Plateau du Golan (géographie)

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Plateau du Golan
Carte du plateau du Golan partagé de facto entre Israël, la FNUOD et la Syrie.
Carte du plateau du Golan partagé de facto entre Israël, la FNUOD et la Syrie.
Géographie
Altitude
Administration
Pays Drapeau d’Israël Israël (de facto)
Drapeau des Nations unies ONU (de facto)
Drapeau de la Syrie Syrie
District
Zone démilitarisée
Gouvernorats
Nord (de facto)
FNUOD (de facto)
Deraa, Kuneitra, Rif Dimachq

Le plateau du Golan ou hauteurs du Golan, parfois simplement appelé Golan, en arabe الجولان, al-Jūlān, en hébreu גולן, Golan, ou encore Gaulanitide, est un plateau d'Asie situé au sud du mont Hermon, au nord-est du lac de Tibériade et au nord du Yarmouk. Faisant intégralement partie de jure de la Syrie dont il constitue la plus grande partie du gouvernorat de Kuneitra, sa moitié occidentale est contrôlée de facto par Israël depuis 1967 sous la forme d'un territoire inclus dans le district nord et regroupant d'autres régions géographiques tandis que la Force des Nations unies chargée d'observer le dégagement (FNUOD) contrôle une zone démilitarisée entre les deux pays.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le plateau du Golan est situé dans l'Ouest de l'Asie, dans le centre du Proche-Orient. Il est délimité au nord par le mont Hermon, point culminant de la chaîne de l'Anti-Liban, à l'ouest par la dépression du cours supérieur du Jourdain et du lac de Tibériade, au sud par la vallée encaissée du Yarmouk ; au sud-est, il se prolonge par un seuil le séparant du Djébel el-Druze et à l'est, il laisse progressivement sa place à une dépression et des collines où se trouve entre autres la ville de Damas.

Du point de vue administratif de jure, le plateau est intégralement situé en Syrie dont il constitue la majorité du gouvernorat de Kuneitra ainsi qu'une petite partie de ceux de Deraa et de Rif Dimachq. Cependant, en considérant la situation de facto telle que constatée depuis la guerre des Six Jours en 1967, le plateau du Golan est partagée pour sa moitié occidentale par Israël qui l'a annexé en 1981 en l'intégrant au district nord, pour une bande centrale le parcourant du nord au sud contrôlée par la Force des Nations unies chargée d'observer le dégagement sous la forme d'une zone démilitarisée depuis la guerre du Kippour en 1973 et pour sa moitié orientale par la Syrie.

Il constitue un horst oriental de la faille du Levant qui s'étire du nord au sud entre le Mont-Liban et la mer Rouge. De ce fait, son rebord occidental est relativement abrupt par rapport à ses frontières méridionales, orientales et septentrionales. Il est parsemé de nombreux cratères volcaniques dont la plupart le traversent en un alignement orienté nord-nord-ouest-sud-sud-est. Cette activité géologique est à l'origine de son sol basaltique propice à l'agriculture. Les géographes grecs et arabes parlaient déjà de son importance stratégique, encore valable du fait de sa situation au carrefour de quatre pays (Syrie, Liban, Israël et Jordanie)[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Les fouilles faites sur le sites moustérien de Biq'at Quneitra[2] ont montré[3] que le plateau a autrefois accueilli une riche faune préhistorique, incluant de grands mammifères tels que rhinocéros (1 % des ossements), des chevaux sauvages (31 % des ossements, avec Equus caballus mais aussi un autre équin, proche du zèbre (Equus hydruntinus/mauritanicus), de grands bovidés (aurochs probablement) qui constituent 41 % des ossements trouvés, des gazelles (11 %), une espèce de daim (Dama mesopotamica 8 %), des cerfs (Cervus elaphus, 7 %), quelques rares restes de caprins (1 %) avec des restes de carnivores (lions, loups) ainsi que de tortues. Nombre de ces ossements portent des traces montrant qu'ils ont été tués ou mangés par l'Homme[3].

Ces grands mammifères ont rapidement disparu avec l'arrivée des populations humaines en commençant par les plus grandes espèces jusqu'à ce qu'il ne reste plus que de petites gazelles à l'épipaléolithique (toute fin de la période préhistorique), comme souvent ailleurs au Moyen-Orient où les restes de foyers préhistoriques montrent que ce sont alors surtout de petites espèces (oiseaux et poissons) qui sont exploitées par les chasseurs-cueilleurs de l'époque, après qu'ils ont probablement exterminé les grandes espèces dans et autour de leurs lieux de vie et de chasse[3].

Alors que le climat semble devenir plus sec, la domestication des animaux apparait[4].

Antiquité[modifier | modifier le code]

Avant même la conquête du pays de Canaan par Josué, ce territoire alors habité par les Amorrites est conquis par les Hébreux sous la direction de Moïse. Le Golan est ensuite donné à la tribu de Manassé. Perdu à l'époque des Juges, le roi David en refait la conquête et l'intègre au royaume d'Israël. Par la suite, la possession du plateau alterne au fil des guerres entre les Israélites et les Araméens de Damas. Le Golan et sa capitale Gamla jouent un rôle central dans la Guerre des Juifs de Flavius Josèphe. Il donne son nom à un chef de la révolte contre les Romains, Judas le Galiléen dit aussi « le Golanite »[réf. nécessaire].

Empire ottoman[modifier | modifier le code]

À la fin du XIXe siècle, l'Empire ottoman installe sur le plateau du Golan des familles de Circassiens, un terme désignant à l'époque des réfugiés musulmans de diverses ethnies du Caucase (Tcherkesses, Adygués, Abazines, voire Daguestanis et Kumyks, sauf les Tchétchènes, considérés comme un groupe distinct) conquis par l'Empire russe dans le but d'en faire un poste avancé pour contrôler les Bédouins arabes, rétifs à toute autorité. Ces familles fondent la ville de Kuneitra, comme d'autres fonderont celle d'Amman. À l'époque, la région est également peuplée de Druzes avec quelques villages d'autres communautés, notamment des Alaouites.

Période mandataire[modifier | modifier le code]

Le mouvement sioniste revendique rapidement le Golan comme partie du foyer national juif prévu en Palestine par la Déclaration Balfour.

À la fin des années 1930, certains Circassiens caressent pareillement l'idée d'établir au Golan un foyer national circassien ; d'autres choisissent le camp des nationalistes arabes syriens qui demandent la fin du mandat français en Syrie et des divisions territoriales introduites par celui-ci. Le rêve d'un État ou d'une entité autonome sur les hauteurs du plateau ne se concrétisera jamais au profit d'une région au sein du territoire de la Syrie[5].

Au sein de la République de Syrie[modifier | modifier le code]

Après avoir été repoussées par la Haganah, les troupes syriennes se sont cantonnées sur le Golan. Entre 1948 et 1967, le plateau sert de base aux bombardements réguliers et aux infiltrations de guérilla contre les villages israéliens situés en contrebas.

La conquête du plateau par Tsahal en deux jours de combats lors de la Guerre des Six Jours en 1967 permet à Israël d'empêcher les attaques ennemies et constitue aussi pour l'État hébreu un avantage géographique sur les positions occupées par l'armée syrienne. Le bastion du Golan surplombant de manière décisive la route de Damas.

Lors de la guerre du Kippour de 1973, l'armée syrienne réoccupe environ 60 % du Golan avant de reculer de nouveau face à l'armée israélienne qui parvient finalement à pousser leur offensive sur une trentaine de kilomètres en territoire syrien, jusqu'à environ 40 km de Damas, mettant ainsi la ville à portée de canon.

Cependant, un cessez-le-feu est signé entre les belligérants et Israël accepte de revenir sur ses positions de 1967 (reculant ainsi de la ligne Bravo et la ligne Alpha), tandis la zone évacuée par Tsahal devient une zone démilitarisée placée sous le contrôle de la Force des Nations unies chargée d'observer le dégagement (FNUOD) dès 1974. Entre les deux lignes de séparation, l'écart minimal est d'à peine 3,5 km mais il détermine l'accès au lac de Tibériade et à la haute vallée du Jourdain [6].

Depuis, la Syrie a toujours exigé un retrait de l'armée israélienne sur ses positions d'avant la guerre de 1967, c'est-à-dire la ligne de frontière de jure de 1923 définie par la France et le Royaume-Uni, puissances mandataires au Levant[7] alors qu'Israël refuse de rétrocéder le Golan, le considérant toujours comme une région hautement stratégique. Depuis la conférence de Madrid de 1991, la question de la souveraineté sur le Golan est posée par Damas comme une condition majeure pour entamer un éventuel processus de paix israélo-syrien.

En tant que région israélienne[modifier | modifier le code]

En 1981, l'État hébreu annexe unilatéralement le plateau du Golan à son territoire malgré les protestations internationales.

Les colonies de peuplement commencent à s'y implanter.

Après son élection, le premier ministre Ehud Barak impose un moratoire sur le développement des colonies israéliennes dans le Golan afin de faciliter les négociations de paix avec la Syrie, sous les auspices du président américain Bill Clinton.

À la suite de l'échec des pourparlers, cette décision est levée le 13 avril 2000 et en février 2001, le gouvernement d'Ariel Sharon annonce la reprise du développement structurel de la région.

Le gouvernement Olmert se heurte, dans l'optique d'une décolonisation israélienne du Golan contre la paix avec la Syrie, à l'opposition de l'opinion publique israélienne, hostile à la perspective d'une restitution du plateau. En mai 2008, ceux-ci étaient environ 70 %[8].[réf. insuffisante]

Cependant, la guerre civile syrienne éclate en 2011 et les combats ne tardent pas, au bout d'un an de conflit, à provoquer des incidents de frontière. Le 15 septembre 2014, le personnel de l'ONU (FNUOD) chargé de surveiller le cessez-le-feu et la zone de désengagement délimitée en 1974 entre Israël et la Syrie évacue la zone suite aux combats qui opposent l’armée syrienne et les rebelles islamistes.

Démographie[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

L'économie est axée sur l'agriculture. Le Golan est particulièrement réputé pour ses pommes, son eau de source et son vin primé internationalement. Un tiers de la production vinicole israélienne provient de cette région. Le meilleur cru est le domaine de Bashan, qui fait un vin totalement « biologique ». La production d'huile d'olive est également très réputée. C'est également une vieille région d'élevage puisque 40 % de la viande consommée en Israël en provient.

Aujourd'hui, c'est surtout la question de l'eau qui est au cœur de l'agenda politique israélien et régional. Une partie des affluents du Jourdain trouvent leur source sur le plateau et 35 % de l'alimentation aquifère du pays proviennent de cette région.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marc Prost Tournier, « Golan », Encyclopædia Universalis (consulté le 27 mars 2010).
  2. Site moustérien de plein air exploré sur le plateau du Golan et non en abri-sous roche ou grotte.
  3. a, b et c Rabinovich Rivka, Goren-Inbar Naama, Davis Simon J. M.. Quaternary Extinctions and Population Increase in Western Asia : The Animal Remains from Biq'at Quneitra. In: Paléorient. 1988, Vol. 14 N°1. pp. 95-105. doi : 10.3406/paleo.1988.4443 ; Consulté 2011-11-05
  4. Davis S., « Climatic Change and the Advent of Domestication: The Succession of Ruminant Artiodactyls in the Late Pleistocene-Holocene in the Israel Region », Paléorient, 1982, vol. 8, n° 2, pp. 5-15.
  5. M. Proux, "Les Tcherkesses", La France méditerranéenne et africaine, IV, 1938
  6. http://www.monde-diplomatique.fr/2000/01/GRESH/13311
  7. « Entre Syrie et Israël: les cartes topographiques du Joulân-Golan, vecteurs de revendications territoriales » par Michael F. Davie
  8. Les Israéliens jugent leur premier ministre trop faible pour décoloniser le Golan à la Syrie, Le Figaro, 31 mai 2008.