Gemma Augustea

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Gemma Augustea, Kunsthistorisches Museum

La Gemma augustea ou gemme Auguste est une sardonyx à deux couches. Le camée couramment appelé Gemma augustea est l'un des chefs d'oeuvre de la glyptique du Ier siècle après J.-C. Il a été taillé dans une pierre d'onyx à double couche, blanche et bleu très foncé, aux environs de l'an 10, par un artiste qui pourrait être Dioscorides ou l'un de ses disciples[réf. nécessaire]. Il se trouve actuellement au Kunsthistorisches Museum de Vienne.

Histoire[modifier | modifier le code]

Description[modifier | modifier le code]

Le décor du camée se rapporte à l'un des triomphes germaniques de Tibère. On voit Auguste divinisé, sous les traits de Jupiter. Ce camée se compose de 2 registres.

Registre supérieur[modifier | modifier le code]

Gemma Augustea avec références numérotées

Dans le registre supérieur sont présentées les divinités, accompagnées d'Auguste (1) et de Tibère (7). Auguste est assis à côté de la déesse Roma (personnification de la cité qu'il a sauvée de la guerre civile). Roma (2) porte le casque de l'Athéna Parthénos et elle regarde l'empereur vers qui le regard de tous les personnages se fixe. Le visage d'Auguste se détache de tous les autres, car c'est le seul qui est représenté de profil. Roma tient une lance dans la main droite ; elle effleure son épée de la main gauche et a le pied appuyé sur un bouclier ennemi afin de montrer qu'il n'y a pas de guerre et donc la paix.

Auguste est représenté ici comme triomphateur et non comme un lutteur. La partie supérieure centrale du camée est évidemment la plus intéressante : assis de profil, Auguste divinisé est représenté sous les traits de Jupiter avec l'aigle à ses pieds. Derrière lui, l'allégorie de l'Oikoumène (l'ensemble de la terre habitée) le couronne de la corona civica à feuilles de chêne pour le remercier d'avoir sauvé la vie de nombreux citoyens romains. Il est assis à côté de la déesse Rome, qu'il a en effet sauvée de la guerre civile. Le bâton d'augure (lituus) qu'il tient dans sa main gauche peut suggérer qu'il a annoncé les victoires de Tibère (mais que celui-ci, ayant vaincu sous ses auspices, continue à lui céder le premier rang), tandis que le Capricorne situé au-dessus de sa tête rappelle le jour faste de sa conception, un 23 décembre, et donc sa prédestination. Ces détails mythologiques et religieux additionnés lui donnent donc, avant même sa mort, l'allure d'une nouvelle divinité.

Registre inférieur[modifier | modifier le code]

Dans la partie supérieure du camée, immédiatement au-dessus de cette scène, un homme à la tête couronnée de lauriers descend d'un char à deux chevaux (un bige) conduit par une déesse qui pourrait être la Victoire. Il apparaît donc comme un guerrier triomphant, mais probablement pas comme un général recevant officiellement le triomphe à Rome à son retour de campagne (dans ce cas, il serait monté sur un quadrige). Sans doute s'agit-il de Tibère, mais il n'a pas forcément mis un terme définitif à la campagne militaire qu'il est en train de mener dans les terres du Nord. ou sont passé le registre inférieur ?

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Adolf Furtwängler, Die antiken Gemmen, Berlin, Giesecke & Devrient, 1900, II, p. 257, planche 56 ; réédition anastatique : Amsterdam, Adolf M. Hakkert, 1965
  • (de) Fritz Eichler, Ernst Kris, Die Kameen Im Kunsthistorischen Museum, Vienne, A. Schroll, 1927, p. 52-56, n.7 et planche 4
  • (de) Marie-Louise Vollenweider, Die Steinschneidekunst und ihre Künstler in spätrepublikanischer und augusteischer Zeit, Baden-Baden, Grimm, 1966, p. 80, n. 85
  • (de) Albert Rubens, Heinz Kähler, Alberti Rubeni Dissertatio De Gemma Augustea, Berlin, Mann, 1968
  • (de) Erika Zwierlein-Diehl, Antike Gemmen und ihr Nachleben, Berlin, New York, Walter de Gruyter, 2007, p. 432-434 (ISBN 978-3110194500)
    Une bibliographie importante est donnée dans cet ouvrage

Lien interne[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]