Marche des fiertés

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Marche des fiertés
Le drapeau LGBT brandi lors de la Gay Pride
Le drapeau LGBT brandi lors de la Gay Pride
Généralités
Type Défilé
Création 1970

La Marche des fiertés s'est d'abord appelée Gay Pride, puis la Lesbian & Gay Pride, puis LGBT[1] Pride (à chaque fois revendiquant les droits d'une communauté supplémentaire) pour finalement s'appeler la Pride ou Marche des fiertés. C'est une manifestation qui prône la liberté et l'égalité pour toutes les orientations sexuelles et identités de genre (hétérosexuels, homosexuels, lesbiennes, bisexuels, trans). L'expression anglophone Gay Pride peut être traduite comme « Fierté gay ». D'où le nom (après maints remaniements) de « Marche des fiertés » en France. Pour faire mentir l'adage qui prétend que pour vivre heureux il faut vivre caché, les participants des diverses Marches des fiertés affichent sans complexe leurs orientations sexuelles. Ces marches sont ouvertes aux gays, aux lesbiennes, aux bisexuels, aux transsexuels mais aussi aux hétérosexuels revendiquant la liberté sexuelle et l'égalité des droits entre les hétérosexuels et les autres communautés.

Dans la plupart des grandes villes du monde, cette manifestation se déroule tous les ans au cours du mois de mai ou de juin, pour rappeler les émeutes de Stonewall qui se tinrent dans la Christopher Street à New York le 28 juin 1969.

Origines[modifier | modifier le code]

Le Stonewall Inn de New York, en 1969.
Article détaillé : Émeutes de Stonewall.

En juin 1969, un groupe de lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels, se rebellèrent contre les forces de police venues faire une descente au Stonewall Inn, un bar gay de New York et une lutte entre forces anti-émeutes et les personnes présentes fit rage pendant plusieurs jours. Les émeutes de Stonewall sont depuis considérées comme le début de la lutte pour l’égalité des droits pour toutes les orientations sexuelles[2].

La bisexuelle Brenda Howard, connue comme la « mère de la Fierté », dirigeante de la première heure du Gay Liberation Front et de la Gay Activists Alliance coordonna la commémoration du premier mois anniversaire des émeutes, puis le premier anniversaire en organisant la Christopher Street Liberation Parade à New York le 28 juin 1970, tandis que des marches anniversaires avaient également lieu à San Francisco et Los Angeles.

En Europe, c'est le 29 avril 1972 que se déroule la première marche, réunissant 200 personnes à Münster en Allemagne.

Organisation[modifier | modifier le code]

Défilé[modifier | modifier le code]

Progressivement, toujours sous l'impulsion de Brenda Howard, les marches se sont organisées et, bien que chaque pays ait ses spécificités, on retrouve dans la plupart des défilés une organisation semblable.

En-tête de cortège se trouvent les « officiels » : des hommes politiques de la région (Bertrand Delanoë à Paris par exemple, ou Gérard Collomb à Lyon), les organisateurs de la marche, des associations partenaires etc. Aux États-Unis, la tradition veut que soit nommé dans chaque ville un « grand marshal » pour marcher en tête du défilé. En 2006, à New York, c'est le Français Florent Morellet, restaurateur, qui fut choisi pour son action dans la lutte contre le SIDA.

Derrière les officiels se trouve la majorité des manifestants, souvent réunis autour de « chars » (du moins dans les défilés de plus d'un millier de participants environ). Les chars sont des camions ou camionnettes sur lesquels sont montés des sound system diffusant toutes sortes de musiques : bien que la musique électronique soit la plus présente, on trouve parfois également de la musette, des fanfares, etc. C'est dans cette foule colorée que l'on retrouve les images qui, pour certains, symbolisent les marches des fiertés, comme des drag queen, des travestis ou de jeunes hommes torses nus portant des drapeaux arc-en-ciel. Ces personnes, symbolisant notamment les débuts des marches et la lutte des travestis ou transsexuels au Stonewall Inn, ne sont néanmoins pas les seules à défiler : figurent également parmi les manifestants des associations (association de parents de personnes non hétérosexuelles, associations LGBT d'étudiants, associations LGBT dans les entreprises etc.) et tout simplement de nombreuses personnes LGBT venus défiler seuls ou entre amis. En général, la marche est d'autant plus festive que les participants sont acceptés dans la ville où ils défilent.

Comme lors de toute manifestation, cette foule défile d'un point de départ vers une destination finale, en marchant, dansant, et scandant des slogans en rapport avec le mot d'ordre de la manifestation de l'année. Des minutes de silence sont souvent observées au cours du défilé, en mémoire des victimes de l'homophobie ou du SIDA. Pour garantir l'indépendance financière de l'organisation de la marche, un octroi est également parfois perçu au cours de la marche en un point déterminé du parcours par des personnes habilitées à le faire.

Enfin, en fin de parcours, un discours est lu par le responsable de l'organisation de la marche pour rappeler les revendications de la manifestation.

Festivités[modifier | modifier le code]

Souvent des évènements sont mis en place autour de l'évènement central de la marche : des soirées organisées, des concerts parfois, comme celui de Lady Gaga lors de la clôture de l'Europride à Rome en 2011[3], ou encore Global Deejays en 2012 à Marseille[4].

Dans les villes où l'organisation de la communauté LGBT est la plus importante, des festivités sont mises en place sur plusieurs jours, combinant spectacles, buvettes, performances, concerts, flash mobs. Ainsi à Madrid durant 5 jours dans le quartier de Chueca sont établies des dizaines de buvettes, à l'image des bodégas lors des férias.

Associations[modifier | modifier le code]

Stand lors de la Gay Pride de Toulouse 2014

Les associations peuvent tenir des stands et un village associatif peut exister, comme à Madrid, à Chueca lors de la semaine de festivités. C'est l'occasion pour elles de sensibiliser les gens et de recruter d'éventuels militants.

Emprunt d'expression[modifier | modifier le code]

Il est à noter que deux expressions perdurent pour parler de ces défilés : « Gay Pride » et « Marche des fiertés ». Le second n'est cependant pas qu'une simple traduction du premier. Le terme « Gay Pride » est le plus utilisé depuis les années 1980 à travers le monde pour définir ces manifestations. Néanmoins, cette expression a vu son champ s'élargir, et définit également maintenant l'ensemble des événements précédant les défilés (surtout aux États-Unis et au Canada, où une semaine entière est consacrée à la célébration de la « fierté homosexuelle »), la marche en elle-même étant appelée « Gay Pride Parade ». Au Québec, on l'appelle plutôt le défilé de la « fierté gaie »[5].

Le terme « Marche des Fiertés » est apparu en France en 2001 après un litige entre la « Lesbian and Gay Pride », qui désignait également l'association organisatrice, et la société précédemment responsable de l'organisation : la SOGIFED. Cette dernière avait en effet déposé les marques commerciales « Gay Pride », « Lesbian & Gay Pride » et « Europride », ce qui fait que l'organisation de cet événement devait donner lieu à paiement de royalties. Un nouveau nom fut donc choisi pour la marche parisienne, « Marche des Fiertés », et c'est sous ce nom que sont maintenant appelés les défilés français. Par ailleurs, l'association « Lesbian and Gay Pride » changea de nom pour s'appeler l'Inter-LGBT (Interassociative lesbienne, gay, bi et trans). D'autres villes, comme Nice, préfèrent une appellation moins formelle comme « Pink Parade », elles se positionnent ainsi en dehors des polémiques et des conflits et marquent leur indépendance.

Dans le monde[modifier | modifier le code]

Participants de la marche des fiertés aspergés par de la mousse
Activistes Français

Des Marches des fiertés ont lieu actuellement dans le monde entier. Néanmoins, leur développement ne s'est pas fait de la même manière dans tous les endroits du globe[6].

Tout d'abord, certains pays ont connu des défilés au moment où l'homosexualité était encore un délit et considérée comme une maladie mentale : c'est le cas des États-Unis et de l'Europe de l'Ouest par exemple. Dans ces cas-là, l'objectif des défilés était de faire entendre la voix d'une minorité qui se sentait oppressée, pour par exemple réclamer la dépénalisation de l'homosexualité. Une fois ces revendications obtenues, un deuxième mouvement consistant en la recherche d'égalité des droits et à la lutte contre l'homophobie peut avoir lieu. D'autres pays sont passés directement à la deuxième phase du mouvement, la première phase étant impensable compte tenu du régime peu ou pas démocratique dans lequel ils vivaient. Ainsi, les allosexuels d'Europe de l'Est n'ont pu se mobiliser qu'après la chute du bloc soviétique et alors que l'homosexualité était déjà dépénalisée.

L'ensemble des marches est coordonné par l'InterPride, une association créée en 1982 à Boston : on peut retrouver sur son site internet l'ensemble des dates des événements ayant lieu dans le monde[7].

Amérique[modifier | modifier le code]

États-Unis et Canada[modifier | modifier le code]

Gay Pride 2014 à New Orléans

Le mouvement des Gay Pride a commencé aux États-Unis : dès 1970, certaines personnes de New York décident de commémorer le premier anniversaire de la révolte du Stonewall. À l'initiative du Gay Liberation Front dirigé par Craig Rodwell, le 28 juin 1970, 2 000 personnes remontent la 6e avenue entre Waverly Place (Greenwich Village) et Central Park. La manifestation porte alors le nom de « Christopher Street Liberation Parade » et son slogan officiel est « Come Out ! ». D'autres défilés ont également lieu à San Francisco et Los Angeles ou encore Toronto et Ottawa au Canada.

Dans les années 1970, deux noms distincts cohabitent aux États-Unis : à New York et Atlanta, on parle de « Gay Liberation Marches » alors que les villes californiennes qualifient plutôt ces événements de « Gay Freedom Marches ». En 1978 apparaît pour la première fois à San Francisco le drapeau arc-en-ciel, nouveau symbole de la communauté LGBT. Dans les années 1980, d'autres militants prennent le relais des premiers organisateurs : les noms des marches, considérés comme étant un peu trop revendicatifs, sont remplacés par la formulation plus neutre de « Gay Pride ». Les défilés deviennent plus festifs et plus colorés. Au Canada, en 1981, on assiste à un événement similaire aux émeutes de Stonewall : le 5 février, 304 personnes sont arrêtées dans différents saunas de Toronto, les noms des prévenus étant publiés dans la presse. Des manifestations ont alors lieu dans la ville, et le 28 juin, la première gay pride de la ville a lieu. Puis, vers la fin des années 1980, les « Gay Pride » commencent à être appelés « Lesbian & Gay Pride », voire « Lesbian, Gay, Bisexual and Transgender ». Cette appellation sera néanmoins rapidement abandonnée pour faire place au terme de « Pride Parade », plus percutant[réf. souhaitée]. Les défilés commencent à parler de SIDA. Des festivals se créent, certains durant près d'une semaine entière, et la parade, bien que conservant une importance particulière, ne devient « que » le défilé de clôture de ces événements.

Dans les années 1990, l'égalité entre les couples homosexuels et hétérosexuels sont les revendications principales de défilés très festifs. De nombreuses villes d'Amérique du Nord ont alors une parade et/ou un festival LGBT, souvent calqués sur le modèle américain (avec un « grand marshal » en tête de cortège, la participation d'hommes politiques au défilé…). Enfin, en 2000, le Canada se distingue des États-Unis par une égalité complète entre hétérosexuels et allosexuels (mariage et adoption étant désormais autorisés). Les mots d'ordre sont alors beaucoup plus des célébrations de l'amour homosexuel que de véritables revendications. De nos jours, la plus grande gay pride des États-Unis a lieu à San Francisco[8].

Amérique latine[modifier | modifier le code]

Défilé sur l'Avenida Paulista à São Paulo, en 2004.

En Amérique latine, la Marcha del Orgullo sait souvent allier l'esprit revendicatif à de grandes festivités : c'est pourquoi les chiffres des affluences sont parfois très importants.

Au Brésil, un défilé est organisé depuis 1997. La première année, on compta à peine 2 000 personnes. 10 ans plus tard, trois millions de personnes défilent lors de la Marche des fiertés de São Paulo, faisant de cette manifestation la plus importante des Gay prides[réf. souhaitée]. Le mot d'ordre était « l'homophobie est un délit ». Comme l'année précédente, il était demandé la légalisation de l'union civile des personnes du même sexe comme le Parti des travailleurs (PT) du président Lula l'avait envisagé.

D'autres défilés, d'une importance moindre, ont également lieu au Mexique, au Pérou, en Argentine ou encore au Venezuela.

Europe de l'Ouest[modifier | modifier le code]

La première ville européenne à organiser un défilé LGBT est Londres en Angleterre : après avoir organisé dès 1970 une manifestation, le Gay Liberation Front (GLF) appelle en 1972 à défiler entre Oxford Street et Hyde Park, appel suivi par près de 2 000 personnes. En 1973 est créé le Campaign for Homosexual Equality qui organisera tous les défilés dans la capitale britannique jusqu'au début des années 1980, avec un succès relativement mitigé. La première marche parisienne indépendante d'autres défilés aura elle lieu en 1977, alors que les allosexuels participent depuis 1971 au défilé des syndicats le 1er mai. Les marches parisiennes et londoniennes connaîtront alors des destins croisés : en 1981, la marche parisienne voit défiler 10 000 personnes tandis que la marche londonienne ne connait qu'un succès mitigé. À l'inverse, en 1988, 40 000 personnes défilent à Londres contre moins de 2 000 à Paris : on constate donc que plus qu'une question de place des thèmes LGBT dans la société, c'est surtout l'organisation du défilé qui influe sur le nombre de participants.

Participants à la Gay Pride de Paris 2014.

La Belgique suivra un parcours quasi-simultané à celui de la France, avec néanmoins une particularité nationale : l'unicité et la mobilité du « Samedi Rose (nl) », dont le premier fut organisé à Anvers le 5 mai 1979. Le défilé ayant toujours lieu un samedi d'été, les Holebis (homosexuels, lesbiennes et bisexuel-e-s) belges décidèrent de déplacer le défilé chaque année entre Anvers (1979, 1981, 1990), Gand (1992, 1994) et Bruxelles (1980). Néanmoins, à partir de 1996, le défilé aura lieu chaque année à Bruxelles, et sera même débaptisé en 1998 au profit du nom de « Lesbian & Gay Pride », avant d'être renommée en 2009 The Belgian Pride. Pour sa seizième édition, celle-ci rassemblera près de 50 000 personnes en 2011[réf. souhaitée]. Depuis 2008 est également organisée une Antwerp Pride (nl) à Anvers, avec pour objectif de souligner le caractère ouvert et tolérant (« gay-friendly » en anglais ou néerlandais : homovriendelijk) de cette métropole[9].

En Allemagne, le premier Christopher Street Day (CSD) fut célébré en 1979 à Brême et Berlin, bien que d'importants défilés aient déjà eu lieu précédemment (le premier ayant eu lieu le 29 avril 1972 à Munich). L'Allemagne est le pays européen accueillant le plus grand nombre de défilés, et le défilé à Cologne en 2006 fut la plus importante Marche des fiertés européenne avec plus d'un million de participants.

France[modifier | modifier le code]

Débuts hésitants[modifier | modifier le code]

En France, la première participation à une marche a lieu en mai 1971, lorsque les participants s’invitent au traditionnel défilé des syndicats du 1er mai, malgré l'opposition de la CGT pour laquelle c'est une « tradition étrangère à la classe ouvrière »[10]. C'est cette même année qu'est créé le Front homosexuel d'action révolutionnaire (FHAR), renommé en 1974 Groupe de libération homosexuelle (GLH). Jusqu’en 1978, les personnes LGBT participent chaque année à ce défilé. Le 25 juin 1977 est organisée à Paris la première manifestation indépendante, de la place de la République à la place des Fêtes, à l'appel du Mouvement de libération des femmes (MLF) et du GLH. Il y a à nouveau des manifestations en 1979 et en 1980 à l’appel du Comité d’Urgence Anti-Répression Homosexuelle (CUARH), contre « les discriminations anti-homosexuelles », avec à chaque fois environ un millier de manifestants.

Première marche[modifier | modifier le code]

C'est à partir du 4 avril 1981 que l'on considère qu'a eu lieu la première véritable marche : 10 000 personnes manifestent à l’appel du CUARH, et le candidat à l’élection présidentielle François Mitterrand, quelques jours après cette manifestation, s’engage et déclare « Personnellement, je n’accepte pas que les attentats [à la pudeur] homosexuels soient réprimés plus sévèrement que les autres »[11], engagement qu'il honorera l'année suivante[12].

Années 1980[modifier | modifier le code]
La marche nationale organisée par le CUARH à Paris, en juin 1982.

L'année suivante, 8 000 manifestants sont comptabilisés. En 1983, l'organisation de la marche passe du CUARH à l'éphémère Comité homosexuel et lesbien pour l'organisation des états généraux de l'homosexualité (CHLOEG)[13]. Les luttes intestines des associations ne permettent plus à leurs adhérents de se reconnaître en elles : en 1985, la marche est pour la dernière fois organisée par le CUARH. S'enchaînent alors à partir de 1986 à 1992 des manifestations festives et commerciales avec la participation de l'entrepreneur David Girard, dont l'activité commerçante se couple à une action militante sous-jacente : voir ces personnes dans les rues c'est aussi les reconnaître. Les fêtes qui se déroulent dans certaines discothèques prolongent l’identité festive des marches où se manifeste, d’une manière démonstrative pour l’opinion publique, l’affirmation des différences entre homosexuels, travestis, bisexuels, « amis » hétérosexuels, etc. Cette exubérance est aussi le contrepoint d’une désespérance forte de la communauté envers son avenir : entre 1982 et 1990, la recherche sur les thérapies avance lentement. Une année fera exception par son engagement politique. En 1987 en effet, Jean-Marie Le Pen qui vient d'avoir une position discriminatoire envers les séropositifs en proposant l'instauration de « sidatoriums », est brocardé par les associations. La faillite de la revue Le Gai Pied sera annoncée lors de cette manifestation. C'est également un des premiers défilé dans laquelle la lutte contre le SIDA joue un rôle : l'association Vaincre le SIDA y participe, et l'on peut y entendre des slogans comme « Nous avons été les premiers atteints et nous serons les premiers à mourir »[14].

Renouveau des années 1990[modifier | modifier le code]

En 1991, après une année 1990 qui n'avait vu que 1 500 manifestants défiler dans les rues de Paris, le collectif « Gay Pride » est formé. Réuni autour d'associations, de commerces et de journaux, son objectif est de redynamiser la manifestation. 6 000 personnes sont alors comptabilisées place de la Bastille, puis 5 000 autres en 1992 alors que la pluie est de la partie. En 1993, la mobilisation atteint de nouveau le niveau de 1981. 10 000 manifestants défilent contre le SIDA et pour le projet de contrat de Solidarité (le contrat d'union civile). 1994 voit l'arrivée des défilés en régions : alors qu'une manifestation a lieu à Tours contre le maire de l'époque, Jean Royer, qualifié d'homophobe[Par qui ?][Pourquoi ?], Rennes et Marseille connaissent leur première marche. On parle alors de « Lesbian & Gay Pride » et plus uniquement de « Gay Pride ». À Paris, Act-Up participe activement à la manifestation avec son slogan « silence = mort ». C'est en effet l'année charnière de la Gay Pride de Paris. Comme il faut à la fois répondre aux attentes des anciens militants, dont beaucoup sont morts, et satisfaire la jeunesse qui s'attend surtout à des festivités, un équilibre doit être trouvé, ce que le collectif parvient bien à faire à partir de cette année-là.

1995 est clairement un tournant dans l'histoire de la Marche des fiertés : de nouvelles villes françaises accueillent une marche (Toulouse, Nantes et Montpellier), la marche parisienne remporte un vif succès avec 80 000 manifestants et la couverture médiatique commence à être importante. Avec une lutte contre le SIDA plus forte que jamais, une partie des personnes LGBT commencent à construire une véritable communauté, à l'image de ce qui peut se faire au Royaume-Uni ou aux Pays-Bas depuis des années[15]. C'est en 1995 toujours qu'est fondé le collectif Interpride France, permettant de coordonner les défilés des différentes villes de France. En 1996, d'autres villes de France organisent leur défilé. À Paris, 120 000 personnes défilent puis sont invitées à la soirée officielle ayant lieu à Bercy. Celle-ci est un désastre financier : l'association Lesbian and Gay Pride de Paris est déficitaire de plus d'un million de francs (environ 150 000 €). Il est alors décidé une séparation entre la marche, gérée par la société SOFIGED et les autres manifestations gérées par l'association Lesbian and Gay Pride de Paris. L'association Lesbian and Gay Pride de Paris vend à la Sofiged les noms de « Gay Pride » et « Lesbian & Gay Pride ». En 1997, Paris accueille l'Europride : 300 000 personnes de l'Europe entière défilent jusqu'à la place de la Bastille. Sous la houlette de la SOFIGED, pour la première fois dans l'histoire des marches des fiertés, des entreprises et des marques (Avis, la SNCF, la RATP, Virgin Cola, Kronenbourg, Yves Saint Laurent…) sponsorisent l'évènement[16]. C'est une « révolution », illustrant l'émergence d'un marché économique spécifique. 40 000 personnes assistent au concert sur la pelouse de Reuilly qui clôture la manifestation. Plusieurs médias retransmettent l'évènement : Fun Radio, Voltage FM et MCM.

Après une « faible » affluence en 1998 (120 000 manifestants), probablement liée au télescopage avec la tenue de la Coupe du monde de football, la marche de 1999 mobilise davantage : c'est l'année du débat sur le Pacte civil de solidarité (PACS). Les finances de l'association Lesbian and Gay Pride de Paris sont néanmoins dans le rouge, comme les deux années précédentes. L'association est alors dissoute.

Années 2000 : affluence continue[modifier | modifier le code]

En 2001, une nouvelle association pour gérer le défilé parisien voit le jour : il s'agit de l'Interassociative lesbienne, gaie, bi et trans (Inter-LGBT). Le nom « Lesbian & Gay Pride » étant désormais déposé, la marche s'intitule alors « Marche des Fiertés Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans ». De 2002 à 2006, les marches réunissent de plus en plus de monde[réf. nécessaire]. De nombreuses villes de France proposent des défilés et/ou des activités fin juin-début juillet, et le défilé parisien grossi jusqu'à atteindre environ 800 000 personnes en 2006[réf. nécessaire]. Depuis 2009 la ville d'Avignon accueille un festival LGBT différent d'une marche des fiertés[17]. En 2013, Marseille accueille l'Europride, des festivités et évènements sont organisées pendant dix jours[18].

Villes participantes[modifier | modifier le code]
Des étudiants de l'École centrale de Lyon à la Marche des fiertés de Lyon, en 2005.

Alors que de nombreuses villes françaises accueillent désormais un défilé, ce n'est pas le cas de toutes : certaines n'en ont jamais accueilli et d'autres ont arrêté de le faire. Par ailleurs, la date du premier défilé dans chaque ville varie : de 1981 pour Paris à 2011 pour Le Mans. Voici l'ordre chronologique d'apparition (et parfois de disparition) des défilés dans les villes de France :

Associations chargées des marches[modifier | modifier le code]
Orateur de l'association Arc-en-ciel Toulouse prononçant un discours lors de la marche 2014

À travers la France, plusieurs associations s'occupent de l'organisation des différents défilés, coordonnées par une association-mère : la Coordination Interpride France. Chaque ville possède donc sa propre association. Voici la liste des associations ayant participé à l'organisation des marches en 2006 :

  • Angers : Quazar
  • Biarritz : Lesbian & Gay Pride Biarritz Impact
  • Bordeaux : Lesbian & Gay Pride de Bordeaux
  • Lille : Lesbian & Gay Pride de Lille
  • Lyon : Lesbian & Gay Pride de Lyon
  • Marseille : Lesbian & Gay Parade Marseille (LGP)
  • Metz et Nancy : Couleurs Gaies & Collectif Marche des fiertés LGBT de Lorraine
  • Montpellier : Lesbian & Gay Pride (c) Montpellier Languedoc-Roussillon
  • Nantes : Centre lesbien et gay Nantes Atlantique (CLGNA)
  • Nice : AGLAE
  • Paris : Inter-LGBT
  • Rennes : Centre gay lesbien bi et trans de Rennes (CGLBT)
  • Rouen : Collectif « Comme ça ! »
  • Strasbourg : Festigays
  • Toulouse : Arc-en-ciel
  • Tours : Lesbian & Gay Pride région Centre
Marches à Paris[modifier | modifier le code]
Colonne de Juillet pendant la Marche des fiertés de Paris, en 2003.

De par l'importance historique de Paris en France, les marches de Paris, nettement plus fournies que celles des autres villes françaises, occupent une place particulière dans les médias et jouent donc un rôle tout aussi particulier. La connotation politique y est très présente et de nombreuses avancées ont eu lieu après ces manifestations (sans pour autant que la relation de cause à effet soit systématique).

Ainsi, à la suite de la marche de 1981, François Mitterrand dépénalisa l'homosexualité. Après la marche de 1998 au mot d'ordre Nous nous aimons, nous voulons le pacs, le PACS est inscrit à l'ordre du jour du Parlement. Enfin, après le défilé de 2003 dont le mot d'ordre était Homophobie, lesbophobie, transphobie : agissons !, une proposition de loi visant à condamner les propos homophobes est rédigée par le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin.

Affluence aux marches parisiennes (chiffres des organisateurs/chiffres des forces de l'ordres)[29]
1981 1982 1983 1984 1985 1986 1987 1988 1989 1990 1991
10 000[Inter-LGBT 1]. 8 000[Inter-LGBT 1]. 3 000[Inter-LGBT 1]. <3 000[Inter-LGBT 1]. <3 000[Inter-LGBT 1]. <3 000[Inter-LGBT 1]. <3 000[Inter-LGBT 1]. <3 000[Inter-LGBT 1]. <3 000[Inter-LGBT 1]. 1 500[Inter-LGBT 2]. 6 000[Inter-LGBT 2].
1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001
5 000[Inter-LGBT 3]. 10 000[Inter-LGBT 3]. 80 000[réf. nécessaire] 80 000[Inter-LGBT 3]. 300 000[réf. nécessaire] 300 000[Inter-LGBT 4] 120 000[Inter-LGBT 5] 300 000[réf. nécessaire] 500 000[réf. nécessaire] 500 000[Inter-LGBT 6]
2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011
500 000[Inter-LGBT 7] 700 000[Inter-LGBT 8] 700 000[Inter-LGBT 8] 700 000[Inter-LGBT 8] 800 000 [Inter-LGBT 9]/ 650 000 [30] 700 000[Inter-LGBT 9] 700 000[réf. nécessaire] 700 000/ 36 000 [30] 800 000 / 99 000[31] 500 000[réf. nécessaire] / non communiqué
2012 2013
500 000[réf. nécessaire] / non communiqué 30 000[réf. nécessaire] / non communiqué

De son côté, la préfecture de police a comptabilisé 36 000 personnes en 2011 et environ 60 000 en 2012 [32].

À partir de la marche de 2010, la préfecture de police ne donne plus de chiffrage de la marche[31].

Europe de l'Est[modifier | modifier le code]

Plus à l'est, l'homosexualité est durement réprimée dans le Bloc communiste : déportation au goulag, disparitions, exécutions, etc[33]. L'organisation d'un défilé du type d'une Marche des fiertés n'est alors pas envisageable, jusqu'en 1990.

Le premier pays à organiser un événement gay est la Russie : en août 1991, l’International Gay and Lesbian Human Rights Commission finance un festival de cinéma gay à Moscou[34]. La Hongrie organise un festival gay et lesbien depuis 1995 et la Croatie autorise des défilés depuis 2002.

Néanmoins, une grande majorité de l'Europe de l'Est a connu un développement plus lent que ses voisins occidentaux. Au-delà d'une évolution des mentalités différente dans la population, c'est surtout la classe politique qui critique ces défilés. Dans les années 2000, de nombreuses manifestations LGBT sont interdites, souvent sous des prétextes d'« atteinte aux mœurs ». Cependant, avec le soutien de nombreuses personnes de l'Europe de l'Ouest (politiques, associations et simples anonymes), les manifestants se font de plus en plus nombreux et de plus en plus déterminés[réf. nécessaire]. La Marche des fiertés joue alors le rôle de vecteur d'affirmation de soi, mais surtout de visibilité vis-à-vis des autres.

En Serbie, la première parade ayant eu lieu en 2001 vit s'affronter des contre-manifestants extrémistes d'une part et les forces de police et les manifestants d'autre part, entraînant par la suite des interdictions systématiques aux demandes d'organisation de défilés LGBT. En Roumanie, la Gay Pride locale est menacée d'annulation par la mairie de Bucarest en 2005 mais a finalement lieu grâce au soutien du président de l'époque Traian Basescu. En 2006, des groupes d'extrême-droite viennent perturber le défilé, qui se tenait pourtant sous haute surveillance. En Lettonie, les défilés de 2005 et de 2006 sont interdits par la mairie de Riga, le Premier ministre letton Aigars Kalvītis estimant que « le centre de Riga n'est pas le lieu où organiser une marche controversée par la société ».

Mais l'exemple le plus probant est certainement la Pologne, où le président et ancien maire de Varsovie Lech Kaczyński, après avoir longtemps interdit la tenue de la marche, est désavoué en 2006 par un défilé massif.

Pologne[modifier | modifier le code]

Parada Równości, en 2006.

La Parada Równości (Parade pour l'Égalité) est une démonstration annuelle à Varsovie pour la tolérance et l'égalité des droits. En mai 2001 environ 300 personnes se rassemblent à la première parade pour l'égalité autour de la musique d'une voiture, défilant du Sigismundssäule au Kopernikus-Denkmal. Deux hommes politiques parrainent la manifestation : Piotr Ikonowicz, député socialiste, et Robert Biedron du Parti de la gauche démocratique. L'année suivante, on comptait un millier de manifestants, puis 3 000 en 2003. En 2004 le maire de l'époque (devenu par la suite président de la Pologne), Lech Kaczyński, interdit la parade invoquant des problèmes de sécurité. Ainsi, seul un rassemblement de protestation de plusieurs centaines de personnes devant l'hôtel de ville à Varsovie a lieu. Dans le même temps, une manifestation dégénère à Cracovie, où un groupe de jeunes s'en prend aux 1 200 personnes venues défiler pour soutenir le festival « La culture pour la tolérance ».

Contre-manifestation d'un groupe ultra-catholique en Pologne, encadrée par les forces de l'ordre.

En 2005, Lech Kaczyński interdit de nouveau le défilé, déclarant qu'il est « pour la tolérance mais contre le prosélytisme de la culture gay »[35]. Il invoque cette fois-ci un problème de calendrier : la manifestation prévue le 11 juin aurait lieu le même jour que l'inauguration du monument en honneur à un général de la Résistance polonaise. Environ 3 000 personnes défilent néanmoins à travers le centre-ville de la capitale polonaise, avec le soutien de nombreux hommes politiques. En 2006, la marche est cette fois autorisée : 7 000 personnes, dont environ 1 000 étrangers, défilent dans les rues de la capitale polonaise, surveillés par 2 000 policiers. Malgré ce franc succès, quelques incidents éclatent tout de même avec des manifestants d'extrême droite ou de groupes ultra-catholiques (14 personnes seront interpelées) et les commentaires d'une partie de la classe politique au pouvoir restent véhéments, le vice-Premier ministre Roman Giertych déclarant même que « si les choses continuent comme ça, il faudra bientôt reconnaître des droits de l'être humain pour les chimpanzés et les gorilles »[36].

Russie[modifier | modifier le code]

La Russie, pourtant l'un des premiers pays d'Europe de l'Est à dépénaliser l'homosexualité en 1993, n'a jamais connu de marche des fiertés. Le 27 mai 2006 devait se tenir la première marche, la Moskva Pride. Le maire de la capitale, Youri Loujkov, s'oppose à ce défilé dont il estime ne pas pouvoir garantir la sécurité, de nombreuses attaques touchant la communauté LGBT ayant eu lieu les semaines précédentes. Le 26 mai, le tribunal de Moscou confirme l'interdiction de tout défilé le lendemain dans la ville.

Des manifestants bravent néanmoins cette interdiction et tentent d'organiser la première marche LGBT du pays. Le cortège, emmené par l'organisateur de la marche Nikolai Alekseev, comporte environ 2 000 manifestants, dont de nombreuses personnes étrangères, notamment Merlin Holland, le petit-fils d'Oscar Wilde, et le député vert allemand Volker Beck. À leur arrivée sur la tombe du soldat inconnu qu'ils voulaient fleurir, le défilé se heurte à des militants d'extrême-droite venus organiser une contre-manifestation. M. Holland recevra plusieurs coups, et M. Beck sera interpellé, le visage en sang[37]. Les réactions de la communauté internationale seront timides : le défilé est souvent jugé comme étant peu accepté de la population (en effet, 77 % de la population russe se dit hostile à la tenue de la marche[38] et le cadre légal de l'interdiction empêche toute contestation officielle) et sa tenue pouvant être perçue comme une provocation.

Le 27 mai 2007, des militants venus protester contre une nouvelle interdiction de tenue d'un défilé ont été violemment pris à partie par des nationalistes et ultra-orthodoxes, avant d'être arrêtés par les forces de l'ordre. Nikolaï Alexeïev, organisateur de la Marche à Moscou, Peter Tatchell, vétéran de la lutte pour les droits des allosexuels, Volker Beck et beaucoup d'autres seront ainsi emmenés dans des cars de police[39].

Asie, pacifique[modifier | modifier le code]

Manifestation LGBT à Haïfa, en 2008.

Proche et Moyen-Orient[modifier | modifier le code]

En Israël, la situation est contrastée : si les défilés à Tel-Aviv sont d'une manière générale bien acceptés par la population, la situation est tout autre à Jérusalem où la pression des trois grandes religions monothéistes tend à limiter les manifestations (cf. World Pride).

En Turquie à Istanbul, l'association Lambdaistanbul organise des marches des fiertés depuis 2003, sans contre-manifestation. Par ailleurs, des marches sont organisés à Ankara (par l'association Kaos GL) et Bursa (par Gökkuşağı GLBT) mais elles ne portent pas le nom de « marche des fiertés ».

Extrême-orient[modifier | modifier le code]

Défilé d'hommes masqués à Taïwan, en 2005.

La première Marche d'Asie a lieu à Tokyo au Japon en 1994, Osaka ayant quant à elle organisé sa première marche en 2006. En Corée du Sud, la première marche publique a eu lieu à Séoul en 2002. Ces deux pays connaissent une relation à l'homosexualité assez similaire : le mariage est une quasi-obligation sociale et la société très phallocratique empêche plus que tout l'expression d'un lesbianisme assumé. C'est sûrement pourquoi on retrouve souvent dans ces défilés plus de femmes que d'hommes [40].

En Chine, bien que l'homosexualité ne soit plus pénalisée depuis 1997, des défilés sont à l'heure actuelle inenvisageables. Néanmoins, l'île de Taïwan, revendiquée par la Chine mais dont l'administration se fait localement, organise une marche depuis 2003. Ce défilé se veut avant tout militant, dans un pays où il est très difficile de s'assumer : certains participants défilent d'ailleurs masqués pour ne pas être reconnus. Comme souvent au commencement des mouvement LGBT, beaucoup d'homosexuels sont inquiets de l'image de la communauté LGBT véhiculée par cette manifestation.

Enfin, une Gay Pride est aussi organisée à Bangkok en Thaïlande depuis 1999 : dans ce pays plutôt ouvert sur les questions d'homosexualité, la marche attire des étrangers de tous les pays d'Extrême-Orient. D'autres villes thaïlandaises telles que Phuket et Pattaya organisent également des festivals conclus par des défilés colorés.

Afrique[modifier | modifier le code]

Le seul pays africain accueillant une Marche des fiertés est l'Afrique du Sud : un défilé a en effet lieu chaque année à Johannesburg depuis 1990 et un autre dans la ville du Cap depuis 2001. En 2006, on comptait environ 5 000 participants à la parade de Johannesburg.

Oppositions[modifier | modifier le code]

Politiques[modifier | modifier le code]

Policiers nationaux Français en sécurisation lors de la Gay Pride 2014 de Toulouse
Policiers municipaux Français en sécurisation lors de la Gay Pride 2014 de Toulouse

Deux motivations principales sont souvent données pour s'opposer à la tenue d'une marche des fiertés. Tout d'abord, dans des pays où la population est hostile à ce genre de démonstration, l'argument de la sécurité des participants est souvent invoqué : en effet, les réactions des opposants aux Marches des fiertés sont souvent très violentes, et des dispositifs lourds de sécurité sont en général nécessaires lors des premiers défilés. Ainsi, à Zagreb en 2006, pour la cinquième édition du défilé, les 200 manifestants étaient escortés par autant de policiers[41]. C'est pour cette raison qu'a été annulée en 2006 la Marche de Moscou par exemple.

L'autre raison souvent invoquée est le caractère « déplacé » de la marche, et sa possibilité de heurter la sensibilité de la population. Ainsi, en 2004, le maire de Varsovie Lech Kaczynski interdit la tenue d'une Gay Pride dans sa ville déclarant ne pas vouloir « bouleverser les sentiments des Varsoviens ».

Religions[modifier | modifier le code]

L'homosexualité est condamnée par les grandes religions monothéistes majoritaires. Christianisme, Islam et Judaïsme ont globalement sur le sujet une pensée commune : les pratiques homosexuelles sont un « péché » et l'homosexualité ne peut donc pas être érigée comme principe de vie.

De cette position découle naturellement une opposition aux marches des fiertés qui au contraire revendiquent une fierté à ne pas être hétérosexuel. On a pu retrouver cette quasi-unanimité lors de l'organisation de la WorldPride de Jérusalem en 2006 : le grand rabbin ashkénaze d'Israël, Yona Metzger, appela à « tout faire pour annuler la parade de l'abomination à Jérusalem », l'archevêque Antonio Franco déclara que « Tous les dirigeants des religions sont contre la parade à cause de la sainteté de la ville » et Cheikh Mansara affirma que « Dieu peut détruire Jérusalem comme il l'a fait à Sodome »[42].

Communauté LGBT[modifier | modifier le code]

Plusieurs sentiments distincts dominent au sein de la communauté LGBT en ce qui concerne une éventuelle opposition à la Marche des fiertés. Au sein même de la communauté LGBT, son caractère « trop festif », « trop commercial » ou « trop politique » ont pu être critiqués[43].

Événement social[modifier | modifier le code]

Autres événements liés[modifier | modifier le code]

EuroPride[modifier | modifier le code]

Depuis 1991, l'EPOA (European Pride Organizer's Association, Association d'organisation de la Marche des Fiertés européenne) donne chaque année à une ville européenne l'organisation de l'EuroPride. Cette marche de fierté est alors organisée de manière à pouvoir atteindre une dimension internationale en accueillant les personnes LGBT et leurs amis de toute l'Europe. En 2013 l'EuroPride est organisée à Marseille, en 2014 elle aura lieu à Oslo. Des informations et calendriers complets sont disponibles sur le site de l'EPOA.

Worldpride[modifier | modifier le code]

La WorldPride est un défilé ayant lieu tous les 5 ans dans une ville différente, et ayant pour objectif de rassembler les personnes LGBT du monde entier. La première WorldPride eu lieu en 2000 à Rome : 250 000 personnes y participèrent. La deuxième WorldPride était normalement prévue pour août 2005 à Jérusalem. Néanmoins, comme la retraite de colons juifs de la bande de Gaza avait lieu au même moment, il avait été choisi de la décaler à août 2006[44]. En 2012 la Worldpride s'est déroulée à Londres[45]. Madrid a été désignée pour accueillir la worldpride en 2017, après celle de Toronto en 2014[46].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références biographiques[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h et i (Inter-LGBT, p. 90)
  2. a et b (Inter-LGBT, p. 91)
  3. a, b et c (Inter-LGBT, p. 92)
  4. (Inter-LGBT, p. 93)
  5. (Inter-LGBT, p. 94)
  6. (Inter-LGBT, p. 95)
  7. (Inter-LGBT, p. 96)
  8. a, b et c (Inter-LGBT, p. 97)
  9. a et b (Inter-LGBT, p. 98)

Références[modifier | modifier le code]

  1. LGBT est un sigle signifiant lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et transsexuels.
  2. Sur cette question voir Marianne Blidon, « Le bal interlope, la drag queen et les bloggeurs gays. Retour sur le mythe de la libération ou l’amnésie des générations », La_Revue, no 3, mis en ligne en septembre 2009.
  3. [1]
  4. [2]
  5. Fierté gaie 2010: musique, théâtre et solidarité http://www.cyberpresse.ca/actualites/regional/montreal/201008/04/01-4303878-fierte-gaie-2010-musique-theatre-et-solidarite.php
  6. Le but d'une telle partie est de montrer les différents chemins qui ont amenés certains pays à avoir des défilés, ce n'est en rien une liste exhaustive des villes organisant des marches des fiertés
  7. (en) Site de l'interpride.
  8. (en) « Celebration », SF Pride (consulté le 08/07/2012)
  9. "Vierde editie 'Antwerp Pride' morgen van start", Het Laatste Nieuws, 19 juin 2011
  10. Frédéric Martel, Le Rose et le noir : Les homosexuels en France depuis 1968, Paris, Éditions du Seuil,‎ 1996, p. 33
  11. Pour Frédéric Martel, Le Rose et le noir : Les homosexuels en France depuis 1968, Paris, Éditions du Seuil,‎ 2008, 3e éd. (1re éd. 1996), p. 211-212 : « “L’homosexualité doit cesser d’être un délit.” Étonnamment, l’histoire a retenu cette petite phrase que le candidat Mitterrand n’a jamais prononcée textuellement. »
  12. En effet, la majorité sexuelle était fixée à 18 ans pour les rapports homosexuels contre 15 ans pour les rapports hétérosexuels. Mais l’alinéa 2 de l’article 330 du Code pénal, qui faisait de l’homosexualité une circonstance aggravante dans le cas de l’outrage public à la pudeur, avait été abrogé en décembre 1980.
  13. Mensuel Homophonies no 33-34, juillet 1983, page 4.
  14. Anne Chemin, « La marche des homosexuels dans Paris M. Le Pen sur les roses », dans Le Monde du 23 juin 1987
  15. Jean-Michel Normand, « Les homosexuels veulent constituer une communauté reconnue », dans Le Monde du 24 juin 1995 [lire en ligne]
  16. Pierre Agudo, « Paris accueille aujourd'hui l'Europride», dans L'Humanité, 28 juin 1997 [lire en ligne]
  17. [3]
  18. [4]
  19. [5]
  20. [6]
  21. [7]
  22. [8]
  23. [9]
  24. [10]
  25. [11]
  26. a et b Marches des Fiertés: Aix-en-Provence au soleil, Arras sous la pluie
  27. [12]
  28. [13]
  29. Ces chiffres sont donnés à titre indicatif afin de montrer l'évolution de l'importance de la marche.
  30. a et b Marche des Fiertés: Pourquoi l’Inter-LGBT et la Préfecture de police ne comptent-elles pas le même nombre de participant-e-s?
  31. a et b [14]
  32. « 60000 à 500000 personnes défilent pour la Gay Pride», Le Nouvel Obs, 30 juin 2012.
  33. Daniel Borrillo, L'Homophobie, PUF « Que sais-je » no 3563, Paris, 2001(2e édition), ISBN 2-13-052179-7.
  34. Didier Marie, « À l’Est : la Révolution Gay », sur Voltairenet.org, 1er mars 1993, [lire en ligne]
  35. « Polish Mayor Cancels Gay Pride », sur 365gay.com [lire en ligne]
  36. Adam Cioch, Emmanuelle Cosse, Emmanuel Fenouil, « Varsovie a accueilli la plus grande gay pride de l'histoire polonaise » dans Têtu 12 juin 2006 [lire en ligne]
  37. « Violences à Moscou autour d'une Gay Pride interdite », dans Le Monde, 27 mai 2006 [lire en ligne]
  38. « Trois quarts des Russes approuvent l'interdiction de la Gay Pride de Moscou », dans RIA Novosti, 9 juin 2006 [lire en ligne]
  39. « La police interpelle des homosexuels à Moscou », dans Le Monde, 27 mai 2007 [lire en ligne]
  40. Philippe Pons, « Gay Pride à Séoul », dans Le Monde du 12 juin 2006 [lire en ligne]
  41. Sylvain Zimmermann, « La gay pride de Zagreb réunit 200 manifestants sans incident », dans Têtu, 26 juin 2006 [lire en ligne]
  42. Eran Guterman, « À un mois de la World Pride, les trois religions font bloc contre la parade », dans Têtu, 5 juillet 2006 [lire en ligne]
  43. Emmanuelle Mougne, « La Gay Pride divise le Marais », Le Parisien, 30 juin 2007(lire en ligne)
  44. Judith Silberfeld, « La World Pride se tiendra du 6 au 12 août 2006 », dans Têtu, 19 mai 2005, [lire en ligne]
  45. [15]
  46. [16]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • BRICKELL C., « Heroes and Invaders: Gay and Lesbian Pride Parades and the Public/Private Distinction in New Zealand Media Accounts », Gender, Place and Culture, vol 7, no 2, 2000, p. 163-178.
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Liens externes[modifier | modifier le code]

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