Gemini 11

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Gemini 11
Insigne de la mission Gemini 11.
Données de la mission
Vaisseau Titan II-GLV
Équipage 2 hommes
Indicatif radio Gemini 11
Masse 3 798 kg
Date de lancement 12 septembre 1966
14:42:26 TU
Site de lancement Centre spatial Kennedy, Floride
LC-19
Date d'atterrissage 15 septembre 1966
13:59:35 TU
Site d'atterrissage Océan Atlantique
24° 15′ N 70° 00′ O / 24.25, -70 ()
Durée 2 j 23h 17 min 8 s
Distance parcourue 1 983 565 km
Paramètres orbitaux
Nombre d'orbites 44
Apogée 1 374,1 km
Périgée 160,5 km
Période orbitale 88,89 min
Inclinaison 28,9183°
Photo de l'équipage
Richard Gordon, Pete Conrad
Richard Gordon, Pete Conrad
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Gemini 11 (officiellement Gemini XI) est la 9e mission habitée du programme Gemini et la 15e mission spatiale habitée américaine. Elle se déroule du 12 au 15 septembre 1966. Elle est la première mission à réaliser un rendez-vous spatial au cours de la première orbite et détient le record de la plus haute orbite pour une mission habitée.

En 2013, la capsule est exposée au California Science Center à Los Angeles, Californie, États-Unis.

Équipage[modifier | modifier le code]

Équipage de réserve

Objectifs[modifier | modifier le code]

Le programme Gemini a été lancé afin de permettre à la NASA d'acquérir les techniques de vol spatial indispensables pour mener à bien le programme Apollo. La mission Gemini 8 avait réussi le premier amarrage dans l'espace en mars 1966. En juillet, John Young et Michael Collins à bord de Gemini 10 s'étaient amarrés à la fusée Agena dont le moteur principal les a propulsés à une altitude record de 763 kilomètres. Après ce franc succès, la NASA devait encore valider les techniques de rendez-vous spatial lors de la première orbite, comme cela devait se faire autour de la Lune. Cette contrainte laisse une fenêtre de lancement à la mission de seulement deux secondes, là ou les autres missions avaient une marge d'une trentaine de secondes. Après l'amarrage, Gemini 11 devait également se servir de la fusée Agena pour atteindre une orbite elliptique. Il était aussi prévu de relier les deux engins par une attache lors d'une sortie extravéhiculaire (EVA) puis de les faire tourner sur eux-mêmes afin de créer une gravité artificielle. La mission devait réaliser une rentrée atmosphérique entièrement contrôlée par l'ordinateur de bord.

Déroulement du vol[modifier | modifier le code]

Gemini 11 relié à la fusée Agena, le 14 septembre 1966

Gemini 11 est lancé le 12 septembre 1966 à 9:42 par le lanceur du programme Gemini, la fusée Titan II, une demi-seconde après le début de la fenêtre de lancement. À peine 85 minutes après le lancement, le vaisseau se trouve sur la même orbite que sa cible Agena lancée 90 minutes avant Gemini 11. L'amarrage est effectué lors de la première orbite, en utilisant moins de carburant que prévu. Chaque astronaute réalise deux exercices d'amarrage avant de se reposer.

Le lendemain, la cabine est dépressurisée pour la sortie extravéhiculaire de Gordon qui doit durer 107 minutes. Il installe une caméra et récupère un appareil d'expérience sur les micrométéorites. Gordon doit ensuite détacher un bout de la longe de la fusée Agena toujours amarrée et l'attacher au vaisseau. Cette tâche s’avère plus difficile et éprouvante que prévu et, comme lors de l'EVA d'Eugene Cernan pendant la mission Gemini 9A, le système de régulation de température de la combinaison de survie peine à compenser l'excès de chaleur. Après avoir réussi à attacher la longe, Gordon s'accorde un moment de repos à califourchon sur l'Agena mais il voit de moins en moins bien à cause de l'accumulation de la transpiration dans la combinaison. Pete Conrad lui ordonne alors d'écourter l'EVA qui aura finalement duré moins d'une demi-heure.

Après une période de repos, le 14 septembre à 2:12, le moteur de l'Agena est allumé, emmenant les deux engins sur une orbite avec un apogée à 1 374 km. Cette altitude record pour un vol habité ne sera dépassée que par les missions lunaires. Après deux orbites, l'Agena est allumée à nouveau, redescendant à une orbite plus circulaire de 287 × 304 km. À 7:49, Gordon débute alors sa seconde EVA durant laquelle il se contente de prendre des photos. Il reste ainsi plus de deux heures à l'extérieur de la cabine, debout sur son siège en ne sortant que les épaules. Après s'être désamarré de l'Agena mais toujours relié à celle-ci par la longe de 30 mètres de long, Conrad prend les commandes de Gemini 11 et en maintenant la longe tendue, il initie au vaisseau une lente rotation autour de la fusée. Après quelques problèmes d’oscillations, il parvient à créer ainsi une gravité artificielle, même si elle est trop faible pour être ressentie par l'équipage. Trois heure plus tard, la longe est lâchée et les deux engins s'éloignent l'un de l'autre. Le 15 septembre à 4:22, une dernière manœuvre de rendez-vous est effectuée sans le radar, qui ne fonctionne plus. À 8:24 débute la rentrée atmosphérique, entièrement contrôlée par l'ordinateur de bord. La capsule amerrit dans l'Atlantique ouest à 8:59 à moins de 5 km du point visé.

Bilan de la mission[modifier | modifier le code]

Le mission est un succès. Avec amarrage lors de la première orbite, la NASA maitrise maintenant en orbite terrestre toutes les manœuvres spatiales qui seront utilisées autour de la Lune. La précision du lancement a même permis d'économiser beaucoup de carburant et, pour la première fois dans le programme Gemini, de réaliser des manœuvres de rendez-vous supplémentaires. Même si 9 missions du programme Apollo dépasseront largement l'altitude record de 1 374 km, en 2013 aucune mission habitée n'a plus jamais atteint une orbite aussi haute.

La sortie extravéhiculaire confirme les difficultés déjà rencontrées. Elles seront compensées par la suite grâce à l'expérience acquise sur Gemini 9 et 11. En effet, Buzz Aldrin s'entrainera dans un bassin simulant l'apesanteur pour son EVA sur Gemini 12[1]. Il sera également aidé par une rampe à laquelle il sera attaché et qui aidera sa progression le long de l'Agena. Ceci lui permettra aussi d'avoir ses deux mains libres contrairement à Gordon qui était obligé de se maintenir manuellement près du vaisseau ce qui limitait fortement sa rapidité et le fatiguait beaucoup[2]. Le problème de régulation de la température sera réglé par les combinaisons du programme Apollo qui utiliseront un système de refroidissement liquide au lieu de refroidissement par air pour Gemini.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Le nombre entre parenthèses désigne le nombre de missions spatiales antérieures, celle décrite ici incluse.

Références[modifier | modifier le code]

  1. On the Shoulders of Titans: A History of Project Gemini, Barton C. Hacker et James M. Grimwood Consulté le « 7 janvier 2013 ».
  2. On the Shoulders of Titans: A History of Project Gemini, Barton C. Hacker et James M. Grimwood Consulté le « 7 janvier 2013 ».

Liens externes[modifier | modifier le code]