, malheureusement représenté de profil, de sorte que l'on ignore le nombre de lionceaux (actuellement on hésite entre 6, 7 ou 8). Cette plaque donne cependant les couleurs de l'écu.

La description du blason ci-contre (sous réserve du nombre de lionceaux) est : d'azur aux six lionceaux d'or, posés 3, 2 et 1.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La France au temps des croisades
  2. Douglas Richardson, Plantagenet ancestry: a study in colonial and medieval families, Genealogical Pub. Co., Baltimore, 2004, 945 p., p. 1.
  3. Jean Favier, Les Plantagenêts, Origine et destin d'un empire, éd. Fayard, Paris, 2004, page 203.
  4. Jean Favier, ibidem, page 203.
  5. Jean Favier, ibidem, page 351.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Favier, Les Plantagenêts. Origine et destin d'un empire, éd. Fayard, Paris, 2004.
  • Martin Aurell, l'empire des Plantagenêt, 1154-1224, coll. Tempus, éd. Perrin, 2003
  • François Lebrun, "Histoire des Pays de Loire", coll. Univers de la France, ed. Privas 1972