Gemmules

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Les Gemmules sont les particules hypothétiques porteuses de l'hérédité, imaginées par Charles Darwin dans le cadre de sa théorie de la Pangenèse. Le concept de gemmules apparaît pour la première fois dans son ouvrage de 1868 De la variation des animaux et des plantes à l'état domestique[1] paru neuf ans après de son œuvre fondatrice L'Origine des espèces.

L'hypothèse des gemmules[modifier | modifier le code]

Les gemmules, appelées aussi plastitudes ou pangènes, étaient supposées être des particules abritées dans les divers organes et transportées par la circulation sanguine jusqu'aux organes de la reproduction. Elles étaient supposées s'accumuler dans les cellules reproductrices, ou gamètes. Ce mécanisme fournissait une explication plausible de la transmission des caractères acquis, postulée par Jean-Baptiste Lamarck, que Darwin supposait être à l'origine de la variation des organismes vivants.

Cette théorie est antérieure à la découverte des lois de l'hérédité par Mendel, qui devinrent, après leur redécouverte en 1900, le modèle communément admis en génétique.

Citation : la définition par Darwin des gemmules et de la pangenèse[modifier | modifier le code]

«  On admet universellement que les cellules ou les unités qui constituent le corps se multiplient par division spontanée ou par prolifération tout en conservant la même nature, et qu'elles se convertissent ultérieurement pour former les diverses substances et les divers tissus qui composent le corps. Mais, à côté de ce mode de multiplication, je suppose que les unités engendrent des petits granules qui se dispersent dans le système tout entier ; que ces granules, quand ils reçoivent une nutrition suffisante, se multiplient par division et se développent ultérieurement en cellules semblables à celles dont ils dérivent. Nous pourrions donner à ces granules le nom de gemmules. Émises par toutes les parties du système, ces gemmules se réunissent pour former les éléments sexuels et leur développement dans la génération suivante constitue un être nouveau ; mais elles peuvent également se transmettre à l'état latent à des générations futures et se développer alors. Ce développement dépend de leur union avec d'autres gemmules partiellement développées, ou des cellules naissantes qui les précèdent dans le cours régulier de la croissance. […] Je suppose que ces gemmules sont émises par chaque unité, non seulement pendant l'état adulte, mais aussi pendant chaque phase du développement, mais non pas nécessairement pendant toute l'existence de la même unité. Je suppose enfin que les gemmules à l'état latent ont une affinité mutuelle les unes pour les autres, d'où résulte leur agrégation en bourgeon ou en élément sexuel. Ce ne sont donc pas les organes reproducteurs ou les bourgeons qui engendrent de nouveaux organismes, mais les unités dont chaque individu est composé. Ces suppositions constituent l'hypothèse provisoire que je désigne sous le nom de pangenèse. »

— Charles Darwin, De la variation des animaux... Traduction française, 1880, Tome II, pp. 392-393

La réfutation de l'hypothèse des gemmules[modifier | modifier le code]

Francis Galton entreprit sur des lapins des expériences qu'il espérait devoir corroborer l'hypothèse de son cousin, mais les résultats négatifs de ses études le conduisirent à réfuter la réalité des gemmules.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

De la variation des animaux et des plantes à l'état domestique Traduction française (1879-1880) de The Variation of Animals and Plants Under Domestication (1868). Deux tomes disponibles en français en ligne sur le site « Darwin Online » : Tome I et Tome II.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Édition anglaise : The Variation of Animals and Plants Under Domestication (1868). Traduction française : De la variation des animaux et des plantes à l'état domestique (1879), deux tomes disponibles en français en ligne sur le site « Darwin Online » : Tome I et Tome II.